Le 28 novembre 2012
Dans un article publié lundi, Steven Hoffman, professeur d'université qui s'intéresse aux politiques sanitaires, soutient que l'égalité, la démocratie et la santé devraient être les priorités du Canada en matière d'aide étrangère. Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, soutient pour sa part que le développement économique a lui aussi un rôle à jouer. M. Hoffman semble penser que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) ne peut pas faire deux choses en même temps. La plupart des activités du secteur privé dans les pays en développement renforcent - plutôt qu'elles ne réduisent - l'engagement du Canada à l'égard de la démocratie et l'accès des plus démunis à des services de santé et d'éducation de base. La lutte contre la pauvreté menée grâce à l'aide au développement est une tâche complexe qui requiert des outils multiples et un portefeuille équilibré. Dans les pays en développement qui n'ont pas une économie locale vigoureuse, la viabilité est assurée par les subventions - ce qui n'encourage pas une croissance réelle.
Pour reprendre les paroles du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, « l'Afrique n'a pas besoin de charité. L'Afrique a besoin d'investissements et de partenariats ». Cette réalité s'applique à tous les pays en développement. Un secteur privé qui fonctionne (avec des petites et moyennes entreprises et des multinationales florissantes) dans le cadre de politiques publiques intelligentes, transparentes, responsables et bien implantées fait partie intégrante d'un développement global. Cela ne signifie pas que nous abandonnons nos autres priorités en matière de développement international. Contrairement à ce que M. Hoffman affirme, l'ACDI reste un chef de file mondial dans les domaines de la gouvernance démocratique, des soins de santé de base et de l'éducation.
Notre gouvernement est fier de contribuer au renforcement des institutions démocratiques et à une saine gouvernance. En Haïti, par exemple, l'aide canadienne a permis de créer un système national d'identification et d'enregistrement civil, de sorte que 4,8 millions d'adultes (soit 85 % de la population adulte du pays) ont maintenant en main une carte d'identité nationale sécurisée qui leur permet d'obtenir des services essentiels et de participer aux élections qui décideront de leur avenir.
Au chapitre des soins de santé, nous apportons une aide aux populations les plus vulnérables du monde et les résultats sont stupéfiants. Ainsi, le Canada est un chef de file mondial dans la lutte menée contre la poliomyélite à l'échelle de la planète. À ce chapitre, nous obtenons des résultats qui marquent réellement un tournant. En Afghanistan, où le Canada est le premier donateur en importance pour l'éradication de la poliomyélite, la maladie est maintenant largement circonscrite au sud du pays. Notre appui a permis à plus de 7millions d'enfants afghans de continuer à être vaccinés contre la maladie. Ce résultat est une réalisation, parmi tant d'autres, dont les Canadiens et les Canadiennes peuvent être fiers - et que M. Hoffman a omis de reconnaître.
En fait, le Canada apporte une aide au développement qui prend diverses formes et qui permet d'obtenir des résultats mesurables. Il n'en reste pas moins que les efforts déployés pour transformer des institutions faibles et non démocratiques ou pour faciliter l'accès à des soins de santé de base ne permettront pas de résoudre le dilemme du développement lui-même. Les pays en développement doivent parvenir à une croissance économique qui repose sur le secteur privé, de façon à pouvoir fournir les services de base dont leurs citoyens ont besoin.
Julian Fantino
Ministre de la Coopération internationale