15 avril 2010
Ottawa (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé l’allocution suivante lors d’une messe célébrée à Mississauga, en Ontario, à la mémoire de Lech Kaczynski, président de la Pologne, de Maria Kaczynska, première dame du pays et des dirigeants politiques, militaires et civils décédés dans l’écrasement de leur avion, samedi dernier :
« Dobry Wieczor. Bonsoir. Merci, père Janusz Blazejak, supérieur provincial des Oblats, de votre aimable introduction.
« Monseigneur l’archevêque Collins, révérends pères, Monsieur l’ambassadeur Kosiniak‑Kamysz, distingués invités, et collègues du Parlement du Canada.
« Fils et filles de Pologne et du Canada, Monsieur Barycki [président du Congrès Pologne-Canada], Mesdames et Messieurs, au nom du gouvernement et de la population du Canada, je veux exprimer la profonde tristesse qu’ont ressentie tous les Canadiens et les Canadiennes en apprenant la nouvelle de l’écrasement de l’avion à Smolensk.
« La perte du président Kaczynski, de la première dame Maria Kaczynska et d’un si grand nombre de dirigeants nationaux est un coup terrible. Je me rappelle aujourd’hui avec tristesse les agréables moments que j’ai passés en compagnie du président Kaczynski lors des divers sommets qui se sont tenus depuis 2006. C’était – même dans les moments les plus difficiles – un fier défenseur de la liberté et de la démocratie, ainsi que de l’indépendance de la Pologne.
« Afin d’exprimer notre solidarité avec le peuple polonais, notre gouvernement a proclamé une journée de deuil national au Canada. C’est une ironie cruelle du sort que cet événement tragique se soit produit si près de Katyn où, il y a 70 ans, étaient massacrés des milliers de dirigeants militaires, politiques et intellectuels de la Pologne. Peu de pays ont par ailleurs connu autant de malheurs et aussi souvent.
« Mais peu ont su faire preuve d’autant d’endurance dans l’adversité. Après des décennies de souffrance aux mains des nazis et des communistes, la Pologne s’est épanouie dans la liberté. Après le communisme, elle a construit l’une des économies les plus prospères d’Europe et elle est devenue un membre fort et indépendant de l’Union européenne et de l’OTAN.
« La force pérenne du peuple polonais prend ses racines dans sa croyance indéfectible en Dieu, dans son esprit de famille inébranlable et dans la force du pardon qu’elle sait accorder. Ses caractéristiques s’incarnent d’ailleurs parfaitement dans le grand pape polonais, Jean-Paul II qui, en dépit des horreurs dont il avait été témoin dans l’Europe du XXe siècle, n’avait jamais perdu l’espoir “Ne vous abandonnez pas au désespoir, déclarait-il, nous sommes le peuple de Pâques et l’alléluia est notre chant”. Voilà une vérité intemporelle et réconfortante.
« Le peuple de Pologne peut aussi tirer sa force du million de Canadiens et Canadiennes d’origine polonaise. Pendant plus d’un siècle et demi, des Polonais fuyant l’oppression ont trouvé refuge au Canada et ont fait, dans tous les domaines, d’immenses contributions à notre pays. Et ils représentent aujourd’hui le fondement solide d’une profonde et chaleureuse amitié entre le Canada et la Pologne, amitié dont j’ai moi-même été témoin lors de ma visite dans votre pays.
« Lorsque la Pologne est en deuil, le Canada est en deuil. Nous sommes avec les victimes de Katyn, alors et maintenant, et nous sommes avec la population de la Pologne. À jamais. Dziekuje Barzo. »
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