LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI
Le Premier ministre Stephen Harper a tenu les propos suivants aujourd'hui devant l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique :
« Monsieur le Président de l'Assemblée législative, l'honorable Bill Barisoff ; premier ministre de la Colombie-Britannique, l'honorable Gordon Campbell ; chef de l'opposition, l'honorable Carole James ; distingués membres de l'Assemblée législative.
Mesdames et Messieurs, c'est un immense plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui, dans le cadre de cette célébration de votre province et de notre pays. J'ai toujours dit que ce qu'il y a de mieux quand on est Premier ministre du Canada, c'est d'avoir la possibilité inégalée de voyager partout au pays et de rencontrer les gens merveilleux qui y vivent.
« Aujourd'hui est une première. Depuis 1871, quand la Colombie-Britannique a pris la décision très importante de se joindre au nouveau Dominion et de faire en sorte que ce pays s'étende d'un océan à l'autre, aucun Premier ministre ne s'est officiellement adressé à cette grande Assemblée. Et je tiens à remercier le Président de la Chambre de me donner cette occasion spéciale. Tous, vous nous faites, à moi et à votre pays, un grand honneur.
« Nous voilà ici à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique. La Colombie-Britannique. Des Canadiens de partout au pays vous connaissent depuis des décennies par le slogan de vos plaques d'immatriculation : La belle Colombie-Britannique. Ce n'est pas exagéré. La beauté naturelle est presque toujours la première chose que les gens remarquent quand ils arrivent en Colombie-Britannique.
« Le célèbre historien et essayiste canadien Stephen Leacock l'a bien dit il y a longtemps. Décrivant sa première visite en Colombie-Britannique dans son livre My Discovery of the West, il narre une question qu'on lui a posée lors d'une réception au Canadian Club de Vancouver : ‘On m'a demandé pourquoi je n'avais jamais visité la province avant. J'ai répondu que comme beaucoup de gens, je n'étais jamais venu car j'ignorais combien cette province était merveilleuse. Si j'avais su, je ne me serais pas contenté d'une simple visite. Je serais né ici'.
« La beauté sans pareille de la Colombie-Britannique et sa promesse d'une vie meilleure n'ont jamais perdu leur pouvoir d'enchanter, de séduire et d'attirer les gens vers cette côte radieuse du Pacifique. Cette région est née avec la myriade des nations de nos Premiers Peuples, dont l'esprit anime cette terre depuis des milliers d'années. Cela s'est poursuivi avec de grands explorateurs : John Finley, Simon Fraser, Alexander Mackenzie, David Thompson – ceux qui voulaient la relier aux forces économiques plus grandes du continent.
« Elle a captivé l'imagination de la génération d'aventuriers qui ont parcouru des distances énormes quand on a découvert de l'or dans le fleuve Fraser. Et c'est à Craigellachie que le dernier crampon du chemin de fer du Canadien Pacifique – le projet de construction de nation le plus important de notre pays – a été planté. Et, Mesdames et Messieurs, la Colombie-Britannique attire toujours tous les peuples du monde.
« D'un poste éloigné peu peuplé de notre pays, la Colombie-Britannique est devenue la troisième plus grande province, comptant certaines des villes les plus cosmopolites et agréables à vivre dans le monde, toujours en pleine croissance et dirigeant le Canada dans un nouveau siècle qui sera défini par les possibilités en Asie-Pacifique, dont la Colombie-Britannique est la porte du Canada.
« La génération de 1871, John Foster Mccreight, Amor de Cosmos et tous les autres seraient émerveillés par la Colombie-Britannique de 2010 – la Colombie-Britannique avec le talent, l'énergie et la capacité d'accueillir des événements majeurs de classe mondiale comme les Jeux olympiques, qui commencent demain. Des événements comme celui-là sont extrêmement significatifs. Ce sont les marques historiques de là où va une communauté, de la façon dont ses habitants se voient.
« Par exemple, visiter la Colombie-Britannique et Vancouver aujourd'hui me rappelle Expo 86. La plupart d'entre vous vous souvenez de cet événement mondial et de ce qu'il signifiait alors que l'Asie commençait à démontrer sa capacité de devenir une future puissance économique. Cet événement a permis à votre province et à notre pays de se démarquer dans le Pacifique. Cet événement mondial a mis en lumière cette partie de notre pays, et nous nous souvenons tous de l'afflux d'investissements et de population qui a suivi.
« Mais il a aussi changé la Colombie-Britannique, qui est devenue plus audacieuse, plus forte, riche de l'assurance qu'est la conséquence du succès, avec la nécessité d'atteindre des sommets encore plus hauts. Et maintenant, vous appelez le monde une fois de plus et de façon encore plus spectaculaire. Pendant les Jeux olympiques et paralympiques, six mille huit cents athlètes et officiels d'équipe, dix mille journalistes et un quart de million de spectateurs se réuniront à Vancouver et à Whistler. C'est une rencontre remarquable, sans aucun doute. Cependant, la simple évocation des chiffres ne leur rend pas justice. Les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 sont une entreprise logistique et organisationnelle sans pareille. Ils seront tout simplement l'événement sportif le plus ambitieux jamais organisé au Canada.
« Le travail réalisé par le Comité organisateur de Vancouver, avec ses partenaires de tous les paliers de gouvernement, est en soi un exploit digne des anciennes Olympiades que ces Jeux honorent. Tout comme l'Expo qui a précédé, c'est une réalisation exceptionnelle. Et tout comme elle, nous ne savons pas encore comment ces Jeux vont nous changer ou quel sera leur héritage. Mais ce que nous savons, Mesdames et Messieurs, c'est que la Colombie-Britannique a fait des percées immenses pendant les premières années du 21e siècle. Elle a grandi de façon exponentielle, rassemblé une force économique, et est devenue plus importante au sein de la Confédération que jamais auparavant dans l'histoire.
« Et il n'est pas difficile de prévoir qu'un jour, quand les citoyens de la Colombie-Britannique repenseront à ces Jeux, vous les verrez comme une affirmation de ce que vous avez accompli et comme votre point de départ dans une ère nouvelle et passionnante. Au nom du gouvernement du Canada – et en fait au nom de tous les Canadiens et Canadiennes – j'aimerais remercier tous ceux qui ont participé à l'organisation des Jeux olympiques de 2010 et ceux qui les ont soutenus, y compris vous ici à cette Chambre, pour un travail bien fait – pour un très travail bien fait !
« Je veux aussi vous dire que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont fiers d'être partenaires de ces Jeux.
« Que ce soit sous la forme de l'infrastructure des lieux, de fonds patrimoniaux, d'événements culturels, ou d'ententes de sécurité essentielles, tous les Canadiens – par l'intermédiaire du gouvernement du Canada – ont fait les investissements requis pour assurer que l'événement soit de classe mondiale.
« Car même si Vancouver et Whistler accueillent les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010, il ne fait aucun doute, comme l'a dit lui-même le premier ministre Campbell en décembre, quand nous avons accueilli la Flamme olympique sur la Colline parlementaire – que ces Jeux sont les Jeux du Canada. Car, Mesdames et Messieurs, alors que la Colombie-Britannique mettra en lumière tout ce dont vous êtes si fiers pendant ces Jeux, la chose la plus visible, lorsque nos équipes et nos athlètes nationaux entreront en scène, sera la plus grande qualité et le meilleur atout de la Colombie-Britannique, c'est que la Colombie-Britannique fait partie du Canada.
« Tout le Canada va encourager nos athlètes. Tous les Canadiens et Canadiennes, de Cape Race à Nootka Sound, les hommes et les femmes qui sont à Alert, au Nunavut, seront collés à leur écran de télévision, non seulement pour encourager nos athlètes, mais pour être de tout cœur avec eux.
« Dans cet immense effort des nations, qui n'est pas moins sérieux ou déterminé à être fait dans un esprit de bonne volonté, les athlètes canadiens créeront maintenant les jours passés que nous savourerons tous demain, les histoires dont nous allons nous rappeler, les exploits de courage, de détermination et de loyauté que nous donnerons à nos enfants et aux enfants de nos enfants en exemple quand ils demanderont ce que c'est que d'être Canadien. Et nous ressentirons cette fierté, comme il se doit, d'être Canadiens.
« Le patriotisme, Mesdames et Messieurs, le patriotisme en tant que Canadiens ne devrait pas nous gêner ou nous embarrasser le moins du monde. Je connais les idées de grandeur et l'affichage tapageur du nationalisme que nous avons tendance à attribuer aux autres. Et, au fil des siècles, des choses ont été faites dans le monde au nom de la fierté nationale ou de l'amour du pays qui n'auraient pas dû être faites. Cependant, nous ne devrions jamais cacher notre fierté d'avoir un pays si merveilleux simplement parce que cette notion a parfois été mal utilisée.
« Il n'y a rien de mal, et beaucoup de points positifs, à célébrer ensemble alors que nos compatriotes, percevant une étoile brillante loin là-haut, paient le prix et prennent le risque de tendre la main pour tenter de la toucher pendant un moment merveilleux. Car toute bonne chose pose des risques, tout idéal est atteint par des sacrifices. Demandez-le à un athlète olympique qui porte la feuille d'érable. Mais cette feuille d'érable, ne l'oublions pas, symbolise plus que les athlètes qui la portent, elle symbolise le pays que nous chérissons.
« Elle symbolise le Canada, notre Canada, qui a montré pendant cette récession mondiale, et qui va montrer pendant ces Jeux, qu'il peut affronter les meilleurs des meilleurs et gagner. Le Canada, notre Canada, où les autres citoyens qui portent la feuille d'érable, nos Forces armées, servent, non pas pour la conquête ou l'avantage, mais simplement pour partager nos cadeaux que sont la liberté, la démocratie et la justice afin de rendre le monde un peu plus sécuritaire et un peu meilleur, comme ils le font en Afghanistan, et pour donner espoir aux autres et sauver nos concitoyens, comme ils le font de façon si spectaculaire en Haïti. Ce Canada, notre Canada, qui donne si généreusement à Haïti, pas parce que nous pensons gagner du pouvoir ou autre chose en retour, mais parce que notre pays est compatissant et généreux, pas seulement avec ses citoyens, mais aussi avec ses semblables.
« Et nous reconnaissons, sans dire que le Canada est parfait, que quand nous nous trompons, et c'est arrivé – la taxe d'entrée pour les Chinois, les pensionnats indiens – nous tentons d'apprendre de ces erreurs et de nous faire pardonner. Et cela, mes chers compatriotes, apprendre de notre histoire, est la meilleure façon de bâtir notre pays. Cela fait de nous des bienfaiteurs de l'histoire, et non pas ses prisonniers.
« Le Canada, notre magnifique pays, où nous accueillons le monde, non seulement pour les Jeux olympiques, mais dans le cadre de notre identité propre. Car tous les pays, quand ils viendront, retrouveront leurs frères et sœurs parmi nous, des Canadiens et des Canadiennes, qui sont venus de tous les coins de la planète et qui continuent à venir, mettant de côté les vieilles querelles et embrassant un avenir commun, ensemble.
« Et quand, dans notre hymne national, nous demandons à Dieu de protéger nos foyers et nos droits, nous pensons à nous tous – tous les hommes et toutes les femmes qui choisissent d'être des Canadiens égaux, non seulement à ses yeux, mais aux yeux de tous. Le Canada, notre Canada, mérite vraiment notre fierté et notre patriotisme.
« Brandissons notre drapeau à nos ambassades, sur nos bases, à nos postes éloignés, sur nos vaisseaux, à nos stades et à nos événements, même chez nous, pendant ces Jeux olympiques et paralympiques canadiens. Pas seulement pour ces Jeux, mais aussi pour le G8, le G20, le Sommet des leaders nord-américains, la visite de sa Majesté la Reine Elizabeth II, et à toute autre grande occasion, non seulement comme un symbole de notre appréciation de ce que nous avons, mais comme un signe de bienvenue au reste du monde.
« Que ce soit un rappel rouge et blanc d'un patriotisme calme et humble qui, sans rien demander à ses voisins, est prêt à monter la garde. Nous demanderons au monde de nous pardonner cette manifestation inhabituelle de patriotisme, de fierté de faire partie d'un pays qui est fort, confiant et grand parmi les nations.
« Et nous laisserons notre drapeau flotter ici en Colombie-Britannique – la belle Colombie-Britannique – au-dessus du podium aux Jeux d'hiver de 2010. C'est le moment de gloire de la Colombie-Britannique. Et c'est aussi le moment de briller pour le Canada.
« Merci beaucoup et que Dieu bénisse le Canada. »