Dans l’imaginaire culinaire mondial, les produits de l’érable sont associés au Canada, qui, depuis le début du XXe siècle, est le plus important producteur et exportateur acéricole au monde. Pour les peuples autochtones qui habitaient l’aire de distribution de l’érable à sucre (Maple Belt) et pour les colons venus ensuite s’y établir, le commerce et les revenus d’appoint générés par ces produits étaient importants. Dans une certaine mesure, ces produits représentent, tant chez nous qu’à l’étranger, l’identité nationale et le mode de vie des Canadiens et symbolisent aussi la fin de l’hiver canadien.
Il existe plus de 150 espèces d’érables dans le monde, mais seules quelques-unes des treize espèces indigènes à l’Amérique du Nord produisent une sève apte à fabriquer des produits acéricoles. Au Canada, les six espèces dont la sève est suffisamment sucrée pour fabriquer du sucre et du sirop d’érable se retrouvent dans huit des dix provinces.
Cependant, seules les provinces de Québec, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse possèdent assez d’érables à sucre sur leur territoire pour alimenter une véritable industrie acéricole; ceux-ci offrent en effet une sève à haute teneur en saccharose et fournissent le meilleur rendement de sirop par entaille. Ces quatre provinces font partie d’une grande région acéricole, connue sous le nom de « Maple Belt », qui englobe également les États du nord-est américain de même que ceux du « Midwest ».
Les peuples autochtones qui habitaient cette vaste région avant l’arrivée des Européens connaissaient bien l’érable à sucre; ils savaient comment en extraire la sève au printemps, et les produits qu’ils en tiraient servaient au commerce. Plus tard, les colons qui vinrent s’y établir apprirent à transformer l’eau d’érable en sirop et en sucre et à en apprécier le goût. Cette activité se transforma d’ailleurs en un rite annuel qui marquait le passage de l’hiver au printemps et qui constituait un temps de réjouissance en famille et entre amis. Les produits de l’érable étaient utilisés tant pour la consommation domestique que pour le commerce. Au fil des ans, ils s’avérèrent un revenu d’appoint appréciable pour les entreprises familiales et, vers la fin du XIXe siècle, ils étaient devenus un important produit d’exportation. À cette époque, cependant, les États-Unis étaient le principal producteur mondial de produits de l’érable, et ils le demeurèrent encore pendant quelques décennies.
Au début des années 1920, le gouvernement du Québec mit sur pied une coopérative, Les producteurs de sucre d’érable du Québec, qui fut pour beaucoup dans la chute du monopole qu’exerçait jusqu’alors l’Américain George C. Cary sur les produits de l’érable. De fait, en 1932, le Canada était devenu le premier producteur mondial de sucre et de sirop d’érable et, encore aujourd’hui, il exporte ces produits un peu partout dans le monde.
Communiqué de presse associé à cette fiche d'information.
Célébration de la riche et savoureuse histoire des produits de l’érable