Merci.
Bonjour à tous.
Permettez-moi tout d'abord de féliciter Patrick, Daniel, Juergen et vos organismes d'avoir organisé un événement de si grande envergure!
Les conférenciers sont exceptionnels, et les enjeux, critiques, mais surtout, cette discussion se tient à un moment incroyablement opportun.
Avant de poursuivre, je tiens également à féliciter ArcelorMittal Dofasco qui célèbre 100 ans de leadership et d'innovation. Je suis persuadé que les 100 prochaines années seront tout aussi fructueuses!
Je voudrais maintenant commenter le cliché selon lequel les politiciens s'expriment au moyen de slogans. C'est habituellement le cas. Mais il est vrai que les slogans présentent les idées importantes et les vérités fondamentales. C'est ce qui me vient à l'esprit lorsque je songe aux slogans d'ArcelorMittal et de Dofasco.
Celui d'ArcelorMittal est « Transformer l'avenir ». Non pas « Un regard sur le passé », ni « Inspirons-nous d'hier », mais bien « Transformer l'avenir ».
Le slogan de Dofasco est l'un des emblèmes de la publicité canadienne : « Notre fort, c'est l'acier. Notre force, nos employés. » Je me permets du coup de faire la promotion de l'entreprise Kelley Advertising, à l'origine de ce slogan. Cette entreprise d'Hamilton est évidemment un exemple de réussite.
Il me semble que ces deux slogans expriment très bien les défis et les possibilités auxquels font face les fabricants du pays.
La dure réalité est que nous devons nous tourner vers l'avenir afin de transformer notre façon de faire des affaires. L'ancienne économie manufacturière est chose du passé. Nous devons nous préparer devant un futur qui sera tout à fait à l'opposé du passé.
Parallèlement, il ne suffit pas d'investir dans de nouveaux produits ou procédés afin d'y parvenir. Bien que ces derniers revêtent une importance capitale, il faut également investir dans les gens. Voilà la source de notre force.
Ces deux slogans ou idées se retrouvent dans le thème de cet événement de deux jours, qui concerne la valeur ajoutée. En effet, il s'agit, et je dirais même qu'il doit s'agir, du point focal de l'avenir du secteur canadien de la fabrication.
Aujourd'hui, j'aimerais donc vous parler quelques minutes au sujet des mesures que doit prendre notre gouvernement — mais aussi nos dirigeants d'entreprise — afin de s'assurer que la fabrication effectuée au Canada est assortie d'une grande valeur ajoutée.
J'ai commencé mon discours en affirmant que cet événement se tenait en temps opportun. En réalité, les discussions à l'ordre du jour sont essentielles. Nous nous réunissons à un moment où l'économie mondiale demeure fragile et où les fabricants se heurtent à des défis de taille.
Notre gouvernement comprend ces défis. Voilà pourquoi nous nous sommes concentrés à accomplir ce que seuls les gouvernements peuvent accomplir.
Nous avons pris des mesures décisives, par l'entremise du Plan d'action économique du Canada, afin d'appuyer l'économie canadienne alors que la récession mondiale avait atteint son point culminant.
Notre gouvernement a offert à l'industrie de l'automobile un appui crucial au moment où elle en avait le plus besoin. Nous avons investi et contribué à éviter l'effondrement d'un écosystème encore plus vaste qui comprend les fournisseurs de pièces et le secteur de la recherche-développement. Et nous avons obtenu un rendement de cet investissement.
Aujourd'hui, la récession étant derrière nous, mais les perspectives économiques mondiales étant toujours incertaines, nous nous employons à renforcer la position du Canada en tant que pays commerçant.
Nous travaillons à simplifier le passage à la frontière de façon à ce qu'il soit plus facile pour les entreprises canadiennes d'effectuer des échanges commerciaux avec les États-Unis.
En annonçant la construction d'un nouveau pont reliant Windsor et Detroit, nous améliorons l'accès à notre plus grand marché et partenaire commercial.
Dernière mesure, mais non la moindre, nous procédons à l'ouverture d'installations CanmetMATÉRIAUX, ici même à Hamilton, dans le but de mettre au point des technologies qui permettront d'améliorer et de placer à l'avant-plan de la scène internationale les produits dérivés des métaux et des minéraux fabriqués au Canada.
Nous avons par ailleurs mis en place un cadre économique solide qui vise à rembourser la dette, à réduire les taxes et impôts, à alléger le fardeau de la paperasserie, à promouvoir l'essor des exportations canadiennes vers les marchés mondiaux et à faire preuve d'une gestion prudente.
Le résultat? Le Canada a réussi mieux que la plupart des pays à se sortir de la crise économique. Nous sommes l'un des deux seuls pays du G-7 à avoir recouvré l'ensemble des emplois perdus au cours de la récession.
Notre ratio de la dette au produit intérieur brut est le plus bas des pays du G-7. Nous sommes l'un des rares pays dans le monde à avoir conservé sa cote de crédit AAA. Et nous avons dressé un plan précis afin de rétablir l'équilibre budgétaire.
Tous ces progrès ne sont pas passés inaperçus. Le Fonds monétaire international et l'Organisation de coopération et de développement économiques prévoient tous deux que l'économie du Canada se retrouvera parmi les chefs de file du monde industrialisé au cours des deux prochaines années. Le magazine Forbes a même désigné le Canada comme meilleur pays au monde où faire des affaires.
L'économie canadienne affiche d'excellents résultats. Et vous remarquerez que je n'ai fait allusion qu'à une seule économie. En effet, au Canada, il n'y a pas deux économies distinctes, l'une fondée sur les ressources, et l'autre, sur la fabrication. Nous possédons d'un bout à l'autre du pays une économie unique solide où les secteurs se renforcent mutuellement. Une économie progressant au sein d'un contexte fiscal robuste qui procure aux fabricants un avantage stratégique clé.
Il importe de procurer aux fabricants canadiens un avantage stratégique puisque la fabrication revêt une grande valeur.
Vous connaissez les statistiques. Le secteur manufacturier canadien emploie plus de 1 750 000 employés. Les postes en recherche-développement sont au nombre de 60 000. Ce n'est pas le secteur manufacturier que nos grands-parents ont connu. Il s'agit d'un secteur novateur à la fine pointe de la technologie qui est extrêmement diversifié.
Ce secteur est premier en ce qui a trait à l'investissement direct étranger en plus d'être responsable de 63 % des exportations de marchandises canadiennes.
Ici, en Ontario, la fabrication est à l'origine de 15 % du produit intérieur brut de la province et d'une proportion importante des emplois. Et pour des centaines de collectivités de l'ensemble du pays, le secteur manufacturier est toujours le fondement de leur survie économique.
Ces chiffres sont importants, mais ils ne disent pas tout. Car, derrière les chiffres, il y a les emplois. Des emplois qui soutiennent des familles. Des emplois qui procurent des salaires concurrentiels et qui permettent aux collectivités de s'implanter. Des emplois qui alimentent l'innovation et la productivité. Des emplois qui nous donnent les moyens de créer de nouveaux produits et procédés ainsi que d'offrir de nouvelles possibilités.
Nous devons accroître la compétitivité et la productivité. Pour ce faire, la recherche-développement (R-D) constitue un bon point de départ. Le secteur manufacturier représente un pourcentage disproportionné des investissements effectués dans la R-D. En fait, les fabricants entreprennent près de la moitié de toute la R-D réalisée au Canada. Près de la moitié!
Il s'agit là d'un élément critique, car au sein de l'économie de demain, ce qui importera, c'est la matière grise, c'est-à-dire les idées, l'innovation et l'ingéniosité qui donnent lieu à de nouvelles technologies, à de nouveaux produits et à de nouvelles façons de faire.
La fabrication se trouve au carrefour de l'innovation et de la production, où les idées créatrices sont traduites en occasions commerciales. C'est la raison pour laquelle, en plus de mettre en place des facteurs économiques fondamentaux judicieux, notre gouvernement a adopté des mesures qui profiteront tout particulièrement aux fabricants.
Nous avons diminué les impôts. Nous avons abaissé le taux d'imposition des sociétés, qui s'établissait à plus de 22 % en 2007, à 15 % aujourd'hui. Et nous avons supprimé l'impôt fédéral sur le capital.
Nous éliminons les droits de douane applicables aux machines et au matériel, faisant ainsi du Canada la première zone libre de droits de douane parmi les pays du G-20. Une fois cette mesure complètement mise en œuvre, les entreprises canadiennes économiseront près de 400 millions de dollars par année.
Nous avons prolongé, jusqu'en 2013, la déduction temporaire pour amortissement accéléré de manière à aider les entreprises manufacturières à se restructurer et à se réoutiller en vue d'accroître leur productivité et leur rentabilité.
Nous nous sommes également penchés sur la réduction des formalités administratives afin que vous puissiez consacrer moins de temps à remplir des formulaires et plus de temps à exploiter votre entreprise et à créer des emplois.
J'ai abordé, il y a un moment, le sujet de l'innovation et les raisons de son importance. L'innovation est le moteur de la croissance. Elle permet d'améliorer la productivité et de rehausser notre niveau de vie. Et c'est le meilleur moyen pour une économie à salaires élevés comme la nôtre de mener concurrence aux pays à bas salaires du monde entier.
Le secteur manufacturier est davantage conscient de cette réalité que la plupart des autres industries. L'industrie de la fabrication d'aujourd'hui ne repose pas sur des usines de grande taille, mais sur des usines intelligentes axées sur les technologies numériques. De nouveaux procédés — comme la fabrication additive et la numérisation — transforment fondamentalement la façon dont les produits sont fabriqués et les entreprises, exploitées.
En même temps, la mondialisation fait en sorte que la fabrication dépasse maintenant les frontières et gagne du terrain partout sur la planète. En conséquence, les économies avancées sont devenues des chefs de file dans les stades de production à grande valeur ajoutée. Le Canada est un maillon important dans la chaîne mondiale d'approvisionnement et doit le rester afin que nous puissions réussir.
Dans ce contexte où les changements sont substantiels et où la concurrence mondiale s'accroît sans cesse, l'innovation devient indispensable. La recherche-développement devient essentielle. L'exploitation de nouveaux débouchés devient obligatoire. Et la formation des travailleurs afin qu'ils acquièrent les compétences dont ils ont besoin devient nécessaire.
Nous prenons des mesures dans chacun de ces domaines.
En vue de stimuler l'innovation, notre gouvernement a alloué plus d'un milliard de dollars au cours des cinq prochaines années aux initiatives suivantes :
- Doubler le budget du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches Canada (CNRC).
- Réorienter les activités du CNRC vers la recherche fondée sur la demande et axée sur l'entreprise.
- Verser un financement à l'égard des activités de capital de risque, y compris une somme de 400 millions de dollars afin d'accroître les investissements de capital de risque de démarrage par le secteur privé.
Tous ces progrès ne sont pas passés inaperçus. Le Fonds monétaire international et l'Organisation de coopération et de développement économiques prévoient tous deux que l'économie du Canada se retrouvera parmi les chefs de file du monde industrialisé au cours des deux prochaines années. Le magazine Forbes a même désigné le Canada comme meilleur pays au monde où faire des affaires.
De plus, la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale, dont nous avons annoncé le lancement en 2010, donnera lieu à la construction de navires canadiens par des travailleurs canadiens au sein de chantiers navals canadiens.
Un élément essentiel de l'appui offert aux fabricants consiste bien entendu à veiller à ce que les produits que vous fabriquez se retrouvent sur les marchés mondiaux. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en œuvre le plan d'expansion commerciale le plus ambitieux de l'histoire du Canada.
Depuis 2007, la Stratégie commerciale mondiale a mené à la signature de nouveaux accords de libre-échange avec neuf pays, ce qui représente plus de 100 millions de clients potentiels.
Nous avons également permis la conclusion ou l'entrée en vigueur d'accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers avec 11 pays, et resserré les liens commerciaux avec les marchés les plus importants et les plus dynamiques du monde, notamment le Brésil, la Chine, l'Inde, le Japon et l'Union européenne.
Nous sommes d'ailleurs passés au niveau supérieur avec l'Union européenne et l'Inde en amorçant des négociations exhaustives en vue de la conclusion d'accords de libre-échange. Et nous nous sommes récemment joints au Partenariat transpacifique qui mène des pourparlers en vue de la conclusion d'un accord commercial entre 11 nations du Pacifique.
Cette nouvelle stratégie commerciale est ambitieuse et importante. Elle ouvre des horizons, crée de plus amples possibilités de vente des produits canadiens à l'étranger, et contribue à l'établissement des conditions propices à la prospérité à long terme des fabricants canadiens.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, la force réelle de toute entreprise — et la véritable clé du succès futur du secteur manufacturier du Canada —, ce sont les gens. Il s'agit là d'un des fils conducteurs qui est ressorti des tables rondes que j'ai tenues cet été d'un bout à l'autre du pays en compagnie d'entreprises canadiennes.
Comme l'industrie de la fabrication est un secteur de haute technologie, elle doit se doter des gens qui ont les compétences et le savoir-faire qui mèneront au succès. Et pas seulement dans les usines. Le secteur manufacturier actuel doit également pouvoir compter sur des spécialistes des technologies de l'information travaillant dans les bureaux, sur des concepteurs, ingénieurs et comptables à proximité immédiate, et sur des experts de la logistique et des employés responsables du marketing partout dans le monde.
Voilà pourquoi notre gouvernement a augmenté le soutien à l'égard du perfectionnement des compétences.
Nous avons offert aux petits employeurs un crédit à l'embauche, ce qui leur a permis de diminuer leurs coûts salariaux d'environ 205 millions de dollars et de créer des emplois aux quatre coins du pays.
Nous avons instauré une initiative ciblée pour les travailleurs âgés afin de les aider à améliorer leurs compétences et à continuer, pour aussi longtemps qu'ils le voudront, à faire partie de la population active.
Nous passons à l'action en ce qui concerne la reconnaissance des titres de compétences étrangers par l'intermédiaire, entre autres, de l'octroi d'un montant additionnel de 5 millions de dollars sur six ans visant à consolider le processus d'évaluation.
Nous augmentons en outre le financement accordé à la formation d'apprenti pour les gens de métier comme les soudeurs et les électriciens.
Plusieurs initiatives sont donc entreprises sur plusieurs fronts. Que ce soit les impôts, l'innovation, la politique commerciale ou le perfectionnement des compétences, ces domaines revêtent tous une grande importance pour le secteur manufacturier.
Nous savons qu'il est possible d'en faire davantage. J'ai bien hâte d'entendre vos idées sur ce que nous pourrions faire différemment ou améliorer afin d'ériger ou d'attirer encore plus au Canada des entreprises de fabrication à très grande valeur ajoutée, et des les appuyer. J'aimerais également avoir votre opinion sur ce que nous pourrions faire pour attirer plus de jeunes vers le secteur manufacturier, comme choix de carrière.
Puisque, ultimement, l'avenir du secteur manufacturier au Canada ne relève pas d'Ottawa, de Queen's Park, de Québec ou de Victoria, ni d'un quelconque programme gouvernemental. Il est plutôt tributaire de votre apport. Nous pouvons avoir une vision pour le secteur manufacturier. Nous pouvons avoir une vision pour l'avenir. Mais nous ne pouvons la mettre en œuvre sans vous.
Vous êtes les créateurs d'emplois, vous êtes les innovateurs et vous êtes l'avenir de ce secteur robuste et fier.
C'est pourquoi des événements de ce type sont si importants. Ils rassemblent les principaux acteurs, favorisent la discussion et encouragent la pollinisation croisée des idées.
Je suis persuadé qu'en travaillant de concert, en nous écoutant mutuellement et en apprenant les uns des autres, nous pouvons recourir à la sagesse qui émane des slogans afin de trouver les solutions dont nous avons besoin. Transformer notre avenir au moyen de la force de nos employés. Apporter une valeur ajoutée. Et créer pour le secteur manufacturier du Canada un avenir plus prometteur que ce que nous n'aurions jamais pu imaginer.
Le message que j'ai à vous livrer aujourd'hui est très simple : la fabrication de pointe contribue à la prospérité économique de notre pays et, ensemble, nous pouvons faire en sorte que cela soit le cas pour encore bien longtemps.
Merci