No 2011/17 - Ottawa (Ontario) - Le 9 mai 2011
Sous réserve de modifications
Je tiens d’abord — au début de cette dernière intervention — à vous remercier tous du fond du cœur pour le dévouement, la loyauté et le professionnalisme avec lesquels vous m’avez soutenu si généreusement dans l’exercice de mes fonctions, ces deux dernières années et demie.
Grâce à votre aide, j’ai pu me concentrer sur les priorités de la politique étrangère de notre gouvernement : les États-Unis, les Amériques, les possibilités économiques mondiales et l’Afghanistan.
Nous avons aussi prêté une attention particulière à l’Arctique.
Notre objectif fondamental, bien entendu, visait à protéger et à faire progresser la prospérité et la sécurité du Canada et des Canadiens, et dans le même élan, à promouvoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit dans le monde entier.
C’était là une mission parfois difficile, voire dangereuse, mais aussi noble et importante.
J’ai été honoré d’apporter ma contribution à ces efforts.
En l’espace de 30 mois environ, j’ai effectué 38 voyages officiels et visité 44 pays, sans compter les multiples visites dans un même pays, tout particulièrement les États-Unis, où je me suis rendu à 19 reprises.
Pendant l’exercice de mon mandat, j’ai beaucoup appris.
Notamment, que les séances de breffage sont rarement brèves, et que les « renseignements secrets » sont souvent ni l’un ni l’autre.
De même, je n’avais jamais imaginé que je serais si souvent « profondément préoccupé ».
Je sais désormais très bien que les objets placés dans les porte-bagages peuvent bouger en cours de vol. Il n’est donc plus nécessaire de me le rappeler.
Je n’ai aucun doute que mon successeur voudra garder le cap sur ces priorités, et que vous l’appuierez avec la même loyauté, le même sens du devoir, le même patriotisme que vous m’avez toujours témoignés.
Comme vous le savez, l’une de nos grandes préoccupations a toujours été d’appuyer la démocratie partout dans le monde.
Notre position là-dessus demeure claire et ferme.
Nous pouvons, dans la mesure de nos moyens et avec l’aide de nos alliés, vaincre des dictatures et appuyer la marche des peuples opprimés vers la liberté.
D’énormes progrès ont été accomplis récemment, que nous devons continuer de soutenir et d’encourager.
La force de l’instinct démocratique peut parfois nous surprendre, comme ce fut par exemple le cas en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie… et je serais presque tenté d’ajouter dans le Pontiac.
Mais je reste convaincu que personne n’a jamais pensé un seul instant à me qualifier de « Kadhafi de Maniwaki ».
Nous ne pouvons pas exporter la démocratie ou l’égalité comme nous exportons du blé ou du bois.
L’instrument le plus puissant dont nous disposons pour contribuer au progrès démocratique dans le monde demeure l’exemple que nous donnons nous-mêmes.
Et, depuis sa fondation, le Canada a fait rayonner son influence dans le monde parce que notre propre fédération est solidement ancrée dans les principes d’égalité et de justice.
Nous avons appris, comme pays et comme société, à faire la part entre la diversité naturelle des groupes et les objectifs communs de l’ensemble.
C’est ce qui fait la force et la valeur du fédéralisme canadien.
La vigueur de notre économie, notre position géographique et notre caractère bilingue et multiculturel nous confèrent aussi une place unique dans le concert des nations.
Nous sommes par exemple le seul pays du monde à faire partie à la fois du G-8, de la Francophonie et du Commonwealth, de l’APEC, des Amériques et de l’OTAN.
Notre pays n’est pas parfait.
À quelques kilomètres d’ici seulement, par exemple, dans la circonscription que j’ai représentée avec fierté durant cinq ans, on trouve des foyers de pauvreté et des pénuries d’équipements de santé honteuses.
Aucun pays n’est parfait.
Mais durant mon mandat comme ministre des Affaires étrangères, j’ai pu constater personnellement, comme la plupart d’entre vous ont pu le faire, combien on respecte et on admire le Canada partout dans le monde.
La valeur de notre citoyenneté n’est pas seulement un privilège dont nous héritons à la naissance ou lors de notre arrivée ici.
Nous ne devons jamais oublier que des dizaines de milliers de Canadiens ont donné leur vie pour défendre la liberté.
Aujourd’hui encore, en Afghanistan, nos soldats s’exposent aux plus grands dangers parce que notre pays demeure à l’avant-poste de la guerre au terrorisme depuis près de dix ans.
Je dois admettre que, au moment de partir, l’un de mes grands regrets sera de ne pas pouvoir accueillir au Canada les derniers militaires canadiens de retour d’Afghanistan, à la fin de cette année.
Pour toujours, ils resteront pour nous des héros.
Toutefois, je pars avec un grand sentiment de satisfaction et de gratitude.
Vous faites vraiment partie d’une élite au sein du gouvernement.
Je n’oublierai jamais, par exemple, ces moments remarquables où le Ministère, du premier au dernier échelon, s’est mobilisé pour faire face à des urgences humanitaires telles que le séisme en Haïti, les évacuations de l’Afrique du Nord ainsi que le séisme et le tsunami au Japon.
Vous avez toutes les raisons d’être fiers de ces réalisations.
Pour ma part, je suis fier d’y avoir été associé, y compris aux efforts que vous avez déployés tout au long de mon mandat de ministre.
Je veux vous assurer tous et toutes que j’emporte avec moi un souvenir de vous et de cette institution que je n’oublierai jamais.
Vous me permettrez de remercier également le personnel de mon cabinet qui, lui aussi, a été honoré de faire partie — brièvement — de la grande famille d’Affaires étrangères et Commerce international Canada.
Je vous remercie.