LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
Bonjour, Mesdames et Messieurs.
Dans les derniers jours de 2008, l'administration Bush annonçait un plan de sauvetage des fabricants d'automobiles nord-américains. Cette décision a amené notre gouvernement à agir. Le secteur nord-américain de l'automobile est une industrie pleinement intégrée et, de ce fait, exigeait une approche intégrée. Pour conserver la part canadienne de l'industrie, soit environ un cinquième, notre gouvernement s'est donc engagé à assumer sa part de l'aide offerte.
C'était un choix difficile, face à une réalité incontournable : la décision de la précédente administration américaine d'appuyer la restructuration de Chrysler et de General Motors laissait deux possibilités au Canada, soit participer à la restructuration de ces entreprises – qui, directement ou indirectement, représentent des centaines de milliers d'emplois – ou s'abstenir et voir toute la restructuration se faire à l'extérieur du Canada. Nous avons jugé la seconde option inacceptable et bien trop risquée dans la conjoncture économique.
C'est ainsi qu'en étroite collaboration avec le Trésor américain et aujourd'hui avec l'administration Obama, le gouvernement du Canada a fixé aux compagnies des conditions très strictes à l'offre qui leur était faite pour se restructure et se rénover. Ensemble, nous avons œuvré pour faire en sorte que tous les intervenants, dont les syndicats, le patronat, les détenteurs d'obligations et les institutions financières, puissent prendre les décisions difficiles, mais nécessaires, pour rétablir la viabilité des entreprises concernées.
Personne n'a trouvé le processus facile. En fait, notre gouvernement avait rejeté en mars dernier les plans préliminaires qui nous avaient été soumis. Mais depuis, tous les intervenants ont fait d'autres concessions. J'annonce donc aujourd'hui que les gouvernements du Canada et de l'Ontario s'associeront aux efforts que déploie GM Canada pour se restructurer. L'aide offerte pour appuyer le réseau de fournisseurs de GM ne tiendra pas compte des frontières. General Motors est de loin le plus gros consommateur de pièces automobiles au Canada.
En échange de cet appui, tous les intervenants se sont engagés à faire des concessions difficiles. Les coûts et avantages sociaux de la main-d'œuvre seront réduits de façon spectaculaire, les opérations des concessionnaires seront rationalisées et la ligne de produits sera réaménagée en fonction de la demande des consommateurs.
Mesdames et Messieurs, la mesure annoncée est certes regrettable, mais elle est nécessaire pour protéger l'économie canadienne contre la pire récession que le monde ait connue depuis un demi-siècle. En fait, les mesures que nous prenons expliqueront la plus grande partie de l'augmentation du déficit fédéral prévu cette année. J'aurais aimé qu'il y ait une autre solution, mais l'alternative aurait été immensément plus coûteuse et risquée.
Je tiens à saluer à nouveau le premier ministre McGuinty pour l'exceptionnelle collaboration dont nos deux gouvernements ont fait preuve dans cet important dossier. Les décisions de son gouvernement, ont été – je crois savoir – tout aussi difficiles, mais elles ont été prises dans l'intérêt du Canada tout entier et nous l'apprécions. Je tiens aussi à reconnaître les efforts du ministre fédéral de l'Industrie Tony Clement et de ses collaborateurs qui ont passé d'innombrables heures avec leurs homologues de l'Ontario ainsi qu'avec les intervenants et les représentants des entreprises et de l'administration Obama.
Je veux enfin remercier les intervenants, et particulièrement les travailleurs de GM, qui, ensemble, ont fait des choix très difficiles pour eux-mêmes et leur famille. Nous savons que vous avez fait d'immenses sacrifices. Nous savons que les décisions que vous avez prises n'ont pas été faciles, mais nous nous engageons à collaborer avec vous pour bâtir un meilleur avenir pour nous tous. Car, comme je l'ai déjà dit, le gouvernement du Canada prendra, en cette période extraordinaire, toutes les mesures nécessaires pour protéger le public et notre économie, et positionner notre pays pour qu'il sorte plus fort que jamais de la crise.