L'honorable Christian Paradis, C.P., député
Ministre de l'Industrie
Ottawa (Ontario)
Le 29 novembre 2011
Notes d'allocution
La version prononcée fait foi
Merci, M. Lord, de cette aimable présentation.
Je suis enchanté de me joindre à vous aujourd'hui.
Je sais que le contenu de mon discours a suscité beaucoup d'intérêt et de spéculation.
Je serai clair, net et précis.
J'ai consulté mes collègues du Cabinet. Nous avons délibéré longuement … et je peux vous annoncer officiellement que Rick Mercer ne sera pas le prochain président du CRTC.
Blague à part, je suis très heureux d'être ici aujourd'hui et de prendre la parole devant vous.
J'ai eu le plaisir de rencontrer la plupart d'entre vous ou les hauts dirigeants de vos entreprises cet été.
En tant que ministre de l'Industrie, j'ai accordé beaucoup d'importance à ces réunions. Nous avons eu des discussions pertinentes, franches et éclairantes qui m'ont aidé à mieux comprendre ce secteur de l'industrie qui jouera un rôle clé dans l'avenir économique et social du Canada.
J'ai tenu ces rencontres en sachant que le gouvernement devra prendre sous peu des décisions importantes sur l'attribution du spectre, sur les règles encadrant l'investissement étranger, sur le partage des tours, sur les services en itinérance et sur les moyens de bien servir les Canadiens de toutes les régions du pays.
Je répète ce que j'ai déjà dit publiquement et lors de ces rencontres privées : notre gouvernement entend prendre les bonnes décisions dans le but d'offrir aux consommateurs canadiens un accès à une gamme étendue de produits et de services à des prix concurrentiels.
La définition de ce qui constitue une bonne décision n'est sans doute pas la même pour tout le monde.
Notre gouvernement a souligné à plus d'une reprise qu'il souhaitait atteindre les principaux résultats suivants :
- Un marché des télécommunications sans fil solide et concurrentiel;
- La mise en marché de solutions de calibre mondial et un accès étendu à ces services pour l'ensemble de la population canadienne;
- Des services efficaces et dynamiques, comme des vitesses de téléchargement rapides et des appels téléphoniques de haute qualité;
- Des prix concurrentiels à l'échelle mondiale, dont pourront profiter les consommateurs grâce à ces fondements solides;
- Un secteur des télécommunications fort et des entreprises de télécommunications fortes.
Ce n'est pas une mince tâche. Aucun pays ne peut se targuer d'avoir atteint la perfection dans ce domaine. Les défis du Canada sont semblables à ceux que doivent relever d'autres pays.
J'ai donc consacré du temps à me renseigner au sujet des télécommunications et de l'industrie des services sans fil.
L'industrie des télécommunications a connu une évolution extraordinaire au cours des 20 dernières années. Elle est passée d'une seule entreprise téléphonique titulaire offrant des services filaires traditionnels à un marché où une demi-douzaine d'entreprises proposent une foule de technologies alternatives comme des appareils sans fil et des services téléphoniques sur le protocole Internet. Aujourd'hui, les consommateurs peuvent accéder à l'information en se servant d'une multitude de nouvelles technologies.
Les prix ont diminué, tandis que la gamme de services s'est multipliée. Ces changements ont donné lieu à un nombre croissant de complexités et de mouvements de convergence.
En tant que ministre, je dois me frayer un chemin dans cette situation complexe. Il ne s'agit pas de prendre une décision isolée, mais plutôt de prendre plusieurs décisions, toutes étroitement liées entre elles. Voilà donc ce que je dois soupeser.
Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant ce qui suit.
Le spectre de la bande de 700 MHz est précieux. Je sais que mon collègue Jim Flaherty s'intéresse aux recettes qui pourraient être générées par la mise en marché de cette ressource.
Il est tout à fait normal qu'un ministre des Finances — ou qu'une entreprise — s'intéresse à cet aspect financier. Mais la valeur de cette tranche du spectre est beaucoup plus que financière.
Les ingénieurs me disent que cette partie du spectre a de grandes caractéristiques de propagation. En d'autres mots, les signaux peuvent à la fois parcourir de longues distances et pénétrer la structure d'édifices, ce qui constitue de bonnes nouvelles autant pour les utilisateurs de services de données et de téléphonie cellulaire en milieu urbain que pour les utilisateurs en milieu rural. Notre gouvernement croit que tous les Canadiens devraient avoir accès aux mêmes services, peu importe l'endroit où ils habitent.
Nous pouvons desservir des régions entières à l'aide d'un nombre réduit de tours et d'antennes, étant donné que les signaux parcourent de longues distances. Voilà certaines des raisons pour lesquelles le spectre est si précieux.
En ce qui touche au rôle des États-Unis, nous devons garder à l'esprit que les entreprises canadiennes évoluent au sein d'un marché nord-américain et d'un marché mondial.
Étant donné que la taille du marché canadien est relativement limitée et que nous partageons une frontière avec les États-Unis, nous devons nous assurer que nos entreprises ont une approche commune.
Toute autre approche pourrait limiter notre accès à du matériel de télécommunications abordable et compliquer les services d'itinérance téléphonique et de données.
L'autre spectre à l'étude, celui de la bande de 2 500 MHz, a des caractéristiques différentes de celles de la bande de 700 MHz, qui lui confèrent sa propre utilité. Des appareils et des technologies ont déjà été mis au point pour tirer profit de ce spectre afin d'accroître la capacité et la qualité des communications, particulièrement dans les zones urbaines densément peuplées.
Il ne fait aucun doute que ce spectre sera de plus en plus utilisé de différentes nouvelles manières au cours des années à venir, ce qui ne fera que rehausser sa valeur au fur et à mesure que les nouvelles technologies issues des laboratoires de recherche-développement seront mises à la disposition des Canadiens.
Vous avez également soulevé plusieurs préoccupations en ce qui concerne le partage des tours et les services en itinérance. Dans ce domaine, chacun a sa propre interprétation des choses et son point de vue.
Je dois vous dire qu'il n'est pas facile de trouver le juste équilibre, mais c'est bien ce qu'on attend de nous.
Enfin, je tiens à souligner que cette conférence regroupe plusieurs acteurs internationaux du domaine des télécommunications. Le Canada profite déjà d'investissements étrangers importants dans son secteur des télécommunications.
Après tout, nous savons tous que l'industrie des télécommunications nécessite beaucoup de capital. Vos entreprises investissent et réinvestissent dans des technologies à un rythme effréné. Je suis conscient que l'industrie canadienne a besoin d'un capital substantiel pour que notre pays puisse conserver son rôle de chef de file des télécommunications.
Toutes ces pièces peuvent s'agencer d'une variété de manières.
Ces décisions auront des répercussions profondes pour l'industrie et pour les consommateurs canadiens.
J'ai remarqué que le dossier du spectre a suscité beaucoup d'intérêt dans le marché et dans les médias au cours des dernières semaines.
Vous auriez peut-être aimé que je vous offre un cadeau de Noël à l'avance aujourd'hui... mais je dois vous priver de ce plaisir quelque temps encore.
La décision est importante et elle aura un effet profond sur la vie des Canadiens au cours de nombreuses années à venir. Ni moi ni ce gouvernement ne la prendrons à la légère.
Nous prendrons la bonne décision. Elle sera fondée exclusivement sur l'atteinte des objectifs que j'ai énoncés au début de mon allocution :
- Un marché des télécommunications sans fil solide et concurrentiel;
- La mise en marché de solutions de calibre mondial et un accès étendu à ces services pour l'ensemble de la population canadienne;
- Des services efficaces et dynamiques, comme des vitesses de téléchargement rapides et des appels téléphoniques de haute qualité;
- Des prix concurrentiels à l'échelle mondiale, dont pourront profiter les consommateurs grâce à ces fondements solides;
- Un secteur des télécommunications fort et des entreprises de télécommunications fortes.
Lorsque nous prendrons ces décisions, nous les annoncerons clairement et sans détour.
Merci encore une fois de m'avoir invité à me joindre à vous.
Je vous souhaite un joyeux Noël et un heureux temps des Fêtes. Au plaisir de vous revoir en 2012.