Le 24 septembre 2012 - Siège du Forum économique mondial, New York
Bonjour à tous et toutes,
Votre Excellence, Monsieur le Président Tsakhia, chers ministres, distingués invités, je vous souhaite la bienvenue.
Aujourd'hui, nous avons réuni dans cette salle des représentants des gouvernements, de l'industrie et de la société civile. D'abord, permettez-moi de vous remercier, au nom du Canada et de l'Australie, de votre intérêt pour la discussion sur le développement responsable du secteur de l'extraction.
Peter Baxter, de l'Agence australienne de développement international, coanimera la discussion. J'aimerais également remercier Robert Greenhill et son équipe du Forum économique mondial pour l'appui qu'ils ont si généreusement apporté pour nous réunir tous ici aujourd'hui.
Mes remarques porteront sur trois sujets fondamentaux :
- Premièrement — Ce que fait le Canada pour promouvoir un développement responsable des ressources naturelles.
- Deuxièmement — L'importance de la transparence dans le secteur de l'extraction.
- Troisièmement — L'importance des partenariats.
Ce que fait le Canada pour promouvoir un développement responsable des ressources naturelles
L'histoire même du Canada et son expérience témoignent de l'importance des ressources naturelles dans l'édification d'une économie solide.
Une bonne partie de la puissance économique du Canada est le fruit de l'abondance de ses ressources naturelles et de son économie axée sur le savoir. L'expertise du Canada dans la gestion de ses ressources naturelles renouvelables et non renouvelables nous donne une base solide pour jouer un rôle important dans l'industrie de l'extraction à l'échelle de la planète. Cette expertise nous permet d'appuyer des pays en développement partenaires afin qu'ils tirent le maximum de la richesse que procurent leurs propres ressources.
L'approche privilégiée par le Canada dans les secteurs du développement et de l'extraction comporte trois volets :
- Renforcer la capacité des gouvernements à gérer leurs ressources naturelles;
- Permettre aux collectivités de participer à la gestion durable du secteur des ressources et d'en bénéficier;
- Préconiser l'adoption de normes et de lignes directrices internationales.
Le Canada collabore avec les gouvernements des pays en développement, la société civile, les institutions multilatérales et le secteur privé de sorte que la conjugaison de tous ces efforts permet d'obtenir des résultats de développement durables.
Le Canada appuie également un certain nombre de pays en développement par la mise en œuvre de projets fructueux liés au secteur de l'extraction.
Ainsi, pour renforcer la capacité du gouvernement, le gouvernement du Canada a apporté un appui au gouvernement péruvien dans le cadre de la réforme du secteur minier (ce qui a contribué à la maturation rapide de ce secteur au Pérou), et il aide actuellement les administrations locales à gérer de façon efficace les revenus tirés de l'exploitation des ressources.
En Bolivie, le gouvernement du Canada a offert une assistance technique relativement à la gestion des revenus et à la taxation, aidant ainsi ce pays à multiplier par plus de cinq le revenu national tiré du secteur du pétrole et du gaz, qui est maintenant de 2,8 milliards de dollars.
Dans le cadre de son travail avec les collectivités locales, le Canada apporte un appui à 12 collectivités minières du Ghana — en collaboration avec Rio Tinto Alcan et Entraide universitaire mondiale Canada — pour améliorer les services d'éducation, d'approvisionnement en eau et d'assainissement.
Le Canada se tient aux côtés de l'Australie en appuyant les pays en développement qui souhaitent tirer le maximum de leurs richesses naturelles. L'année dernière, lors de la réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth, le Canada et l'Australie avaient tous deux annoncé d'importantes initiatives pour appuyer l'industrie extractive dans les pays en développement.
Je salue le gouvernement australien pour le leadership qu'il exerce à cet égard dans le cadre de l'Initiative d'exploitation minière pour le développement.
Dans le même ordre d'idée, je dévoilerai au cours des prochains mois quel sera l'hôte de l'Institut canadien international pour les industries extractives et le développement, dont le premier ministre Harper avait annoncé la création l'année dernière. Cet institut complétera la Stratégie sur la responsabilité sociale des entreprises qui, entre autres choses, aide les entreprises canadiennes œuvrant dans le secteur de l'extraction à l'étranger à renforcer leur capacité à gérer les risques sociaux et environnementaux.
En réunissant sous un même toit les meilleurs experts de la société civile, du milieu universitaire, du secteur privé et du gouvernement canadien, l'Institut offrira aux pays en développement partenaires l'appui dont ils ont besoin pour gérer et administrer leurs ressources naturelles de façon responsable.
Le Canada — et de nombreux autres pays représentés ici aujourd'hui — est bien placé pour aider les pays en développement à maximiser les avantages qu'ils peuvent tirer du secteur de l'extraction et à s'assurer que les revenus ainsi obtenus sont utilisés pour améliorer la qualité de vie globale de leurs citoyens.
L'importance de la transparence dans le secteur de l'extraction
Le Canada et l'Australie sont reconnus comme des leaders mondiaux dans l'industrie extractive et de grands défenseurs des initiatives de transparence dans ce domaine.
Le Canada soutient aussi activement l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives.
Ainsi, le Canada a apporté un soutien direct à la Tanzanie pour l'aider à respecter avec succès les normes de l'Initiative.
De plus en plus, le secteur de l'extraction devient un vecteur important de la croissance économique mondiale et de la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. En Afrique, le quart de la croissance économique de la dernière décennie est attribuable à ce secteur, et l'on prévoit que l'activité économique régionale dans ce secteur s'accroîtra de 25 % d'ici 2020.
Pour être un vecteur du développement, cependant, le secteur de l'extraction doit être géré de manière durable et responsable.
En termes concrets, cela veut dire plusieurs choses.
Par exemple, il faudra élaborer des codes miniers, des lois sur le pétrole et le gaz ainsi que des régimes fiscaux clairs et cohérents.
Mais il ne s'agit là que des premières étapes de la création d'un vaste environnement commercial qui pourra stimuler autant l'investissement que la participation des entreprises locales au développement du secteur de l'extraction.
Par ailleurs, la transparence est à la base de l'établissement d'un environnement commercial dont les règles régissant la conduite des affaires sont connues et mises en application et grâce auquel le secteur privé est florissant.
La transparence limite les occasions de corruption et d'abus de pouvoir. Elle peut aider à améliorer l'efficacité des politiques publiques et à édifier des institutions plus responsables et démocratiques.
La transparence favorise également la confiance. Et, vous le savez tous, la confiance est le point de départ de toute bonne relation, que ce soit avec le gouvernement, les entreprises ou les citoyens. Ces trois groupes sont d'ailleurs tous essentiels au développement du secteur de l'extraction.
Les pays en développement font des pas de géant en ce qui concerne la divulgation de leurs dépenses et revenus. D'autres conférenciers pourront aujourd'hui en témoigner. De même, un certain nombre de pays, dont plusieurs sont représentés ici, améliorent leur gestion du secteur de l'extraction et marquent des progrès en adoptant des normes internationales, comme l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives.
La transparence et la responsabilité dans les dépenses publiques — deux valeurs essentielles pour atteindre les grands objectifs sociaux et économiques dans tous les pays — soudent le développement du secteur de l'extraction à la réduction de la pauvreté.
En effet, la mauvaise gestion des revenus tirés des ressources naturelles empêche les collectivités de profiter de la croissance, ouvre la porte à la corruption et au conflit, avive la pauvreté et les inégalités et décourage l'investissement dans le secteur de l'extraction.
S'il est géré de manière durable et responsable, le secteur de l'extraction peut apporter des revenus substantiels aux gouvernements. Par la suite, les gouvernements peuvent réinvestir dans les infrastructures et les services essentiels dont les populations ont grandement besoin, par exemple la santé et l'éducation.
Depuis la découverte de nouveaux gisements minéraux, pétroliers et gaziers en Afrique et ailleurs dans le monde, il est plus important que jamais de prendre les mesures qui s'imposent pour que ces richesses naturelles profitent à tous.
C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, et c'est pourquoi l'Agence canadienne de développement international accorde une si grande importance au développement responsable du secteur de l'extraction.
L'importance des partenariats
Avant de conclure, j'aimerais vous dire quelques mots sur l'importance des partenariats ainsi que du rôle de la société civile et du secteur privé dans la gestion efficace des ressources. Notre hôte, le Forum économique mondial, illustre bien dans l'ensemble de son œuvre l'importance de la participation de multiples intervenants dans l'atteinte de résultats.
Les pays qui se servent des partenariats avec le secteur privé comme d'un levier pour obtenir de meilleurs résultats de développement peuvent ainsi instaurer un environnement commercial solide dans lequel des entreprises viables peuvent prospérer. Les retombées marquent alors un tournant, en ce sens qu'elles mènent à de meilleures possibilités d'emploi dans l'économie officielle et à de plus importants apports aux ressources publiques pouvant servir à investir dans l'amélioration de la productivité et du bien-être de la population.
Cela dit, la société civile peut elle aussi jouer un rôle évident dans l'atteinte de résultats de développement — des résultats tangibles et durables.
En effet, la société civile attire l'attention des gouvernements et de l'industrie sur les besoins et les préoccupations de la collectivité. Elle s'occupe des enjeux sociaux et environnementaux du développement du secteur de l'extraction. Ce ne sont pas des enjeux secondaires, mais bien des enjeux essentiels à la réussite dans le secteur de l'extraction.
Nous devons travailler tous ensemble : la société civile, les gouvernements et le secteur privé. Nos partenariats doivent être novateurs pour que nos investissements soient des plus efficaces.
Je crois sincèrement que les partenariats fondés sur la confiance sont une condition essentielle si nous voulons rentabiliser l'argent investi, créer le plus d'emplois possible et réduire la pauvreté.
Conclusion
Mesdames et Messieurs, votre présence ici aujourd'hui confirme l'importance du développement responsable du secteur de l'extraction pour vos entreprises, vos organisations et vos pays. J'ai bien hâte que nous entamions nos discussions et d'entendre les points de vue de tous.
Le Canada, par son aide au développement international, demeure résolu à améliorer la gestion des revenus tirés des ressources naturelles dans le monde entier. Nous accompagnerons les pays en développement qui sont nos partenaires pour les aider à réaliser l'immense potentiel de leurs ressources naturelles et à assurer un avenir meilleur pour tous.
Merci.
Julian Fantino
Ministre de la Coopération internationale