Nº 2010/16 - Toronto (Ontario) - Le 29 mars 2010
Sous réserve de modifications
Distingués invités, mesdames et messieurs. Je vous remercie de cette aimable présentation.
C’est pour moi un grand honneur de prendre part aux célébrations du centième anniversaire de la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Allemagne.
L’amitié entre le Canada et l’Allemagne a pour nous une très grande valeur. J’attache aussi une très grande importance aux efforts en vue de maintenir et renforcer nos relations économiques.
Pour être fructueuses, ces relations économiques exigent toutefois qu’au fil des générations s’établissent aussi des liens étroits de personne à personne.
Or, il ne fait aucun doute qu’on ne peut parler du peuplement du Canada sans parler de la contribution de l’Allemagne à ce développement.
Nul besoin de voyager très loin au Canada pour rencontrer des villages ou des villes qui portent fièrement les traces de pionniers allemands.
De Lunenburg en Nouvelle-Écosse à Steinbach au Manitoba, le Canada est parsemé de ces communautés qui portent la marque de l’immigration allemande.
Lors du recensement de 2006, près de 10 p. 100 des Canadiens disaient d’ailleurs avoir des ancêtres d’origine allemande.
Au fil du temps, ces liens interpersonnels ont été précurseurs de rapports toujours plus étroits à bien des niveaux.
Le Canada et l’Allemagne ont en commun des valeurs importantes et unissent leurs efforts pour faire du monde un endroit plus sûr et plus prospère.
Partenaires depuis 1955 au sein de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, nous avons établi une collaboration étroite dans le domaine de la défense.
Aujourd’hui, nos deux pays font une contribution considérable à la reconstruction de l’Afghanistan afin de permettre aux Afghans de prendre en mains leur destinée et leur propre sécurité.
L’année dernière marquait le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, l’un des moments décisifs de l’histoire du XXe siècle.
Cet événement était l’aboutissement de 40 années au cours desquelles nous nous sommes employés à poursuivre nos objectifs de politique étrangère — une période ponctuée par les atrocités commises au nom d’une idéologie communiste haineuse.
Ensemble, nos deux pays veillent à ce que les principes de liberté, de démocratie, de droits de la personne et de primauté du droit restent toujours au premier plan.
La chute du mur de Berlin nous a également rappelé qu’au fil des ans, le Canada a accueilli des dizaines de milliers de nouveaux arrivants qui fuyaient la brutalité des régimes communistes totalitaires.
Aujourd’hui, nos pays continuent de travailler ensemble dans le cadre de la lutte antiterroriste et de promouvoir la sécurité et la prospérité partout dans le monde. Notre partenariat avec l’Allemagne prend ses racines dans les valeurs que nous avons en commun avec ce pays devenu une puissance économique mondiale.
Avec un produit national brut dépassant les 4 billions de dollars, l’économie allemande est de loin la plus vaste de l’Europe.
Sa vitalité comme principal exportateur et engin industriel de l’Europe lui confère une réputation dont tout le peuple allemand peut à juste titre tirer une immense fierté.
Et cela m’amène à nos propres relations commerciales — des relations qui remontent loin dans l’histoire.
Il y a cent ans cette année, le Canada inaugurait son premier bureau commercial à Berlin. Un siècle s’est écoulé depuis et, l’année dernière, nos échanges de marchandises atteignaient 14 milliards de dollars.
Ces échanges placent l’Allemagne au sixième rang de nos marchés d’exportation, et au cinquième rang de nos fournisseurs d’importations.
Mais à mon avis, la marque ultime d’une relation commerciale très développée ne tient pas uniquement aux niveaux d’importation et d’exportation. La qualité de ces relations se mesure aussi à la profondeur de la coopération dans d’autres domaines.
Ainsi, nos deux pays ont des liens de partenariat importants dans le domaine scientifique et technologique. On ne peut qu’être impressionné par la performance de l’Allemagne dans les sciences, la technologie et l’innovation.
Le Canada aussi a un bilan très positif dans ce domaine : à notre tradition d’innovation et d’excellence scientifique se joint le fait qu’on trouve au Canada la proportion le plus élevée de diplômés postsecondaires au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques, sans oublier notre réputation grandissante dans le domaine des technologies et de l’expertise mises au service des énergies vertes.
Depuis près de 40 ans, les scientifiques et les chercheurs de nos deux pays ont collaboré à plus de 500 projets conjoints dans le cadre de notre accord bilatéral de coopération scientifique et technologique.
Ces travaux, qui recouvrent des réalisations aussi diverses que les recherches de pointe sur les maladies infectieuses et les progrès immenses accomplis en aérospatiale et en médecine, ont démontré à maintes reprises un engagement véritable à travailler ensemble afin de repousser les limites de la science et de la technologie.
Considérons également les relations canado-allemandes dans le domaine des investissements.
L’Allemagne est le huitième investisseur étranger en importance au Canada, tandis que les entreprises canadiennes détiennent environ 10,5 milliards de dollars en investissements directs en Allemagne.
Il est merveilleux de voir qu’autant d’entreprises canadiennes et allemandes se sont implantées dans le marché du pays partenaire.
Pour faire fructifier ces succès encore davantage, les délégués commerciaux du Canada en poste en Allemagne saisissent toutes les occasions de rappeler à nos partenaires les avantages considérables que Canada offre aux investisseurs :
- le système bancaire le plus sain au monde;
- le faible niveau de la fiscalité des entreprises, qui est en voie de devenir la moins élevée de tous les pays du G7;
- notre accès incomparable au marché nord-américain.
Depuis le commerce et l’investissement jusqu’à la coopération scientifique et technologiques, notre partenariat tourne donc à plein régime, et l’avenir est des plus prometteurs.
Nous sommes même sur le point de tisser de nouveaux liens avec l’Allemagne — en fait, avec tous les pays de l’Union européenne.
Comme vous le savez peut-être, nous travaillons en étroite collaboration avec l’Union européenne dans le but de conclure un vaste accord économique et commercial.
Cette initiative trouve d’ailleurs son origine en Allemagne, puisqu’elle a été conçue lors du Sommet Canada-Union européenne qui s’est déroulé à Berlin en 2007, alors que l’Allemagne occupait la présidence de l’Union.
Pour notre gouvernement, cette initiative est sans aucun doute le projet commercial le plus ambitieux entrepris depuis l’Accord de libre-échange nord-américain. Nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre ces discussions pour unir nos forces afin d’élargir l’accès aux marchés en ces temps d’incertitude économique et de lutter contre le protectionnisme.
Au moment où le Canada et ses partenaires européens, y compris l’Allemagne, continuent de marquer des progrès vers une reprise économique durable, nos pays bénéficieraient grandement des retombées que pourrait entraîner ce resserrement de nos relations commerciales.
La conclusion d’un tel accord aidera à nous rapprocher de cet objectif.
Au moment où nous célébrons ces 100 années de relations commerciales, envisageons aussi l’avenir — un avenir qui verra se réaliser des liens économiques plus étroits entre le Canada et l’Allemagne, et entre le canada et tous ses partenaires européens.
Je vous remercie.