Montréal, le 17 novembre 2009 – Le Conseil des Arts du Canada a annoncé aujourd’hui les noms des lauréates et lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général de 2009. Les sept Prix en français et sept Prix en anglais sont remis à des auteurs, illustrateurs et traducteurs, dans les catégories romans et nouvelles, poésie, théâtre, études et essais, littérature jeunesse (texte et illustrations) et traduction.
Pour la première fois dans l’histoire des Prix, un ouvrage remporte un prix dans les deux catégories de littérature jeunesse (texte et illustrations) : Harvey de l’auteur Hervé Bouchard et de l’illustratrice Janice Nadeau qui, elle, remporte un Prix pour la troisième fois. La catégorie littérature jeunesse retient aussi l’attention dans la catégorie traduction vers l’anglais : Susan Ouriou gagne le Prix pour sa traduction Pieces of Me, traduction de La liberté? Connais pas… de
Charlotte Gingras. Paule Noyart, lauréate pour la traduction française du livre de Camilla Gibb’s Sweetness in the Belly., reçoit son deuxième Prix. M G. Vassanji, un ancien finaliste en romans et nouvelles de langue anglaise, remporte un Prix cette année dans la catégorie études et essais de langue anglaise pour son récit portant sur son voyage en Inde. Cette année, 12 des 14 lauréats reçoivent ce prix pour la toute première fois.
Son Excellence, la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, remettra les Prix littéraires aux lauréats de 2009, le jeudi 26 novembre, à 18 h, à Rideau Hall. Les représentants
des médias qui souhaitent assister à la remise des prix sont priés de communiquer avec Julie Rocheleau, au Bureau de presse de
Rideau Hall, au 613-998-7280 ou au jrocheleau@gg.ca.
La veille de la remise des Prix littéraires de 2009, la gouverneure générale et monsieur Jean-Daniel Lafond convient les citoyens à un forum public du Point des arts ayant pour thème : En quoi votre écriture est-elle canadienne? « Au moment où nous rendons hommage à la littérature canadienne, par les Prix littéraires du Gouverneur général, mais aussi grâce à de nombreux prix canadiens et internationaux décernés à nos auteurs, nous avons jugé opportun de nous demander ce qui fait le caractère canadien de notre littérature. Comment les auteurs, les illustrateurs, leur imaginaire, le travail des artisans du livre et la passion des lecteurs disent-ils qui nous sommes et dessinent-ils les traits de notre identité? », a demandé Son Excellence.
Ce forum public du Point des arts aura lieu le mercredi 25 novembre 2009, à 19 h, à Rideau Hall. Deux panélistes lanceront la discussion : Serge Bouchard, anthropologue et auteur ainsi que Noah Richler, journaliste et auteur. Le nombre de places étant limité, les membres du public doivent s’inscrire par courriel à conference@gg.ca avant le vendredi 20 novembre 2009.
Le Conseil des Arts finance et administre et assure la promotion des Prix littéraires du Gouverneur général, les plus prestigieuses et anciennes distinctions en littérature canadienne anglaise et française. Les Prix sont d’une valeur de 25 000 $ chacun. Chacune et chacun des lauréats recevra aussi un exemplaire de son livre spécialement relié par la relieuse montréalaise Lise Dubois. L’éditeur de chaque livre primé recevra une subvention de 3000 $ pour appuyer ses activités promotionnelles. De plus, chaque finaliste non lauréat recevra une somme de 1000 $ venant souligner son accession au rang des finalistes. La valeur totale des Prix littéraires se chiffre donc à environ 450 000 $.
Télécharges des images des lauréates et lauréats et leurs oeuvres.
Trouver des notices biographiques et d'autres renseignments sur les Prix de 2009.
Lauréates et lauréats
Romans et nouvelles
Julie Mazzieri, Velone-Orneto (France) [originaire de
Saint-Paul-de-Chester, Québec], Le discours sur la tombe de l’idiot.
(Éditions José Corti; distribué par Diffusion Dimédia)
Un roman d’une habileté exceptionnelle, fruit d’une maîtrise exemplaire de la narration. Ce texte profond, noir et implacable et cette écriture dense et haletante nous habitent longtemps une fois la lecture terminée. Si l’auteure s’est lancé un défi — raconter une histoire, la rendre crédible —, elle remporte la mise haut la main.
Kate Pullinger, Londres (Royaume-Uni) [originaire de Cranbrook, Colombie-Britannique], The Mistress of Nothing.
(McArthur & Company; distribué par l’éditeur)
Dans The Mistress of Nothing, Kate Pullinger crée le fascinant personnage de Sally, la bonne de Lady Duff Gordon, à l’époque victorienne. Au cours d’un mémorable voyage le long du Nil en compagnie de sa maîtresse, Sally réfléchit à la nature du pouvoir — l’attrait qu’il peut exercer, son caractère fugace et sa capacité d’altérer l’âme humaine de multiples façons.
Poésie
Hélène Monette, Montréal, Thérèse pour joie et orchestre.
(Les Éditions du Boréal; distribué par Diffusion Dimédia)
Dans Thérèse pour joie et orchestre, la poète fait de sa sœur emportée par la maladie une bienheureuse dont l’esprit flotte désormais
au-dessus des êtres et des choses. Cette élégie orchestrée par Hélène Monette étonne par sa grande capacité à émouvoir le lecteur. Une ode magnifique portée par un souffle puissant et généreux.
David Zieroth, North Vancouver, The Fly in Autumn.
(Harbour Publishing; distribué par l’éditeur)
Dans The Fly in Autumn, David Zieroth aborde notre sort commun et déterminant — la solitude qui est une préfiguration de la mort — avec une tendresse et une gaieté qui apprennent au lecteur « comment marcher dans les ténèbres avec des fleurs ». La complexité et l’exubérance des vers ainsi que la vision d’ensemble sont stupéfiantes.
Théâtre
Suzanne Lebeau, Montréal, Le bruit des os qui craquent.
(Leméac Éditeur; distribué par Socadis)
Le bruit des os qui craquent est une de ces œuvres rares, belles et courageuses. Suzanne Lebeau y traite, avec une sensibilité et une rigueur sans compromis, des effets dévastateurs de la guerre sur les enfants. Sans détour, avec une lucidité émouvante, elle aborde la question des responsabilités individuelle et collective et présente l’empathie comme territoire d’espoir et ultime lieu de rédemption.
Kevin Loring, Vancouver, Where the Blood Mixes.
(Talonbooks; distribué par Publishers Group Canada)
Des années après avoir été enlevée, une jeune fille revient dans sa collectivité meurtrie. Kevin Loring éclaire les répercussions complexes du système scolaire des pensionnats et les circonstances de l’histoire autochtone contemporaine; il y parvient par l’entremise de personnages fascinants, sympathiques et pleins d’humour qui vivent du mieux qu’ils le peuvent, avec force et courage.
Études et essais
Nicole V. Champeau, Ottawa, Pointe Maligne : l’infiniment oubliée.
(Les Éditions du Vermillon; distribué par Prologue)
Ce livre nous chante, tel un requiem, l’anéantissement de territoires du Haut Saint-Laurent engloutis par les barrages et dépeuplés par l’expropriation des habitants. Ces lieux ont même disparu de la mémoire des cartes. Autour de Cornwall, à l’origine Pointe Maligne, c’est la mémoire des peuples fondateurs, amérindiens et français qui fut effacée.
M.G. Vassanji, Toronto, A Place Within: Rediscovering India.
(Doubleday Canada; distribué par Random House of Canada)
Ce mémoire lyrique et évocateur nous transporte dans les paysages de la culture, de la mémoire, de l’identité et de l’histoire. Le style de Vassanji — varié et ludique — entraîne le lecteur sans effort, éclairant les racines délabrées de l’identité, de la famille et de la culture. Remarquable ouvrage d’autoréflexion, d’une continuelle perspicacité,
A Place Within est la chronique éclatante d’un sage, d’un voyageur et d’un pèlerin.
Littérature jeunesse – texte
Hervé Bouchard, Saguenay (Québec), Harvey.
(Les Éditions de la Pastèque; distribué par Socadis)
Hervé Bouchard nous plonge dans le désarroi d’un jeune garçon confronté à la mort de son père. Il nous bouleverse par son écriture tout à la fois surprenante et d’une extrême sensibilité. À travers un réseau de métaphores d’une grande puissance poétique, il nous laisse libres de parcourir les multiples strates de son récit.
Caroline Pignat, Ottawa, Greener Grass: The Famine Years.
(Red Deer Press, une division de Fitzhenry & Whiteside; distribué par l’éditeur)
Greener Grass : The Famine Years, de Caroline Pignat, raconte la désintégration de la famille Byrne pendant la Grande Famine irlandaise en 1847, alors que les propriétaires exerçaient sans merci leur pouvoir, que les enfants pouvaient être mis en prison et que des millions d’êtres humains mouraient de faim. Une histoire intemporelle sur le courage, la loyauté familiale et la résilience de l’esprit humain.
Littérature jeunesse – illustrations
Janice Nadeau, Montréal, Harvey, texte d’Hervé Bouchard.
(Les Éditions de la Pastèque; distribué par Socadis)
Tout en accompagnant un texte qui se démarque par l’originalité de la langue, Janice Nadeau offre un éventail de trouvailles qui racontent admirablement la tristesse du printemps et la mélancolie de la perte. Le dessin, tout en nuances, danse avec le texte et donne un rythme à la lecture du livre. Le Québec d’Hervé Bouchard prend vie dans les traits de l’illustratrice.
Jirina Marton, Colborne (Ontario), Bella’s Tree, texte de Janet Russell.
(Groundwood Books / House of Anansi Press; distribué par HarperCollins Canada)
Les illustrations de Jirina Marton invitent le lecteur dans un paysage d’hiver coloré d’une subtile palette aux couleurs terre et empli de textures. Avec ses tons chauds, l’intérieur, qui rappelle Van Gogh, installe une atmosphère de temps des fêtes qui n’est pas sans susciter une réponse émotive. Les illustrations, bien construites, savent rendre l’imagination et le caractère humain des scènes du quotidien qu’elles représentent.
Traduction
Paule Noyart, Bromont (Québec), Le miel d’Harar.
(Leméac Éditeur / Actes Sud; distribué par Socadis)
Traduction française de Sweetness in the Belly de Camilla Gibb
(Anchor Canada)
Paule Noyart fait preuve d’une grande sensibilité envers la poésie de l’œuvre originale. Véritable acte de création littéraire, la liberté d’expression de la traductrice sert admirablement ce roman d’une grande richesse culturelle. Ce texte d’une qualité remarquable repousse, chose rare, les limites de l’art de traduire.
Susan Ouriou, Calgary, Pieces of Me.
(Kids Can Press; distribué par University of Toronto Press)
Traduction anglaise de La liberté ? Connais pas… de Charlotte Gingras (Les éditions de la courte échelle)
Avec Pieces of Me, Susan Ouriou a rendu, de façon magique, un texte exquis. En traçant tendrement, à son tour, le portrait d’une adolescente troublée qui lutte pour trouver qui elle est, Susan Ouriou, dans une traduction achevée, a saisi avec beaucoup de sensibilité le côté émouvant, poétique et amusant de l’héroïne du roman.
Les comités d’évaluation par les pairs
Les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général sont choisis par des comités d’évaluation par les pairs (sept en français et sept en anglais), dont les membres sont nommés par le Conseil des Arts.
Les comités se sont réunis séparément et ont examiné tous les livres admissibles parus entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009, pour les livres de langue française, et entre le 1er septembre 2008 et le 30 septembre 2009 pour ceux de langue anglaise. Cette année 657 ouvrages en français et 884 ouvrages en anglais ont été soumis.
Comités de langue française
Romans et nouvelles : Marie-Célie Agnant (Montréal), Daniel Poliquin (Parrsboro, N.-É.), Pierre Samson (Montréal)
Poésie : Carole David (Montréal), Paul Chanel Malenfant
(Rimouski, Qc), Benoît Doyon-Gosselin (ville de Québec)
Théâtre : Marie-Christine Lê Huu (Montréal), Pierre-Yves Lemieux (Montréal), Robert Marinier (Ottawa)
Études et essais : François Bugingo (Montréal), Madeleine Gagnon (Montréal), Roland Le Huenen (Toronto)
Littérature jeunesse – texte : Charlotte Gingras (Morin-Heights, Qc), Daniel Marchildon (Penetanguishene, Ont.), Jean-Michel Schembré (Sainte-Brigitte-de-Laval, Qc)
Littérature jeunesse – illustrations : Sylvie Daigneault (Toronto),
Virginie Egger (Montréal), Rafael Sottolichio (Montréal)
Traduction : Jean Antonin Billard (Roxton Falls, Qc), Anne Malena (Edmonton), Sophie Voillot (Montréal)
Comités de langue anglaise
Romans et nouvelles : Judy Fong Bates (Campbellford, Ont.),
Wayne Johnston (Toronto), Shaena Lambert (Vancouver)
Poésie : Janice Kulyk Keefer (Toronto), George Murray
(St. John’s, T.-N.-L.), John Pass (Madeira Park, C.‑B.)
Théâtre : Sally Clark (Vancouver), Bruce McManus (Winnipeg),
Drew Hayden Taylor (Curve Lake, Ont.)
Études et essais : Stephen Kimber (Halifax), Ross A. Laird
(Delta, C.-B.), Nelofer Pazira (Toronto)
Littérature jeunesse – texte : Tomson Highway (Noëlville, Ont.),
Pamela Porter (North Saanich, C.-B.), Alice Walsh (Lower Sackville, N.-É.)
Littérature jeunesse – illustrations : Kyrsten Brooker (Edmonton),
Laura Jolicoeur-Simon (Dartmouth, N.-É.), Leo Yerxa (Ottawa)
Traduction : Betty Bednarski (Halifax), Rhonda Mullins (Montréal),
John Murrell (Calgary)