26 janvier 2010
Ottawa (Ontario)
De nombreux dirigeants mondiaux et membres du milieu international des affaires se réuniront cette semaine à l'occasion du Forum économique mondial qui aura lieu à Davos, en Suisse. Le Canada profitera de ce rassemblement pour énoncer ses projets à titre de président du G8 et d'hôte du sommet du G20 qui se tiendra en juin à Toronto.
Nous demeurons résolus à collaborer avec nos partenaires pour tenir nos engagements, dont l'application intégrale des mesures que notre gouvernement a prises pour stimuler l'économie et lutter contre le protectionnisme.
Le G20 est aujourd'hui le plus grand forum mondial de coopération budgétaire et économique. Il est composé de pays tant développés qu'en développement, et assume désormais la responsabilité qui revenait au groupe de pays développés, le G8. Je crois qu'à l'avenir, le G8 - certes plus petit, mais tout aussi influent - se concentrera sur la sécurité et le bien-être des populations. Il revient aux dirigeants des pays les plus développés d'aider ceux qui sont les plus vulnérables.
Le sort de la population d'Haïti nous préoccupe tous. La réaction de la communauté internationale à ce désastre a été vive et encourageante. Dans les heures qui ont suivi la destruction de la capitale, les gouvernements du monde entier se sont mobilisés et ont coordonné des secours massifs. Peu après, les gens ont ouvert leur coeur ainsi que leur portefeuille et les dons ont commencé à affluer. Cette tragédie nous a permis de constater l'ampleur de la solidarité humaine.
Or, nous ne devrions pas attendre une catastrophe naturelle pour porter attention aux moins fortunés. Les peuples vivant dans la pauvreté ont été les plus durement éprouvés par le ralentissement économique mondial. C'est pourquoi nous devons nous efforcer de répondre à leurs besoins urgents dans les temps difficiles qu'ils vivent.
Force est de constater que les catastrophes frappent trop souvent les populations qui ne sont pas en mesure de les surmonter. L'absence de services essentiels peut entraîner des conséquences terribles, surtout pour les peuples les plus vulnérables de la planète. Chaque année, 500 000 femmes meurent pendant la grossesse ou l'accouchement et, plus affligeant encore, neuf millions d'enfants meurent avant même d'avoir atteint l'âge de 5 ans.
Cette situation est tout simplement inacceptable. Dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement, les Nations unies souhaitaient réduire le nombre de décès entourant la grossesse de 75% d'ici 2015. Nous savons maintenant que cet objectif ne sera pas atteint. Cette situation est d'autant plus grave que, selon les spécialistes, 80% des décès pendant la grossesse pourraient être facilement évités. Le monde doit se mobiliser de toute urgence dans le dossier de la santé maternelle et infantile.
A titre de président du G8 en 2010, le Canada prendra la tête d'une initiative majeure visant à améliorer la santé maternelle et infantile dans les régions les plus pauvres du globe. Les membres du G8 peuvent obtenir des résultats tangibles à cet égard. Le Canada fera de la santé maternelle et infantile une de ses grandes priorités en juin. Trop de vies se sont éteintes et trop d'avenirs ont été brisés par manque de solutions simples.
Les solutions ne sont pas coûteuses. Les coûts afférents à l'eau potable, à la vaccination, à l'amélioration de la nutrition ainsi qu'à la formation en obstétrique des travailleurs de la santé sont à la portée de tous les pays du G8. Cela s'applique aussi à la mortalité infantile qui pourrait être réduite à peu de frais par une meilleure nutrition et l'élargissement de la vaccination.
Pour contribuer à cette initiative du G8, le Canada tentera de mobiliser les gouvernements du groupe, les organisations non gouvernementales ainsi que les fondations privées. Certes, l'élaboration d'un programme mondial d'amélioration de la santé maternelle et infantile est un projet ambitieux. Mais la collaboration entre les pays et les organismes d'aide dans les régions nécessiteuses rendra cet objectif réalisable.
Lors du G8, il faudra aussi se pencher sur d'autres questions et tenir des discussions informelles sur la sécurité, la prolifération nucléaire et l'environnement. La santé maternelle et infantile demeurera toutefois une priorité.
Comme l'a montré la crise en Haïti, notre compassion dépasse les frontières. Les pays développés ont coordonné leurs efforts pour venir en aide aux malades, aux prisonniers des décombres et aux affamés. Nous devons une fois de plus conjuguer nos efforts. En tant que dirigeants des pays les plus développés du monde, nous sommes tenus d'aider les populations les plus vulnérables à l'adversité. Le Canada souhaite que les membres du G8 se rallient et agissent dans ce dossier.
L'auteur est le premier ministre du Canada.