Priorité au discours prononcé
Merci de votre aimable présentation, John, et de votre accueil chaleureux.
Bon après midi, Mesdames et Messieurs. Je suis heureux d'être ici, à Regina.
Je commence à me sentir chez moi, en Saskatchewan. Il y a quelques semaines, j'étais dans la province pour signer un protocole d'entente avec la Première Nation Dakota de Whitecap. J'étais ici, en juin, pour participer au quatrième événement national de la Commission de vérité et de réconciliation et, avant cela, j'ai contribué au coup d'envoi de votre commémoration du bicentenaire de la guerre de 1812. J'étais dernièrement ici pour les célébrations « De retour à l'époque de Batoche. »
Je suis heureux de voir ici tant de représentants des entreprises et des industries, et tant de chefs de file autochtones et de représentants élus. Ce que je suis venu dire est important pour nous tous et nous avons tous un rôle à jouer dans ce domaine.
Je parle de la priorité numéro un de notre gouvernement : la croissance économique et la création d'emplois.
Je suis heureux de pouvoir dire que, sur ces deux fronts, le Canada est en bonne posture, surtout quand on regarde la situation à laquelle d'autres pays sont confrontés. Nous avons mieux affronté la tempête économique de ces dernières années que la majorité de ces pays.
Depuis 2006, le gouvernement Harper ne ménage pas sa peine pour soutenir la sécurité et la prospérité des Canadiens, et pour promouvoir les investissements des entreprises, la croissance économique et la création d'emplois partout au pays.
En Saskatchewan, grâce à la demande en ressources naturelles, à laquelle s'ajoute votre solide base économique, vous êtes bien placés pour poursuivre votre croissance, augmenter les investissements et continuer à créer des emplois.
La Saskatchewan prévoit une croissance d'environ trois pour cent cette année, soit la deuxième en importance au pays. On crée des emplois bien rémunérés en Saskatchewan et on prévoit que le taux de chômage provincial chutera en dessous de cinq pour cent l'année prochaine.
La Saskatchewan est une province pleine de promesses, où les personnes de partout au Canada et du reste du monde peuvent trouver du travail, investir, créer des entreprises et élever leur famille.
Et pourquoi ne le feraient elles pas? La croissance économique de la Saskatchewan a créé une demande en main d'œuvre, et la réponse à cette demande vous pousse à aller recruter au delà de vos frontières. La province est donc devenue la bénéficiaire nette de la migration en provenance du reste du Canada, inversant ainsi une tendance de plusieurs décennies. La province attire également près de dix mille immigrants internationaux chaque année.
Malgré cela, vous n'avez toujours pas assez de personnes qualifiées pour occuper les emplois d'aujourd'hui et de demain. La Saskatchewan Labour Market Commission estime qu'il manquera à la province cent vingt mille travailleurs d'ici 2020. J'ai entendu des estimations selon lesquelles vingt et un mille emplois dans le secteur minier ne seront pas pourvus au cours des années à venir. Une pénurie de main d'œuvre pourrait bloquer la croissance et empêcher la Saskatchewan de réaliser pleinement son potentiel économique. Ce n'est bénéfique ni pour vous, dans cette salle, ni pour le Canada.
Notre défi est simple : par quels moyens pourvoir les futurs emplois vacants en recrutant des travailleurs qualifiés pour permettre la poursuite de la croissance économique. Cette question est à résoudre non seulement pour la Saskatchewan, mais aussi pour tous les Canadiens, et la solution doit inclure la population autochtone du Canada.
La population autochtone est le segment de la population qui croît le plus rapidement dans ce pays, soit deux fois plus vite que la population canadienne en général. D'ici 2026, on prévoit qu'elle dépassera un virgule cinq million de personnes, dont quarante pour cent seront âgées de moins de vingt cinq ans.
Selon un rapport récent du Conference Board du Canada, entre 2001 et 2026, plus de six cent mille jeunes hommes et jeunes femmes autochtones joindront le marché du travail canadien. Seulement au cours des cinq prochaines années, quelque cent cinquante cinq mille Autochtones atteindront l'âge de travailler.
Ces chiffres sont particulièrement pertinents en Saskatchewan. À quinze pour cent de la population, les Autochtones de votre province représentent une des plus grandes concentrations d'Autochtones au Canada.
Étant donné la proximité des communautés autochtones aux projets d'exploitation des ressources, leur situation est idéale pour contribuer à d'importants projets économiques et pour en bénéficier.
Je sais, pour en avoir parlé avec des chefs de file du secteur privé de la province, qu'il existe un fort désir d'accroître la participation des Autochtones au marché du travail. Un cadre supérieur d'une grande entreprise de la Saskatchewan m'a dit récemment que, pour lui, la composante autochtone de sa main d'œuvre est un avantage concurrentiel. Par conséquent, son entreprise investit dans la formation et l'apprentissage.
Et pourtant, quand on regarde les niveaux d'aide sociale en Saskatchewan, il est clair que la population autochtone représente un potentiel qui n'a pas été encore totalement développé. À l'heure actuelle, le taux de dépendance dans les réserves – ceux qui perçoivent l'aide au revenu – est d'environ quarante sept pour cent, alors que le taux de dépendance général de la province est d'environ quatre virgule trois pour cent.
Ce phénomène n'est pas non plus propre à la Saskatchewan. Quand on regarde d'un bout à l'autre du pays, le taux de dépendance provincial moyen est d'environ cinq virgule trois pour cent, alors que le taux de dépendance moyen dans les réserves est de plus de trente six pour cent.
Notre gouvernement reconnaît qu'il y a là une occasion à saisir impérativement. Ne rien faire contraindra une autre génération d'Autochtones à une vie de pauvreté et de dépendance, alors qu'en mettant en valeur le potentiel non développé de la jeunesse autochtone, nous réussirons à briser le cycle de la dépendance et à répondre aux besoins en main d'œuvre de la Saskatchewan et du Canada.
Depuis 2006, nous avons réalisé d'importants investissements afin de permettre aux Autochtones d'avancer sur la voie de la pleine participation au marché du travail. Nous investissons actuellement plus de 400 millions de dollars par année pour financer directement le perfectionnement des compétences et la formation des Autochtones. Ce financement s'ajoute à près de 2 milliards de dollars investis par notre gouvernement dans la formation, par l'intermédiaire des Ententes sur le développement du marché du travail conclues avec les provinces et les territoires et qui sont à la portée de tous les Canadiens.
Depuis 2007, mon ministère a investi près de dix millions de dollars en Saskatchewan pour soutenir plus de soixante dix projets de mesures actives, avec cinq partenaires des conseils tribaux, avec le Saskatchewan Indian Institute of Technologies et avec le centre d'emploi File Hills.
Je sais que nous avons aussi créé un comité directeur supérieur qui mobilise les dirigeants des Premières Nations afin qu'ils orientent des initiatives de mesures actives. Le forum bénéficie maintenant de la direction de cinq conseils tribaux, ce qui représente plus de la moitié des Premières Nations de la province.
Nous sommes impatients de poursuivre notre collaboration. Nous pouvons tirer les leçons des réussites que nous avons constatées en Saskatchewan et chercher à mieux mobiliser les forces du secteur privé en créant des partenariats.
Le secteur privé demeure vital pour la prospérité à long terme de notre pays, et notre gouvernement remplit son rôle visant à favoriser les investissements et le développement du secteur privé. Notre politique d'exploitation responsable des ressources, « un projet, une évaluation », permettra aux entreprises de fonctionner à la vitesse du monde des affaires, tout en augmentant la protection de l'environnement et en assurant un développement durable.
Nous avons également investi dans la modernisation des régimes de gestion des terres des Premières Nations afin qu'elles puissent débloquer le potentiel de leurs terres et de leurs ressources naturelles.
Au printemps dernier, nous nous sommes engagés à adopter une stratégie en vue de rouvrir et d'élargir le régime de gestion des terres des Premières Nations. Nous avons conçu une nouvelle formule de financement opérationnel en collaboration avec le Conseil consultatif des terres des Premières Nations, ainsi qu'un processus de présentation des demandes pour recenser les Premières Nations les plus susceptibles de bénéficier des possibilités de développement économique liées au régime. Nous avons élargi ce dernier pour inclure plus de Premières Nations de partout au Canada. Ces Premières Nations peuvent maintenant assumer la gestion des terres et des ressources de leurs réserves afin d'exploiter les débouchés économiques, sans les obstacles de la Loi sur les Indiens, et elles peuvent agir à la vitesse des entreprises d'aujourd'hui.
Et, comme nous savons que de bonnes études sont la clé de l'accès à un bon emploi, notre gouvernement a réalisé d'importants investissements au profit de l'éducation des Premières Nations.
Depuis 2006, nous avons construit 37 nouvelles écoles et réalisé d'importants travaux de modernisation dans 22 autres écoles. Nous avons également affecté un financement supplémentaire de 175 millions de dollars à l'infrastructure scolaire pour les trois prochaines années, ainsi que 100 millions de dollars de plus aux programmes de littératie et de numéracie. Ces financements s'ajoutent au financement de 1,5 milliard de dollars que nous affectons chaque année à l'éducation des Premières Nations. Nous avons également signé des protocoles d'entente avec les Premières Nations et les gouvernements dans cinq provinces, y compris avec le gouvernement de la Saskatchewan et le conseil tribal de Saskatoon.
L'entente de partenariat de votre province permettra d'apporter des améliorations à la qualité de l'éducation pour plus de 1 000 élèves de sept écoles administrées par une bande et pour plus de 10 000 élèves des Premières Nations fréquentant les écoles provinciales.
Le conseil tribal utilise déjà ces ententes pour mettre sur pied des initiatives afin de promouvoir la persévérance scolaire, l'engagement des familles et de la communauté et la création constante de partenariats. La Première Nation dakota de Whitecap est en train de créer un nouveau système de gouvernance pour ses écoles. De plus, les partenaires de l'entente sont en train de mettre sur pied un partenariat en matière de métiers et d'emplois qui, selon les prévisions, permettrait de former 2 500 personnes.
Notre gouvernement et l'Assemblée des Premières Nations ont également mis sur pied un Panel national sur l'éducation des Premières Nations. À la suite des recommandations du Panel, nous travaillerons avec les partenaires qui le souhaitent à l'entrée en vigueur d'une loi sur l'éducation des Premières Nations pour le début de l'année scolaire 2014. Cette nouvelle loi définira la structure et les normes requises pour soutenir des systèmes éducatifs responsables dans les réserves. Nous chercherons également une meilleure méthode pour assurer un financement stable et durable aux écoles primaires et secondaires des Premières Nations.
Le groupe de travail conjoint sur l'éducation et l'emploi des Autochtones que votre gouvernement provincial vient de mettre sur pied nous aidera aussi à nous préparer à l'avenir. Ce groupe de travail recensera, de concert avec ses partenaires, les solutions concrètes, mises en œuvre au plan local pour éliminer les lacunes actuelles dans les résultats liés à l'éducation et à l'emploi pour les Premières Nations et les Métis de la Saskatchewan.
Permettez moi de dire un mot de plus sur les Métis de la Saskatchewan. Notre gouvernement a collaboré étroitement avec les Métis ici et ailleurs dans l'Ouest pour stimuler le développement économique. L'actuelle série de réunions régionales sur le développement économique des Métis représente le résultat le plus visible de notre travail d'équipe. Un futur accord sur le développement économique des Métis s'inspirera de ces réunions. Cet accord définira les mesures que nous prendrons pour accélérer le développement économique des Métis. Une mesure clé sera axée sur le financement gouvernemental qui aide actuellement les entreprises appartenant à des Métis à forger des partenariats, à trouver des travailleurs et à découvrir des possibilités de croissance.
Bien sûr, le gouvernement ne connaît pas toutes les réponses. Des organismes comme le vôtre jouent un rôle vital en permettant aux jeunes autochtones d'acquérir les connaissances, les compétences et l'expérience professionnelle dont ils ont besoin.
Je suis heureux que la Chambre de commerce de Regina et du district soit montée au créneau. Sous la direction de John Hopkins, votre organisme organise des forums de recrutement qui réunissent des employeurs qui recherchent désespérément des travailleurs et des travailleurs qui recherchent désespérément des emplois.
Je sais également que de nombreux membres de la Chambre travaillaient auprès du Regina Trades and Skills Centre, qui permet aux jeunes d'acquérir des compétences de base dans des métiers clés tels que la plomberie, les travaux électriques et l'installation de cloisons sèches. Enfin, point le plus important, quelque quarante pour cent des diplômés de ces formations sont de jeunes hommes et de jeunes femmes autochtones.
Nous sommes aussi exactement au milieu d'une série de six tables rondes régionales qui servent à réunir des chefs de file de premier plan des communautés autochtones, des industries des ressources naturelles canadiennes et les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral. Ces personnes utilisent ces tables rondes pour atteindre deux buts principaux : premièrement, pour connaître exactement les obstacles qui empêchent les Autochtones de participer pleinement aux grands projets d'exploitation minière et d'exploitation du pétrole brut et du gaz naturel; deuxièmement, pour échanger des idées sur les pratiques exemplaires existantes et sur de nouvelles solutions permettant aux Autochtones de surmonter les obstacles à la participation auxquels ils font face.
Pendant les mois et les années à venir, nous continuerons à travailler avec les partenaires qui le souhaitent afin de trouver de nouvelles solutions, de découvrir des débouchés, de mettre en commun les pratiques exemplaires et d'améliorer nos méthodes de travail au fur et à mesure que nous apprendrons ce qui donne les meilleurs résultats.
Je vous demande instamment, à vous tous qui êtes ici aujourd'hui, de travailler avec nous. Veillons à ce que davantage d'adolescents autochtones décrochent leur diplôme d'études secondaires et poursuivent des études postsecondaires. Permettons à plus de communautés des Premières Nations de remplir leur rôle légitime dans la prospérité à long terme de notre pays en éliminant les obstacles qui les en empêchent. Aidons plus d'Autochtones à obtenir des emplois satisfaisants et à entamer des carrières épanouissantes. Chaque personne dans cette salle peut apporter une contribution importante à chacun de ces buts essentiels. Permettons à l'économie de la Saskatchewan de conserver tout son dynamisme pendant de nombreuses, très nombreuses années à venir.
Merci.