No 2011/5 - Genève, Suisse - Le 28 février 2011
Sous réserve de modifications
Il n'y a plus de place en ce monde et à notre époque pour des dictateurs mégalomanes et sanguinaires.
Chers collègues, ensemble nous pouvons aider le people libyen a effacer la tache sanglante qui souille son histoire.
Au cours des derniers jours, la communauté internationale a été témoin d'images épouvantables en provenance de la Libye, celles du régime Kadhafi s'attaquant brutalement à son propre peuple.
Les déclarations de Mouammar Kadhafi et des membres de sa famille sont encore plus préoccupantes, qui ont affirmé être prêts à verser plus de sang encore pour conserver leur mainmise sur le pouvoir.
Cette violence doit cesser. Comme le premier ministre [Stephen] Harper l'a déclaré, « la communauté internationasle doit envoyer un message très clair : massacrer des citoyens innocents, ses propres citoyens, constitue une grave violation des droits de la personne et appelle des conséquences sérieuses. »
La communauté internationale a le mérite d'avoir agi rapidement et de façon énergique.
Le 26 février, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 1970 [2011] sur la situation en Libye.
Le Canada salue cette résolution historique et en soutient fermement les principales dispositions.
Le Canada sera parmi les premiers pays à mettre en œuvre les mesures exécutoires de la résolution du Conseil.
Le gouvernement canadien s'emploie à mettre en œuvre rapidement la résolution, notamment le gel des avoirs des membres du régime Kadhafi et leur interdiction de séjour au Canada.
De plus, le gouvernement du Canada compte aller au-delà de ce que prévoit la résolution du Conseil de sécurité.
En plus d'imposer le gel des avoirs, le Canada interdira toute transaction financière avec le gouvernement libyen, ses institutions et ses agences, ainsi qu'avec la Banque centrale de Libye.
Le Canada a été parmi les premiers à demander que le procureur de la Cour pénale internationale se penche sur la situation en Libye pour faire en sorte que les auteurs des atrocités soient tenus responsables de leurs actes. Nous nous réjouissons des mesures prises par le Conseil de sécurité à ce sujet.
Le gouvernement du Canada exige que le régime libyen se conforme sans délai à tous les aspects de cette résolution et qu'il respecte ses obligations en matière de droits ainsi que la volonté de son peuple.
Nous demandons à tous les États de se joindre à nous pour apporter leur entière collaboration à la Cour.
Les mesures du Conseil de sécurité sont les bienvenues, mais elles ne doivent pas nous faire oublier l'importante décision prise par le Conseil des droits de l'homme la semaine dernière.
Je tiens à féliciter les membres du Conseil, en particulier le Mexique, pour avoir adopté à l'unanimité une résolution inédite sur la situation en Libye.
Le Canada, qui a coparrainé cette résolution, appuie fermement la décision du Conseil d'établir une commission internationale d'enquête sur les violations des droits de la personne et d'identifier les responsables de ces crimes. Je prie instamment la haute-commissaire [aux droits de l'homme, Navanethem Pillay] d'agir rapidement afin de mettre sur pied la commission.
Malgré les appels sans équivoque de la communauté internationale, le gouvernement libyen continue à faire preuve d'un flagrant mépris à l'égard des droits de ses citoyens. Le Canada somme le gouvernement libyen de mettre fin à la violente répression contre sa population.
Le peuple libyen s'est soulevé afin d'exiger la liberté, la démocratie, le respect des droits de la personne et la primauté du droit, valeurs que partagent les Canadiens.
Le peuple libyen veut lui aussi respirer à pleins poumons le vent de liberté qui souffle sur cette région du monde.
Nous exhortons également le gouvernement libyen à faciliter le départ des étrangers coincés au pays par cette tragédie. Ce sont d'innocentes victimes de la situation.
Le Canada a aidé plusieurs ressortissants de pays tiers à quitter la Libye et continuera de coopérer avec d'autres alliés pour assurer la sécurité des Canadiens et d'autres étrangers touchés par ces événements.
Le Canada s'inquiète également de la catastrophe humanitaire imminente en Libye. Le Conseil de sécurité a demandé au gouvernement libyen d'autoriser le passage sécuritaire d'aide humanitaire et médicale. Le Canada demeure prêt à fournir de l'aide au peuple libyen.
À l'exemple de la communauté internationale qui a soutenu les courageux manifestants en Égypte et en Tunisie, nous devons soutenir la population libyenne en ces moments difficiles. Une vague de changements déferle sur le Moyen-Orient.
Les dirigeants qui tentent de résister à cette vague ou de la réprimer, comme Kadhafi ou les dirigeants de l'Iran, seront, au bout du compte, emportés par elle. Le Canada soutient d'ailleurs l'intervention d'un rapporteur spécial pour tenir l'Iran responsable de ses agissements.
Le Canada exhorte vigoureusement les gouvernements qui doivent relever ces défis à s'ouvrir au dialogue avec leurs citoyens et à respecter leurs droits et leurs libertés fondamentales.
La communauté internationale ne peut permettre que la répression en cours actuellement en Iran, en Libye et ailleurs dans le monde se poursuivre plus longtemps.
De toute évidence, la seule option pour Kadhafi est de mettre fin immédiatement au bain de sang et de quitter le pouvoir sans délai.
Je vous remercie.