No 2010/31 – Washington D.C. – Le 18 mai 2010
Sous réserve de modifications
Votre Chambre a fait un excellent travail en réussissant à convaincre tout un éventail d’orateurs influents de venir parler aujourd’hui des orientations futures du commerce mondial. Je suis très heureux de pouvoir contribuer à ces discussions.
De fait, la séance précédente a été particulièrement intéressante pour le Canada
Notre gouvernement estime que pour sortir de la crise économique, il est essentiel d’ouvrir des portes à nos entreprises dans les marchés mondiaux. À cette fin, nous menons un ambitieux programme de libre-échange qui comprend des négociations avec l’Amérique du Sud, l’Union européenne et d’autres marchés d’une importance capitale comme l’Inde.
Récemment, nous avons déposé un projet de loi visant la mise en œuvre des accords de libre-échange conclus avec la Jordanie et la Colombie, et nous menons aussi des discussions avec la CARICOM [Communauté des Caraïbes].
Il y a quatre jours à peine, j’ai signé avec le ministre [du Commerce et de l’Industrie du Panama, M. Roberto C.] Henríquez notre accord de libre-échange avec le Panama, pays occupant une position géographique stratégique, économie émergente et porte d’entrée vers les marchés des Amériques et des Caraïbes.
Nous avons aussi conclu récemment la troisième série de négociations avec l’Union européenne. Ces négociations progressent plus rapidement que prévu puisque les deux parties reconnaissent les multiples occasions qui s’offrent aux entreprises et aux travailleurs des deux côtés de l’Atlantique.
Notre gouvernement connaît les avantages qui découlent du libre-échange avec des marchés clés. En effet, l’Accord de libre-échange nord-américain a offert des débouchés sans précédent aux entreprises et aux travailleurs du Canada.
Depuis la signature de l’accord de libre-échange entre nos pays, les relations qui unissent le Canada et les États-Unis se sont épanouies.
Le commerce entre le Canada et les États-Unis
Les États-Unis sont depuis toujours un modèle de liberté et de démocratie pour le monde. Il est aussi un grand défenseur et un grand promoteur de la liberté économique -c’est un exemple par excellence du pouvoir qu’ont les marchés libres et ouverts de créer les emplois et la prospérité et d’améliorer la vie des gens.
Et il n’y a pas meilleure démonstration de cela que le partenariat commercial des États-Unis avec le Canada -le plus grand partenariat commercial jamais vu dans le monde.
L’an dernier, en pleine crise économique mondiale, plus de 1,4 milliard de dollars américains de biens et services ont franchi notre frontière chaque jour. Le Canada a importé près de trois fois plus de marchandises des États-Unis que de la Chine. Et nous sommes le principal marché d'exportation pour les marchandises de 34 États américains.
Nos investissements bilatéraux sont eux aussi extraordinaires, puisqu’ils ont dépassé 550 milliards de dollars en 2009.
En outre, nous faisons partie intégrante des chaînes d’approvisionnement de l’un et de l’autre. Bon nombre de carrefours de production canadiens se trouvent, en fait, plus près de grands marchés américains que des lieux de production américains. Des 20 principales villes du Canada, 17 se trouvent à moins d'une heure et demie de route de la frontière.
L’accord de libre-échange entre nos pays a permis aux entreprises de part et d’autre de la frontière de tirer pleinement profit de notre proximité géographique, de nos liens culturels et des relations interpersonnelles qui unissent nos citoyens. De fait, dans bien des secteurs, le gros des exportations canadiennes sert d’intrants aux chaînes de production américaines. Autrement dit, nous « fabriquons ensemble » pour le marché mondial.
Emplois, prospérité et possibilités de part et d’autre de la frontière reposent sur ces relations -et nous parlons de plus de huit millions d’emplois rien qu’aux États-Unis.
Prenons aussi les avantages, pour le Canada, du partenariat avec le Mexique dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain. En 2008, 15 ans après la signature de l’Accord, le commerce des marchandises du Canada avec les États-Unis avait triplé, tandis qu’avec le Mexique, il avait quintuplé.
Pensez simplement à toute l’activité économique et aux emplois que fait vivre ce commerce dans les trois pays. Au Canada, dans le même laps de temps, ce sont plus de 4 millions d’emplois qui ont été créés.
Il est tout simplement impossible de parler de vigueur économique au Canada ou aux États-Unis sans parler de nos relations commerciales. C’est pourquoi, maintenant plus que jamais, alors que les nations du monde entier tentent de se sortir de la crise économique mondiale, il est important que nous demeurions vigilants, en tant que gouvernements, intervenants et citoyens, à l’égard des lois et des règlements qui pourraient porter atteinte à notre partenariat commercial.
Prenez les dispositions « Buy American » de la Recovery Act des États-Unis [American Recovery and Reinvestment Act de 2009] qui menaçaient les chaînes d’approvisionnement intégrées que nous avons créées ensemble au fil des décennies.
Des organisations des deux côtés de la frontière, y compris la Chambre de commerce des États-Unis, ont combattu ces dispositions avec énergie, soutenant avec raison qu’il fallait laisser les portes ouvertes, pour les deux pays, en cette période de reprise économique fragile.
Et ensemble, animés du même esprit de partenariat qui caractérise les relations canado-américaines depuis tant d’années, nous sommes parvenus à surmonter ce premier obstacle. Nous avons négocié une exemption à bon nombre des dispositions « Buy American » et fait en sorte que le libre-échange et la collaboration continuent d’alimenter les possibilités offertes aux citoyens de nos deux pays. Et nous négocions à présent un accord bilatéral plus global sur les marchés publics pour le plus long terme, un accord dont nos deux pays pourraient tirer profit. Nous pouvons également parler de nos efforts constants pour créer une frontière efficace, autrement dit qui soit sûre, tout en n’entravant pas le commerce.
Nous pensons que notre partenariat est trop important -pour les deux pays -pour laisser des problèmes s’aggraver. De fait, le représentant au Commerce des États-Unis, M. Ron Kirk, et moi-même nous sommes entendus dernièrement pour organiser de façon régulière au moins deux sommets commerciaux par an, afin de régler les problèmes plus vite et de renforcer rapidement et efficacement notre partenariat commercial dans d’autres domaines.
Nous convenons que la reprise économique repose, pour les deux pays, sur notre collaboration et sur la décision de laisser la porte ouverte aux possibilités de part et d’autre. Mais nous pensons aussi que cette leçon vaut pour le monde entier, pas seulement pour l’Amérique du Nord.
Le Canada, un chef de file du libre-échange
Ce sont les partenariats, et non le protectionnisme, qui sont la clé d’une reprise économique durable. L’économie mondiale est simplement trop intégrée et trop interreliée pour fermer la porte à la collaboration commerciale.
Sur ce marché mondial interdépendant, le Canada s’est démarqué en tant que chef de file, tant sur le plan du climat pour les investissements que le gouvernement a su mettre en place, que sur celui des mesures qui ont été prises pour encourager le libre-échange et l’intégration plus poussée de nos économies.
Par exemple, de façon unilatérale, sans négociation ni entente de réciprocité, notre gouvernement a éliminé les droits sur les importations de matériel et de machines. Nous avons créé la première « zone en franchise de droits » du G20 pour les importations manufacturières. À présent, nos fabricants peuvent plus facilement acheter à l’étranger les machines et l’équipement dont ils ont besoin, y compris aux États-Unis, pour devenir plus productifs et concurrentiels sur le marché mondial. Il s’agit là d’un bon exemple de l’impulsion qu’une approche libre et ouverte vis-à-vis du commerce peut donner aux activités à l’exportation.
Et il s’agit également d’un exemple de ce en quoi le Canada croit, à savoir que c’est l’élimination des obstacles au commerce, et non l’imposition de restrictions protectionnistes, qui constitue la clé de la réussite économique et de la prospérité future.
Nous avons abordé d’autres secteurs clés de notre économie dans la même perspective. Le Canada en est ressorti comme une destination de choix pour l’investissement, le potentiel de croissance et les débouchés.
Le Canada offre :
- un contexte de libre entreprise ouvert et attrayant;
- la situation financière la plus saine des pays du G7;
- un faible taux d’imposition des entreprises, en voie d’être le plus bas des pays du G7;
- la plus forte croissance économique des pays du G7, selon le Fonds monétaire international;
- une main-d’œuvre qualifiée, qui compte la plus grande proportion de diplômés postsecondaires des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques;
- un climat très propice à l’innovation, avec des incitatifs fiscaux généreux pour la recherche et le développement;
- un attachement profond à la primauté du droit;
- une qualité de vie élevée.
Malgré le ralentissement économique mondial, aucune banque au Canada n’a fait faillite et aucune banque canadienne importante n’a nécessité un renflouement. Notre secteur bancaire est bien géré grâce à une réglementation équilibrée. Il s’en est bien tiré malgré la crise financière mondiale.
Pendant que les banques d’autres pays faisaient des investissements très risqués, les banques canadiennes respectaient les normes strictes en matière d’investissement et de gestion du risque dictées par notre réglementation.
Il s’agit là d’une des raisons pour lesquelles le Canada n’appuie pas l’adoption d’une taxe ou d’un prélèvement financier mondial pour supporter le coût des renflouements auxquels d’autres pays ont eu recours. En adoptant une telle taxe, notre secteur financier serait pénalisé pour cause de bon rendement. Or, nos banques ont agi de manière responsable tout au long de la récession afin d’éviter les actifs toxiques. Cela n’a aucun sens de leur imposer maintenant une taxe punitive, une taxe qui serait injuste pour les consommateurs qui auraient éventuellement à payer la facture.
Nous préférons demeurer concentrés sur les réformes financières auxquelles les pays du G20 ont donné leur accord comme avenue nous permettant d’établir des normes élevées sur le plan des capitaux, des liquidités et des leviers financiers pour les institutions internationales.
À l’instar de notre engagement envers le libre-échange, l’engagement du Canada envers un système financier stable et bien réglementé attire l’attention de partenaires en Europe et ailleurs dans le monde.
Nous savons aussi que tout effort qui amène plus d’activité commerciale au Canada peut également avoir une incidence positive sur le flux des échanges dans toute l’Amérique du Nord. L’activité commerciale s’en trouvera accrue. Et notre plateforme commerciale continentale en sera plus concurrentielle et attrayante pour les entreprises et les investisseurs du monde entier.
En accroissant le commerce mondial, nous créons plus de possibilités pour les entreprises et les investisseurs ici, en Amérique du Nord, et dans le reste du monde. Et cela représente pour nous tous un immense potentiel.
Conclusion : La reprise économique par un accroissement du commerce mondial
Le Canada est convaincu que cette période économique incertaine et difficile exige davantage de partenariats commerciaux, et non pas moins.
Depuis des années, la Chambre de commerce des États-Unis est à l’avant-garde de la lutte contre le protectionnisme – ou le « nouvel isolationnisme ». De plus, vous êtes le champion inlassable des efforts visant à ouvrir plus de portes au commerce et à l’investissement.
Comme vous, le Canada est impatient de voir une plus grande mobilisation à l’Organisation mondiale du commerce – prochain thème dont nous parlons aujourd’hui. Toutefois, nous devons aussi reconnaître que les pays partout dans le monde peuvent – et devraient – rechercher la moindre occasion de stimuler la création d’emplois et l’activité économique.
Ici, en Amérique du Nord, notre réussite nous a appris qu’une approche libre et ouverte vis-à-vis du commerce est la meilleure façon de créer emplois, prospérité et possibilités pour l’économie mondiale. Le libre-échange nous a tous rendus plus prospères et plus concurrentiels.
C’est une leçon que nous espérons souligner lorsque le Canada accueillera le prochain Sommet du G20. Combattre le protectionnisme et garder nos portes ouvertes au commerce et à l’investissement, voilà deux idées qui seront au cœur de notre message aux membres du G20.
Et nous compterons assurément sur des gens comme vous pour continuer de diffuser ce message. Travaillons ensemble pour que la réussite se multiplie. Et aidons les gens du monde entier à se diriger vers une reprise économique durable dans les années à venir.
Je vous remercie.