17 mars 2011
Brampton (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a fait la déclaration suivante aujourd'hui à l'occasion du repas organisé conjointement par les chambres de commerce de Brampton et de Mississauga :
«Président Rhodes, président Leiba, honorable Bill Davis, invités à la table principale, collègues du Parlement du Canada, représentants des gouvernements provinciaux et des municipalités, Mesdames et Messieurs.
« Tout d'abord, je tiens à remercier les chambres de commerce de Brampton et de Mississauga de m'avoir accueilli aujourd'hui. Ces rencontres commencent à devenir une habitude ou peut-être devrions-nous dire, une bonne pratique.
« De toutes façons, il y a presque exactement deux ans, j'étais avec vous – je pense même que c'était dans cette même salle – et j'avais exposé les détails de la première étape du Plan d'action économique.
« Aujourd'hui, je suis ici pour vous parler de la prochaine étape du Plan d'action économique du Canada, qui sera évidemment décrit de manière assez détaillée dans le budget fédéral de la semaine prochaine.
« Je tiens cependant à vous dire maintenant, de manière plus générale, comment j'envisage l'avenir, au fur et à mesure que nous nous rétablissons de la crise économique mondiale d'il y a deux ans.
« Surtout, je veux vous dire que j'ai bon espoir. Si nous maintenons le cap avec des politiques éprouvées, bien conçues, qui fonctionnent déjà, nous pouvons tous être assez optimistes.
« Je veux vous rappeler ce que je vous ai dit, ici, en plein cœur de la crise. J'ai dit que le Canada était le dernier pays avancé à être entré dans cette récession, que nous allions faire le nécessaire pour en atténuer les effets, et que nous allions en sortir plus rapidement que les autres pays et plus forts que jamais.
« Mesdames et messieurs, c'est exactement ce que le Canada est en train d'accomplir et nous pouvons tous en être très fiers !
« Pourquoi ?
« Premièrement, la récession a commencé à un moment où nous avions déjà pris certaines bonnes décisions qui ont été avantageuses. Notre secteur financier était solide. Nos banques et nos institutions financières étaient à la fois solides et bien réglementées.
« Par conséquent, aucune des grandes institutions financières du Canada n'a fait faillite et il n'a donc pas été nécessaire de se porter à leur secours avec des fonds publics, pendant une crise engendrée par l'instabilité du secteur financier et à un moment où des cas d'insolvabilité surgissaient presque partout ailleurs.
« En fait, je me souviens qu'il y a deux ans, vous aviez applaudi quand j'ai parlé des banques du Canada, ce qui à ma connaissance n'était jamais arrivé avant et ce qui probablement n'arrivera plus jamais, c'était le bon vieux temps.
« Deuxièmement, nous avions utilisé nos surplus budgétaires accumulés pendant plusieurs années aux bons endroits : pour rembourser la dette et pour réduire les impôts.
« C'est pourquoi le fardeau de la dette était nettement plus léger que celui des autres pays du G-7 et déjà, le fardeau fiscal fédéral au Canada n'avait jamais été si bas depuis 50 ans – depuis que le Premier ministre Diefenbaker était au pouvoir.
« Vous n'avez pas oublié que nous avons réduit la taxe de vente fédérale, qui était de 7 p. 100, à 5 p. 100.
« Nous avons réduit l'impôt des particuliers à de nombreux égards, ce qui a permis d'alléger de 3000 $ le fardeau fiscal de la famille canadienne typique, par rapport à ce qu'il était au moment où nous sommes arrivés au pouvoir.
« Évidemment, en 2007, nous avons légiféré pour implanter une stratégie quinquennale de réduction de l'impôt des sociétés, afin d'offrir une prévisibilité favorable à la planification des investissements et à la création d'emplois.
« J'en parlerai davantage plus tard.
« Finalement, face à la récession, comme tous les membres de l'économie mondiale, nous avons aussi mis en œuvre un programme de dépenses de stimulation pour contrer la crise financière et l'effondrement mondial de la confiance des entreprises et des consommateurs qui menaçait.
« Mais nous l'avons fait correctement. Nous n'avons pas simplement envoyé des chèques par la poste ou inventé de nouveaux programmes ou procédures bureaucratiques.
« Avec nos partenaires provinciaux et municipaux, nous avons coupé dans les formalités administratives et accéléré des milliers d'investissements importants déjà prévus d'un bout à l'autre du Canada : dans les routes, les ponts, le transport en commun, les ports, petits et grands, les aéroports, les collèges et les universités, et les autres éléments de l'infrastructure qui soutiendront la croissance économique pour les générations à venir.
« Vous savez, les pilotes disent couramment qu'il faut un plan de vol, puis un vol qui suit le plan.
« C'est ce que nous avons fait.
« Nous avions un plan : un bon plan, bien conçu et nous l'avons exécuté rapidement. Nous ne nous en sommes pas écartés et nous n'avons pas hésité.
« En grande partie, nous avons simplement pris les plans d'infrastructure existants et nous les avons suivis.
« Nous avons aussi offert une aide plus ciblée pour aider les industries les plus touchées et certains Canadiens qui avaient perdu leur emploi à long terme sans que ce soit de leur faute.
« Nous n'avons pas, comme certains voulaient que nous le fassions, utilisé la récession comme raison pour procéder à une expansion massive, permanente, des prestations d'assurance-emploi.
« Mais nous avons agi, par exemple, en affectant des fonds supplémentaires temporaires au travail partagé, pour éviter aux entreprises et aux travailleurs les dépenses et les difficultés liées aux mises à pied, puis au recrutement de nouveau personnel et au perfectionnement professionnel.
« Aujourd'hui, j'ai visité l'usine d'un participant à ce programme, un programme qui a permis de protéger plus d'un quart de millions d'emplois.
« Évidemment, nous avons aussi maintenu les impôts à un niveau bas.
« En fait, nous les avons encore réduits davantage, en partie en allégeant l'impôt des particuliers et en partie au moyen de mesures d'incitation à l'investissement des entreprises.
« Nous n'avons certainement pas fait nôtre l'idée de l'opposition, qui consistait si vous vous rappelez bien à imposer une nouvelle taxe nationale sur le carbone.
« D'après notre théorie, lorsque quelqu'un est en train de se noyer, ce n'est pas en lui enfonçant la tête sous l'eau qu'on va réussir à l'aider.
« Nous avons donc dressé un plan pour réussir et nous avons mis ce plan à exécution.
« Permettez-moi de prendre une minute pour examiner certains résultats.
« Premièrement, voici les chiffres de l'emploi avant et après la récession. Avant la récession. Pendant la récession. Le début de la première étape du PAE. Regardez l'effet qui se produit.
« Près d'un demi-million d'emplois ont été créés par l'économie canadienne.
« Comme vous le voyez, le nombre de Canadiens qui travaillent est maintenant plus élevé qu'avant, ce qui est très rare même pour les pays développés.
« Même chose, pour d'autres pays. Et vous pouvez voir à quel point les chiffres de l'emploi sont plus élevés chez nous.
« Pourquoi ?
« Voici pourquoi. Notre croissance est plus forte. Nous avons connu six trimestres consécutifs de croissance.
« Ces chiffres sont actualisés jusqu'au quatrième trimestre. Comme ils le montrent clairement, le Canada a été le fer de lance de la reprise parmi les pays du G-7, affichant clairement une croissance nette positive.
« Une croissance plus forte signifie donc plus d'emplois. Mais comment stimule-t-on la croissance?
« Et bien, à long terme, il faut compter sur les investissements privés, et ceux-ci surviennent le plus souvent lorsque les taxes et les impôts sont maintenus à un niveau bas pour les créateurs d'emplois.
« S'il est plus facile d'investir pour les entrepreneurs, ils vont fonder davantage d'entreprises et créeront davantage d'emplois.
« Comme vous le voyez, le Canada a le taux d'imposition le plus bas sur les nouveaux investissements des entreprises au sein des pays du G7 – et cela constitue un changement de taille.
« Par conséquent, un faible taux d'imposition des entreprises se traduit par une croissance plus forte, par plus d'emplois et, enfin – prochaine diapo s'il vous plaît – par une plus grande richesse.
« Il s'agit d'une croissance du revenu réel disponible au cours des dernières années. Comme vous le voyez, le Canada est en tête.
« J'aimerais également parler du coût de cette première phase du Plan d'action économique du Canada. Je le répète, nous avons emprunté et dépensé durant la crise financière mondiale. C'est effectivement ce qu'il faut faire dans ces circonstances selon les théories économiques et les modèles historiques.
« Mais pour le Canada, cela a été très abordable.
« Telle était notre position concernant le déficit et les mesures d'allègement de la dette par rapport à nos concurrents, avant la récession, en 2009, au cœur de la crise, et elle le restera pour l'avenir avec les plans financiers qui sont en place.
« Donc, Mesdames et Messieurs, tout cela – et plus encore – explique pourquoi le Canada suscite tant d'optimisme; pourquoi le Canada fait maintenant figure de modèle pour les autres pays; pourquoi les initiatives du Canada sont saluées comme des pratiques exemplaires lors de forums internationaux comme le G-8 et le G-20, par le FMI et par des publications qui font autorité à l'échelle mondiale.
« Vous savez, je souhaiterais parfois que le Wall Street Journal ait droit de vote.
« Telle était donc la première phase du Plan d'action économique, à savoir stimuler l'économie, soutenir les industries, aider les travailleurs frappés de plein fouet par la récession, tout en maintenant notre position financière stable à long terme. Et cela m'amène vraiment à parler de la suite des choses.
« Parce que, à long terme, le défi consiste à établir des politiques qui soutiendront la croissance dans le secteur privé qui commence à se faire sentir.
« Les éléments fondamentaux de cette prochaine phase, à notre avis, sont : préserver l'avantage financier du Canada; investir dans l'innovation, la formation et l'éducation; soutenir les familles et les communautés; maintenir les taxes et les impôts à un niveau bas pour créer des emplois.
« Bien entendu, le premier, préserver l'avantage financier du Canada, signifie retourner graduellement, mais sûrement à l'équilibre budgétaire. et ce, en limitant les dépenses.
« Je vous assure toutefois que cela ne se fera pas au détriment des retraités. En outre, les provinces n'ont pas à craindre une réduction des paiements de transfert pour la santé et l'éducation.
« Quoi qu'il en soit, ce contrôle des dépenses est réel. Pour l'année à venir, les dépenses consacrées aux programmes seront essentiellement les mêmes.
« Vous constaterez aussi que le déficit a déjà diminué d'un quart, de plus de 25 p. 100 au cours de la dernière année.
« Et il diminuera encore d'un quart dans l'année à venir.
« Si cela ne signifie pas qu'il y aura des coupes importantes, cela ne signifie certainement pas qu'il y aura toutes sortes de nouvelles dépenses gouvernementales importantes et non abordables.
« Par exemple, le présent gouvernement ne prévoit aucun, mais absolument aucun, nouveau programme national de construction d'amphithéâtres et de stades de sport professionnel au pays.
« Deuxièmement, nous investirons dans l'innovation, la formation et l'éducation ainsi que dans le fonds national de savoir pour alimenter les sources de la future croissance mondiale et pour veiller à ce que les Canadiens soient en mesure d'occuper les postes bien rémunérés dans l'économie de demain.
« Au niveau avancé, nous continuerons d'investir dans la recherche. Grâce à des programmes comme les bourses d'études Vanier et Banting et à la création des chaires d'excellence en recherche du Canada nous avons réussi à renverser la tendance de l'exode des cerveaux.
« Nos programmes sont beaucoup plus axés qu'avant sur les résultats et la commercialisation, et nous voyons les chercheurs s'adapter en conséquence.
« Nous allons, en passant, continuer aussi à concentrer nos investissements dans les secteurs prioritaires, comme l'énergie propre et le changement climatique.
« Nous avons également adopté de nombreuses mesures pour aider les étudiants et leurs parents à assumer le coût de l'enseignement supérieur.
« De plus, nous nous sommes concentrés sur les groupes qui ont des besoins spéciaux. Par exemple, nous avons mis en œuvre l'Initiative ciblée pour les travailleurs âgés, qui aident les travailleurs âgés et de longue date qui ont tout à coup perdu leur emploi à se perfectionner et à trouver un bon emploi. Ils peuvent ainsi retrouver une dignité et un revenu.
« Nous allons aussi continuer à veiller à ce que les titres de compétences des immigrants soient correctement reconnus et utilisés.
« L'une des grandes forces de notre pays, c'est d'avoir le plus important programme d'immigration dans le monde, toute proportion gardée, et c'est particulièrement vrai en cette époque où se profilent d'importants défis démographiques dans les pays avancés.
« Mais le Canada, et les immigrants eux-mêmes, doivent donner leur plein potentiel.
« Combien de fois avez-vous pris un taxi pour vous rendre compte que vous étiez conduit par un comptable, un médecin, un homme diplômé ?
« C'est un gaspillage de talent. Nous devons utiliser ces compétences. Nous n'acceptons pas des immigrants dans le but d'avoir les chauffeurs de taxi les plus instruits sur la planète.
« Nous continuerons donc à nous pencher sur cette question.
« Le troisième thème important de la prochaine étape du Plan d'action économique du Canada est le soutien des familles et des communautés canadiennes.
« La famille est la pierre angulaire de la société canadienne, et l'appuyer n'est pas simplement une option pour le gouvernement, c'est un devoir.
« Tout comme nous devons aider les membres de notre grande famille qui ont réellement besoin de notre aide.
« Nous avons particulièrement mis l'accent sur les besoins des personnes handicapées et des aidants naturels au moyen d'importantes initiatives comme le régime enregistré d'épargne-invalidité.
« Comme vous le savez, nous avons mis en place une vaste gamme de mesures pour aider les aînés, comme des crédits plus élevés en raison de l'âge et sur le revenu, plus de souplesse pour la conversion des FERR, le fractionnement du revenu pour nos pensionnés et le compte d'épargne libre d'impôt, une mesure qui profite aussi bien aux aînés qu'à la population active.
« Dans notre tout premier budget, nous avons aidé les parents qui travaillent dur avec la Prestation universelle pour la garde d'enfants, qui verse 100 $ par mois aux parents d'enfants d'âge préscolaire.
« Et, je dois le mentionner, nous avons aussi aidé les parents en leur accordant un crédit d'impôt pour encourager la pratique sportive chez les enfants. Et je vous annonce clairement aujourd'hui qu'au cours de la prochaine étape du Plan d'action économique du Canada, on offrira, tel qu'il a été promis, un crédit d'impôt similaire pour la participation des enfants à des activités artistiques.
« De toute façon, je n'en dis pas plus sur la question, vous l'apprendrez dans le budget.
« Enfin, mesdames et messieurs, nous continuerons à nous concentrer sur la réduction des impôts pour créer des emplois et de la croissance.
« À cet égard, naturellement, nous partageons en partie le point de vue de l'opposition. En fait, l'opposition devrait soutenir une bonne partie de ce que contient le prochain budget.
« Par contre, nous disons clairement depuis un certain temps que le budget ne contiendra pas de mesures fiscales conduisant à la perte d'emplois. Nous n'imposerons pas la taxe sur le carbone, que l'opposition, étonnamment, vient de dépoussiérer et de ramener dans les discussions.
« Nous n'allons pas créer, comme l'opposition le souhaite, une année de travail de 45 jours dans le cadre de l'assurance-emploi et augmenter les primes de 35 p. 100 pour la payer.
« Il n'y aura pas d'augmentation de la TPS; c'est hors de question.
« Et nous n'allons pas proposer de projet de loi qui aurait pour effet de modifier le taux d'imposition des sociétés et certainement pas pour augmenter les impôts.
« Vous savez, le plan que nous avons mis en œuvre en 2007 pour réduire le taux d'imposition des sociétés a même recueilli l'appui des gouvernements provinciaux libéraux et du NPD, lesquels ont réduit les leurs pour égaler nos réductions.
« Franchement, je ne sais pas quel autre pays du monde envisagerait même de faire augmenter le taux d'imposition des entreprises, juste au début d'une reprise.
« C'est assez fondamental, mesdames et messieurs. Ou bien vous savez qu'il faut un plan prévoyant un faible taux d'imposition pour engendrer la croissance économique et pour créer des emplois. Ou bien vous prévoyez des impôts élevés.
« Nous le comprenons. Le monde, soit dit en passant, pense que le Canada le comprend. Et nous avons l'intention de poursuivre nos efforts pour maintenir les impôts à un niveau bas.
« Mesdames et messieurs, comme vous le savez, j'espère qu'au Parlement, tout le monde s'entendra pour ne pas déclencher inutilement des élections, et qu'on pensera plutôt à la fragilité de la reprise économique, qu'on se concentrera sur l'économie, qu'on lira le budget et qu'on adoptera les solides mesures qui permettront de passer à la prochaine étape du Plan d'action économique.
« Je vous ai dit, il y a deux ans, en pleine crise mondiale, que si nous restions concentrés que si nous maintenions le cap, nous allions sortir de la récession mondiale pour nous tailler dans le monde une place plus solide que jamais auparavant.
« J'étais confiant à l'époque et je le suis encore davantage aujourd'hui.
« Le Canada a fait face à une crise : pas à une crise que le Canada a créée, pas à une crise que nous sommes les seuls à pouvoir surmonter, mais à une crise face à laquelle nous nous sommes tenus debout et dont nous avons saisi les retombées.
« Vous savez, quand nous voyons les tragédies qui surviennent ailleurs dans le monde – qui je le sais nous inquiètent tous – nous ne pouvons nous empêcher de penser que nous avons vraiment de la chance d'être dans un pays comme le Canada.
« Les Canadiens sont des gens solides, capables de faire preuve de compassion et de s'adapter.
« Nous avons connu des moments difficiles auparavant et nous en connaîtrons d'autres.
« Mais ni la récession, ni la guerre, ni les catastrophes naturelles n'ont jamais sérieusement nui à la destinée de notre grand pays.
« Et les meilleurs jours du Canada sont encore à venir.
« Je vous remercie de m'avoir accueilli encore une fois et je vous offre mes meilleurs vœux de réussite pour l'avenir.
« Merci. »