Je vous remercie, Bernard. Bon après-midi à vous tous.
Eh bien! Quelle conférence! Encore une fois, cette année, l'IIC a réuni les meilleurs intervenants, des penseurs renommés et des acteurs clés du secteur vital des télécommunications pour discuter de certaines des questions fondamentales qui se posent à lui.
Tout d'abord, je félicite Bernard et son équipe pour leur formidable travail d'organisation.
Au cours des deux derniers jours, vous avez écouté des présidents et des PDG d'entreprises, des professeurs et des universitaires, des fournisseurs de contenu et des hauts fonctionnaires. Ils ont tous exprimé leurs points de vue particuliers sur les questions concernant la radiodiffusion, les télécommunications et la production médiatique.
J'ai donc pensé utiliser le temps dont je dispose ici aujourd'hui pour vous exposer le point de vue de notre gouvernement et vous parler du rôle qu'il joue, et plus précisément le rôle que j'assume en ma qualité de ministre de l'Industrie, pour faire en sorte que la population canadienne profite des avantages des toutes dernières technologies.
Le gouvernement part d'une hypothèse simple : une vigoureuse économie numérique est essentielle à la prospérité des Canadiens dans l'avenir. C'est aussi simple et aussi important que cela!
De là découle un engagement clair : notre gouvernement veut faire tout ce qui est en son pouvoir pour créer les conditions qui garantiront votre réussite.
Il faut tout d'abord une économie forte et stable.
Comme vous le savez, la reprise de l'économie mondiale demeure fragile. Cinq ans après la récession, l'incertitude domine encore, compte tenu des défis qui persistent en Europe, aux États-Unis et ailleurs.
Le Canada n'a pas été épargné, mais il a traversé la crise mieux que la plupart des autres pays.
Aujourd'hui, la position budgétaire du Canada est la plus favorable du G-7. Notre croissance de l'emploi a été la plus forte parmi les pays du G-7 au cours de la reprise économique.
En fait, depuis juillet 2009, le nombre d'emplois a crû de presque 822 000. Le Canada compte aujourd'hui environ 390 000 emplois de plus qu'avant le début de la récession.
Le Canada bénéficie d'une solide cote de crédit, soit la cote « AAA », et, pour la cinquième année consécutive, le Forum économique mondial a déclaré que les banques canadiennes étaient les plus stables du monde.
Le gouvernement a aussi adopté un plan pour éliminer le déficit à moyen terme.
Nous savons que, pour faire votre travail, vous avez besoin d'une économie vigoureuse et bien gérée. Cela est nécessaire, mais il faut plus encore. Il importe que tous les Canadiens envisagent l'avenir comme vous le voyez : un avenir passionnant qui se caractérisera par la transformation et un énorme potentiel, grâce aux technologies numériques. Le gouvernement abonde dans le même sens. Il veut que tous les Canadiens profitent des retombées économiques et de la qualité de vie améliorée qui vont de pair avec les technologies de l'information et des communications (les TIC).
Cependant, pour encourager l'adoption des TIC, il faut faire en sorte que les consommateurs et les entreprises aient confiance dans le marché numérique. C'est pourquoi notre gouvernement a adopté diverses mesures importantes, dont :
- la modernisation des lois sur le droit d'auteur;
- la promulgation de lois anti-pourriel;
- le renforcement des lois sur la protection de la vie privée.
Afin d'encourager les petites entreprises à adopter les TIC, notre gouvernement a lancé toute une gamme d'initiatives stratégiques, mais je m'en tiendrai ici à une seule d'entre elles, soit le Programme pilote d'adoption des technologies numériques.
Le Programme procure aux petites et moyennes entreprises un accès à des conseillers experts qui les aident à intégrer de nouvelles technologies numériques à leurs opérations.
Les commentaires initiaux d'entreprises telles qu'Evans Consoles, à Calgary, et ExactEarth, à Cambridge, a été très encourageante, et j'espère que ce programme transformera véritablement les activités quotidiennes des entreprises participantes.
Notre gouvernement comprend l'importance du secteur des TIC et des 550 000 personnes qu'il emploie. À une époque où la prospérité future du Canada dépend de l'innovation, ce secteur compte parmi ceux qui investissent le plus dans la recherche et le développement.
En deux mots, disons que c'est une industrie qui, avec les entreprises des communications que vous représentez, crée l'avenir chaque jour, en inventant de nouvelles façons de travailler plus ingénieusement et en mettant l'accent sur l'accroissement de la productivité et de la compétitivité.
Tandis que le numérique grandit sans cesse et rétrécit ainsi le monde, le Canada doit être à l'avant-garde de cette tendance. Il doit créer des technologies, en saisir le potentiel et en récolter les fruits.
Or, cela signifie qu'il faut favoriser l'adoption de technologies novatrices dans tous les secteurs de notre économie.
Prenons, par exemple, le secteur de la fabrication. Il y a quelques semaines, j'ai assisté à la conférence du Conference Board du Canada sur le secteur secondaire, à Hamilton.
C'est là un secteur qui se transforme au moyen de nouvelles technologies avancées. Les usines ressemblent maintenant à des laboratoires de recherche ultramodernes, avec leurs machines de pointe et leurs chaînes de production mues par des technologies numériques de précision.
Bien sûr, pour que ces transformations s'opèrent, les produits et les services novateurs qui les rendent possibles doivent exister quand on en a besoin. Heureusement, le Canada a chez lui certains des meilleurs et des plus brillants créateurs de technologies numériques du monde. J'ai été enchanté d'apprendre que le Canada s'est récemment valu les éloges du Conseil des académies canadiennes pour la recherche en science et en technologie, y compris dans le domaine de la recherche sur les TIC.
Nous devons maintenant veiller à ce que les produits de cette recherche se répandent dans tous les secteurs de notre économie.
Pour cela, il nous faut notamment faire croître les entreprises qui composent le secteur des TIC au Canada. Comment procéder pour y arriver?
Au cours de l'été, j'ai rencontré les dirigeants de nombreuses entreprises canadiennes à forte croissance et du domaine des TIC. Certains thèmes communs ont été abordés : l'importance de l'innovation, l'accès au capital et l'ouverture aux marchés mondiaux.
Je suis heureux de dire que notre gouvernement passe à l'action dans tous ces domaines. Dans celui du financement, par exemple, nous investissons 400 millions de dollars pour fournir des capitaux de risque initiaux et stimuler la croissance de grandes réserves de capital-risque.
Une des mesures clés à prendre pour développer l'économie numérique consiste à rendre accessible un spectre de fréquences suffisant pour répondre à la demande grandissante de services mobiles à large bande. Je sais que vous avez discuté de cela plus tôt aujourd'hui; or, c'est un domaine où notre gouvernement a déjà pris d'importantes mesures.
À votre conférence de l'an dernier, je vous ai dit à quel point il importait que le gouvernement procède judicieusement à la mise aux enchères des fréquences de 700 MHz et de 2 500 MHz. J'ai aussi déclaré que le gouvernement ne prendrait pas à la légère les décisions relatives à la façon dont il met aux enchères cette précieuse tranche du spectre.
Après mûre réflexion, j'ai annoncé la politique-cadre devant régir ces mises aux enchères. Le gouvernement est résolu à favoriser la concurrence et l'investissement dans ce secteur ainsi qu'un accès à point nommé aux nouvelles technologies.
Une deuxième ronde de consultations a eu lieu sur la forme que prendrait la mise aux enchères et sur les conditions de licence. Nous avons été saisis de nombreux points de vue différents, que nous avons analysés ensuite. Nos décisions seront annoncées au début de l'an prochain.
Parallèlement, nous savons qu'il faudra d'autres tranches du spectre pour répondre aux besoins du secteur des services sans fil. Notre regard se porte dès à présent au-delà des prochaines mises aux enchères du spectre, vers la demande future de services mobiles à large bande et les bandes de fréquences qui pourraient servir à y répondre.
C'est pourquoi nous amorcerons bientôt des consultations sur l'utilisation du spectre pour les services de raccordement. Nous nous assurerons ainsi que la capacité continuera d'augmenter parallèlement à la croissance exponentielle des réseaux à large bande.
Certes, la multiplication des fréquences du spectre mises à la disposition des fournisseurs de services sans fil ne représente qu'un volet de notre stratégie destinée à répondre à la demande de services mobiles à large bande. Nous devons aussi favoriser une utilisation améliorée du spectre.
Nous avons déjà vu une amélioration marquée de l'efficacité avec le passage de la technologie 3G aux services LTE. Il nous faut des investissements continus du secteur privé dans les toutes dernières technologies pour utiliser le mieux possible les ressources limitées du spectre.
Nous pouvons aussi accroître l'efficacité du spectre en assouplissant les règles sur le partage du spectre. C'est pourquoi j'annonce aujourd'hui que le gouvernement ouvre le spectre non utilisé entre les chaînes de télévision — ce que l'on appelle les « espace blancs » — aux applications exemptes de licence.
Cela engendrera de nouvelles possibilités importantes pour offrir des services Internet peu coûteux dans les régions rurales, ce qui aidera à combler le fossé numérique. À plus long terme, cette technologie pourrait entraîner une amélioration des services domestiques Wi-Fi et une augmentation de la capacité des réseaux de téléphonie cellulaire.
Mais, il ne faut pas perdre de vue que le spectre sert à toute une gamme de fins, par exemple dans le domaine des sciences, dans l'industrie et pour améliorer la sécurité publique. Par conséquent, j'attribuerai bientôt des bandes de fréquences pour les essais d'aéronefs, dans la bande dite « L », soit environ 1,4 GHz. Nous ferons ainsi en sorte que notre industrie aérospatiale dispose du spectre nécessaire pour continuer de compter parmi les chefs de file mondiaux dans le domaine des essais et de la certification des nouveaux aéronefs.
Je termine comme j'ai commencé, c'est-à-dire en réaffirmant que notre gouvernement est résolu à favoriser la croissance de l'économie numérique. Nous comprenons son potentiel de créer des emplois, d'accroître la productivité et de transformer les industries.
En plus d'investir dans les technologies, notre gouvernement réduit les impôts, développe les talents et accroît le commerce.
Notre gouvernement s'efforce d'établir les conditions propices à l'édification d'une économie numérique de classe mondiale. Mais nous ne pourrons y arriver seuls.
Nous avons tous un rôle à jouer. Il incombe au gouvernement d'établir les bons paramètres de base et les conditions qui favoriseront votre réussite, et il vous appartient de continuer à faire bénéficier de la technologie un nombre toujours plus grand de personnes :
- en branchant les Canadiens, où qu'ils soient, aux réseaux de la prochaine génération;
- en montrant concrètement à quel point les technologies numériques peuvent stimuler la productivité;
- en continuant à innover avec des produits et des services de pointe que vous pouvez vendre au monde entier.
Les conférences telles que celle-ci jouent un rôle important. Non seulement rassemblent-elles tous les principaux acteurs, mais elles nous rappellent aussi nos responsabilités communes, font état des progrès accomplis et nous sensibilisent à tout ce qu'il reste à faire.
Je vous remercie donc de votre participation. Je compte sur le plaisir de continuer à travailler avec vous tous, car ensemble, nous édifions un avenir meilleur, plus prometteur et plus prospère pour tous les Canadiens.