L'ACDI et l'Afrique
Le 15 novembre dernier, la ministre de la Coopération internationale, Beverley J. Oda, a rencontré les membres du corps diplomatique africain à Ottawa pour les informer du travail que le Canada fait en Afrique au chapitre de l'aide internationale et du développement.
Dans son discours, la ministre a souligné que le Canada était résolu à assurer une prestation plus efficace de l'aide, à obtenir des résultats durables et à contribuer à améliorer les conditions de vie des pauvres. Elle a également expliqué que le Canada cherche à apporter une aide qui va dans le sens de ses valeurs, c'est-à-dire la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Elle a ajouté que, ce faisant, le Canada a cherché à appuyer des projets et des programmes qui privilégient la participation et la pleine consultation des collectivités locales, et particulièrement des femmes.
L'aide humanitaire
Dans son discours, la ministre a parlé de l'énorme potentiel de développement de l'Afrique, tout en notant l'importance des besoins humanitaires de ce continent.
Au cours de la dernière année, divers facteurs — le conflit qui secoue la Somalie, la hausse des prix de la nourriture et la sécheresse la plus grave en 60 ans — ont contribué à plonger la Corne de l'Afrique dans une des crises humanitaires les plus graves auxquelles le monde fait face aujourd'hui.
Cette année, le Canada a apporté une aide humanitaire en réponse aux inondations qui ont touché dix pays africains, notamment l'Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique et le Tchad. Le Canada a également répondu à des appels humanitaires, en venant en aide à 44 pays africains.
Le Canada a aussi cherché à combler les besoins humanitaires des millions de personnes touchées par la sécheresse en y consacrant plus de 145 millions de dollars en 2011 (dont 70,4 millions de dollars, une somme équivalente aux dons faits par les citoyens canadiens, par l'entremise du Fonds d'aide aux victimes de la sécheresse en Afrique de l'Est).
En 2009-2010, l'Afrique a bénéficié de la moitié de l'aide alimentaire consentie par l'ACDI.
La sécurité alimentaire
La stratégie de l'ACDI en matière de sécurité alimentaire met l'accent sur les petits exploitants, et particulièrement les femmes, qui sont responsables de 70 % à 80 % de la production alimentaire des ménages en Afrique. En 2009-2010, l'Afrique a obtenu 61 % du soutien apporté par l'ACDI au secteur agricole.
La sécurité alimentaire n'est pas seulement une question d'accès à de la nourriture en quantité suffisante, mais aussi à des aliments nutritifs.
Une saine alimentation est un des moyens les plus économiques et efficaces pour améliorer la santé des gens, prévenir les maladies et sauver des vies. C'est pourquoi la nutrition fait partie intégrante de l'Initiative de Muskoka, qui vise à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans.
Dans le domaine de la nutrition, le Canada concentre ses efforts sur l'amélioration des pratiques relatives à l'alimentation des enfants et des nourrissons et la fourniture de suppléments, de vitamines et de minéraux (sel iodé, vitamine A, etc.) aux femmes et aux enfants.
Depuis 1999, le Canada a été le plus important donateur pour ce qui est de la distribution de vitamine A. Il a contribué à sauver la vie de quelque trois millions d'enfants de moins de cinq ans. La consommation de vitamine A en quantité suffisante par les enfants se traduit par une baisse des taux de mortalité et de cécité chez ces derniers pouvant atteindre respectivement 23 % et 70 %.
Consciente de la nécessité d'encourager la mise en place de systèmes de production agricole plus résilients et soucieuse de voir l'innovation anticiper les défis futurs en matière de sécurité alimentaire, l'ACDI a élaboré une stratégie en matière de sécurité alimentaire qui cible aussi la recherche et le développement.
En 2009, l'ACDI et le Centre de recherches pour le développement international ont lancé une initiative quinquennale de 62 millions de dollars par la création du Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale, en vue d'appuyer les partenariats entre les organismes de recherche canadiens et des pays en développement. Le premier ministre Harper a récemment annoncé que le Canada affecterait une somme additionnelle de 62 millions de dollars pour appuyer cette initiative majeure.
Deux appels de propositions concurrentiels ont déjà permis de mettre en œuvre des projets de recherche dans 17 pays africains. Ainsi, un projet au Kenya vise à élucider les causes de la faible productivité agricole et à mettre en place de nouvelles pratiques agricoles adaptées à un milieu sec. Un troisième appel de propositions est en cours et plus de la moitié des projets de recherche seront consacrés à l'Afrique.
Le Canada appuie également d'autres activités de recherche qui vont dans le sens de son engagement à l'égard de la sécurité alimentaire. L'ACDI a, pendant de nombreuses années, financé l'Alliance panafricaine pour la recherche sur le haricot, qui regroupe trois réseaux régionaux dans 28 pays africains. Ces travaux de recherche ont permis à plus de quatre millions de ménages d'avoir accès à des graines améliorées, dont de nombreuses variétés riches en oligoéléments.
Les enfants et les jeunes
Le Canada s'est engagé à doubler son financement bilatéral du secteur de l'éducation en Afrique par rapport aux niveaux de 2005-2006 et il est en voie de remplir cet engagement. En 2009-2010, l'Afrique a bénéficié de 63 % de l'appui de l'ACDI à l'éducation de base.
Le Canada a réussi, en travaillant avec des gouvernements africains et de nombreux organismes, à obtenir des résultats intéressants dans le secteur de l'éducation. Au Sénégal, le taux d'inscription à l'école primaire a augmenté de 10 % par année, pour atteindre 92,5 % en 2009. En Tanzanie, le taux d'inscription à l'école primaire a presque doublé au cours des dix dernières années, pour atteindre 95,4 % en 2010.
En novembre 2011, l'ACDI a annoncé qu'elle consacrerait 45 millions de dollars au cours des trois prochaines années en vue de favoriser l'augmentation du taux d'inscription et l'amélioration de la qualité de l'éducation des enfants dans les pays en développement.
Le Canada demeure également résolu à améliorer la santé des mères et des enfants. Lors du Sommet du G8 de l'année dernière, dont il était l'hôte, le Canada a annoncé une initiative ambitieuse visant à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants — l'Initiative de Muskoka. Le Canada s'est alors engagé à y affecter de nouvelles ressources (1,1 milliard de dollars sur cinq ans), dont 80 % seront consacrées à l'amélioration de la santé des mères et des enfants en Afrique. En 2009-2010, l'Afrique a bénéficié de 63 % des ressources que l'ACDI a affectées au secteur de la santé.
La croissance économique
Une croissance économique durable est l'un des trois thèmes prioritaires du Canada. L'Afrique, dans son ensemble, a enregistré des taux de croissance économique de 5 % à 7 % au cours des dix dernières années.
La ministre Oda a indiqué qu'elle croyait fermement que l'Afrique a le potentiel nécessaire pour s'épanouir au cours de la décennie en cours. Soucieux de développer ce potentiel, le Canada appuie des initiatives nationales propices à l'éclosion d'une industrie florissante et d'un milieu des affaires dynamique s'appuyant sur des lois, des politiques et des règlements stables et judicieux qui contribueront à la multiplication des investissements et à l'accroissement de la prospérité pour tous.
Le Canada appuie également les efforts consentis en vue d'améliorer la gestion budgétaire, la transparence et la responsabilisation dans l'utilisation des revenus et des ressources afin que ceux-ci soient utilisés pour offrir les services de base dont tous les citoyens ont besoin. Le renforcement du pouvoir des femmes entrepreneures constitue une part importante de ces efforts.
Ce que nous réserve l'avenir
Dans son discours, la ministre Oda a annoncé un appui accru à l'Afrique. Les communiqués et les fiches d'information publiés sur le site Web de l'ACDI fournissent les détails relatifs à cette annonce.