No 2010/14 - Ottawa (Ontario) - Le 26 mars 2010
Sous réserve de modifications
Lundi et mardi prochains, j’accueillerai à Gatineau, au Québec, les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, des États?Unis, de la France, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et de la Russie, ainsi que le haut représentant de l’Union européenne, dans le cadre de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8.
À cette rencontre du G8, notre principal objectif sera d’assurer un monde sûr pour tous.
Lundi, je rencontrerai également les ministres des Affaires étrangères des autres États côtiers de l’Arctique, soit le Danemark, les États-Unis, la Norvège et la Russie, à Chelsea, au Québec.
Cette rencontre des ministres des Affaires étrangères des États côtiers de l’Arctique nous permettra d’aborder les nouveaux enjeux qui concernent cette région.
Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’océan Arctique
Permettez-moi tout d’abord de dire quelques mots sur la réunion des ministres des Affaires étrangères des États côtiers de l’Arctique.
Le Canada est une nation arctique. L’Arctique est une priorité du gouvernement canadien, et celui-ci joue un rôle de chef de file à l’égard des enjeux qui concernent cette région, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
La souveraineté du Canada sur l’Arctique est reconnue depuis longtemps et s’appuie sur des fondements historiques.
Notre gouvernement a beaucoup investi pour exercer la souveraineté du Canada dans l’Arctique, et il est déterminé à réaliser tout le potentiel du Nord pour en faire une région où règnent la santé, la prospérité et la sécurité au sein d’un Canada fort et souverain.
Nous prenons au sérieux notre responsabilité à l’égard de l’avenir de la région et nous visons une gestion responsable de l’océan Arctique.
La rencontre de Chelsea portera principalement sur les enjeux d’intérêt particulier pour les États côtiers de l’Arctique, notamment la délimitation du plateau continental et les défis éventuels en matière de sécurité publique. D’importantes transformations sont en cours dans l’océan Arctique en raison des fluctuations climatiques et d’une plus grande accessibilité — et nous évaluerons dans quelle mesure cette situation présente des occasions et des défis pour la formulation de politiques sur lesquelles nous devrons coopérer à l’avenir.
Nous engagerons une discussion constructive et tournée vers l’avenir autour des enjeux qui gagneraient à faire l’objet d’une plus grande collaboration entre les États côtiers de l’Arctique. Cette réunion nous donne l’occasion de manifester notre leadership dans l’intendance de l’océan Arctique. Elle servira aussi à renforcer la collaboration permanente dans la région, notamment au sein du Conseil de l’Arctique, qui tient tous les deux ans une rencontre au niveau ministériel.
Le Conseil de l’Arctique, créé à l’initiative du Canada, est l’organisme international de premier plan auprès duquel le Canada fait valoir ses objectifs en matière de politique étrangère pour le Nord et assure la promotion des intérêts nordiques. À cette fin, le président du Conseil de l’Arctique, le ministre des Affaires étrangères du Danemark, M. Lars Barfoed, communiquera aux membres du Conseil le résultat de nos discussions à Chelsea.
Nous estimons grandement le rôle fondamental que jouent les gouvernements du Nord, les organismes autochtones internationaux de l’Arctique — connus comme les participants permanents — ainsi que les populations nordiques elles-mêmes, pour façonner l’avenir de la région de l’Arctique.
Cette semaine, en prévision de cette rencontre, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les premiers ministres des territoires et avec les dirigeants des organismes canadiens comptant parmi les participants permanents.
En résumé, nous sommes tous déterminés à assurer la sécurité, la prospérité et le bien-être du Nord du Canada.
Réunion des ministres des Affaires étrangères du G8
Lundi et mardi prochains, j’accueillerai à Gatineau, au Québec, les ministres des Affaires étrangères du G8 pour discuter de questions clés qui touchent la sécurité mondiale et qui nous concernent tous.
Dans le cadre de cette rencontre, j’aborderai avec mes collègues les grands enjeux suivants :
- la non-prolifération et le désarmement nucléaires;
- l’Afghanistan et le Pakistan;
- les vulnérabilités sur le plan de la sécurité, notamment les menaces provenant de conflits, du terrorisme, de la criminalité et des trafics de stupéfiants et de personnes.
Désarmement et non-prolifération nucléaires
Tout d’abord, permettez moi de vous dire que le Canada accueille favorablement le nouveau traité de réduction des armes stratégiques qui a été annoncé ce matin par le président américain Barack Obama et le président russe Dmitri Medvedev, et qui doit être officiellement signé à Prague, en avril.
Ce traité représente une étape déterminante pour assurer et renforcer la sécurité mondiale et en arriver à un monde sans armes nucléaires.
La réduction du nombre d’armes nucléaires déployées stratégiquement et de leurs vecteurs est une étape essentielle du désarmement nucléaire qui permet de continuer à remplir les obligations internationales découlant du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Au cours de la réunion du G8 la semaine prochaine, la situation de l’Iran constituera une préoccupation centrale. La conduite du gouvernement iranien soulève de sérieux doutes quant aux visées pacifiques du programme nucléaire de ce pays.
Je discuterai avec mes collègues du G8 des moyens à prendre pour accroître la pression sur l’Iran afin qu’il cesse ses activités d’enrichissement de l’uranium et pour convaincre les autorités du pays de reprendre les négociations.
Je crains toutefois que nous n’ayons d’autre choix que de réclamer de nouvelles sanctions contre l’Iran, idéalement par l’intermédiaire du Conseil de sécurité de l’ONU.
Il importe de laisser les discussions suivre leur cours à l’ONU; entre-temps, le Canada est prêt à collaborer.
Je soulèverai aussi le cas de la Corée du Nord, qui poursuit son programme de développement nucléaire et de missiles en violation de ses obligations internationales en vertu du TNP [Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires] et de diverses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Nous aborderons également la prochaine Conférence d’examen du TNP qui se tiendra à New York en mai 2010.
Depuis des décennies maintenant, l’entente internationale prévue par le TNP stipule que les États ne chercheront pas à acquérir des armes nucléaires si ceux qui en ont acceptent de s’en départir. On y stipule également que les États membres soutiendront les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire.
Pour diverses raisons, cette entente est maintenant remise en cause. Parmi ces raisons, mentionnons la perception que les États qui possèdent l’arme nucléaire n’ont pas procédé au désarmement, la conduite de pays comme l’Iran et la Corée du Nord, et l’absence de soutien aux utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire.
Voilà pourquoi la Conférence d’examen revêt autant d’importance.
Nous devons aux générations futures de chercher à renforcer et à élargir le consensus mondial en faveur du Traité et de son objectif d’un monde sans arme nucléaire.
L’Afghanistan et le Pakistan
Le Canada et ses partenaires du G8 ont tous beaucoup investi pour aider l’Afghanistan à devenir un pays pacifique et stable qui ne sera jamais plus un refuge pour les terroristes.
À Gatineau, nous parlerons des moyens d’aider le gouvernement afghan à atteindre ce but.
À la Conférence de Londres sur l’Afghanistan, à laquelle j’ai participé à la fin janvier, le président Hamid Karzaï s’est engagé à combattre la corruption et à assumer de plus en plus la responsabilité de la sécurité, des services de base et de la gouvernance démocratique.
Nous saluons sa détermination et considérons qu’il est essentiel qu’il tienne ses engagements.
Outre les défis qui se posent en Afghanistan, nous discuterons également des perspectives de progrès. Par exemple, une bonne gestion des zones frontalières est essentielle au développement économique durable ainsi qu’à la stabilité et à la sécurité à long terme. En renforçant leur gestion conjointe des frontières, l’Afghanistan et le Pakistan contribueront à améliorer la stabilité de chaque pays.
Depuis trois ans, le Canada facilite un processus d’échange entre l’Afghanistan et le Pakistan — appelé le « processus de Dubai » — visant à amener les autorités frontalières afghanes et pakistanaises à discuter des étapes concrètes pour résoudre les problèmes de leur région frontalière commune.
Nous voulons maintenant miser sur ces efforts pour déterminer des moyens d’accroître les échanges commerciaux entre les deux pays. Quant à lui, le Pakistan prend des moyens pour éliminer les extrémistes, en plus de relever ses propres défis sur le plan politique, économique et social. Nous aborderons donc la façon dont nous pouvons continuer à aider le Pakistan à surmonter ces défis.
Le terrorisme — Le Yémen et certaines parties de l’Afrique
L’attentat terroriste perpétré contre un avion de ligne américain le 25 décembre dernier nous a brutalement rappelé que le terrorisme est toujours une menace sérieuse bien réelle, ici chez nous.
Cette attaque trouvait son origine au Yémen. Lors de mon passage récent à Londres, j’ai assisté à une réunion sur le Yémen pour discuter de la façon dont nous pourrions aider le gouvernement yéménite à lutter contre le terrorisme, de plus en plus présent dans ce pays.
Le Yémen n’est pas un cas isolé. Des groupes terroristes intensifient leurs activités dans toute la région du Sahel, depuis la Mauritanie jusqu’à la Somalie.
À Gatineau, j’inviterai mes collègues à parler des moyens à prendre pour aider les pays de cette région à renforcer leur capacité à combattre le terrorisme.
Les vulnérabilités en matière de sécurité
La stabilité et la sécurité internationales sont menacées par les conflits, les cataclysmes, le terrorisme, la criminalité et le trafic de stupéfiants et de personnes. En raison de l’interdépendance des pays, ces enjeux nous concernent tous.
Or, de nombreux pays ne sont pas en mesure de faire face à de telles menaces à la sécurité. Ils ne disposent pas de ces institutions efficaces — par exemple la police, les services correctionnels, les tribunaux et les contrôles frontaliers — qui sont indispensables pour favoriser la gouvernance démocratique, la primauté du droit et le respect des droits de la personne. Nous voulons aider ces pays à renforcer toute la gamme des institutions de sécurité dont ils ont besoin.
Le Canada possède une vaste expérience dans ce domaine.
Au Kosovo, les experts canadiens ont été parmi les premiers à entreprendre la mise sur pied d’un service correctionnel après le conflit. En Haïti, la police canadienne est présente depuis des décennies pour aider à former et à conseiller la police locale. Le 31 mars à New York, nous collaborerons de nouveau avec des partenaires internationaux pour aider Haïti à se relever et se reconstruire après le séisme dévastateur du 12 janvier. En Afrique, nous avons participé à la constitution d’un réseau de centres offrant des programmes de formation en maintien de la paix aux soldats et aux policiers. Nous menons en outre des programmes d’envergure mondiale consacrés à la lutte contre le terrorisme et la criminalité.
Et voilà qu’au Canada, nous réalisons maintenant quelque chose d’unique. Nous avons réuni ces programmes en un tout, selon une démarche holistique qui jette des ponts entre eux. Je souhaite partager l’expérience canadienne avec nos partenaires du G8 pour déterminer comment nous pouvons tous mieux harmoniser nos programmes pour créer des systèmes de sécurité plus efficaces dans les pays vulnérables.
Mes collègues pourront aussi vouloir aborder d’autres questions pendant nos entretiens, par exemple le processus de paix au Moyen?Orient.
Conclusion
La réunion des ministres des Affaires étrangères des États côtiers de l’Arctique et la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 marqueront des jalons importants dans le processus d’élaboration d’une approche intégrée aux enjeux mondiaux, et je suis très fier du rôle de chef de file que le Canada joue en accueillant chacune de ces rencontres.
Ensemble, nous pouvons faire la différence, et nous y parviendrons.
Je vous remercie.