(TORONTO) – Le 28 avril 2008 – Les exportations canadiennes et l'économie mondiale continueront de faiblir jusque dans la seconde moitié de 2010, moment où Exportation et développement Canada (EDC) prévoit que l'économie mondiale retrouvera son équilibre et commencera à se redresser.
« Une séquence générale d'événements, qu'EDC appelle les cinq vagues d'affaiblissement, se déroule actuellement, et elle donne une idée du moment où la reprise pourrait se dessiner », a déclaré M. Peter Hall, économiste en chef d'EDC. « Ces cinq vagues servent, au fond, à préparer l'économie à retrouver son équilibre. »
M. Hall a fait ses observations dans un discours prononcé au Toronto Board of Trade, où il présentait ses Prévisions à l'exportation intitulées « Rétablir l'équilibre ».
Les cinq vagues d'affaiblissement ont commencé avec l'effondrement du marché américain du logement, au milieu de 2006, a expliqué M. Hall.
La deuxième vague s'est formée quand l'effondrement du marché du logement s'est propagé aux marchés des capitaux, et elle s'est manifestée à l'automne 2008 dans la tourmente qui a poussé le secteur au bord de l'abîme.
La troisième vague correspond à la forte chute de la demande mondiale qui a suivi et qui, souligne EDC, est loin d'être complètement passée.
Nous sommes en plein dans la quatrième vague à présent avec les pertes d'emplois qui se multiplient et les annonces de mises à pied importantes dans les grandes multinationales qui deviennent quotidiennes. Si l'on en croit les récessions antérieures, les pertes d'emplois dans la plupart des économies ne font que commencer et il faut s'attendre à ce qu'il y en ait bien davantage d'ici la fin de l'année.
La cinquième vague ne se profile pas encore à l'horizon. « Ce qui reste à voir, c'est l'impact de ces pertes d'emplois importantes sur un secteur financier déjà éprouvé, et là sera la cinquième vague d'affaiblissement. Il est presque certain que les taux de défaillance augmenteront tout au long de 2009, et la façon dont le système réagira aux retombées déterminera très probablement le moment où s'amorcera la reprise », a encore déclaré M. Hall.
M. Hall a ajouté que « la cinquième vague sera certes difficile à surmonter, mais l'économie mondiale bénéficiera d'une forte poussée grâce aux mesures de relance qui viendront à point nommé. Plus précisément, l'incidence des réductions des taux d'intérêt actuelles sera substantielle, et l'enveloppe des mesures budgétaires annoncée dans le monde entier, lorsque dépensée, sera massive par rapport au PIB mondial. »
« Étant donné le moment où ont été faites les annonces, il est probable que les mesures de politique atteindront leur pleine efficacité au moment même où la cinquième vague déferlera, c'est-à-dire juste à temps pour en compenser sensiblement l'impact. Les perspectives après cela dépendront, dans une large mesure, de l'incidence globale sur la confiance, qui est extrêmement faible à l'heure actuelle. »
Compte tenu de tout cela, EDC prévoit une baisse de 1,3 %, puis une augmentation de 2,3 % du PIB mondial en 2009 et 2010, respectivement. « Il est difficile aujourd'hui d'imaginer que l'économie mondiale puisse amorcer une reprise bien avant la seconde moitié de 2010 », a souligné M. Hall.
Le Canada, nation commerçante, est pris dans le courant descendant mondial. Le repli général des marchés du crédit aux É.-U., et l'effondrement qui a suivi de la demande des consommateurs et du cours des produits de base, est ce qui influe le plus sur la performance du Canada à l'exportation.
EDC prévoit une baisse de 22 % des exportations canadiennes en 2009, puis une reprise relativement modeste de 7,4 % en 2010. Elle prévoit aussi, en conséquence, que le PIB canadien diminuera de 2 % cette année, puis qu'il enregistrera une croissance de 1,7 % en 2010.
Dans ses prévisions, EDC fait observer que les secteurs nationaux qui ont le plus profité de la forte augmentation des cours mondiaux des produits de base sont aussi ceux qui pâtissent le plus de leur repli actuel, ce qui gomme, dans une large mesure, la différence apparue ces dernières années entre les exportateurs de produits primaires et ceux de produits manufacturés.
Le dollar canadien étant pratiquement une pétromonnaie qui est aussi influencée par le cours des produits de base, EDC prévoit que son taux de change restera inférieur et qu'il s'établira en moyenne à 80 cents en 2009, avant de s'apprécier légèrement, pour atteindre 81 cents en 2010.
EDC prévoit que le cours du brut passera d'une moyenne de 100 USD/baril en 2008 à 47 USD/baril en 2009, avant de s'établir autour de 55 USD/baril en 2010.
Les Prévisions à l'exportation semestrielles d'EDC traitent de la conjoncture mondiale actuelle des exportations, y compris des perspectives en ce qui concerne les taux d'intérêt et les taux de change. Il y est aussi question de stratégies d'exportation afin d'aider les entreprises canadiennes à réduire leurs risques au minimum. Enfin, elles analysent tout un éventail de risques auxquels les exportateurs devraient être préparés. Les Prévisions sont affichées sur le site Web d'EDC http://www.edc.ca/prévisions
Organisme de crédit à l'exportation du Canada, EDC offre des solutions commerciales novatrices pour aider les exportateurs et les investisseurs canadiens à réussir sur les marchés mondiaux. Chaque année, plus de 8 300 entreprises canadiennes et leurs clients étrangers tirent profit de ses connaissances et de ses partenariats pour faire des affaires sur environ 200 marchés. EDC, société financièrement autonome, est un chef de file reconnu dans l'établissement de rapports financiers et l'analyse économique. Elle figure parmi les 100 meilleurs employeurs du Canada pour la huitième année consécutive.
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