3 juillet 2010 Ottawa (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a fait aujourd'hui la déclaration suivante lors du dévoilement de la pierre angulaire du Musée canadien des droits de la personne :
« Merci, Monsieur Murray.
« Votre Majesté, votre Altesse Royale, ministres Moore et Fletcher, premier ministre Selinger et ministre Robinson, maire Katz, chef Fontaine, M. Thorsteinson, Mme Asper, membres de la famille Asper, membres du conseil et amis du Musée canadien des droits de la personne.
« Mesdames et messieurs, le dévoilement de toute pierre angulaire est un événement riche de sens. Mais ce que nous faisons ici aujourd'hui est de la plus grande importance.
« En présence de notre souveraine, et en ce lieu de rencontre d'origine antique, nous honorons la dignité inviolable de l'être humain et inhérente à chaque être humain. Ce faisant, nous affirmons la source et la garantie de notre liberté en tant que Canadiens et Canadiennes.
« C'est une heureuse coïncidence que cette année marque le cinquantième anniversaire de l'importante Déclaration canadienne des droits du premier ministre John Diefenbaker. Le libellé de cette déclaration est des plus éclairants. On peut y lire : “ Il est par les présentes reconnu et déclaré que les droits de l'homme et les libertés fondamentales ci-après énoncées ont existé et continueront d'exister pour tout individu au Canada quels que soient sa race, son origine nationale, sa couleur, sa religion ou son sexe ”.
« Ils “ ont existé et continueront à exister ” – avec cette phrase simple le Parlement reconnaissait que nous sommes les héritiers d'une tradition fondée sur la liberté, et les intendants d'un précieux legs qui a mis des siècles à se bâtir. Il reconnaissait que ce legs n'était pas une faveur émanant d'une loi du gouvernement, mais plutôt un droit acquis à la naissance.
« Une vérité fondamentale se dégage de la Déclaration canadienne des droits : les droits de la personne doivent, par définition, être universels. Il ne peut y avoir aucune exception
« L'épreuve d'un pays libre est de savoir s'il reconnaît cette vérité. S'il a une conscience. Si les citoyens ne sont pas catégorisés selon leurs pouvoirs ou les préjugés dont ils font l'objet, mais plutôt reconnus comme étant tous des êtres humains. Et où les manquements en ce sens finissent par être mis au jour.
« Et il en va ainsi pour le Canada.
« Notre histoire comprend des chapitres plus sombres, mais ils ont été reconnus comme tels précisément parce qu'ils allaient à l'encontre de nos plus profondes croyances.
« Au cours de notre histoire, la conscience du Canada a montré la voie non seulement dans les moments difficiles; elle a fait de notre pays un phare, une force du bien dans un monde agité. Un pays qui s'est battu pour la liberté, et ce non pour le pouvoir ou autres conquêtes, mais parce que sa loyauté et ses convictions étaient profondes.
« La conscience du Canada s'est forgée dans une foi profonde dans les droits de la personne et dans cette tradition vivante de liberté. Cette conscience a fait du Canada un bon pays. Et elle nous pousse à toujours vouloir être un meilleur pays. Elle fait de nous un peuple d'espoir.
« Aujourd'hui nous célébrons une vision d'espoir qui s'est traduite par l'établissement du premier musée national canadien en dehors de la région de la capitale nationale. Cette vision, née dans l'esprit du regretté Israel Asper, et concrétisée par sa fille, Gail, et la famille Asper, a reçu l'appui de Canadiennes et de Canadiens partout au pays.
« Le Musée canadien des droits de la personne témoigne du pouvoir de l'initiative individuelle au service du bien commun.
« La pierre angulaire qui sera bientôt dévoilée contient une pierre de Runnymede, là où la Magna Carta a été signée. Elle rappellera à tous les visiteurs que le Canada a hérité d'une tradition de liberté, confirmée dans la loi, par le pouvoir de la Couronne, qui date de près de 800 ans.
« Et cette pierre angulaire sera dévoilée par notre monarque, qui incarne les traditions et les lois sur lesquelles repose notre liberté.
« J'invite maintenant Votre Majesté à dévoiler la pierre angulaire du Musée canadien des droits de la personne, qui est dédiée au plus noble objectif possible. »