Dakar (Sénégal), le samedi 17 avril 2010
SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS
C’est sous l’adage de la philosophe Hannah Arendt que j’aimerais inscrire ce 49e Point des arts, le neuvième tenu à l’étranger, et le premier en terre africaine.
Arendt affirmait que « nous humanisons ce qui se passe dans le monde en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains ».
Or, à l’initiative du documentariste Jean-Daniel Lafond, mon mari, le Point des arts a été conçu justement comme un espace de paroles, d’échanges et de réflexions sur des enjeux qui touchent le secteur névralgique des arts et de la culture.
Nous mesurons la réussite de ces Points des arts aux collaborations fructueuses nées de cette initiative et aux liens noués entre participants de tous les horizons.
C’est notre façon de pratiquer ce que nous appelons la diplomatie culturelle car, en ces temps d’incertitude et de crise des valeurs, nous demeurons convaincus que la culture est un vecteur de civilisation, qui appelle les êtres humains que nous sommes à mieux nous comprendre, à mieux célébrer nos différences comme autant d’apports singuliers au patrimoine de l’humanité, à mieux cimenter les fondations d’un monde meilleur et à mieux aspirer à cette « Civilisation de l’Universel » dont rêvait Léopold Sédar Senghor.
Senghor qui préconisait aussi que la culture ne doit d’aucune façon être négligée car elle « est le tissu même de la société ».
Le thème retenu pour ce Point des arts devrait susciter une discussion des plus vigoureuses et, à notre sens, indispensables, puisqu’il s’agit de nous interroger ensemble sur le rôle des arts comme outil d’intervention et de changement social.
Je remercie vivement et chaleureusement chacune et chacun d’entre vous qui avez répondu à cette invitation, et tout particulièrement nos panelistes et notre modérateur qui ouvriront le dialogue et animeront la discussion.
Par ailleurs, sachez, chers amis, que vous êtes toutes et tous invités à partager vos idées et vos points de vue en ligne sur le site À l’écoute des citoyens, de la Gouverneure générale du Canada.
Permettez enfin que je vous laisse sur une autre réflexion, cette fois-ci d’Édouard Glissant et de Patrick Chamoiseau, deux écrivains et penseurs d’origine martiniquaise, qui déclaraient récemment que « le déficit en beauté est le signe d’une atteinte au vivant, un appel à la résistance ».
Voilà, en effet, de quoi réfléchir et mobiliser celles et ceux qui ont foi en la culture.
Mais, comme il me tarde de vous entendre, je m’empresse d’ouvrir ce premier Point des arts sur le continent de mes ancêtres.