18 mars 2010
Ottawa (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé le discours suivant à l’ouverture de la réunion des sherpas du G20 :
« C’est un grand plaisir pour moi d’être ici aujourd’hui et de vous accueillir personnellement à Ottawa. Je tiens d’abord à vous remercier pour le dur travail que vous faites afin de soutenir l’ordre du jour du G20.
« Comme vous le savez tous, nous nous préparons à accueillir le G20 à Toronto en juin prochain. Les présentes réunions s’inscrivent dans le cadre de cette préparation. Je crois que peu de gens savent que ces sommets relativement courts sont le point culminant de mois de travail par les divers ordres de nos gouvernements qui s’efforcent de préparer les déclarations finales et les prochaines étapes.
« Vous, que l’on appelle les « sherpas », jouez un rôle de premier plan dans ce processus. Si vous êtes un tant soit peu comme celui du Canada, M. Len Edwards, sous-ministre des Affaires étrangères, vos pays sont très biens servis.
« Je suis honoré de votre présence ici. Permettez-moi de prendre quelques minutes pour vous parler du sommet à venir. Un nouveau chapitre sera entamé par le G20 qui a joué un rôle historique dans la lutte contre la plus importante crise financière et économique que le monde ait connue depuis la Grande Crise.
« Nos efforts collectifs, les efforts du G20, permettent d’atténuer l’impact de la crise et d’accélérer la reprise. À cet égard, le G20 mérite sa place comme principale tribune de coopération économique internationale.
« Le Canada croit que le G20 peut, et doit, continuer de jouer le rôle important de principale tribune économique mondiale. Le Groupe sera toutefois jugé par sa capacité non seulement de répondre à la crise, mais aussi de diriger le monde vers la reprise et au-delà. Cela signifie, à mon sens, que nous devrons, en tant que pays et en tant que représentants de nos pays, continuer de comprendre ce qui nous a rassemblés. Nous avons découvert que dans la nouvelle économie mondiale, qu’il pleuve ou qu’il vente, nous logeons tous à la même enseigne.
« Bien qu’il soit normal et prévisible de défendre notre intérêt national, cet intérêt doit être « éclairé ». Nous devons tenir compte des besoins globaux et à long terme de l’économie mondiale dans son ensemble si nous voulons qu’elle prospère. Nous ne devons pas perdre de vue notre principal défi collectif. La reprise est loin d’être acquise. Les citoyens de nos pays sont encore trop nombreux à ressentir encore les effets de la récession.
« Le thème que nous avons choisi pour le Sommet du G20 de Toronto est « Reprise et Renaissance ». Nous devons commencer par faire véritablement avancer les mesures convenues à Washington, à Londres et à Pittsburgh. Premièrement, nous devons poursuivre la mise en œuvre de nos mesures de relance. Parallèlement, il nous incombe aussi de nous atteler à la tâche d’équilibrer ces mesures avec des stratégies de sortie. Deuxièmement, nous devons poursuivre les discussions engagées à Pittsburgh sur le cadre mondial pour assurer une croissance équilibrée et durable à long terme. Cela nous permettra de cibler des mesures précises au cours du prochain sommet qui aura lieu à Séoul en novembre. Troisièmement, nous devons renforcer la réglementation du secteur financier. Ces réformes ont déjà fait consensus. Elles ne seront toutefois efficaces que si nous les mettons en place. Voilà qui est devenu urgent. Nous devons y arriver dans les délais convenus. Quatrièmement, nous devons continuer nos efforts visant à augmenter les quotes-parts et à faire progresser les autres réformes dans les institutions financières internationales, et ce, en vue d’accroître leur légitimité, leur crédibilité et leur efficacité. Nous devons également fournir à ces institutions, y compris les banques multilatérales de développement, les ressources et les outils dont elles ont besoin pour leur permettre d’accomplir ce qu’on attend d’elles. Cinquièmement, pour assurer la reprise, nous devons garder nos marchés ouverts. J’y tiens beaucoup.
« Le Canada a récemment négocié un certain nombre d’accords bilatéraux en matière de commerce et d’investissement. En outre, dans notre budget de 2010, nous avons aboli tous les droits de douane restants sur les intrants manufacturiers ainsi que sur les machines et le matériel. Cette mesure fera du Canada une zone en franchise de droits pour les fabricants. J’aimerais encourager vos gouvernements à songer aux mesures concrètes qu’ils peuvent prendre, que nous pouvons tous prendre peut-être, en vue d’ouvrir les marchés mondiaux et de les laisser ouverts. C’est l’ouverture des marchés mondiaux qui a permis l’accroissement de la prospérité mondiale au cours de la dernière génération. Si nous ne respectons pas l’engagement que nous avons pris d’ouvrir les marchés, peu importe les raisons politiques à court terme, cette prospérité disparaîtra.
« En conclusion, il y a certaines choses que le G20 doit faire pour rester crédible en tant que principal forum mondial pour le leadership économique. Plus précisément, le G20 doit tenir ses engagements passés. Il doit aussi encourager un sens de responsabilité partagée pour l’économie mondiale, pour le bien-être et le bonheur des gens de toute la planète. Je sais que vous, les sherpas, serez tout à fait conscients du rôle central que vous jouez sur ce plan.
« Vous êtes conscients que les politiques auxquelles vous travaillez, mesures monétaires et fiscales efficaces et durables, institutions financières saines et bien réglementées, flux des échanges commerciaux ouverts et concurrentiels, ne sont pas des fins en soi. Elles sont la pierre angulaire d’un système qui nous offre possibilités et espoirs.
« En une génération, des millions et des millions de gens de tous les continents sont sortis de leur dénuement et font désormais partie de la classe moyenne. Ils nourrissent aujourd’hui de grands espoirs pour leurs enfants, plus grands que ceux que les générations précédentes n’ont osé caresser pour eux-mêmes. Ce sont pour des gens comme eux que nous travaillons fort au cours de ces sommets. Pour eux, et bien entendu pour les victimes de la récession dans nos propres pays. Votre action en leur faveur est d’autant plus précieuce et je vous en remercie.
« Merci beaucoup. »