Le Premier ministre Stephen Harper a fait aujourd’hui la déclaration suivante à la séance plénière d’ouverture du Sommet du G-20 à Toronto :
«Bonjour, Mesdames et Messieurs. Soyez bienvenus au Canada et à Toronto, la plus grande ville de notre pays et, je tiens à le préciser, le siège du secteur financier le plus solide du monde. Nous sommes très heureux et très fiers de vous accueillir au Sommet du G-20. Permettez-moi de faire quelques observations sur ce que nous devons accomplir au cours de ce sommet. À Pittsburgh, l’année dernière, le G-20 s’est officiellement déclaré principale tribune pour la coopération économique internationale. Devant une telle déclaration ainsi qu’une reprise mondiale encore fragile, il nous incombe d’agir avec le même sentiment d’unité, d’urgence et d’engagement à l’égard de l’exercice éclairé de notre souveraineté nationale respective que nous le faisions au plus fort de la crise, et ce, afin d’entreprendre la mise en œuvre du Cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée que nous avons promis au monde à Pittsburgh.
« L’action coordonné déployé jusqu’à maintenant par le G-20 donne des résultats positifs dont le monde profite. Mais la reprise demeure fragile. Pour être franc, la reprise de la demande privée n’est pas encore assurée dans tous les pays du G-20.
« Depuis notre dernière rencontre, de nouveaux risques sont apparus dans l’économie mondiale. Voici ceux sur lesquels le FMI a récemment attiré notre attention, pour n’en nommer que quelques-uns : les déficits budgétaires, le niveau d’endettement, les niveaux d’endettement dans les pays avancés ainsi que la fin prématurée des mesures de relance. J’ajouterais les suivants : la nécessité de donner suite aux réformes réglementaires dans le secteur financier et, bien entendu, de résister au protectionnisme. Le récent malaise observé dans les marchés nous montre que ces derniers attendent nos mesures, et que celles‑ci doivent être décisives, mais également coordonnées et équilibrées. Voilà la corde raide sur laquelle nous devons marcher pour soutenir la reprise. Il est impératif que nous donnions suite aux plans de relance actuellement en place, ceux que nous nous sommes engagés à mettre en œuvre l’année dernière. Mais, parallèlement, les pays avancés doivent envoyer un message clair : à mesure que leurs plans de relance viendront à échéance, ils tenteront de mettre de l’ordre dans les finances de leur pays.
« Les plans de consolidation financière doivent être crédibles. Ils doivent comporter des objectifs plus faciles à comprendre, et les pays membres doivent rendre compte de leur atteinte.
« En particulier, nous devons nous entendre pour réduire de moitié les déficits d’ici 2013. Nous devons également nous engager à stabiliser le rapport dette-PIB des gouvernements d’ici 2016, à tout le moins, ou à les réduire.
« Étant donné que certains d’entre nous atteindront ces objectifs plus tôt, nous devrions convenir de considérer ces cibles fiscales comme minimales.
« Le G-20 ne réussira à assainir les finances publiques que s’il prend des mesures concertées en vue de soutenir la demande mondiale, de s’attaquer aux rigidités structurelles et aux taux de chômage scandaleusement élevés, et de réduire la pauvreté mondiale.
« Le monde entier nous observe, car le destin de millions de gens dépend de nos actions.
« À quoi ressemblera le succès? Selon mon évaluation sommaire, la production mondiale pourrait augmenter de 6,5 % au cours des cinq prochaines années si nous agissons de manière coordonnée et évitons les pièges. Cela se traduirait par une augmentation de la production mondiale de quatre billions de dollars, la création de 52 millions nouveaux emplois et l’élimination de la pauvreté pour 90 millions de personnes.
« Par contre, si nous échouons à prendre des actions décisives, coordonnées et équilibrées, un scénario négatif pourrait faire en sorte que des millions de personnes perdent leurs emplois. C’est la responsabilité que nous avons non seulement envers nos commettants mais envers tous les citoyens du monde. Il faut établir par la suite les fondements d’une croissance forte, durable et harmonieuse.
« Mesdames et Messieurs, aujourd’hui comme hier, nous devons travailler et agir ensemble. Je vous souhaite encore une fois la bienvenue et j’espère que nos discussions seront productives.
« Merci. »