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Assemblée générale annuelle de la Chambre de commerce du Canada
Notes d'allocution
L'honorable Christian Paradis, C.P., député Ministre de l'Industrie
St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador) Le 18 septembre 2011
La version prononcée fait foi
Je vous remercie toutes et tous de votre chaleureux accueil de ce matin. Je vous remercie aussi, Perrin, de votre aimable présentation.
C'est avec grand plaisir que je fais votre connaissance aujourd'hui. C'est tout un honneur pour moi de me joindre à vous, chefs d'entreprise et dirigeants communautaires du Canada entier, à l'occasion de cette importante assemblée générale annuelle.
J'aimerais aussi prendre quelques minutes, dans la foulée du 10e anniversaire des attentats du 11 septembre, pour rappeler le dévouement et l'hospitalité légendaire dont les Terre-Neuviens ont fait preuve envers le monde ce jour-là. Les Canadiens tout particulièrement ont été fiers de vous, et ce n'est pas peu dire.
Les Canadiens ont donné au gouvernement le mandat sans équivoque de concentrer ses efforts sur ce qui compte, soit la création d'emplois et la croissance économique. J'aimerais vous parler de ces deux sujets.
Mesdames et Messieurs, les membres de la Chambre de commerce sont le moteur de l'économie canadienne. Or, cela n'est nulle part plus évident qu'ici, à Terre-Neuve-et-Labrador. On voit partout dans la province les effets positifs que la croissance économique et les emplois ont sur les collectivités. En fait, une étude de la Banque Royale publiée lundi dernier disait que Terre-Neuve-et-Labrador devrait continuer d'être le fer de lance national de la croissance économique avec les provinces des Prairies.
Il va sans dire que la Chambre de commerce du Canada est un porte-parole clé des entreprises de toutes les tailles dans notre grand pays. Elle milite avec ardeur pour le secteur privé canadien, exerce son influence pour lui et le représente bien. Ce n'est pas une coïncidence si bon nombre de ses priorités stratégiques s'alignent étroitement sur celles de notre gouvernement. J'aborderai certaines de ces priorités communes — notamment la politique sur l'investissement étranger, le dossier frontalier et la réduction des formalités administratives — dans un moment.
Nous entendons souvent dire que le Canada est chanceux d'être un pays extrêmement riche en ressources naturelles, mais les ressources naturelles en soi ne produisent pas nécessairement de richesse. Des pays comme la Suisse, la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour ne possèdent pas de ressources naturelles et, pourtant, ils sont devenus très riches. Les ressources naturelles ne peuvent être transformées en richesse que par les entrepreneurs.
Les entrepreneurs sont en fait les seules et véritables ressources naturelles dont un pays a besoin. Les innovateurs et les entrepreneurs sont absolument essentiels à la croissance économique. Notre gouvernement reconnaît leur importance et fait en sorte que vous ayez les outils et le soutien dont vous avez besoin pour croître, créer des emplois et maintenir la vigueur de l'économie canadienne, maintenant et pendant longtemps.
En tant que ministre de l'Industrie, j'ai pour rôle à Ottawa de militer en faveur des entreprises de tout le pays, d'en représenter les intérêts pendant cette période d'instabilité économique mondiale et d'être leur défenseur au sein du Cabinet des ministres. Je veux contribuer à créer les conditions propices à leur réussite aujourd'hui, demain et pendant de nombreuses années à venir.
Au cours des derniers mois, j'ai saisi toutes les occasions de rencontrer les chefs de l'industrie — dont certains sont présents ici aujourd'hui — afin d'en apprendre plus au sujet des défis et des possibilités d'affaires qui les attendent.
À titre d'ancien président de la Chambre de commerce de ma ville natale de Thetford Mines, je connais et je comprends bon nombre des problèmes qui se posent à vous.
Un grand nombre d'entre vous travaillent fort pour faire croître leur entreprise, mettre au point de nouveaux produits et services et trouver de nouveaux marchés. Vous êtes à l'avant-garde et vous pilotez vos entreprises pendant cette période continue d'incertitude économique mondiale.
Vous avez sans doute suivi les nouvelles de près au cours des dernières semaines. Je suis certain que vous êtes conscients de l'incertitude économique à laquelle les pays du monde entier font face.
Les États-Unis et l'Europe continuent de relever des défis considérables qui produisent des vents contraires ayant des effets ici, au Canada, que cela nous plaise ou non.
Cela signifie en fait que le moment est venu pour le gouvernement et le secteur privé de collaborer afin de profiter de la nouvelle croissance et de saisir les nouvelles occasions qui placeront notre pays parmi les chefs de file dans l'économie de demain.
En effet, c'est M. Joey Smallwood, le premier ministre de Terre-Neuve, qui a dit : « Ce qui compte, ce n'est pas là où l'on est, mais ce vers quoi on se dirige. »
Or, mes amis, je peux vous affirmer que le Canada est dans la bonne voie et que notre gouvernement prendra les mesures nécessaires pour faire en sorte que les entreprises canadiennes aillent aussi loin dans leurs efforts pour innover que les propriétaires et les employés le font.
Le Canada a déjà beaucoup accompli à cet égard. Quand la récession s'est produite, notre pays était bien placé pour l'affronter. Les affaires budgétaires de notre gouvernement étaient en ordre, nos banques étaient solides, et la demande de nos ressources est demeurée forte partout dans le monde.
Malgré tout, nous avons agi promptement. Grâce au Plan d'action économique du Canada, notre gouvernement a pris des mesures directes tôt en 2009 pour créer des emplois et protéger les Canadiens pendant la récession mondiale. Ces moyens de stimulation mis en œuvre à point nommé ont aidé à revitaliser l'économie. En aidant les entreprises et les travailleurs canadiens les plus touchés par le ralentissement à se remettre à l'œuvre, notre plan a contribué à créer des emplois et à stabiliser les collectivités frappées.
Le soutien accordé aux entreprises ne s'est pas limité aux mesures de stimulation. Depuis que nous sommes au pouvoir, nous avons réduit la taxe sur les produits et services, et nous avons offert des encouragements fiscaux aux familles pour qu'elles rénovent leur maison. Nous avons abaissé les droits de douane sur le matériel de fabrication importé et, d'ici janvier 2012, nous aurons ramené le taux d'imposition fédéral des sociétés à 15 %, soit le plus faible taux d'imposition global appliqué aux nouveaux investissements des entreprises des pays du G7 et moins de la moitié du taux en vigueur aux États-Unis.
Depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons beaucoup accompli, mais la réduction du fardeau fiscal des petites entreprises compte parmi les réalisations les plus importantes et dont nous sommes le plus fiers. Or, c'en est une dont bon nombre d'entre vous connaissent l'importance.
En plus d'avoir réduit le taux d'imposition des sociétés, nous avons éliminé la surtaxe perçue auprès de toutes les entreprises et l'impôt fédéral sur le capital. Nous avons également fait passer de 300 000 $ à 500 000 $ le seuil de revenu à partir duquel le taux d'imposition des petites entreprises ne s'applique plus.
Dans le budget de 2011, nous avons prolongé la période d'application du crédit temporaire à l'embauche pour les petites entreprises. Ce crédit sera offert à environ 525 000 employeurs dont le total des cotisations d'AE a été de 10 000 $ ou moins en 2010, ce qui réduira leurs coûts salariaux de 165 millions de dollars en 2011.
Mesdames et Messieurs, nos réalisations en ce qui concerne les impôts et le soutien aux petites entreprises sont sans égales, mais elles ne représentent qu'un aspect de notre travail. Notre gouvernement facilite aussi la tâche aux entrepreneurs canadiens qui veulent accéder au financement.
Il y a, bien sûr, la Banque de développement du Canada qui a été et demeurera un des partenaires prêteurs qui soutiennent le plus utilement les petites entreprises. Nous avons également accru le montant maximal des prêts consentis aux termes du Programme de financement des petites entreprises du Canada, afin de stimuler les plus petites d'entre elles, et nous avons modifié le code des impôts pour permettre aux entreprises d'attirer des capitaux de risque plus facilement. Au profit des jeunes entrepreneurs, nous avons renforcé le budget de la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs pour mettre à leur disposition des mentors, des ressources et des fonds de démarrage.
Nous poursuivons en outre nos efforts pour moderniser le processus d'examen de la Loi sur Investissement Canada et continuer d'encourager l'investissement, tout en garantissant des retombées nettes aux Canadiens.
Comme vous pouvez le voir, je suis très fier de ce que notre gouvernement fait pour promouvoir la croissance dans tous les secteurs de l'économie.
Nos réalisations sont nombreuses, mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour améliorer la productivité du Canada, pour accroître sa compétitivité économique et pour rehausser le niveau de vie de la population.
Plus tôt cette année, les Canadiens ont réélu notre gouvernement avec le mandat clair d'accorder la priorité à la création d'emplois et à la croissance économique. Nous prenons cette tâche au sérieux.
Maintenant que nous passons à la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada, nous continuons de surveiller la situation mondiale de près. Nous avons dit clairement que nous interviendrons au besoin, mais que, pour le moment, la meilleure stratégie pour le Canada consiste à garder le cap.
Comme vous le savez, la croissance a marqué une pause au cours du dernier trimestre, surtout à cause de facteurs extérieurs. Par exemple, le tremblement de terre et le tsunami au Japon ont eu un effet considérable sur les chaînes d'approvisionnement de notre secteur manufacturier.
Parallèlement, les données économiques nationales du Canada demeurent essentiellement positives. Le Canada est le seul pays du G7 à avoir récupéré la production et les emplois perdus avant la récession. En outre, Statistique Canada vient de faire savoir cette semaine que les ventes du secteur manufacturier avaient crû de 2,7 % en juillet pour atteindre 46,7 milliards de dollars.
Le Fonds monétaire international et l'Organisation de coopération et de développement économiques prédisent tous deux que l'économie canadienne comptera parmi les plus fortes du G7 cette année et l'an prochain. Récemment, l'agence de notation Moody's a renouvelé la cote de crédit AAA du Canada en citant « la capacité d'adaptation de son économie, la très grande force du gouvernement en matière budgétaire et une faible susceptibilité au risque circonstanciel ».
Dans la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada, nous mettrons moins l'accent sur les mesures de stimulation et nous nous concentrerons davantage sur une gestion judicieuse et prudente qui aura pour objet de réduire les dépenses gouvernementales.
Nous devons compter sur vous et vos collègues — chefs d'entreprise des collectivités du Canada entier — pour montrer la voie à suivre au cours de la prochaine étape de la reprise.
En ce qui concerne le commerce, nous avons affirmé clairement que le protectionnisme n'aide en rien à surmonter les difficultés économiques. Nous avons plutôt entrepris des pourparlers sur des accords de libre-échange avec un certain nombre de pays, notamment la Corée, l'Union européenne et l'Inde. Une fois qu'ils seront finalisés, ces accords mettront à la portée des entreprises canadiennes des millions de nouveaux clients dans les années à venir.
Nous cherchons aussi à resserrer nos liens économiques et culturels avec la Chine.
En outre, après une annonce faite en février dernier par le premier ministre Stephen Harper et le président Barack Obama, nous collaborons de près avec nos voisins du Sud dans le cadre de la Vision Canada-États-Unis de la sécurité et de la compétitivité économique à l'intérieur du périmètre. Par l'entremise de cet engagement, nous cherchons de nouvelles façons d'améliorer la circulation transfrontalière des biens et des personnes, tout en conservant les meilleures mesures de sécurité possibles au profit des deux pays.
Beaucoup ont sans doute appris par les médias la semaine dernière que le plan proposé par le président Obama pour la création d'emplois permettrait de renouveler la disposition « Achetez américain » datant de 2009. Je tiens à féliciter mon collègue, le ministre du Commerce international, l'honorable Ed Fast, du travail qu'il a accompli à cet égard. Nous ferons connaître au gouvernement et au Congrès américains nos préoccupations au sujet des restrictions risquant de gêner l'accès des entreprises canadiennes au marché américain. Je tiens cependant à bien préciser que notre gouvernement est résolu à militer en faveur du libre-échange. Les Canadiens peuvent compter sur lui pour défendre le libre-échange et l'ouverture commerciale sur la scène internationale.
Mesdames et Messieurs, l'an dernier, nous nous sommes aussi préoccupés d'une autre priorité de la Chambre de commerce du Canada, à savoir l'élimination des formalités administratives inutiles. Plus précisément, nous avons créé la Commission sur la réduction de la paperasse pour écouter les doléances des propriétaires d'entreprise sur le fardeau permanent des formalités gouvernementales inutiles et sur la nécessité de simplifier les exigences fédérales de manière que les entreprises puissent se concentrer sur leur croissance et la création d'emplois.
Nous sommes parfaitement conscients du fait que les entreprises canadiennes dépensent chaque année des sommes considérables pour se conformer aux exigences réglementaires : on estime qu'à elles seules, les petites entreprises assument des frais de 1,1 milliard de dollars pour produire seulement 12 rapports exigés par le gouvernement.
Cela est inacceptable, et il faut que ça cesse. Je tiens à féliciter mes collègues du Cabinet, le président du Conseil du Trésor, l'honorable Tony Clement, et le ministre d'État (Petite Entreprise et Tourisme), l'honorable Maxime Bernier, d'avoir pris la direction de cette commission.
Après avoir lu, la semaine dernière, le rapport provisoire de la Commission qui détaille les consultations avec les intervenants, j'ai certes bien hâte d'en lire les recommandations.
Jusqu'à présent, j'ai parlé des investissements pour stimuler l'économie, de l'accès au financement, de la réglementation ainsi que des mesures fiscales. Ce sont des pièces importantes du puzzle, mais l'innovation demeure la clé de votre succès.
En tant que ministre de l'Industrie, je peux affirmer que l'innovation est ce qui nous démarquera de nos concurrents, qu'ils se trouvent de l'autre côté de la rue ou à l'autre extrémité de la planète. Les Canadiens, et tout particulièrement les entrepreneurs canadiens, comprennent cette réalité.
Cependant, même si nous avons établi de solides fondations au cours des cinq dernières années et accompli de nombreuses réalisations, la productivité du Canada continue d'avoir du retard sur celle d'autres pays, tout comme l'investissement des entreprises dans la recherche-développement.
C'est pourquoi nous avons besoin de votre aide : pour rectifier le tir et remettre en question le statu quo.
Dans cet esprit, nous avons déployé des efforts concertés pour établir des liens entre les entreprises et les établissements universitaires dans des centres d'excellence qui, dans tout le pays, aident les entreprises et les chercheurs universitaires à collaborer pour concevoir, mettre au point et commercialiser leurs créations.
En outre, nous avons constitué le Groupe d'experts sur la recherche-développement afin d'étudier la grande question des encouragements du gouvernement à l'endroit de la recherche-développement axée sur les entreprises.
Je suis heureux de dire que le Groupe d'experts a reçu les commentaires de gens d'affaires de partout au pays, y compris un mémoire de la Chambre de commerce du Canada.
Nous comptons sur le plaisir de recevoir le rapport et les recommandations du Groupe d'experts au cours des prochaines semaines.
L'économie numérique représente une autre priorité de mon ministère, car elle comporte un volet important aux fins de l'innovation.
L'expression « économie numérique » désigne tout ce que nous pouvons ou aimerions faire en ligne. Elle se rapporte à la création, à la distribution et à l'utilisation du contenu et des technologies numériques qui facilitent la vie et favorisent l'innovation au quotidien.
Au cœur de l'économie numérique se trouvent les technologies de l'information et des communications, qu'il s'agisse de l'ordinateur personnel installé chez vous ou des appareils mobiles polyvalents dont bon nombre d'entre nous ne semblent pas capables de se passer. Ceux d'entre vous qui ont des adolescents à la maison savent très bien de quoi je parle!
Quand les particuliers, les entreprises et des économies entières adoptent ces technologies, un certain nombre de phénomènes importants se produisent. Cela stimule la productivité, accélère l'innovation et donne lieu à de nouveaux produits, processus et modèles de gestion.
La valeur de ces technologies va de soi. Et le gouvernement fédéral entend faire sa part pour en favoriser l'adoption. Comme nous l'avons annoncé dans le dernier budget, nous mettrons sur pied un programme pour promouvoir l'adoption des technologies par les petites entreprises grâce à des partenariats avec les collèges communautaires.
Nous déposerons de nouveaux projets de loi sur le droit d'auteur et le respect de la vie privée afin de garantir aux entreprises et aux particuliers du Canada la protection juridique dont ils ont besoin pour entrer hardiment et avec confiance dans l'économie numérique. Nous accroissons notre aide aux universités pour renforcer leurs capacités dans les disciplines clés de l'économie numérique, et nous annoncerons cet automne les mesures que nous prendrons afin de rendre accessible une autre partie du spectre à large bande pour les appareils mobiles, ce qui garantira au Canada une infrastructure des communications de classe mondiale.
Cependant, le Canada ne réussira en tant que chef de file dans l'économie numérique mondiale que si tous les gouvernements et le secteur privé collaborent. Nous misons sur l'appui des chambres de commerce comme la vôtre pour doter le Canada d'une main-d'œuvre qualifiée de classe mondiale dans le domaine numérique et encourager les entreprises de tous les secteurs de l'économie à faire des investissements judicieux dans les technologies numériques afin d'accroître l'innovation et la productivité.
Nous devons prendre des mesures concrètes dès maintenant afin que le Canada regagne son leadership en matière d'économie numérique.
Mesdames et Messieurs, permettez-moi de conclure en disant que, lorsque notre gouvernement a été réélu avec un solide mandat, la population canadienne lui a fait savoir qu'il menait le pays dans la bonne direction. Elle nous a dit que nous avions choisi la bonne approche en mettant en œuvre nos politiques axées sur le maintien de la stabilité, en faisant des investissements ciblés et en adoptant des lois pertinentes dans des secteurs stratégiques de notre économie.
Nous avons abattu les obstacles à la croissance aujourd'hui, tout en investissant dans la création des conditions propices à la croissance future.
Je suis convaincu qu'ensemble, nous pourrons poursuivre notre route sur le chemin de la reprise.
Je me réjouis à l'idée de travailler avec vous et d'activer les choses pour le plus grand bien des entreprises et des familles canadiennes.
Je vous remercie.