30 mars 2010
Ottawa (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a fait la déclaration suivante à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 :
« Je suis ravi de vous accueillir au Canada – à Gatineau – pour cette rencontre des ministres des Affaires étrangères du G8. Je tenais à vous parler personnellement de l’importance que j’attache aux discussions d’aujourd’hui. Il y a moins de deux semaines, j’ai rencontré les sherpas du G20. Nous avons discuté de l’urgent besoin pour les membres du G20 de donner suite aux engagements qu’ils ont pris cette année à l’égard de la relance, tout en se préparant à diminuer leur dépendance à ces mesures dans l’avenir. J’espère que ce thème global, Reprise et renaissance, servira aussi de base aux travaux du G8.
« L’architecture de nos institutions mondiales a traversé une période de changements intenses, et nécessaires, afin que nous puissions relever les défis économiques communs à l’égard desquels nous jouons tous un rôle clé. Bien entendu, le G8 demeure la principale tribune pour faire avancer notre programme commun en matière de paix et de sécurité ainsi que de démocratie et de développement. Ces travaux sont essentiels. En fait, les progrès réalisés sur le plan économique à la table du G20 risquent d’être anéantis si les problèmes pressants que sont la sécurité et le développement ne sont pas réglés avec autant de vigueur. La guerre et le terrorisme, la piraterie et les États non viables, le crime organisé international, la pauvreté et le sous-développement sont les ennemis des objectifs éclairés que nous partageons, non seulement pour assurer la prospérité, mais pour bâtir un monde meilleur.
« La rencontre d’aujourd’hui tombe donc à point nommé, juste avant le Sommet sur la sécurité nucléaire qui se déroulera à Washington en avril et la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui aura lieu à New York en mai. À ce sujet, permettez-moi de féliciter nos amis russes et américains pour l’accord qu’ils ont conclu vendredi sur la réduction de leur arsenal nucléaire. Cet accord nous permet d’espérer que les besoins futurs ne mèneront pas inévitablement vers une descente aux enfers. Je suis donc heureux d’accueillir l’ambassadeur Cabactulan, président désigné de la Conférence d’examen, qui est ici pour échanger ses points de vue sur les défis qui attendent la Conférence.
« La rencontre d’aujourd’hui se tient toutefois à un moment difficile pour la communauté internationale qui doit affronter les gouvernements iranien et nord-coréen. Ces deux pays ne respectent pas leurs obligations internationales. Ils utilisent la violence et l’intimidation pour priver leurs citoyens de droits fondamentaux. Ils représentent tous deux de sérieuses menaces à la sécurité mondiale. Nous exhortons la Corée du Nord à reprendre les Pourparlers à six sans poser de conditions préalables.
« Et nous insistons sur la nécessité de mettre davantage l’accent sur le régime iranien et sur l’action concertée à mener dans ce dossier, y compris des sanctions au besoin. Téhéran doit cesser ses activités nucléaires et amorcer un dialogue pacifique. Beaucoup de choses sont en jeu. Si la prolifération entraîne l’utilisation d’armes nucléaires, que ce soit par des états ou d’autres intervenants et quel que soit l’endroit, la catastrophe sera ressentie dans le monde entier. Le Canada continuera de travailler étroitement avec ses partenaires du G8 alors que de graves menaces pèsent sur notre sécurité commune.
« Nous discutons d’autres situations qui influent sur la paix et la sécurité mondiales. Je n’en mentionnerai que quelques-unes qui, en raison de leur très grave nature, devraient le plus nous préoccuper. L’Afghanistan, par exemple, et Haïti. Nous avons tous fait de larges investissements et à un coût substantiel en vies humaines, pour aider l’Afghanistan à construire un état pacifique et stable, où les terroristes ne pourront jamais plus trouver refuge. Le gouvernement afghan doit continuer d’assumer une plus grande responsabilité pour sa propre sécurité, tout en offrant des services de base et la bonne gouvernance que le président Karzaï a promis à Londres. De notre côté, nous devons poursuivre notre appui, tout en s’assurant que le gouvernement afghan tient ses engagements.
« Et puis, il y a Haïti, où un travail important attend le G8 au plan du développement. Vous en discuterez ce matin. Le Canada a pris très au sérieux sa responsabilité d’atténuer les souffrances en Haïti. Alors que les secours s’y poursuivent, nous devons continuer de déplacer l’accent sur la reconstruction à long terme. Nous avons une vraie occasion de reconstruire Haïti et d’en faire un pays nouveau et meilleur. La rencontre de demain à New York sera un important jalon dans cette voie.
« Par ailleurs, le G8 pourra saisir une autre possibilité historique pour le développement, une possibilité qui selon nous est primordiale : celle de concentrer son attention et ses ressources pour sauver la vie des mères et des enfants dans les pays en développement. Une initiative qui figurera en tête de liste des priorités pour la réunion des ministres du Développement du G8 qui se tiendra le mois prochain à Halifax et celle où les dirigeants se réuniront en juin à Muskoka.
« Enfin, si le G8 veut conserver sa crédibilité, il se doit de rendre des comptes. Les pays membres doivent tenir leurs promesses sur le plan de l’économie, du développement et de la sécurité. J’attends avec impatience de participer à Muskoka à des discussions constructives sur le renforcement de la responsabilisation dans le cadre des initiatives du G8. En tant que membres de ce groupe, nous devons continuer d’accepter les responsabilités inhérentes à notre statut dans le monde.
« Permettez-moi de le répéter : si les nations les plus riches et les plus puissantes du monde ne s’occupent pas des pires problèmes, des plus insolubles, rien ne sera fait, tout simplement. En vous réunissant aujourd’hui, vous participez à des discussions essentielles sur les enjeux auxquels nous devons nous attaquer ensemble. Cette réunion constitue bien entendu une étape cruciale dans la préparation au sommet des dirigeants en juin.
« Je vous souhaite donc un séjour agréable et positif dans notre pays. J’ai devant moi un groupe distingué de citoyens du monde que je suis ravi d’accueillir ici. En vous souhaitant des délibérations fructueuses, je vous laisse à vos discussions sous la présidence de l’émérite ministre Cannon. Merci beaucoup et à la prochaine. »