Le 1 décembre 2010 - Ottawa, Ontario
Les Canadiens qui achètent une maison respectant les dispositions du Code national du bâtiment de 2010 courront moins de risques d'être exposés au radon grâce à de nouvelles mesures à cet égard.
Le radon est un gaz radioactif invisible, inodore et insipide. Sa concentration varie dans la plupart des habitations du pays. Il dérive de la désintégration de l'uranium, minerai radioactif qui existe naturellement dans le sol, le roc et l'eau souterraine. Quand le radon est libéré du sol et s'accumule dans les lieux clos (un sous-sol, par exemple), il arrive qu'il atteigne une concentration nocive pour la santé.
Le radon est la deuxième cause du cancer du poumon, après la cigarette. En 2006, on estime que 1 900 personnes au Canada sont mortes d'un tel cancer après avoir été exposées au radon.
Santé Canada
En 2007, Santé Canada a émis de nouvelles lignes directrices concernant l'exposition au radon dans l'air intérieur. Auparavant, le seuil de tolérance était de 800 becquerels par mètre cube (Bq/m³). Désormais, ce seuil a été fixé à un maximum de 200 Bq/m³, conformément aux recommandations de l'Environmental Protection Agency des États-Unis et de la majorité des autres nations.
L'édition 2005 du Code national du bâtiment intégrait déjà des mesures de protection élémentaires contre le radon et d'autres gaz émanant du sol qui s'infiltrent dans les bâtiments, notamment la pose de membranes. Bien que ces précautions demeurent largement les mêmes, dorénavant, leur application s'étendra à toutes les maisons neuves.
Un système d'extraction du radon
L'innovation, dans le Code de 2010, est qu'il reflète les nouvelles lignes directrices de Santé Canada et renferme d'autres mesures d'atténuation. Ainsi, les ingénieurs et les architectes devront désormais tenir compte des mesures de protection contre le radon lorsqu'ils conçoivent des immeubles de grande taille.
« Quand on trouve du radon dans une habitation, il est souvent trop tard et installer un système pour l'éliminer coûte trop cher », explique Frank Lohmann, conseiller technique au Centre canadien des codes du CNRC.
Le hasard veut que M. Lohmann ait justement découvert une concentration excessive de ce gaz dans sa maison d'une trentaine d'années, à Chelsea, au Québec, région réputée pour l'abondance du radon. De par sa profession, il savait exactement ce qu'il devait faire. Il a donc installé un système de dépressurisation sous le plancher afin d'extraire le radon présent sous la dalle de béton de la fondation.
La concentration de radon varie considérablement d'une habitation à l'autre et dépend d'un éventail de facteurs comme la géologie locale et la conception du bâtiment. Dans deux maisons côte à côte, on pourrait découvrir une concentration inacceptable de gaz dans le sous-sol de la première, mais pas dans la seconde. Ce n'est que lorsque l'habitation est terminée et occupée qu'on peut déterminer si l'exposition au radon posera ou non une difficulté.
« Le Code de 2010 règle le problème en obligeant le constructeur à mettre en place les canalisations nécessaires à l'installation ultérieure d'un système d'extraction. Si le radon ne cause aucun mal, il n'y a rien de plus à faire, poursuit M. Lohmann. Mais si les propriétaires découvrent un jour que trop de gaz s'y est accumulé, la structure aura été conçue pour accueillir aisément un système qui y remédiera. »
La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) offre un guide expliquant comment mesurer la concentration de radon et installer un système pour l'atténuer.
Le Code national du bâtiment de 2010 est l'un des trois codes modèles nationaux récemment publiés par le CNRC. Les deux autres sont le Code national de prévention des incendies et le Code national de la plomberie. Ces codes ont été réalisés au terme de vastes consultations et font l'objet d'un consensus de tous les secteurs de l'industrie du bâtiment – organismes de réglementation, architectes, constructeurs, fournisseurs, scientifiques et grand public.
Ainsi que leur nom l'indique, les codes modèles nationaux publiés par le CNRC ne sont que des modèles, les provinces et les territoires ayant juridiction sur leur secteur de la construction. Des provinces et certains territoires les adoptent sans modification, alors que d'autres les adaptent en fonction des besoins régionaux avant d'en publier une version bien à eux.
Le CNRC ne fait pas que jouer un rôle crucial dans la prestation des codes modèles nationaux de la construction du Canada, il poursuit aussi des recherches afin de rendre les habitations plus sécuritaires. Ainsi, plusieurs de ses instituts se sont regroupés afin de créer une nouvelle technologie qui servira à détecter les principaux polluants de l'air intérieur, dont le radon. L'Institut de recherche en construction du CNRC est chargé de la spécification, des essais et de la validation des capteurs employés pour réguler l'aération dans les bâtiments.