le 14 novembre 2012
Toronto (Ontario)
L’allocution prononcée fait foi
Je vous remercie de votre aimable présentation.
J’aimerais vous remercier également de m’avoir invitée à prendre la parole dans le cadre de ce symposium.
Je m’en voudrais de ne pas profiter de l’occasion pour remercier également toutes les chambres de commerce locales – vos membres – qui continuent de faire bouger les choses au sein des collectivités de partout dans ce merveilleux pays.
Et, c’est vraiment un pays merveilleux… où abondent les réussites et les possibilités.
Sur le plan économique, notre performance a été bien meilleure que celle de nombreux pays dans le monde, en particulier les pays européens.
De fait, depuis juillet 2009, plus de 820 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada.
Cela signifie que le Canada est le pays du G-7 qui a connu la plus forte croissance de l’emploi!
C’est bien, non? La réponse est : « Absolument! Bien sûr que oui, mais… »
Nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Nous avons besoin que tous nos travailleurs soient actifs.
En tant qu’entrepreneurs, vous savez mieux que quiconque que l’économie canadienne est encore fragile.
Cela signifie que tout recul dans d’autres pays pourrait avoir des répercussions sur nous.
Ce pourrait n’être que des vaguelettes, mais ce pourrait être aussi des vagues.
Ici, au pays, on observe que le taux de chômage est élevé dans certaines régions alors qu’il y a des pénuries de main‑d’œuvre dans d’autres régions.
Et parfois même, on observe un paradoxe : des pénuries de main‑d’œuvre dans des régions où le chômage est élevé.
Mais plus précisément, où le bât blesse, c’est ce décalage qui existe entre les besoins des employeurs et la main-d’œuvre et les compétences disponibles.
Vous-mêmes considérez les pénuries de main-d’œuvre qualifiée au Canada comme le premier obstacle au succès de vos membres, tel que vous l’indiquez dans votre rapport 10 obstacles à la compétitivité.
Vous avez décrit ces pénuries comme « un enjeu socio‑économique majeur pour ce pays ».
Sans hésiter, je ne peux qu’être d’accord avec vous.
Cet enjeu prendra de plus en plus d’importance, puisque la population vieillit et qu’un « grand nombre de baby-boomers » s’apprêtent à quitter la population active.
Il deviendra de plus en plus important, puisque nous faisons face à une vive concurrence sur la scène internationale pour attirer des talents et des travailleurs qualifiés.
Cette situation ne fera qu’empirer si nous ne faisons pas quelque chose pour combler cette lacune en haussant le niveau de compétences de notre propre population.
Mais soyons clairs sur un point. J’admets que nous avons un défi important à relever dans ce pays, mais je n’admets pas qu’il incombe uniquement au gouvernement de le mener à bien.
De fait, ce ne peut pas être le cas ni ne devrait l’être.
C’est une question qui nous concerne tous et qui requiert des efforts collectifs.
Notre réussite dépendra de notre capacité d’innover, de faire preuve de souplesse et de notre volonté de changer.
Ce sera important pour toutes les entreprises du Canada, et surtout pour les petites et moyennes entreprises, qui représentent après tout la majorité des entreprises du Canada.
En tant qu’entrepreneurs, vous avez l’habitude de chercher des solutions pratiques.
Et lorsque vous vous tournez vers le gouvernement pour obtenir de l’aide, c’est ce que vous cherchez – une aide véritable, plutôt qu’un discours politique vide de sens.
Vous voulez de l’action.
La création d’emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme des Canadiens et des Canadiennes constituent la plus grande priorité de notre gouvernement.
Pour atteindre nos objectifs en cette matière, nous devons nous attaquer aux pénuries de travailleurs qualifiés en ramenant les Canadiens et les Canadiennes au travail et en diversifiant notre main‑d’œuvre.
Comme je l’ai dit plus tôt, le travail en partenariat est la clé. Tous les ordres de gouvernement, le secteur privé et les établissements d’enseignement et de formation ont chacun un rôle à jouer.
C’est pourquoi je souhaiterais aujourd’hui vous parler de quelques-unes des initiatives que notre gouvernement a mises en œuvre pour relever les défis actuels.
Alors, par où commencer?
Tout d’abord, nous apportons des changements au régime d’assurance‑emploi afin d’aider les chômeurs canadiens à chercher et à trouver plus facilement un emploi.
Les changements à l’assurance-emploi que nous avons annoncés cette année ont soulevé beaucoup de discussions et de débats.
Je n’ai sans doute pas besoin de rappeler à quiconque dans cette salle que l’assurance‑emploi n’est rien d’autre que cela… un programme d’assurance qui soutient les travailleurs lorsqu’ils sont au chômage sans que cela ne soit de leur faute.
Ce soutien nécessite une responsabilité de la part des travailleurs : être disponibles et chercher activement du travail.
Je me remémore ma propre expérience lorsque je bavarde en ligne de ces changements avec les gens.
Lorsque j’ai une conversation avec des Canadiens et des Canadiennes, je mentionne souvent que je travaille depuis aussi longtemps que je peux me le rappeler! J’ai parfois occupé plusieurs emplois en même temps lorsque c’était nécessaire!
Et, c’est sans surprise que l’on me dit que mon cas n’est pas unique.
Partout au pays, il y a des Canadiens et des Canadiennes qui travaillent fort et qui comprennent que notre gouvernement ne veut que s’assurer qu’il vaut mieux pour eux de travailler que de ne pas travailler.
C’est aussi simple que cela.
Je crois que les Canadiens veulent réellement travailler.
Notre gouvernement veut les aider et aider les employeurs à trouver des employés.
Nous le faisons en partie avec le régime d’assurance-emploi. Mais nous le faisons aussi par de nouvelles mesures visant à mieux jumeler les Canadiens et les Canadiennes avec les emplois disponibles et dans le cadre du projet pilote Travailler pendant une période de prestations, une initiative qui permet aux prestataires de conserver davantage de ce qu’ils gagnent lorsqu’ils acceptent un emploi tout en recevant des prestations d’assurance-emploi.
C’est aussi la raison pour laquelle nous avons annoncé dernièrement la prolongation du crédit temporaire pour l’embauche visant les petites entreprises. Ce crédit peut atteindre jusqu’à 1 000 $ pour un employeur dont les primes d’assurance-emploi étaient de 10 000 $ ou moins en 2010.
Tout en réduisant les charges salariales, ce crédit supporte les coûts d’embauche de nouveaux travailleurs et permet aux compagnies de profiter des nouvelles occasions qui se présentent.
Mais, je m’arrête ici un moment. Offrir aux employeurs des incitatifs à l’embauche de Canadiens et de Canadiennes est inutile si notre régime d’assurance‑emploi contient des éléments tendant à décourager l’acceptation d’un emploi.
J’ai discuté dernièrement avec le propriétaire d’un hôtel établi dans trois endroits. Dans l’un de ces établissements, il compte sur les services d’un jeune réceptionniste fantastique, qui occupe le poste de nuit pendant la haute saison.
Il y a quelques semaines, il a demandé au réceptionniste s’il lui plairait de travailler quelques heures seulement à temps partiel, pendant la basse saison, dans ses autres établissements.
Il croyait récompenser le réceptionniste en lui offrant davantage de travail, mais la réponse du jeune homme l’a surpris :
« J’aimerais bien, mais je ne peux pas me le permettre. Je reçois de l’assurance-emploi l’hiver. Si je travaillais pour vous, mes prestations seraient réduites. Je perdrais de l’argent. C’est comme ça que ça marche. »
Cette histoire montre-t-elle que notre système d’assurance-emploi est juste, flexible et pertinent?
Je ne crois pas. N’empêche que des propriétaires de petites entreprises partout au pays peuvent vous raconter des histoires semblables au sujet de leurs propres employés.
Et c’est pourquoi nous voulons changer les choses.
Je pourrais parler de l’assurance-emploi toute la journée… de fait, certains jours je le fais!
Mais je désire vous parler d’un sujet encore plus important qui traite des pénuries de compétences et de maind’œuvre.
Il s’agit de la formation.
Je sais que, l’été dernier, la Chambre de commerce du Canada vous a consultés et que vous avez fait une déclaration-choc.
Vous avez dit que les emplois « non spécialisés » n’existent plus.
Le travail devient de plus en plus sophistiqué, même au bas de l’échelle. Et certaines compétences sont essentielles pour tous, notamment la lecture et l’écriture, l’informatique et les communications.
Cela signifie que la formation n’est plus optionnelle. Tout comme le perfectionnement ou le recyclage ne sont plus optionnels ou « pertinents », ni pour les employés, ni pour les employeurs.
Tout le monde en a besoin. Nous devrons donc collaborer pour nous assurer que tout le monde l’obtient.
Le gouvernement joue un rôle important dans le développement des compétences et la formation – aucun doute là-dessus. Nous donnons aux provinces et aux territoires des fonds importants à cette fin.
Mais tous les ordres de gouvernement mis ensemble ne peuvent pas tout faire.
Les employeurs doivent être prêts à jouer leur rôle. C’est pourquoi je vous lance aujourd’hui un appel.
Vous avez la possibilité et la responsabilité d’intensifier vos efforts pour former – et surtout recycler – les travailleurs.
Investir dans le développement des compétences de vos travailleurs est tout aussi important qu’investir dans la toute dernière technologie.
C’est bon pour les affaires et pour l’économie canadienne.
Prenons, par exemple, les métiers spécialisés : le gouvernement fédéral offre des subventions pour inciter les Canadiens à devenir apprentis et à obtenir le certificat Sceau rouge. Mais nous savons que le gouvernement est limité dans ce qu’il peut faire, puisqu’il est difficile pour les apprentis potentiels de trouver un employeur qui les embauchera.
Vous savez que les petites entreprises forment la plus grande partie du milieu des affaires du Canada. Les mesures que vous prenez pour hausser les niveaux de compétences contribueront donc à faire en sorte que vos travailleurs possèdent les bonnes compétences, ce qui sera avantageux pour vous. Ce sera aussi avantageux pour eux, car ils seront en mesure de mieux s’adapter au marché du travail.
Dans le contexte de nos améliorations globales à l’assurance‑emploi, nous harmonisons pour la première fois le régime d’assurance‑emploi et le Programme des travailleurs étrangers temporaires.
Comme vous le savez peut-être, nous examinons à l’heure actuelle ce programme afin de nous assurer qu’il est le plus solide possible.
Et ce, parce que nous souhaitons que les Canadiens et les Canadiennes soient toujours les premiers à avoir accès aux emplois disponibles.
Mais à long terme, nous ne pourrons régler nos pénuries de main‑d’œuvre qualifiée en important des travailleurs étrangers. Ce n’est qu’une mesure provisoire.
Nous devons amener les gens dont nous disposons à se perfectionner afin qu’ils puissent occuper ces postes, ici au pays.
Que ce soit dans le domaine de la mécanique industrielle ou de la programmation informatique, nous devons investir davantage dans notre propre main-d’œuvre nationale.
Je voudrais à présent changer légèrement de sujet et prendre quelques minutes pour vous parler des autres mesures que nous avons prises afin de répondre aux pénuries de main‑d’œuvre qualifiée.
À la fin du mois d’août, j’ai officiellement lancé le nouveau Programme d’appui aux initiatives sectorielles.
Ce nouveau programme permettra de recueillir de l’information fondamentale sur le marché du travail et de l’afficher dans le site Web Travailler au Canada.
Grâce à ce programme, les Canadiens connaîtront mieux les compétences qui sont nécessaires pour occuper les emplois pour lesquels il y a une demande dans différents secteurs.
Et les employeurs pourront plus facilement afficher les postes vacants et trouver des employés.
Présentement, les secteurs sous la loupe sont les métiers spécialisés, les soins de santé et la TI.
En accédant à une meilleure information, les employeurs, les travailleurs et les chercheurs d’emploi seront en mesure de prendre des décisions plus éclairées.
Dans le cadre du Programme d’appui aux initiatives sectorielles, nous avons lancé un appel d’idées de projets axés sur des partenariats, et nous étudions actuellement les idées soumises.
Demeurez au fait de l’information à ce sujet et j’ai la certitude que les résultats vous intéresseront.
Maintenant, je change une fois de plus de sujet, ce qui m’amène à vous parler de la plus importante ressource humaine de notre pays.
Nos jeunes.
Les jeunes Canadiens et Canadiennes qui ont tant à nous apporter.
Les jeunes Canadiens et Canadiennes qui constituent notre avenir.
Malheureusement, un grand nombre d’entre eux doivent composer avec l’incertitude du marché du travail.
Un grand nombre de nos jeunes diplômés se retrouvent au chômage ou sous-employés, plutôt que dans un poste correspondant à leur choix de carrière.
Pourquoi?
Parce qu’ils ne possèdent pas les compétences que recherchent les employeurs.
Trop de jeunes sont pris dans un cercle vicieux : « Pas d’emploi, pas d’expérience. Pas d’expérience, pas d’emploi ».
Je vous lance donc un défi! Voici votre chance, en tant qu’employeurs, de travailler avec les collèges et les universités afin d’influencer le programme scolaire.
Et comme la Chambre le mentionne dans un rapport récent, encourageons les entreprises canadiennes, grandes et petites, à accueillir la prochaine génération de travailleurs.
Le marché du travail a besoin de tous nos jeunes et de leurs compétences.
Mais à l’heure actuelle, le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population. C’est mieux que dans la plupart des autres pays, mais c’est loin d’être suffisant.
Nous devons renverser la situation.
C’est pourquoi notre gouvernement dispose d’une Stratégie emploi jeunesse qui vise à aider les jeunes Canadiens à acquérir les compétences et l’expérience dont ils ont besoin pour entrer dans la population active.
Nous injectons plus de 300 millions de dollars par année dans cette stratégie nationale pour la mise en œuvre de programmes partout au pays. Ces programmes donnent d’ailleurs d’excellents résultats.
Le programme phare qui fait généralement l’unanimité est Emplois d’été Canada. Ce programme vise particulièrement les petites et moyennes entreprises.
Cette année seulement, plus de 36 000 étudiants inscrits au programme Emplois d’été Canada ont travaillé entre leurs périodes d’études.
Ils gagnaient un salaire tout en apprenant. Ils ont ainsi acquis de l’expérience et de nouvelles compétences qui les conduiront à leur premier emploi permanent.
Nous tentons de mieux guider les jeunes Canadiens vers les compétences et les renseignements dont ils ont besoin pour obtenir ces emplois à forte demande.
Et nous encourageons les employeurs à engager des jeunes dans des postes où ils peuvent acquérir l’expérience pratique cruciale dont ils ont si désespérément besoin.
Ils reçoivent également des conseils pour choisir un programme d’études qui correspond aux emplois disponibles.
De leur côté, les employeurs obtiennent des travailleurs qualifiés (ou aptes à la formation).
Et l’économie profite du fait que les jeunes travaillent dans leur collectivité.
Les jeunes d’aujourd’hui comptent parmi les plus grands atouts du Canada.
En investissant dans nos jeunes, nous investissons dans le Canada.
Parlant d’investissements qui pourraient éventuellement profiter à nos jeunes et contrer la pénurie de compétences, le discours que j’ai prononcé la semaine dernière lorsque j’ai lancé notre nouvelle initiative sur la finance sociale me revient à l’esprit.
Il s’agit d’un nouveau domaine pour le Canada. C’est une nouvelle forme de collaboration entre les entreprises, le secteur bénévole, les entrepreneurs sociaux et les particuliers pour s’attaquer aux problèmes sociaux complexes, tels que le chômage persistant, l’itinérance et la pauvreté chronique.
Il y a quelques jours, nous avons lancé un appel national d’idées sur la finance sociale. Nous sollicitons des idées novatrices et réalisables de la part des leaders communautaires et des dirigeants d’entreprises qui permettraient d’assurer que tous les Canadiens peuvent participer pleinement au marché du travail et contribuer à la croissance économique du Canada.
Il s’agit de trouver des solutions locales à des problèmes locaux.
Nous espérons que cet appel générera un vaste éventail d’idées de projets.
Des idées qui pourraient façonner les futures politiques sociales du Canada.
Des idées qui pourraient nous aider à résoudre des problèmes persistants, comme la pauvreté et le chômage chez les jeunes.
Des idées qui pourraient amener de nouveaux partenaires à notre gouvernement.
Des idées qui profiteront aux citoyens et citoyennes qui en ont le plus besoin.
Mesdames et Messieurs, je pense que tout le monde ici est sur la même longueur d’onde.
Je tiens à m’assurer que les petites et moyennes entreprises comme les vôtres disposent des travailleurs qualifiés dont elles ont besoin pour croître et prospérer. Mais j’ai besoin de votre collaboration.
La situation qui se dessine est grave en ce qui concerne les pénuries de travailleurs qualifiés et de main‑d’œuvre. Et la solution ne se trouve pas à l’étranger : elle est ici même.
Nous devons répandre nos pratiques exemplaires et améliorer l’échange de renseignements entre nous. Le réseau des Chambres est un solide atout et un bon point de départ.
Le gouvernement est-il prêt à relever le défi? Certainement, nous faisons notre devoir.
La question que je vous pose maintenant est la suivante : Vous, en tant que propriétaires et dirigeants d’entreprise, êtes-vous prêts à relever votre défi?
Ensemble, gouvernement et entreprises, nous pouvons assurer la prospérité à long terme au Canada.
Avec l’aide d’organisations comme les vôtres et des gens créatifs, résilients et flexibles que vous représentez, nous pouvons y arriver.
Merci.