Le 1 mars 2011 – Ottawa, Ontario
Un nouveau projet de recherche canadien pourrait contribuer à réduire le nombre de naissances avant terme, c’est-à-dire de bébés prématurés.
Malgré les améliorations constantes apportées aux soins prodigués à la mère et au nourrisson, le nombre de naissances avant terme augmente dans le monde. Au Canada, environ 7 à 8 % des accouchements surviennent prématurément. Cependant, ces accouchements comptent parmi eux plus de 75 % des enfants mort-nés et de 50 % de ceux qui devront composer toute leur vie avec des problèmes de santé, telle la paralysie cérébrale.
De nombreux scientifiques croient que la vaginose bactérienne – une affection qu’on confond souvent avec l’infection par les levures – pourrait jouer un rôle important dans le déclenchement prématuré de l’accouchement. Néanmoins, les méthodes actuelles servant à diagnostiquer cette condition ne tiennent pas compte de la complexité de la microflore vaginale.
Dans l’espoir d’améliorer le diagnostic de la vaginose et d’autres infections, une équipe de chercheurs pilotée par Deborah Money, de l’Université de la Colombie-Britannique, a l’intention de caractériser le « microbiome vaginal », c’est-à-dire la population microbienne qui investit le système reproducteur de la femme.
« Chez la femme bien portante en âge de procréer, le microbiome vaginal comprend des centaines de microorganismes », affirme Sean Hemmingsen, chercheur du CRNC à Saskatoon et membre de l’équipe de Mme Money. Puisque la santé des femmes dépend de la nature et du nombre de ces microorganismes, l’équipe déterminera en quoi diffèrent un équilibre sain et le déséquilibre dans ce domaine.
Une microflore vaginale bien équilibrée protègera la femme contre diverses infections telles celles causées par l’herpès et le VIH, tandis qu’un déséquilibre accroîtra les risques d’infection dans l’utérus et les trompes de Fallope, avec pour conséquence potentielle le cancer.
« Le microbiome vaginal est une question de grande importance pour la santé humaine et la reproduction, poursuit M.Hemmingsen. Nous utilisons des méthodes récemment mises au point au CNRC et ailleurs afin d’étudier l’ensemble des microorganismes vaginaux, au lieu de nous limiter à quelques-uns.» L’objectif ultime consiste à créer de nouveaux outils de diagnostic et de nouvelles méthodes d’intervention afin de rendre la santé aux femmes et de leur permettre de la garder.
Ce projet s’inscrit dans l’Initiative canadienne du microbiome, laquelle fait partie de l’effort de recherche mondial déployé pour séquencer la totalité du génome des microorganismes qui habitent le corps humain.