28 mai 2010
Ottawa (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé aujourd’hui la déclaration suivante devant les membres de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) :
Bonjour Mesdames et Messieurs. Merci beaucoup pour cet accueil chaleureux.
Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui et je souhaite remercier le président de la Fédération canadienne des municipalités, Basil Stewart, pour son invitation, ainsi que le maire David Miller, qui est notre hôte ici à Toronto. Je suis certain que le maire Stewart et le maire Miller pourront vous dire que la dernière année a été, pour les municipalités du Canada, marquée par une véritable frénésie. Et je ne trompe sans doute pas en prévoyant que l’année à venir sera tout aussi remplie. Je souhaite également saluer mes amis et collègues du Parlement, le ministre John Baird et Tim Uppal.
Je tiens aussi à profiter de l’occasion pour remercier les représentants de Vancouver, de Whistler, de Richmond et de nombreuses autres collectivités de la Colombie-Britannique qui ont accueilli le Canada et le monde entier lors des Jeux d’hiver de 2010. Vous avez, par votre travail d’équipe, réussi à nous donner un spectacle éblouissant! Ces Jeux d’hiver – les Jeux du Canada – resteront pendant longtemps inscrits dans notre mémoire. Je vous remercie d’avoir offert ces souvenirs à tous les Canadiens et les Canadiennes d’un océan à l’autre. Vous nous avez permis de montrer au monde – et de nous prouver à nous-mêmes – que les Canadiens peuvent réaliser de grandes choses. Applaudissons chaleureusement les architectes de ces Jeux d’hiver! Mesdames et Messieurs, j’ai toujours beaucoup de plaisir à rencontrer des politiciens qui, comme vous, savent mener à bien des initiatives que les gens ont réellement à cœur.
Oubliez la péréquation ou l’obligation de rendre des comptes dans la fonction publique. Il y a des gens, dans cette salle, qui savent comment réparer un nid de poule. Mais nous avons aussi nos moments de satisfaction. Je veux vous parler de certains d’entre eux, en particulier de notre Plan d’action économique, et du rôle considérable que vous avez joué pour assurer son succès.
Votre appui au Plan d’action économique, c’est-à-dire le partenariat créé entre les municipalités de toutes tailles et notre gouvernement pour accélérer la construction et la réparation des infrastructures d’un océan à l’autre – ce partenariat a été l’un des outils les plus puissants dont nous disposions pour faire face à la récession mondiale dont nous commençons à sortir. En fait, votre partenariat a été fondamental. Absolument fondamental. Revenons en arrière. Mes amis, au début de l’année dernière, l’économie mondiale a été secouée par une crise profonde. Une crise qui n’avait pas été provoquée par le Canada, mais qui semblait pouvoir déferler sur notre pays pour n’apporter sur son passage que destruction. Bien sûr, la crise a eu un impact, comme vous le savez tous. Bref, pendant une courte période, le gouvernement du Canada a dû se lancer dans la construction d’autos… C’est du moins l’impression que nous avons eue pendant quelques mois ô combien surréels... Maintenant, General Motors a remboursé la totalité des prêts que nous avions été dans l’obligation de consentir à l’industrie automobile canadienne pour l’empêcher de sombrer. Les intérêts en sus et plus tôt que prévu! Vous vous souviendrez tous que cette période a été marquée par une anxiété palpable. En fait, l’anxiété avait submergé les marchés, entraînant avec elle le risque de voir nos craintes se réaliser. Les circonstances nous ont donc obligés à prendre des mesures extraordinaires. D’où le Plan d’action économique du Canada.
Un plan visant à mettre à profit les ressources du gouvernement pour soutenir l’activité économique, de façon à inspirer confiance et à créer de l’emploi. Un plan national d’auto-assistance, si vous voulez. Mais voici le problème : il est en fait plus difficile pour Ottawa de dépenser les fonds publics que vous ne le croyez peut-être. Je sais très bien que nous donnons l’impression de très bien nous en tirer, mais sachez qu’il n’est pas facile de conjuguer rapidité et efficacité. Nous pourrions nous contenter de simplement envoyer des chèques par la poste pour pouvoir nous targuer de dépenser. C’est ce que certains pays font, mais nous sommes arrivés à la conclusion que cette façon de faire ne serait guère efficace, même à court terme, et ne ferait qu’endetter le pays à long terme.
Nous voulions que nos dépenses aient des retombées durables; nous voulions investir dans des projets concrets. Mais le processus est long : il faut proposer des projets, les élaborer, mener des études, faire des choix, obtenir les autorisations nécessaires. Il faut du temps pour accomplir toutes ces tâches qui, pour tout vous dire, avaient déjà été accomplies dans des villages, des villes et des municipalités d’un océan à l’autre, pour des milliers de projets d’infrastructure utiles. D’excellentes initiatives, soit dit en passant. D’excellents projets qui, bien trop souvent, ne devaient être mis en branle que dans de nombreuses années, pour une raison simple et très fréquente : le financement nécessaire n’était pas à la portée de la main. Ainsi, la solution se trouvait-elle sous nos yeux.
En faisant appel à sa capacité d’emprunt à Ottawa, notre gouvernement a pu faire progresser, partout au pays, des milliers de projets de travaux publics fort utiles qui étaient déjà planifiés, ce qui allait avoir deux avantages. D’une part, accélérer la mise en chantier des projets prêts à démarrer permettrait de créer rapidement des emplois. En pareilles circonstances, une intervention immédiate s’imposait afin d’améliorer les choses. D’autre part, nous allions rassurer les Canadiens, inquiets, ainsi que les marchés : quelqu’un avait fait un bilan de la situation économique, avait un plan de redressement et allait agir. C’est ainsi que le Plan d’action économique du Canada a vu le jour. Mesdames et Messieurs, vous vous souviendrez sans doute de la multitude de fonds disponibles au titre desquels vous pouviez obtenir le financement nécessaire pour répondre aux besoins de vos électeurs du mieux possible.
Je ne les nommerai pas tous, mais vous verrez des noms familiers dans la présentation. Le taux de participation a été formidable; les montants et les objets des investissements variaient beaucoup. Parmi les plus importants, mentionnons celui dans la revitalisation du Réseau GO de Toronto. Si j’ai choisi cet exemple, c’est en raison notamment de l’importance du montant octroyé – 250 millions de dollars – mais aussi parce qu’il s’agit d’un excellent exemple d’investissement dont les citoyens pourront profiter pendant des dizaines d’années après l’achèvement des travaux. Voilà le point commun entre la très grande majorité des projets approuvés dans le cadre du Plan. Des projets comme la construction d’un poste frontalier à St. Stephen, au Nouveau‑Brunswick, qui stimulera le commerce grâce à la diminution des temps d’attente auparavant interminables.
Des projets comme les efforts massifs déployés dans le cadre du Fonds de stimulation de l’infrastructure afin d’améliorer la qualité de l’eau potable partout au Québec.
Autre exemple, la construction de boulevards périphériques à Calgary et à Edmonton. Deux projets d’envergure qui faciliteront la vie des gens qui doivent se déplacer quotidiennement et des citoyens touchés par la circulation de camions lourds dans les centres urbains. Voilà le genre de grands projets qui a pu aller de l’avant grâce au Plan d’action économique. Toutefois, des milliers de projets beaucoup plus petits ont aussi été réalisés : construction de ports pour petits bateaux, travaux de réfection routière, construction de ponts, etc. Je me souviens notamment du projet d’agrandissement du Musée de la pomme de terre de l’Île‑du‑Prince-Édouard.
Comme plus de 16 000 projets ont été approuvés dans le cadre du Plan d’action économique du Canada, je vais vous en épargner l’énumération. Voici toutefois ce qu’il faut retenir : notre gouvernement, par l’entremise du Plan d’action, aura déboursé 47 milliards de dollars sur deux ans pour stimuler l’économie à la suite de la pire crise économique mondiale depuis la Deuxième Guerre mondiale. À ce montant viennent s’ajouter 15 milliards de dollars débloqués par les provinces, les territoires et nos autres partenaires, plus particulièrement les municipalités canadiennes.
Au cours des deux années du Plan d’action économique, tous ces investissements conjugués ont permis de stimuler l’économie en y injectant 62 milliards de dollars! Ce faisant, nous avons travaillé ensemble à la construction, à l’agrandissement et à la modernisation des équipements publics à l’échelle nationale. Nous avons réalisé ces travaux à une vitesse sans précédent. Et nous l’avons fait – ensemble – de manière à pouvoir en bénéficier pendant de très nombreuses années. Mesdames et Messieurs, je n’ai aucun doute que bon nombre d’entre vous ont participé aux projets dans le cadre du Plan d’action financés au moyen du crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire. En même temps, vous avez travaillé avec votre gouvernement national au plus grand projet de rénovation domiciliaire qui soit : la rénovation de notre maison à tous, le Canada. Vous l’avez fait dans le cadre de travaux qui touchent le réseau routier, les ponts, les transports en commun, les ports et les aéroports, les musées, les installations de loisirs et les parcs. Dans toutes les sphères de notre société, nous réparons bien plus que les nids de poule. N’est-ce pas?! Maintenant, Mesdames et Messieurs, j’aimerais parler de la suite des choses. Je sais que certains, y compris parmi les personnes présentes, aimeraient voir tous ces fonds de relance prolongés. Nous comprenons pourquoi. Toutefois, nous n’avons pas prolongé le très populaire crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire.
Nous n’envisageons pas non plus de prolonger le Plan d’action économique du Canada. Tout comme l’adrénaline n’a qu’un effet temporaire chez l’être humain, il en va de même pour les plans de stimulation économique. Nous devons sortir du rouge et non pas y sombrer. Les problèmes d’endettement en Grèce et ailleurs sont venus nous rappeler que notre solide position financière demeure l’un des plus grands atouts de notre pays dans une économie mondiale qui demeure fragile.
Nous mènerons à bien notre programme de stimulation de deux ans, puis nos programmes d’urgence prendront fin, comme prévu. Nous pourrons ensuite rétablir l’équilibre budgétaire et répondre aux attentes des Canadiens et des Canadiennes à l’égard du gouvernement. Au Sommet du G20 qui se tiendra ici à Toronto le mois prochain, les grandes économies examineront les stratégies de sortie de leurs programmes de relance. Et, comme il l’a fait tout au long de cette crise, le Canada montrera la voie. De toute évidence, la fin du Plan d’action économique du Canada ne signifie pas que notre gouvernement ne souhaite plus travailler en collaboration avec ses partenaires municipaux.
Au contraire, notre gouvernement a systématiquement apporté un soutien ferme aux municipalités canadiennes au moyen d’une vaste série de programmes.
Ces programmes à long terme de soutien aux municipalités vont se poursuivre. Permettez-moi de vous en rappeler certains. Cette liste n’est qu’indicative et non exhaustive. Dans le Budget de 2006, à peine quelques semaines après nous être vu confier par les Canadiens la responsabilité de gérer les affaires de l’État, nous avons mis en place la Fiducie d’investissement pour les transports en commun. Dans le cadre de ce programme, les municipalités pouvaient être admissibles à des versements ponctuels provenant de ce fonds réservé. Il s’agissait d’un moyen pour nous d’aider les municipalités à répondre aux appels du public en faveur de moyens de transport en commun propres et efficaces. Un transport en commun amélioré se traduit par une réduction du nombre de voitures. Quand les voitures sont moins nombreuses, l’air est plus pur. Et quand l’air est plus pur, les gens respirent mieux. Voilà les questions sur lesquelles les Canadiens ont demandé aux municipalités de se concentrer. Nous avons été là pour les aider. Dans le Budget de 2007, nous avons mis en place le Fonds Chantiers Canada. C’était une façon de reconnaître que les administrations municipales ont souvent des responsabilités locales à l’égard d’infrastructures d’importance nationale.
Le réseau routier national de base, par exemple. De même que : l’eau potable, les eaux usées, le transport en commun et l’énergie verte. Par conséquent, lorsque les avantages sont généralisés, nous faisons notre possible pour en répartir les coûts. Dans le Budget de 2008, nous avons prolongé le programme de remboursement de la taxe sur l’essence et l’avons rendu permanent. Ainsi, les municipalités disposeraient d’un apport de recettes prévisible et stable, ce qui faciliterait la planification et le développement. Je pourrais également mentionner des programmes comme le Programme d’eau potable de l’Ontario, créé grâce à PPP Canada, et le Fonds sur l'infrastructure municipale rurale, à titre d’exemples de notre soutien aux municipalités. Ce soutien ne prendra pas fin avec les fonds de relance. Enfin, avant de terminer, j’aimerais simplement répéter mon message d’espoir et de reconnaissance.
La reprise est en cours. Mais, elle n’est pas encore terminée. Cela dit, tous les indicateurs d’importance sont en notre faveur. Observons-en quelques-uns :
l’emploi, la croissance du PIB, les ventes au détail, les mises en chantier et le TSX.
Vous pouvez constater que ces graphiques se ressemblent tous. Leur courbe fléchit radicalement à la fin de 2008. Mais vers le milieu de 2009, elles commencent à remonter, ici, au moment où vous avez commencé à mettre en œuvre tant des projets financés par le Plan d’action économique du Canada.
Depuis le mois de juillet dernier, l’économie canadienne a créé près de 300 000 nouveaux emplois nets. Nous nous dirigeons vers trois trimestres consécutifs de croissance. L’OCDE, comme le FMI et d’autres avant elle, a fait la projection cette semaine que le Canada connaîtra la plus grande croissance du G7 pour les deux prochaines années. Les particuliers, les familles et les investisseurs ont assez confiance en l’avenir qu’ils recommencent à dépenser. Grâce à vous et à votre aide exceptionnelle, notre plan fonctionne. Comme nous le savions tous. Et laissez-moi vous redire :
Notre pays, le Canada, a été le dernier des grands pays développés à entrer dans la récession mondiale. Et il en sera le moins touché. Nous nous en sortirons aussi plus rapidement et dans une meilleure position que tous les autres! Mesdames et Messieurs, la leçon est claire : quand les Canadiens unissent leurs efforts, quand les leaders de tous les ordres de gouvernement montrent qu’ils travaillent pour un objectif commun, quand le gouvernement arrête d’importuner les gens et commence à mettre la main à la pâte avec eux, il est alors possible d’accomplir de grandes choses ensemble. Et nous l’avons fait. Vous l’avez fait. Félicitations!
Merci beaucoup. Et à la prochaine.
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