Ottawa (Ontario)
Le 12 mai 2009
(L'orateur peut avoir modifié le discours en le prononçant)
Bonjour Monsieur le président, membres du Comité.
Je me présente, Konrad von Finckenstein, président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Je suis accompagné aujourd’hui de deux collègues du CRTC : Michel Arpin, vice‑président de la Radiodiffusion, et Annie Laflamme, directrice des Politiques et demandes relatives à la télévision de langue française.
Jeux olympiques et paralympiques de 2010
Je tiens d’abord à remercier le Comité de nous avoir invités à exprimer nos points de vue sur une question d’une telle importance nationale. Dans moins d’un an, le Canada, hôte des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2010, accueillera des athlètes, des médias et des spectateurs venus de dizaines de pays.
Les compétitions seront diffusées à l’échelle mondiale dans une multitude de langues. Au Canada, certains francophones pourraient pourtant être privés d’une couverture des Jeux olympiques dans leur propre langue s’ils regardent une chaîne généraliste.
Le Comité international olympique a accordé les droits de radiodiffusion au Canada à un consortium qui comprend CTVglobemedia et Rogers Media. D’après ce qui est convenu pour le moment, les Jeux olympiques seront diffusés en français au réseau de télévision généraliste TQS ainsi qu’aux services spécialisés Réseau des sports (RDS) et Réseau info sport (RIS). Le Réseau de télévision des peuples autochtones consacrera également une partie de la grille de sa programmation de langue française aux Jeux olympiques.
Le consortium entend offrir gratuitement les signaux de TQS, de RDS et de RDI aux câblodistributeurs qui fournissent des services de télévision numérique dans les marchés desservant une majorité d’expression anglaise, et ce, pendant toute la durée des Jeux olympiques.
Malheureusement, une telle décision du consortium laissera pour compte un petit nombre de francophones qui ne reçoivent que les signaux de télévision par ondes hertziennes ou qui sont abonnés au câble analogique. Leurs options seront limitées. Ils pourront soit se tourner vers les télédiffuseurs de langue anglaise, soit se servir d’Internet ou d’un appareil mobile, pour ceux qui disposent d’un tel accès.
Idéalement, il faudrait, à notre avis, que CTVglobemedia et Radio‑Canada concluent une entente qui autoriserait Radio‑Canada à diffuser les événements à son réseau de télévision français. Radio‑Canada devrait à tout le moins pouvoir diffuser les événements principaux, tels que les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux.
En janvier, nous avons tenu une audience publique afin d’examiner les services de radiodiffusion offerts dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. CTVglobemedia et Radio‑Canada ont tous les deux comparu devant nous lors de l’audience. Nous en avons donc profité de cette occasion pour ramener la question des Jeux olympiques sur le tapis.
Au premier jour de l’audience, Radio‑Canada nous a indiqué que les pourparlers avec le consortium en étaient au point mort. Nous lui avons alors rappelé qu’en tant que diffuseur public, la Société se devait de servir les Canadiens dans les deux langues officielles, d’un océan à l’autre. De plus, seule Radio‑Canada est en mesure d’offrir par ondes hertziennes la couverture des Jeux olympiques aux communautés de langue française en situation minoritaire.
Le lendemain, nous avons interrogé CTVglobemedia. Lorsque nous avons suggéré que les télédiffuseurs reprennent les pourparlers, M. Rick Brace, président de Revenus, planification commerciale et sports chez CTVglobemedia a répondu : « À notre avis, il est tout simplement trop tard pour revenir en arrière et tenter de conclure quoi que ce soit ».
Selon nous, CTVglobemedia, à titre de télédiffuseur privé qui utilise le spectre public, doit veiller à ce que les Canadiens puissent voir les événements nationaux, comme les Jeux olympiques, dans la langue officielle de leur choix.
Lorsque nous avons ouvert l’audience, nous voulions obtenir un engagement de la part des deux télédiffuseurs, mais les réponses obtenues n’étaient pas satisfaisantes. Nous les avons donc pressés de rouvrir les discussions et de trouver une solution pour faire en sorte que le plus grand nombre possible de Canadiens français, au Québec et ailleurs au pays, puissent regarder les Jeux olympiques en français.
Le 17 avril dernier, j’ai écrit à CTVglobemedia et à la SRC demandant pour une mise à jour. Vous trouverez sous pli des copies de mes lettres et les deux réponses que nous avons reçues. Vous constaterez sans doute que les réponses parlent d’elles-mêmes.
Nous croyons avoir fait tout ce qui est en notre pouvoir. Seules des négociations commerciales pourraient aboutir à une entente, s’il n’est pas déjà trop tard, et le Conseil ne peut pas intervenir dans ce genre de négociations. En revanche, le Comité pourrait bien demander aux télédiffuseurs d’expliquer pourquoi ils n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente.
Nouveaux médias
Durant l’audience publique tenue en janvier, nous nous sommes également penchés sur la disponibilité des services de radiodiffusion dans les nouveaux médias. Le Conseil croit que ces services pourraient jouer un rôle clé pour ce qui est de mettre en valeur le reflet des communautés de langue officielle en situation minoritaire dans le système canadien de radiodiffusion.
Il existe divers sites Web de réseautage social qui permettent aux gens de communautés dispersées, ayant un intérêt en commun, tel que la langue, de se rassembler. Pensons à Facebook, logiciel de réseautage social que des francophones de la Saskatchewan (ou Fransaskois) ou encore des anglophones de Gaspé pourraient utiliser pour créer des groupes. Nous avons constaté, avec une certaine déception, que les communautés de langue officielle en situation minoritaire ne semblent pas avoir mis à profit le potentiel inexploité que recèle ce médium, qu’elles pourraient utiliser de différentes façons pour promouvoir leur épanouissement culturel.
Les Jeux olympiques constituent l’occasion rêvée d’exploiter pleinement toutes les nouvelles plateformes. Le consortium nous a indiqué qu’il diffusera en mode continu sur ses sites Web toutes ses émissions, qu’elles proviennent de TSN ou de TQS. Il offrira des comptes rendus et des vidéos en temps réel sur les appareils mobiles. Il sera également possible d’obtenir le service à la demande, ce qui vous permettra de regarder une compétition que vous auriez manquée plus tôt dans la journée.
Certes, il s’agit là d’une stratégie louable, mais une bonne partie du contenu n’est accessible qu’à l’aide d’une connexion à Internet à large bande. Or, nous savons tous que la large bande n’est pas encore disponible dans de nombreuses régions du pays. Le dernier budget fédéral prévoyait 225 millions de dollars pour le déploiement du service Internet à large bande dans les collectivités éloignées. De plus, chacun des gouvernements provinciaux et territoriaux développe ses propres initiatives pour améliorer l’accès à la large bande.
Voilà qui est bien encourageant, mais ce n’est pas suffisant.
Dans le rapport que nous avons présenté au gouvernement fédéral le 30 mars, nous avons recommandé que tous les ordres de gouvernement appuient la mise en œuvre de l’accès à Internet à large bande dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire dans les régions éloignées et rurales. À court terme, on pourrait opter pour des technologies économiques, telles que l’accès à Internet par satellite ou par service sans fil.
Conclusion
Pour terminer, quiconque travaille de près ou de loin à l’organisation des Jeux olympiques de 2010 se doit de faire honneur au pays. Les Canadiens doivent pouvoir regarder les événements qui se déroulent chez eux dans la langue officielle de leur choix.
Le Conseil y croit sincèrement et c’est pourquoi nous avons encouragé CTVglobemedia et Radio‑Canada à dénouer cette impasse. À notre avis, rien ne devrait les empêcher d’en arriver à un compromis.
C’est avec plaisir que nous répondrons à vos questions.
Merci.
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