No 2010/28 - Madrid, Espagne - Le 6 mai 2010
Sous réserve de modifications
Je suis ravi d’être ici en Espagne et, en particulier, dans la splendide ville de Madrid.
Depuis des siècles, Madrid se trouve au cœur de la vie européenne. C’est un carrefour des affaires, de l’éducation et de la culture.
Le grand Real Madrid — l’équipe de football qui a remporté le plus de trophées au XXe siècle — y évolue, et je parierais qu’elle poursuivra sur sa lancée au XXIe siècle.
Et cette ville, siège du gouvernement espagnol, est aussi l’arène du sport sans doute le plus dur, le plus exigeant de tous — la politique!
Madrid est également parfaite pour parler des relations entre le Canada et l’Espagne et de nos efforts pour trouver de nouveaux débouchés de part et d’autre de l’Atlantique.
Le Canada et l’Espagne
Le Canada et l’Espagne sont unis par plusieurs liens.
La découverte de notre côte occidentale doit beaucoup aux efforts d’explorateurs espagnols légendaires tels que Juan Francisco de la Bodega y Quadra et Juan de Fuca — des hommes dont les noms sont immortalisés au Canada par des points d’intérêt et des noms de lieu.
Aujourd’hui, on entend parler espagnol un peu partout au Canada. À l’heure actuelle, 326 000 personnes d’origine espagnole vivent au Canada.
Au fil des ans, les liens personnels se sont multipliés et sont devenus des relations étroites dans de nombreux domaines. Le Canada et l’Espagne font depuis longtemps front commun sur des questions comme la démocratie et la sécurité mondiale au sein d’organisations telles que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et les Nations Unies.
En outre, nos deux pays sont engagés dans la reconstruction de l’Afghanistan, qu’ils aident à dépasser une histoire tumultueuse et à bâtir une vie meilleure pour les Afghans.
Nous travaillons en étroite coopération dans les sciences et la technologie, des chercheurs des deux pays collaborant dans des domaines comme la santé, les sciences de la mer, les énergies renouvelables et l’environnement.
Notre partenariat s’est avéré assez solide pour résister aux épreuves. Après des relations quelque peu houleuses sur le front des pêches, nous avons appris à collaborer de manière constructive dans la gestion et la conservation des ressources halieutiques, y compris grâce à un accord conclu dernièrement pour gérer conjointement nos pêches.
Mes amis, voilà autant d’indices de relations à la fois complexes et parvenues à maturité, de relations renforcées chaque jour par nos liens commerciaux croissants.
Renforcer les relations commerciales
La création récente de votre Chambre de commerce, qui a son siège ici, à Madrid, témoigne de ces liens grandissants.
En 2009, nos échanges bilatéraux de marchandises ont atteint 2,5 milliards de dollars.
Ensemble, nous connaissons un immense succès dans de nombreux secteurs clés, et plus de 45 entreprises canadiennes mènent des activités importantes ici, en Espagne.
Parallèlement, nous sommes fiers d’accueillir au Canada des entreprises espagnoles — des entreprises comme Repsol, CEPSA, ACCIONA et Enerfin.
Nos délégués commerciaux en Espagne font tout leur possible pour aider à la création de nouveaux liens dans divers secteurs.
Des ressources naturelles aux infrastructures, en passant par l’énergie — de sources traditionnelles et « vertes » — et la haute technologie, nous invitons nos partenaires espagnols à découvrir en quoi le Canada peut les aider.
Nous sommes également une excellente destination pour l’investissement — ce que l’on sait très bien en Espagne. En 2008, le Club des exportateurs et investisseurs espagnols a désigné le Canada meilleur pays au monde où faire des affaires et investir. En fait, il s’agissait de la première année où le Canada arrivait devant les partenaires européens de l’Espagne. Nous sommes très fiers que l’Espagne découvre les nombreux avantages que présente le Canada comme destination d’investissement — même en situation de récession mondiale.
L’économie canadienne a moins souffert que celle de la plupart des autres pays du G7 l’an dernier.
Et notre système bancaire s’est montré exemplaire tout au long de la crise. Aucune de nos banques n’a fait faillite. En fait, bon nombre d’entre elles, y compris la Banque de Montréal et la Banque Royale, affichent une croissance vigoureuse.
Une progression aussi dynamique ne serait tout simplement pas possible sans un système bancaire stable et solide. Depuis deux ans, le Forum économique mondial qualifie le système bancaire canadien de plus sain du monde.
Le Canada présente aussi la situation budgétaire la plus solide du G7, avec un faible taux d’inflation, un engagement à l’égard de l’équilibre budgétaire et une fiscalité des entreprises parmi les meilleures au monde. En fait, notre taux d’imposition des sociétés devrait devenir le plus faible du G7 d’ici 2012.
Par ailleurs, KPMG [s.r.l., société comptable et d’experts-conseils] a confirmé le mois dernier que le Canada se classe en tête des pays industrialisés pour ce qui est de la compétitivité des coûts.
Nous bénéficions d’un avantage de 5 p. 100 sur ce plan par rapport à nos partenaires américains.
Nous bénéficions également d’un net avantage en ce qui concerne la « main-d’œuvre », affichant la plus forte proportion de diplômés postsecondaires parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Grâce au libre-échange nord-américain, et aux voies de transport qui sillonnent tout le continent et relient l’Atlantique au Pacifique, le Canada est aussi un très bon endroit pour toute entreprise qui cherche à étendre son rayon d’action en Amérique du Nord.
Ajoutez à cela nos nombreux investissements stratégiques dans la technologie, l’éducation et les soins de santé — et une des meilleures qualités de vie qui soient — et vous aurez une assez bonne idée de ce qui incite de plus en plus d’entreprises d’Espagne et de bien d’autres pays à investir au Canada.
Nous voulons que nos partenaires espagnols connaissent ces avantages, c’est pourquoi nous continuons de bâtir les partenariats qui profiteront à nos deux pays.
Nous pensons également que notre recherche d’un nouveau partenariat entre le Canada et l’Espagne — avec toute l’Union européenne, en fait — ne pourrait tomber à un meilleur moment.
Pour des marchés libres
Depuis le début de la crise économique mondiale, l’approche du Canada est claire. Pour qu’une reprise économique soit durable, il faut encore plus d’échanges commerciaux, et non pas moins.
À la moindre occasion, il faut lutter contre le protectionnisme.
Comme l’histoire économique de l’Amérique du Nord et de l’Europe le démontre, il ne se crée d’emplois, de prospérité et de possibilités que lorsque nous gardons les portes ouvertes au commerce.
La nécessité du libre-échange sera au cœur du message du Canada lorsqu’il accueillera le prochain Sommet du G20, en juin. Notre premier ministre [Stephen Harper] a souligné ce besoin il y a quelques jours au Sommet Canada-Union européenne, à Bruxelles.
Il s’agit d’une des forces motrices de notre volonté de travailler en collaboration avec l’Espagne — et avec toute l’Union européenne —, afin de négocier un nouvel accord de partenariat économique qui nous servira tous.
Vers un accord économique et commercial global Canada-Union européenne
Pour le Canada, il s’agit de l’initiative commerciale la plus importante et la plus ambitieuse depuis la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Nos entreprises réclament depuis longtemps le resserrement des liens avec l’Europe. Elles sont très intéressées par la position de l’Union européenne en tant que plus grand marché commun et premier investisseur mondial, où certaines des plus grandes entreprises de la planète ont leur siège social, et par sa réputation d’incubateur d’idées et de technologies novatrices.
Les nombreux avantages que nous voyons ici, en Espagne — le dynamisme de votre milieu des affaires et votre volonté d’innover, par exemple —, renforcent notre conviction que davantage d’entreprises canadiennes devraient venir faire des affaires ici et dans toute l’Europe.
Les secteurs canadiens de l’aéronautique, de l’agriculture, de l’ingénierie, de la haute technologie et bien d’autres ont beaucoup à offrir au marché européen.
Comme je le disais plus tôt, l’Europe — et le reste du monde — s’intéresse aussi beaucoup aux nombreux avantages économiques que présente le Canada.
Un accord serait donc dans l’intérêt du Canada comme de l’Europe.
Une récente étude conjointe révèle qu’un accord pourrait générer une augmentation de 38 milliards de dollars de nos échanges bilatéraux et des gains importants de part et d’autre pour ce qui est du produit intérieur brut.
Ce genre de perspective fait en sorte que nos négociations vont bon train. Même la perturbation des liaisons aériennes n’a pas pu empêcher nos équipes de négociateurs de se rencontrer à Ottawa le mois dernier.
J’ai déclaré que j’aimerais voir les négociations se conclure d’ici deux ans.
Nous examinons tout un éventail d’enjeux, y compris :
- l’élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce des biens et des services;
- le renforcement des relations en matière d’investissement;
- la coopération sur des dossiers tels que les sciences et la technologie;
- l’harmonisation de notre réglementation pour favoriser des échanges commerciaux transatlantiques efficaces et harmonieux.
Toutefois, le fait est que nos négociateurs ne peuvent faire tout cela seuls. Nos gens d’affaires ont eux aussi un rôle important à jouer.
Conclusion : appuyer le partenariat
Nous avons besoin de votre aide pour renforcer le soutien public et affronter les détracteurs qui estiment que des liens commerciaux accrus porteront atteinte à la souveraineté nationale ou nuiront à l’économie nationale.
L’existence même de l’Union européenne démontre que des pays peuvent travailler de concert dans leur intérêt mutuel.
Je peux vous dire que nous avons eu un débat similaire au Canada autour de la question du libre-échange nord-américain.
Avec le temps, nous constatons, sans l’ombre d’un doute, que nous sommes plus forts, plus prospères et plus concurrentiels en unissant nos forces qu’en faisant cavalier seul.
Le libre-échange crée des emplois, de la prospérité et des possibilités pour tous les partenaires.
Les efforts du Canada avec l’Union européenne fournissent une occasion en or de profiter de notre tradition d’ouverture sur le monde pour créer un nouveau modèle de coopération dont puissent s’inspirer d’autres pays en quête d’une reprise économique durable.
Saisissons cette chance incroyable. Ensemble, convainquons Canadiens et Européens des avantages énormes de l’ouverture de nouveaux marchés de part et d’autre de l’Atlantique. Créons les emplois, la prospérité et les possibilités dont nos populations ont besoin aujourd’hui plus que jamais.
Je vous remercie.