7 novembre 2012
New Delhi (Inde)
Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé aujourd’hui le discours suivant au Forum économique mondial :
« Merci beaucoup.
« Bon matin.
« Distingués invités, mesdames et messieurs, avant de commencer, je tiens à transmettre mes salutations, tout d’abord aux membres de la délégation commerciale canadienne, je veux remercier chacun de vous de prendre le temps, malgré votre horaire chargé, d’appuyer la mission commerciale et d’investissement de notre gouvernement en Inde.
« C’est très apprécié.
« Merci aussi aux membres du caucus de notre gouvernement, madame la Sénatrice Asha Seth, messieurs les ministres Ed Fast, Tim Uppal et Bal Gosal, les sénateurs Asha Seth et Tobias Enverga, madame et messieurs les députés, Deepak Obhrai, Nina Grewal, Devinder Shory, Parm Gill et Kyle Seeback.
« Merci d’être là, et je suis également heureux de revoir mon vieil ami et collègue Stockwell Day, qui est également ici, ravi de revoir Stock.
« Je regrette d’apprendre que le professeur Schwab ne peut se joindre à nous aujourd’hui.
« Toutefois, je suis enchanté de rencontrer à nouveau le directeur général du Forum économique mondial, Borge Brende.
« Et Borge, je me réjouis de notre discussion, dans quelques minutes.
« Laureen et moi sommes venus en Inde en 2009 et je dois vous dire, mesdames et messieurs, que ce pays nous a beaucoup impressionnés.
« Ce qu’on comprend d’abord, c’est qu’il n’est pas possible de couvrir en une seule fois même une partie de cette vaste et fascinante civilisation.
« C’est donc vraiment agréable d’y revenir.
« C’est aussi un plaisir de revenir au Forum économique mondial, où tant de gens qui veulent faire une différence viennent se rencontrer.
« Et je suis ravi de voir que vous avez aussi choisi de venir en Inde, où se prennent de plus en plus de décisions qui ont une portée mondiale.
« Il y a près d’un an, durant notre dernière rencontre à Davos, j’ai souligné quelques unes des forces et des défis économiques du Canada.
« Pour ce qui est des points forts, les banques canadiennes restent les plus sûres au monde.
« En effet, le Forum économique mondial est l’une des organisations qui l’affirment.
« Le ratio dette-PIB du Canada reste le plus faible du G-7, et le plus faible de loin.
« Donc, toutes les grandes agences de notation ont confirmé l’excellente solvabilité du Canada.
« Parmi les pays du G-7, le Canada a maintenant le plus faible taux d’imposition pour ce qui est des nouveaux investissements des entreprises.
« Le Canada offre aussi une société diversifiée, mais en harmonie, avec des institutions publiques et une fonction publique réputées pour leur professionnalisme et leur intégrité.
« Comme Borge l’a souligné, ces atouts, et d’autres, ont aidé le Canada à mieux traverser la récession mondiale et à mieux s’en rétablir.
« En fait, malgré l’incertitude qui régnait alors, plus de huit cent mille nouveaux emplois nets se sont maintenant ajoutés à l’économie canadienne depuis juillet 2009.
« Nous restons quand même très sensibles à l’évolution des difficultés mondiales, surtout celles de nombreux pays développées.
« Comme je l’ai dit dans le cadre du Forum économique mondial au mois de janvier, beaucoup de pays avec lesquels le Canada est traditionnellement aligné sont freinés par des dettes qu’ils ne semblent pas pouvoir maîtriser, par des obligations qu’ils ne peuvent plus se permettre et par une croissance qui menace de rester embourbée pendant encore un certain temps.
« Comme je l’ai dit au mois de janvier, il est grand temps que nous prenions conscience de ceci :
« La richesse des économies occidentales n’est pas plus inévitable que la pauvreté des économies émergentes.
« Comme l’ont montré les quatre dernières années, la richesse dont nous profitons aujourd’hui en Occident n’est pas inévitable.
« Notre niveau de vie reposera – et reposera seulement – sur de solides politiques axées sur la croissance et sur les difficiles choix que nous avons à faire.
« C’est pourquoi, au cours de la dernière année, le gouvernement du Canada s’est engagé à prendre une série de mesures déterminées afin d’assurer la création d’emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme pour les Canadiens et Canadiennes.
« En gros, pour vous donner un aperçu, nous répartissons les différentes mesures que nous prenons, et que nous examinerons rapidement, en cinq catégories générales.
« La première de ces catégories est la fiscalité : je veux dire par là qu’il faut maintenir bas les taxes et les impôts, tout en veillant à ce qu’en même temps, les finances publiques restent solides.
« Nous avons continué à limiter et à restructurer les dépenses gouvernementales pour que notre budget soit équilibré à moyen terme et peut-être plus important encore, nous avons pris des mesures pour que la situation financière fédérale soit clairement viable pour la prochaine génération et celles qui suivront.
« La deuxième catégorie est celle de l’apprentissage et je veux dire par là que nous effectuons une vaste réforme de notre marché du travail.
« Nous investissons dans l’apprentissage et dans l’enseignement supérieur chez nous.
« Nous rendons aussi le système d’immigration du Canada, déjà ouvert et généreux, plus rapide et plus souple, afin d’attirer et d’intégrer les personnes qui ont les compétences dont nous avons besoin le plus rapidement possible.
« De plus, nous avons amélioré des éléments incitatifs de notre programme d’assurance-emploi pour mieux faire connaître aux Canadiens les emplois disponibles.
« La troisième catégorie est celle de la technologie.
« Nous ne faisons que commencer à moderniser à fond notre approche à l’égard de la recherche et notre politique en matière d’innovation pour obtenir de meilleurs résultats commerciaux à partir des importants investissements gouvernementaux que nous faisons dans le développement scientifique et technologique.
La quatrième catégorie est celle de la transformation, particulièrement de la transformation des procédures bureaucratiques.
« Nous avons pris un certain nombre de mesures. Par exemple, nous avons lancé l’Initiative de réduction de la paperasse et l’Initiative de développement durable des ressources.
« L’objectif de cette dernière initiative est de veiller à ce que les examens environnementaux soient exhaustifs et à ce que leur durée soit raisonnable, suivant le principe « un projet, un examen ».
« La dernière catégorie, celle qui m’amène dans cette partie de monde, est le commerce, de manière plus générale, notre stratégie commerciale mondiale pour le commerce et l’investissement.
« Depuis que notre gouvernement est arrivé au pouvoir en 2006, nous avons réussi à conclure des accords de promotion et de protection de l’investissement étranger avec quatorze pays, ce qui, naturellement, inclut la Chine.
« Nous sommes en train d’en négocier douze autres.
« Depuis 2006, le Canada a également conclu de nouveaux accords commerciaux avec neuf pays et a entrepris des négociations avec plus de soixante autres, y compris avec l’Union européenne. Il s’agit de la plus importante initiative commerciale du Canada depuis la signature de l’ALENA, et ces négociations progressent rapidement. Le Partenariat transpacifique que nous avons joint le mois dernier fait partie de ces accords conclus.
« Toute cela m’amène à parler de l’Inde.
« Pendant ma visite de 2009 et lorsque le Premier ministre Singh est venu au Canada l’année suivante, j’ai parlé de la nécessité pour le Canada et l’Inde de resserrer leur partenariat.
« Et même si je crois que cet objectif est clairement mutuel,
« Je crois également que nous devons devenir des partenaires plus proches, plus rapidement.
« Tant d’intérêts mutuels, une synergie manifeste, notre compatibilité culturelle, nous rassemblent, qu’ils devraient rendre le partenariat entre le Canada et l’Inde beaucoup plus étroit et profond.
« Le Premier ministre Singh et moi, nous nous sommes donné comme objectif de porter le commerce bilatéral à quinze milliards de dollars d’ici 2015.
« Le Canada a clairement démontré notre détermination en ce qui a trait à cet objectif.
« Le Canada a maintenant sept consulats en Inde.
« Nous avons renforcé nos relations de haut niveau.
« En plus de mes voyages, il y a eu pas moins de vingt-deux visites de ministres canadiens depuis 2006.
« Nos entreprises sont aussi de plus en plus engagées.
« Plus de 500 entreprises canadiennes sont maintenant installées ici, et des centaines d’autres projettent de le faire.
« Le Forum des pdg Canada-Inde a été établi.
« Et je m’en voudrais de ne pas mentionner le partenariat remarquable du Canada et de l’Inde dans le cadre des sommets du G-20 depuis le tout début.
« En fait, le Canada et l’Inde ont agi comme coprésidents et ont obtenu des consensus dans le cadre de deux des plus importants groupes de travail du G-20.
« En ce qui concerne la réforme du secteur financier international et également le cadre d’une croissance mondiale solide, durable et équilibrée.
« Mesdames et messieurs, par de telles mesures, la priorité que nous donnons à l’édification de ponts avec l’Inde et notre engagement à cet égard ne doivent laisser aucun doute.
« Tous ces éléments reposent sur de solides fondations.
« Nous sommes les héritiers de traditions et de valeurs qui se ressemblent.
« Nos sociétés pluralistes tirent leur force de leur diversité.
« Nous pratiquons et estimons la démocratie et la solidarité de notre société, et nous respectons les droits et la dignité individuels.
« De tels liens devraient nous permettre d’entretenir non seulement une relation fructueuse, mais aussi une amitié profonde.
« Ils ont certainement facilité l’intégration des fils et des filles de l’Inde à la vie canadienne, tout comme le climat commercial du Canada, par son efficience et sa prévisibilité, a permis à un si grand nombre d’entre eux de bâtir des entreprises et de prospérer au Canada.
« Les Canadiens d’origine indienne ont ainsi apporté une contribution prodigieuse à notre pays.
« Plus d’un million de Canadiens d’origine indienne vivent maintenant au Canada, soit plus de trois pour cent de toute notre population.
« Ce sont des gens travailleurs, généreux envers leurs communautés, dont nous sommes fiers.
« Et vous nous envoyez de plus en plus de jeunes.
« L’an dernier, plus de vingt-trois mille Indiens sont venus étudier ou faire de la recherche au Canada, c’est une augmentation d’un tiers en l’espace d’un an seulement, deux fois et demie de plus en seulement trois ans.
« Personnellement, j’accorde une grande importance à ces liens entre les populations.
« Ils forment et formeront un pont vivant entre nos deux grands pays, un pont de plus en plus grand et important.
« En fait, je suis ravi de signaler que pas moins de huit membres du caucus du gouvernement au Canada, dont deux ministres, ont des racines en Inde.
« Mais à part ces relations humaines impressionnantes, il est tout naturel que nous soyons des partenaires, comme je l’ai dit il y a trois ans.
« Ce partenariat potentiel est particulièrement évident dans les domaines que nous avons identifiés comme étant au cœur des possibilités économiques du Canada en Inde :
« L’énergie, l’agriculture, l’infrastructure et l’éducation.
« Au Canada, d’une part, les ressources naturelles abondent.
« D’autre part, l’Inde a besoin de ressources pour alimenter son essor industriel et technologique.
« Le Canada possède de solides institutions publiques, bien établies.
« Les besoins de l’Inde, dans des domaines comme l’éducation et l’infrastructure, surpassent sa capacité.
« Le Canada est un pays tourné vers l’extérieur.
« Les réformes qui se font en Inde ouvrent de plus en plus son économie.
« Le Canada comprend que les liens économiques traditionnels ne suffiront pas à préserver notre prospérité dans le climat d’incertitude de l’économie mondiale.
« Et je crois que l’Inde comprend aussi que même si ses aspirations sont à sa portée, sans les bonnes politiques, et les bons partenaires, le maintien de ses taux élevés de croissance économique n’est tout simplement pas garanti.
« Comme je l’ai déjà dit, le potentiel économique inexploité que nous avons en commun est massif et indéniable.
« Mais il a beau être massif et indéniable, il ne se concrétisera pas de lui-même.
« Des efforts concertés seront nécessaires de la part de nos deux pays pour que nous puissions récolter tous les avantages que cette relation peut nous offrir.
« Je reconnais, mesdames et messieurs, que nous avons progressé.
« L’accord sur la sécurité sociale est finalement conclu.
« Nous avons aussi enfin une entente administrative en vue de notre accord sur la coopération nucléaire.
« Nos négociations sur l’investissement étranger ont beaucoup avancé.
« Nous devons nous appliquer sérieusement pour qu’elles franchissent la ligne d’arrivée.
« Des négociateurs se rencontreront la semaine prochaine à Ottawa pour la prochaine ronde de discussions sur un accord de partenariat économique et commercial global.
« En menant à bien ces négociations, nous nous assurerons d’atteindre, et même de dépasser, nos ambitieux objectifs commerciaux, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire.
« Chers amis, c’est ainsi.
« Le monde évolue rapidement; le Canada et l’Inde doivent faire de même.
« De notre côté, nous avons approfondi nos liens en matière de commerce et d’investissement avec les marchés les plus grands et les plus dynamiques du monde, les États-Unis, bien entendu, l’Union européenne, le Japon, la Chine.
« Nous tenons à ce que l’Inde figure parmi eux.
« Mais il n’y a pas de temps à perdre.
« Nous devons redoubler d’efforts.
« Ne ratons pas cette occasion pour nos deux pays.
« Mesdames et messieurs, permettez-moi de conclure avec cette réflexion : vous savez, le Canada et l’Inde me font penser à un scénario typiquement bollywoodien.
« Deux jeunes se rencontrent.
« Ils savent qu’ils sont faits l’un pour l’autre, mais ils ont des obstacles à surmonter.
« De fait, ils surmontent ces obstacles et l’histoire finit bien, et ils s’assurent de le faire avant que l’intérêt des spectateurs ne se relâche.
« Mesdames et messieurs, c’est un peu ainsi que je vois la relation entre le Canada et l’Inde.
« Nous avons eu un départ prometteur.
« Mais nous devons travailler fort pour surmonter les obstacles, et nous devons travailler rapidement et si nous voulons parvenir à la fin heureuse que nous souhaitons.
« Ce ne sera pas facile, mais c’est faisable, alors faisons-le; faisons-le rapidement car le jeu en vaut la chandelle.
« Merci encore une fois au Forum économique mondial pour cette invitation, et merci à vous mesdames et messieurs, pour votre patience et votre attention. »