Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé l'allocution suivante en réponse au discours du Trône : Un Canada plus fort. Une économie plus forte. Maintenant et pour l'avenir. Il s'agissait de la première allocution d'un Premier ministre diffusée en direct sur YouTube :
« Merci, Monsieur le Président, de me permettre de répondre au discours du Trône prononcé la semaine dernière par Son Excellence la Gouverneure générale. Mais avant d'entrer dans les détails, j'aimerais dire quelques mots sur les résultats extraordinaires du Canada aux récents Jeux olympiques d'hiver à Vancouver et Whistler.
« Je tiens bien entendu à souligner l'extraordinaire organisation des Jeux olympiques et l'accueil chaleureux qu'ont réservé les Britanno-Colombiens aux athlètes et aux touristes. Je pense qu'aucun de ceux qui connaissent la côte Ouest n'a été surpris par cet accueil. Comme nous le savons tous, nos athlètes, ces jeunes hommes et femmes, ont établi un nouveau record : aucun autre pays n'avait remporté autant de médailles d'or aux Jeux olympiques d'hiver. Quatorze médailles d'or, Monsieur le Président, plus sept d'argent et cinq de bronze. Vingt-six médailles en tout. Notre pays n'en a jamais remporté autant aux Jeux d'hiver. En fait, sur quelque quatre-vingts pays, nos athlètes ont remporté dix pour cent de toutes les médailles remises. C'est une performance extraordinaire. Il ne fait aucun doute que nous sommes fiers de nos athlètes.
« Comme nous le savons tous, les rues de notre grand pays ont été envahies par des hordes de gens arborant le rouge et le blanc à la suite du but gagnant de Sidney Crosby. Quand les Canadiens et Canadiennes font quelque chose d'extraordinaire au nom de leur pays, leurs concitoyens, comme partout ailleurs, savent brandir le drapeau. Voilà un geste extraordinaire. Nous voudrions qu'il se répète plus souvent. Et je suis convaincu qu'il se répètera au cours des Jeux paralympiques qui commencent demain.
« Chose certaine, nous en serons encore témoin l'été prochain sur la côte Est où se déroulera à Moncton une autre manifestation sportive de renommée mondiale, les Championnats du monde junior d'athlétisme. Et voilà que nous prononcerons de nouveau ces mots magiques : Allez, Canada, allez!
« Monsieur le Président, j'irai plus loin que de dire simplement que nos athlètes ont accompli une performance formidable. Pour un pays de taille modeste, sur le plan de la population, cette performance a été époustouflante. Et je crois qu'il faut regarder au-delà des médailles d'or, même au-delà des médailles en général, parce qu'elles ne disent pas tout sur la véritable excellence d'Équipe Canada. Parce qu'à ce niveau de compétition, les positions sont déterminées par des fractions de secondes, quelques millimètres et, parfois, pas plus qu'un coup de chance.
« Parmi les quelque 200 jeunes hommes et femmes ayant participé aux Jeux de Vancouver, 50 d'entre eux se sont classés parmi les cinq meilleurs. Aucun autre pays n'en a eu plus. En effet, tous les pays, à l'exception des États-Unis et de l'Allemagne, en ont eu beaucoup moins. Cela vous donne une idée de l'extraordinaire niveau d'excellence de notre équipe. Nous étions dans la course dans presque toutes les catégories. Voilà les raisons pour lesquelles nous avons réussi à obtenir autant de médailles d'or. C'est notre attitude qui a permis de définir notre objectif et notre plan d'action qui a permis de l'atteindre.
« Aux Jeux olympiques d'hiver qui se sont déroulés à Calgary il y a une génération, nous avions investi dans l'infrastructure nécessaire aux performances de classe internationale. Nous avons fait preuve de sérieux dans notre quête de la victoire. Les organisations sportives du Canada s'étaient rassemblées et avaient comme objectif « d'occuper le podium ». Pour ce faire, elles avaient obtenu l'aide financière du secteur privé ainsi que l'appui financier et moral de toutes les provinces et du gouvernement du Canada. Puis, elles étaient parties à la recherche des meilleurs athlètes et les ont entraînés sans relâche. Voilà la recette du succès; voilà comment on améliore ses prestations. Et nous voulons continuer de gagner et de promouvoir ce type d'excellence. C'est pourquoi nous avons affirmé dans le budget de la semaine dernière que nous continuerons de soutenir nos athlètes.
« Nous aiderons nos athlètes pour voir de nouveau l'unifolié flotter bien haut aux Jeux de Londres en 2012 et aux autres Jeux à venir. Car les Jeux de Vancouver-Whistler, ces Jeux pour tout le Canada comme le premier ministre Campbell se plait à les appeler, ont montré que le Canada peut obtenir des résultats lorsque les enjeux et les objectifs sont bien définis et que les Canadiens et Canadiennes disposent des outils nécessaires pour y arriver.
« Et Monsieur le Président, cela, obtenir des résultats, est la marque de commerce pour laquelle notre pays est de plus en plus reconnu. Par exemple, tout comme nous obtenons des résultats en sport, nous obtenons des résultats en Afghanistan. À Kandahar, les soldats les plus courageux qui soit ont réussi à empêcher les talibans d'envahir cette province essentielle. Ils défendent la stabilité, le développement et la justice dans un pays qui n'a presque jamais rien connu de tel. Voilà une preuve révélatrice de nos résultats, une preuve dont le prix est élevé. Je tiens à saluer le travail des diplomates, des spécialistes du développement et, surtout, du personnel de la Défense qui ont réussi ce tour de force.
« Par ailleurs, nous obtenons aussi des résultats dans le domaine de la santé publique. Au milieu de 2009, l'Organisation mondiale de la santé a émis son premier avertissement sur la propagation probable dans le monde entier d'un nouveau virus mortel appelé H1N1. Sans surveillance, il avait le potentiel de tuer des dizaines de milliers de Canadiens, surtout des jeunes et des gens affaiblis par d'autres troubles médicaux. Nous avons constaté le problème et nous avons agi – avec rapidité et efficacité. Nous nous sommes engagés, dans le droit fil de nos valeurs fondamentales, à ce que chaque Canadien et Canadienne qui le souhaite, peu importe ses moyens, puisse se faire vacciner avant Noël. Et nous avons commandé suffisamment de vaccins pour que cela soit possible. En collaboration avec les provinces, qui sont principalement responsables des soins de santé au pays, nous avons réussi.
« Ce fut la plus importante - et la plus rapide - campagne de vaccination de masse dans l'histoire du Canada. Des milliers de vies ont été sauvées. Heureusement, nous ne saurons jamais avec exactitude combien. Endiguer une épidémie n'est pas rien. Que nous y soyons arrivés est une victoire triomphale pour les professionnels de la santé qui s'y sont dévoués. Nous devons être très fiers de ces gens, et je tiens à les saluer pour leur excellent travail.
« Nous avons aussi obtenu des résultats en Haïti. Nous nous souvenons tous de ce jour de janvier où un séisme dévastateur a tué plus de 200 000 personnes. Dans les régions les plus touchées, jusqu'à quatre-vingt-dix pour cent des édifices ont été détruits, blessant et piégeant des milliers de gens sous les ruines. Une population déjà désespérément pauvre a perdu le peu qu'elle avait. Des articles de nécessité de tous les jours comme de la nourriture, de l'eau potable et une aide médicale, qui n'ont jamais été abondants en Haïti, y étaient devenus encore plus rares. C'est pourquoi nous avons agi sans attendre. Quelques heures seulement après le début de l'horreur, les premiers militaires canadiens et des membres de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe, la DART, étaient sur place. Ils étaient là pour déterminer la meilleure façon d'apporter de l'aide. Selon leurs recommandations, nous sommes intervenus en force.
« Les navires de la flotte de l'Atlantique ont reçu l'ordre immédiat de quitter Halifax en direction d'Haïti, avec à leur bord des approvisionnements de secours. Des C-17 ont rapidement transporté des articles de première nécessité dans l'île et rapatrié des citoyens canadiens et des réfugiés lors de leurs voyages de retour. Le personnel civil des Affaires étrangères et des autres ministères ont uni leurs efforts sur le terrain et dans les centres de commandement d'Ottawa.
« Au plus fort de la mission, outre la DART et les Navires canadiens de Sa Majesté Athabascan et Halifax, nous avions déployé un aéronef de transport lourd, des hélicoptères de recherche et de sauvetage et un hôpital mobile de campagne. Nous avions envoyé des centaines de tonnes de fournitures et de matériel pour soulager les souffrances. Et plus de 2 000 soldats, marins et aviateurs canadiens, de concert avec un large éventail de fonctionnaires, étaient sur place pour apporter de l'aide et de l'espoir.
« Nous avons ramené au pays plus de quatre mille Canadiens et Canadiennes ainsi que résidents permanents coincés en Haïti depuis le séisme, et plus de deux cents orphelins dont le traitement de la demande d'adoption a été accéléré après le séisme. Jusqu'à présent, le Centre des opérations d'urgence a répondu à plus de cinquante mille appels, et les unités de liaison entre les familles et les enfants vont rester actives pendant de nombreux mois encore.
« Ces efforts massifs et ces réalisations colossales sont révélateurs du haut niveau de dévouement de chaque membre des Forces canadiennes et de la fonction publique canadienne qui ont mis la main à la pâte. Des spécialistes du développement, des agents de la paix et du personnel diplomatique sont encore présents sur le terrain pour organiser le projet à long terme du Canada consistant à aider le gouvernement d'Haïti à rebâtir son pays.
« Honorables députés, tous ces grands Canadiens et ces grandes Canadiennes méritent nos félicitations. Nous avons constaté un problème. Nous avons voulu aider. Et nous avons agi rapidement et efficacement. Le Canada a obtenu des résultats concrets. Honorables députés, c'est un sentiment de compassion, d'urgence et d'action qui a poussé notre gouvernement et notre pays à agir et à relever les défis redoutables de la conjoncture économique dans laquelle nous vivons. Comme dans d'autres domaines, nous avons vu un problème, nous avons compris le besoin et, dans certains cas, la douleur; nous avons conçu un plan; et nous avons agi en tant que pays, rapidement et efficacement.
« Permettez-moi de parler de cette période économique. Comme vous le savez, bien que les entreprises réalisent des investissements, que les gouvernements préparent des budgets sains, que les travailleurs et travailleuses peinent à gagner leur vie et que des générations réussissent les douze travaux d'Héraclès, parfois, la chance n'est pas toujours de notre côté. Au moment où la pluie s'abattait sur les bons comme sur les mauvais, la récession a commencé à se répandre sur toute la planète, y compris sur le Canada. Or, ne croyez pas que nos efforts n'ont abouti à rien.
« La réglementation et la surveillance du système financier – éléments déclencheurs de la crise mondiale – étaient au Canada prudentes et efficaces. Selon le Forum économique mondial, le Fonds monétaire international, et de nombreux autres experts, le Canada a le secteur bancaire le plus solide du monde. Les institutions financières canadiennes ont su éviter la faillite ainsi que les vastes initiatives de sauvetage financées avec l'argent des contribuables qui ont dû être lancées dans bien d'autres pays. Bien qu'on ait vu un resserrement du crédit au cours de la récession, l'offre et le coût ont commencé à s'améliorer plus nettement et plus efficacement au Canada que dans les autres pays.
« Nous continuons malgré tout de surveiller le marché hypothécaire. Nous avons apporté des modifications prudentes aux règles pour éviter les bulles immobilières qui ont causé tant de dommages ailleurs dans le monde. Et maintenant, le secteur du logement au Canada, dans lequel la récession s'est légèrement fait sentir, se redresse bien. Nos principes fiscaux dans ce secteur étaient sains.
« Le Canada est entré dans la récession avec le niveau d'endettement le plus bas du G7, et ce niveau baissait alors que nous remboursions la dette. Nous avons ainsi réduit radicalement et définitivement les impôts des entreprises et des particuliers ainsi que les taxes à la consommation au cours des premiers stades du ralentissement mondial. Et, par conséquent, la récession a commencé au Canada après presque tous les pays développés. Cela nous a aussi permis d'engager des mesures de relance extraordinaires, en accord avec celles des économies du G20, sans imposer un fardeau inutile aux générations futures. En effet, nous avons pu lancer l'un des plus grands, des plus complets et des plus efficaces trains de mesures de stimulation dans le monde entier, tout en maintenant le déficit et l'endettement au Canada à un niveau très inférieur à celui des autres pays.
« Aujourd'hui, nous émergeons de la récession mondiale. Notre demande intérieure est forte, mais nos marchés d'exportation demeurent incertains. Notre reprise est donc lente, mais l'optimisme est croissant.
« Il est vrai que notre taux de chômage reste trop élevé. C'est pourquoi il demeure notre première priorité. Heureusement, le taux de chômage au Canada se situe bien en deçà de ce qu'il était au cours des récessions connues dans les années 1980 et 1990 ainsi que de celui des États-Unis et d'autres pays. De plus, contrairement à la plupart des économies, celle du Canada commence déjà à créer de nouveaux emplois.
« Monsieur le Président, il n'est pas nécessaire de rappeler aux honorables députés qu'une intervention économique excessive n'est pas une tendance conservatrice. Toutefois, il n'est pas plus souhaitable d'adhérer aveuglément à une idéologie pendant une crise que de saisir une occasion sans se faire scrupule pour en tirer un avantage à court terme. Nos actions doivent toujours viser à servir les intérêts réels de notre pays, maintenant et dans l'avenir.
« Et nous continuons avec la deuxième et dernière année du Plan d'action économique du Canada. Notre plan continue de nous permettre de réduire les impôts. Il met les Canadiens et Canadiennes au travail pour la construction d'infrastructures : des ponts, des routes, des ports, des collèges, des laboratoires, tout ce dont les Canadiens et Canadiennes ont besoin pour vivre, travailler, innover, voyager et faire des affaires. En fait, près de seize mille projets dont nombre sont menés en coordination avec les provinces, les municipalités et le secteur privé, ont été financés jusqu'à présent par le Plan d'action économique du Canada. Et nous allons en récolter les avantages pendant des décennies.
« À propos, Monsieur le Président, les seize mille projets n'incluent pas les dizaines de milliers de projets d'infrastructure que les ménages ont entrepris l'an dernier dans le cadre du Crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire.
« Monsieur le Président, notre plan continue d'injecter des capitaux dans l'économie. Il permet aux travailleurs et travailleuses de gagner leur vie. Et il aide nos citoyens, qui ont perdu un emploi qu'ils détenaient depuis longtemps sans faute de leur part, à explorer de nouvelles possibilités. Nous aidons les communautés les plus durement touchées par la récession. Nous soutenons les industries qui ont besoin d'aide pour surmonter leurs difficultés temporaires.
« Au total, notre Plan d'action économique donne un coup de fouet à l'économie canadienne en y injectant soixante-deux milliards de dollars. Il donne des résultats. Les exportations connaissent une nette augmentation. Les ventes au détail ont fait un bond. La croissance s'est de nouveau établie à cinq pour cent au dernier trimestre. Un plus grand nombre de personnes ont un emploi. Les mesures bien projetées, bien éclairées et bien exécutées ont changé réellement le cours des choses.
« Que devons-nous faire maintenant? Célébrer notre succès et nous détendre? Malheureusement, non, Monsieur le Président. Il est encore bien trop tôt. En fait, je crois que nous devons tirer une leçon de l'écroulement des banques et des budgets partout ailleurs : un gouvernement ne peut se permettre de relâcher son contrôle de l'économie même si tout semble bien fonctionner.
« Nous voyons qu'il reste encore aujourd'hui trop d'obstacles sur la route devant nous. Et, nous constatons surtout que nous ne sommes pas aussi avancés que nous devrions l'être. Trop d'hommes et de femmes qui veulent travailler sont toujours sans emploi. Leur détresse financière est évidente, mais le fait de ne pas avoir de vrai travail est aussi un fardeau pour l'esprit. Nous pouvons être satisfaits de faire des choses utiles, et qui ont un but. Le chômage n'est pas seulement une détresse économique, il mine l'estime que nous avons de nous-mêmes. Nous le devons à nos citoyens. Nous devons déployer des efforts concertés pour leur rendre le fruit de leur dur labeur. Voilà pourquoi nous avons déposé un budget axé sur l'emploi et la croissance. Un budget qui poursuit la majorité des mesures extraordinaires prises l'an dernier et qui en présente de nouvelles.
« Nous avons aboli tous les droits de douane sur les intrants manufacturiers et avons fait du Canada le premier pays du G20 à devenir une zone en franchise de droits pour les fabricants. Nous avons pris de nouvelles mesures pour maintenir la force et la capacité concurrentielle du secteur financier du Canada et pour donner aux entreprises l'accès au financement dont elles ont besoin pour leur redressement et leur croissance à long terme.
« Nous prenons d'autres mesures pour la foresterie. En juin dernier, nous avons présenté le Programme d'écologisation des pâtes et papiers, d'une valeur d'un milliard de dollars, pour améliorer l'efficacité énergétique et environnementale des usines de pâtes et papier du Canada. Le Budget 2010 prévoit de nouvelles mesures avec l'Initiative sur les énergies renouvelables de prochaine génération, d'une valeur de cent millions de dollars. En mettant au point et en commercialisant des technologies avancées sur l'énergie propre, nous aurons une industrie forestière plus durable, tout en contribuant au leadership mondial du Canada en tant que producteur d'énergie propre. Et une industrie forestière plus durable veut aussi dire des emplois plus durables pour les hommes et les femmes qui vivent du bois canadien.
« Nous avons formé une commission chargée d'examiner la réduction de la bureaucratie et avons introduit une réforme réglementaire exhaustive qui fera fond sur notre réduction de vingt pour cent des formalités administratives fédérales et qui allégera le fardeau bureaucratique des entrepreneurs en éliminant les formalités inutiles, dupliquées et inefficaces.
« Monsieur le Président, pendant la durée de ce Parlement, cette Chambre aura des décisions importantes, parfois difficiles, à prendre. La politique est un débat d'idées, mais être au gouvernement consiste à faire des choix. Je le redis, la politique est peut-être un débat d'idées, mais le gouvernement doit faire des choix. Son Excellence dans le discours du Trône et le ministre des Finances dans le budget ont fait la semaine dernière allusion à certains de ceux qui sont le plus important. Ils ont parlé de la tension qui caractérise aujourd'hui la vie nationale. D'une part, il faut aujourd'hui financer le déficit, et le gouvernement est intervenu de façon extraordinaire pour préserver l'activité économique et la confiance. D'autre part, les Canadiens et les Canadiennes comprennent globalement qu'il faut, après la récession, revenir à des budgets équilibrés pour que le secteur privé ait des crédits à disposition et pour créer une croissance et des emplois durables à long terme.
« J'ai parlé de choix. Augmenter le fardeau fiscal? Réduire les dépenses? Maintenir les déficits? Il ne fait aucun doute que ces stratégies ont leurs partisans dans cette Chambre. Mais dans ce camp-ci, nous avons conclu que l'on ne peut assurer la prospérité à coup d'impôts. Dans ce camp-ci, nous avons conclu que le déficit doit commencer à baisser, modestement aujourd'hui, et plus rapidement demain. Et, dans ce camp-ci, nous avons conclu que, si nous procédons de cette façon, il faut immédiatement modérer les dépenses et établir des priorités. Mais nous serons aussi capables d'éviter des niveaux de réduction absolus et le genre de coupures dévastatrices dans les services essentiels, tels que la santé, les retraites et l'enseignement, auxquelles il faudra se résoudre si nous tardons trop, comme les précédents gouvernements l'avaient fait au sortir d'une récession. Voilà les choix que nous avons faits et les raisons pour lesquelles nous les avons faits.
« Nous devons assurer notre reprise et bâtir notre avenir. Monsieur le Président, le terme reprise est employé souvent en ce moment dans le discours des économistes, des investisseurs et des analystes, avec des significations techniques précises. Mais la reprise n'est pas une abstraction. La reprise est un terme qui a une signification différente, mais réelle, pour de nombreux Canadiens. La reprise peut signifier la dignité et la tranquillité d'esprit qu'apporte un emploi stable. Cela peut aussi signifier d'être capable de s'occuper de parents vieillissants. Ou encore la fierté d'être propriétaire de sa maison. Mais quoi qu'il en soit, elle n'est pas courue d'avance. Elle n'arrivera pas par miracle. De mauvais choix aujourd'hui – engagements de dépenses à long terme que l'on ne peut se permettre, augmentations d'impôt mal avisées, report à demain de la réduction des déficits et de décisions difficiles – voueront les pays qui les ont faits à des années de dettes, de stagnation et de chômage. Un pays de 33 millions d'habitants qui décroche le plus grand nombre de médailles d'or aux Jeux olympiques ne mérite pas ça. Et, sous notre gouverne, il n'en arrivera pas là.
« Notre pays va sortir de cette récession dans la position la plus enviable parmi toutes les autres grandes économies. C'est là notre objectif, c'est là notre plan. Et le Canada réussira. »