Lors de la création de cet organisme en 1921, c’était encore le Foreign Office britannique qui définissait la politique étrangère de l'Empire, et les diplomates britanniques qui se trouvaient dans les capitales étrangères agissaient toujours au nom des dominions.
Mais le Canada, avec la bénédiction du Parlement britannique, commençait à voler de ses propres ailes. En 1931, le Statut de Westminster instaurait l'égalité législative entre les six dominions autonomes et le Royaume?Uni.
Tout au long de son évolution, de son statut de colonie jusqu'à celui de nation indépendante, le Canada est demeuré un partenaire loyal du Royaume?Uni. Ce partenariat n'est pas qu'un simple fait historique; il se fonde également sur des valeurs et des intérêts communs. Dans un monde d'insécurité, d'instabilité politique et de conflits économiques, le Canada et le Royaume?Uni partagent une vision : assurer un avenir sûr, sécuritaire et prospère aux pays du monde entier.
Aux côtés de nos alliés, nous avons la force requise pour faire en sorte que la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit prévalent partout dans le monde.
Après les États?Unis, le Royaume?Uni est le deuxième marché d'exportation du Canada, et il représente également la seconde source d'investissements étrangers directs au Canada.
Nous pouvons tous être fiers de notre histoire commune et de notre partenariat actuel.
Nos deux pays doivent maintenant assumer des responsabilités et relever des défis d’envergure mondiale.
Comme le premier ministre [Stephen] Harper le signalait il y a quelques semaines, 2010 sera l'année internationale du Canada. Nous serons en effet particulièrement occupés en 2010 à accueillir des rencontres internationales.
Nous venons tout juste d'accueillir une conférence ministérielle internationale sur Haïti, qui s’est déroulée lundi dernier à Montréal.
Nous serons en outre les hôtes des Jeux olympiques d'hiver en février et des Jeux paralympiques en mars; de la rencontre des ministres des Finances du G8; plus tard en mars, de la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G8; vers la fin juin, du Sommet du G8 et du Sommet du G20; et plus tard cette année, du Sommet des leaders nord-américains.
Dans notre rôle de pays d’accueil de ces rencontres internationales, nous sommes guidés par les valeurs qui sont chères aux Canadiens, les valeurs pour lesquelles ils ont combattu et sacrifié leur vie : la liberté et la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.
Aujourd'hui, je me propose de vous entretenir de certaines priorités du Canada pour l’étranger.
À juste titre, les Canadiens sont fiers de la performance économique de leur pays au cours de cette période agitée, et en particulier de l’efficace série de mesures de stimulation ciblées contenues dans le Plan d'action économique du Canada, ainsi que de la résistance et de la stabilité remarquables de leurs institutions financières prudemment réglementées.
L'économie du Canada est en croissance depuis juin dernier, mais la reprise est encore fragile et notre travail n'est pas terminé. C’est pourquoi cette reprise demeure en tête des priorités du gouvernement.
Dans les moments difficiles, le danger du protectionnisme s’accroît. Le Canada croit que le libre-échange demeure la voie à suivre, tant dans les bonnes que dans les mauvaises périodes. Nous ferons valoir cette position dans notre rôle d'hôte du G20. Le premier ministre du Canada assistera au cours des prochains jours au Forum économique de Davos, où il communiquera ce message aux autres nations.
À titre d’exemple, en décembre 2008, le Canada et l'Union européenne sont parvenus à un accord global de transport aérien qui a facilité le développement de nouveaux marchés et services et permis un accroissement de la concurrence. Nous nous attendons à ce que cette entente donne lieu à une relation commerciale élargie avec l'Union européenne, d’autant plus que nous avons entrepris des négociations en vue d’un accord économique et commercial global.
La réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 aura lieu sur toile de fond de situation internationale particulièrement dynamique. Nous continuons de faire face à de graves menaces à la sécurité et à la stabilité mondiales, notamment la prolifération nucléaire, le terrorisme, le crime et les conflits. Beaucoup de ces menaces ont en outre été amplifiées par la crise économique.
Lorsque je rencontrerai mes collègues en mars, en plus de parler de situations de sécurité pressantes et préoccupantes, j'ai l'intention de faire progresser trois dossiers clés pour 2010.
D'abord, nous aborderons la prolifération nucléaire. À cet égard, je m'attends à ce que nous nous penchions à l’évolution de la situation en Iran et en Corée du Nord.
Ensuite, je veux traiter de nos efforts continus en Afghanistan et au Pakistan, en mettant l'accent sur la région frontalière. À l'invitation du premier ministre Brown, nous sommes réunis ici, à Londres, afin de nous pencher sur la voie à suivre à l’issue de l'élection présidentielle afghane de l'été dernier.
Des difficultés majeures persistent dans les deux pays, et les pays du G8 se sont fortement engagés à aider les autorités afghanes et pakistanaises à s'attaquer à la violence persistante ainsi qu'à relever les défis économiques auxquels elles font face.
Enfin, je veux traiter avec mes collègues des façons d’améliorer la cohérence et l’efficacité des efforts que nous déployons pour aider les pays et régions vulnérables à améliorer leur situation au chapitre de la sécurité.
Ici à Londres, il sera question du Yémen. J'ai l'intention d'examiner la façon dont le G8 peut contribuer à renforcer la capacité de ce pays à résister au terrorisme et à l’empêcher de devenir un refuge pour Al?Qaïda.
L'absence des services les plus fondamentaux peut entraîner des conséquences désastreuses, surtout pour les populations les plus vulnérables du monde. Comme le disait le premier ministre Harper, il est inacceptable que chaque année, 500 000 femmes meurent pendant leur grossesse ou au moment de l'accouchement, et que neuf millions d'enfants meurent avant d’atteindre l’âge de cinq ans.
En Afghanistan, le Royaume-Uni et le Canada, de concert avec nos alliés, se retrouvent encore une fois à lutter côte à côte dans le but commun d'améliorer la sécurité mondiale et la vie d’autres personnes, dans ce cas-ci, celle du peuple afghan. Le Canada collaborera avec ses partenaires internationaux et continuera d’aider les Afghans à refaire de leur pays une société stable, démocratique et autosuffisante, surtout en matière de sécurité.
Évidemment, notre engagement en Afghanistan comprend beaucoup plus qu'une intervention militaire. Nous avons six priorités ciblées et trois projets de premier plan pour aider l'Afghanistan, en collaboration avec nos partenaires internationaux et en coopération avec le gouvernement afghan.
Nos priorités sont de renforcer les capacités des forces de sécurité nationales afghanes à Kandahar, d'accroître la capacité du gouvernement de l'Afghanistan à fournir les services essentiels et à promouvoir la croissance économique, et enfin d'apporter de l'aide humanitaire aux groupes les plus vulnérables de sa population.
Nous travaillons également à améliorer la sécurité frontalière, en facilitant le dialogue entre les autorités afghanes et pakistanaises ainsi que les efforts déployés par les Afghans en vue de la réconciliation politique nationale et de la réinsertion, et en renforçant les capacités de l'Afghanistan en matière de gouvernance démocratique par l’établissement de processus électoraux et d’institutions publiques plus responsables.
Nos projets de premier plan sont l'irrigation (le projet de barrage Dalha), l'éducation et l'éradication de la polio.
Comme vous le savez, conformément à la motion parlementaire adoptée en mars 2008, la mission militaire du Canada prendra fin en 2011.
Les forces armées canadiennes et britanniques ont fait des sacrifices extraordinaires depuis notre arrivée en Afghanistan en 2001, et je sais que 2009 a été une année particulièrement difficile pour le Royaume?Uni.
L'un des héritages les plus précieux et les plus vénérés de nos traditions politiques britanniques et européennes est notre engagement profond et durable envers la gouvernance démocratique et la liberté politique. Par la parole et les gestes, nous avons prouvé notre engagement à défendre et à faire progresser les droits de la personne dans le monde. Cette détermination a été évidente non seulement dans nos actions en Afghanistan, mais aussi dans nos vigoureuses interventions en Birmanie, en Iran, au Zimbabwe, en Guinée et ailleurs.
En étroite collaboration avec des alliés comme le Royaume?Uni et les États?Unis, nous adopterons une position tout aussi ferme en 2010.
Le Canada est une nation arctique. L'Arctique et le Nord font partie de notre identité nationale. Ils occupent plus de 40 p. 100 de notre masse terrestre.
Afin de résoudre les problèmes et de bénéficier des possibilités du XXIe siècle, le gouvernement a conçu une stratégie globale du Nord fondée sur:
• l’exercice de notre souveraineté arctique
• la protection de notre patrimoine environnemental
• la promotion du développement social et économique
• et l’amélioration et la dévolution de la gouvernance du Nord
Le Canada est une puissance arctique et continuera de gérer de façon responsable le Nord et l'Arctique.
Lorsque nous examinons la scène mondiale, nous sommes évidemment frappés par la dévastation subie récemment par Haïti. La catastrophe a coûté la vie à plus de 150 000 personnes, dont de nombreux Canadiens et a détruit plus de 90 p. 100 des écoles haïtiennes.
Comme vous le savez, plus de 125 000 Canadiens d’origine haïtienne vivent au Canada, dont la majorité à Montréal. Haïti est le voisin et l’ami du Canada. Avant le tremblement de terre, le Canada était déjà pour Haïti le principal pays donateur du monde par habitant, et il est membre de longue date du Groupe des amis d'Haïti.
Quelques jours après le séisme, j'ai organisé une téléconférence avec le premier ministre haïtien, M. Jean?Max Bellerive, et nos principaux partenaires de la communauté internationale.
Nous avons appuyé l'engagement du gouvernement haïtien « d'aller au-delà de la reconstruction, de bâtir un nouvel Haïti ». Nous avons invité les amis d'Haïti et des acteurs régionaux et multilatéraux clés, y compris les Nations unies, à une rencontre à Montréal, dans le but de commencer la planification de cette reconstruction.
Nous avons établi de grands principes, tels que la souveraineté et la responsabilité d’Haïti dans la gestion de cette crise, ainsi que la coordination, la durabilité, la responsabilisation et une vision pour la difficile tâche de la future reconstruction.
Par-dessus tout, notre gouvernement a lancé un appel à la communauté internationale, pour qu’elle confirme son engagement à long terme envers Haïti. Notre premier ministre, Stephen Harper, a déclaré qu’il faudrait au moins 10 ans pour reconstruire un nouvel Haïti.
Nous devons comprendre maintenant que ce qui s'est produit en quelques dévastatrices minutes nécessitera de nombreuses années de travail de réparation.
C'est avec plaisir que je puis vous dire que la planification d'une conférence de grande envergure sur la reconstruction d'Haïti est déjà entamée. La conférence aura lieu en mars à New York.
Notre objectif sera dorénavant de faire en sorte que la réponse humanitaire généreuse et sincère du monde face à cette tragédie se transforme en occasion de rebâtir un pays dont la population souffre tellement depuis si longtemps.
C’est en fonction de nos actes et non de nos paroles que nous nous attendons à être jugés.
En 2010, nous accueillerons le monde au Canada.
La quête d'un monde plus sécuritaire, plus démocratique et plus prospère guidera toutes nos politiques et toutes nos actions lors de ces événements. Il y va, croyons-nous, de notre intérêt à tous.
Je vous remercie.