Québec, le 16 juin 2009 –Une intervention policière conjointe s’est soldée ce matin par la mise au jour d’une organisation criminelle de la région de Québec, impliquée dans la production et le trafic de phencyclidine, communément appelée PCP. Plus d’une cinquantaine de policiers fédéraux, provinciaux et autochtones ont uni leurs forces pour déstabiliser ce réseau criminel qui produisait le PCP à Québec et le distribuait principalement dans les communautés autochtones de la Côte-Nord. En tout, ce sont 26 personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de cette enquête.
Cette opération est la réponse donnée par les policiers à de nombreuses plaintes qui leur ont été adressées concernant un problème de sécurité publique causé par une abondance de PCP dans certains territoires autochtones et dont l’origine trouverait sa source à l’extérieur de la région.
L’enquête baptisée Calorie a été amorcée en 2007. Elle a permis de révéler qu’une organisation criminelle de Château-Richer près de Québec, dirigée par des non-autochtones, produisait localement le PCP et le distribuait avec l’aide de complices locaux dans certains territoires autochtones de l’est du Québec. Les communautés de Wendake (Ville de Québec), de Betsiamite (Baie-Comeau), d’Uashat et de Maliotenam (Sept-Îles) et de Matimekosh (Schefferville) étaient principalement ciblées par ce réseau criminel.
Pour mettre un terme aux activités de l’organisation suspecte, une opération de ratissage a été réalisée en deux volets, à Québec et sur la Côte-Nord.
Ainsi, une première série d’arrestations a été effectuée le 6 mai 2009 à Québec contre les producteurs de cette drogue très nocive pour ses consommateurs. Les policiers de la Section de lutte antidrogue de la GRC de Québec et les membres de l’Unité mixte d'enquête sur le crime organisé autochtone (UMECO-A) ont arrêté 10 suspects, dont sept qui ont été accusés en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
Ces arrestations effectuées en cours d’enquête ont été réalisées quelques heures seulement après la découverte d’un laboratoire de fabrication de PCP dans un secteur boisé de Château-Richer. Le laboratoire faisait l’objet de recherches actives. Il a été découvert à proximité d’un chalet isolé appartenant à l’un des accusés.
Outre la perquisition qui a mené à la découverte d’une importante quantité de PCP qui était en transformation finale pour être vendu sur la rue, cinq autres mandats de perquisition supplémentaires ont été exécutés dans la région de Québec lors de la première phase. Une serre de cannabis contenant 345 plantes a notamment été découverte dans la résidence d’un des accusés.
Les accusés dans la première phase sont :
Éric Paradis 37 ans Château-Richer
Zélia Rock Picard 28 ans Château-Richer
Kathia Tremblay 42 ans Château-Richer
Alain Duclos 44 ans Château-Richer
Simon Lamontagne 37 ans Château-Richer
Julie Romain 29 ans Québec
Roch Rousseau 45 ans Québec
Les sept accusés de la première phase ont comparu en mai dernier au Palais de justice de Québec pour répondre à des accusations de production de drogues et de complot pour trafic de drogues. Cinq des sept accusés sont demeurés détenus et deux ont été libérés sous conditions.
L’enquête s’est poursuivie et a mené les policiers à l’exécution d’une seconde phase de l’opération où des arrestations ont été réalisées ce matin, à Québec et sur certains territoires autochtones de la Côte-Nord. Cette seconde phase d’arrestations visait le démantèlement du réseau de distributeurs de PCP. Quelque 16 personnes ont été arrêtées dont sept qui ont fait l’objet d’accusations criminelles jusqu’à présent.
Les accusés de la seconde phase du Projet Calorie sont :
Léger Noël Régis 51 ans Uashat
Marie-Andrée Roch 24 ans Québec
Lucie Roch 33 ans Québec
Lise-Andrée Jourdain 34 ans Maliotenam
Alexandre Schécanapish 26 ans Uashat
John Schécanapish 26 ans Uashat
Carol-Anne Vollant-Desterre 22 ans Maliotenam
Des accusations de trafic de drogues, de possession de drogues et de complot ont été portées contre les suspects arrêtés dans la seconde phase de l’enquête. D’autres accusations pourraient suivre contre l’ensemble des personnes arrêtées.
Il est à noter que le PCP, principalement consommée dans les territoires autochtones de l’est du Québec, est une drogue nocive. Le PCP entraîne également des comportements antisociaux et violents pouvant mettre la vie de ses consommateurs et de leur entourage en danger. Le comportement imprévisible des utilisateurs de cette substance est relié à des événements tragiques qui ont menés à des suicides, à des agressions armées, et à d’autres actes de violence.
Pour mener à terme le Projet Calorie, la Gendarmerie royale du Canada et la Sûreté du Québec ont uni leur force à celle des policiers des Premières Nations. Les policiers autochtones de Wendake, de la Sécurité publique de Uashat et de Malioténam et de la Sécurité publique Betsiamite ont collaboré étroitement à l’enquête. L’Unité mixte des produits de la criminalité (UMPC) a également été invitée à participer au Projet Calorie pour procéder à la saisie des biens appartenant aux membres de ce réseau criminel, qui auraient été obtenus par les fruits de la criminalité. L’UMPC continue son enquête.
Rappelons que les partenaires policiers concernés par le Projet Calorie sont engagés dans la lutte contre les organisations criminelles sur les territoires autochtones du Québec. Ils ont pour mission d’identifier la structure des cellules criminelles et leurs liens avec les organisations criminelles existantes et d’enquêter, poursuivre et démanteler les organisations qui nuisent aux intérêts des communautés autochtones.
Le succès de l’opération Calorie se mesure par le calibre des personnes appréhendées, compte tenu de leur expérience et de leur compétence à faire avancer le crime organisé. Il se mesure aussi par la qualité de leurs relations au sein des collectivités autochtones pour l’exécution de leurs activités criminelles.
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Renseignements :
Gendarmerie royale du Canada
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