Salle de bal Confédération, Hôtel Westin, Ottawa (Ontario).
Je vous remercie, Joseph Rotman, de cette aimable présentation.
Mesdames et Messieurs, je vous souhaite la bienvenue dans la magnifique ville d'Ottawa, la capitale de notre pays, pour la toute première conférence annuelle de Grands Défis Canada.
Être en bonne santé ouvre la porte aux multiples possibilités de la vie.
Voilà une vérité universelle, un principe que l'on peut appliquer à tous, partout au monde.
Lorsqu'ils sont en bonne santé, les enfants apprennent mieux. Et, plus tard, ils peuvent réaliser leur potentiel et faire partie intégrante de leur collectivité et de leur économie.
Lorsqu'ils sont en bonne santé, les parents peuvent mieux subvenir aux besoins de leurs enfants. Ils peuvent aussi contribuer à la croissance économique et, ainsi, assurer la prospérité de leur société.
Les personnes en bonne santé peuvent surmonter plus facilement les obstacles qui, d'ordinaire, les freinent.
Vous connaissez comme moi l'ampleur de ces défis dans le monde en développement, où quelque 287 000 femmes meurent chaque année, encore aujourd'hui, de complications liées à la grossesse.
Où, chaque jour, 19 000 enfants meurent avant leur cinquième anniversaire.
Et où la pauvreté empêche beaucoup trop de gens de recevoir les soins de santé essentiels à leur survie.
Parmi tous les Objectifs du Millénaire pour le développement, ceux qui ont trait à la santé maternelle et infantile enregistrent les progrès les plus lents.
Voilà pourquoi le Canada s'efforce d'agir le plus possible en faveur de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants depuis quelques années.
Je ne suis ministre de la Coopération internationale que depuis peu de temps, mais j'ai déjà constaté certaines des difficultés que les populations des pays en développement vivent.
Lorsque je suis allé en Afrique en septembre dernier, j'ai rencontré beaucoup de mères de jeunes enfants.
Elles disaient avoir juste assez de nourriture pour tenir leurs enfants en vie et devoir marcher des kilomètres, avec leurs enfants malades dans les bras, tentant désespérément de trouver les soins de santé dont ils ont besoin.
Ces discussions m'ont fait prendre conscience de l'importance de cibler les mères et les enfants dans nos activités de développement.
Le Canada a dirigé les efforts visant à garder les mères et les enfants en vie et en santé. Pour ce faire, il a mobilisé les pays du G8, d'autres donateurs importants et des fondations privées.
En 2010, dans le cadre de l'Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, lancée lors du Sommet du G8, nous avons promis de verser 1,1 milliard de dollars de plus en financement pour ces efforts, tout en maintenant notre engagement courant de 1,75 milliard de dollars sur cinq ans.
Notre engagement totalisant 2,85 milliards de dollars nous permettra d'atteindre un but commun, celui de réduire considérablement les décès évitables chez les mères et les enfants.
Les interventions du gouvernement du Canada liées à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants visent à réduire les principales causes de mortalité chez les femmes et les enfants.
Les mères, par exemple, meurent très souvent à l'accouchement ou dans la première semaine de vie de leur enfant.
Parmi les principaux facteurs de risque, citons l'anémie, le paludisme, les infections au VIH et la malnutrition.
Comme vous le savez, la malnutrition chez la mère augmente non seulement les risques de complications à l'accouchement, mais aussi les risques pour l'enfant à la naissance, dont une insuffisance de poids.
Chez les enfants, les principales causes de décès sont les infections, en particulier la sepsie et la pneumonie, la naissance prématurée et les problèmes respiratoires.
Ils meurent de pauvreté et d'isolement, et aussi parce qu'ils n'ont pas accès à la vaccination systématique ou à des services de soins de santé, qu'ils ont des carences en vitamine A et d'autres micronutriments essentiels et qu'ils vivent dans des milieux où les agents pathogènes prolifèrent.
Pour surmonter ces défis, le Canada a adopté une approche à l'égard de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants répartie en trois grands volets.
Le premier, le renforcement des systèmes de santé, vise à garantir que les pays peuvent offrir des services de qualité.
Les femmes devraient être en mesure d'accoucher en présence d'un professionnel qualifié dans un établissement près de chez elle, et non pas à 100 kilomètres de chez elle, comme c'est le cas au Niger, par exemple.
Leurs enfants devraient être en mesure de se faire soigner pour une pneumonie et leurs nouveau-nés devraient pouvoir recevoir des soins de santé avancés dans le système de santé. En effet, beaucoup trop meurent dans leur première semaine de vie.
En Tanzanie, le soutien du Canada a aidé 43 millions de personnes à accéder à des services de soins de santé dans 4 600 centres de santé locaux.
Il y a huit ans, 46 % des bébés naissaient dans des centres de santé en présence d'un accoucheur qualifié.
Ce nombre était passé à 51 % en 2010.
Ce sont de modestes progrès, certes, mais ce sont tout de même des progrès.
Le deuxième volet, qui vise à réduire le fardeau des maladies, propose des approches pour la prévention et le traitement.
Six affections et maladies évitables causent plus de 75 % des décès chez les enfants de moins de cinq ans.
Et mentionnons que la pneumonie, la diarrhée et le paludisme causent à eux seuls 58 % de tous les décès chez les enfants.
Chez les femmes enceintes, les principaux facteurs de risque sont le paludisme, l'anémie et le VIH, puisqu'ils causent 20 % des décès maternels.
Il est donc essentiel de réduire le fardeau des maladies si nous souhaitons abaisser ces taux inacceptables de mortalité chez les mères et les enfants.
Le gouvernement du Canada appuie le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont on estime que les programmes ont prévenu 8,7 millions de décès attribuables à ces trois maladies depuis 2002.
Ajoutons à cela que notre travail consistant à contribuer à la formation de plus de 2 000 travailleurs de la santé en Afghanistan a donné lieu à la vaccination de plus de 7,8 millions d'enfants contre la poliomyélite dans l'un des derniers pays de la planète où cette maladie est toujours endémique.
Enfin, le troisième volet de l'approche qu'a adoptée le gouvernement du Canada dans le cadre de l'Initiative de Muskoka est l'amélioration de la nutrition, puisque la malnutrition est la cause sous jacente de 35 % des décès chez les mères et les enfants.
Nous faisons de notre mieux pour que les femmes reçoivent les suppléments nutritifs et l'information dont elles ont besoin pendant leur grossesse, de même que les suppléments de fer et d'acide folique qui aident au développement de leur enfant.
Nous encourageons l'allaitement et diffusons de l'information nutritionnelle pour que les enfants obtiennent les aliments dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin.
Nous appuyons l'Initiative pour les micronutriments, et nos efforts ont permis d'améliorer le développement et la nutrition des enfants.
Par la distribution de vitamines et minéraux essentiels, nous avons aidé à prévenir environ 470 000 décès d'enfants ainsi que des déficiences mentales chez 200 000 nouveau-nés.
Nos efforts visant à sauver la vie de mères et d'enfants génèrent des résultats mesurables, et nous en sommes fiers.
Nous savons toutefois que, pour surmonter les défis, nous devons faire preuve d'innovation.
Alors que le monde entier s'attaque aux enjeux en matière de santé mondiale, le Canada souhaite ardemment s'inspirer d'idées nouvelles afin d'accomplir des progrès encore plus importants à l'égard de ses objectifs de développement.
Grands Défis Canada est l'exemple parfait d'une organisation qui laisse libre cours à son imagination pour trouver des solutions aux problèmes actuels en matière de développement.
Le programme Sauver des vies à la naissance permet de sauver la vie des femmes enceintes et des nouveau-nés dans les collectivités défavorisées.
Il en va de même pour des innovations ingénieuses, comme les valises contenant une trousse d'énergie solaire pouvant fournir du courant pendant toute une journée, ou l'appareil Odón, qui permet des naissances assistées plus sécuritaires et plus faciles.
Le programme Sauver des cerveaux vise à promouvoir le développement de la petite enfance et la formation du capital humain à long terme.
Le programme Santé mondiale dans le monde cherche à étendre l'accès aux soins de santé mentale et dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
Enfin, le programme Les étoiles en santé mondiale vise à appuyer les idées audacieuses qui ont de grandes incidences sur la santé mondiale.
Des idées audacieuses, comme une trousse de naissance à 2 $ qui permet aux femmes enceintes et aux futurs nouveau-nés de vivre un accouchement sécuritaire et sain même s'ils se trouvent dans un milieu défavorisé.
Je crois savoir que certains des 17 lauréats canadiens du programme Les étoiles en santé mondiale sont des nôtres aujourd'hui.
Félicitations !
Le gouvernement du Canada est heureux d'appuyer vos idées audacieuses et novatrices pour s'attaquer aux problèmes de santé dans les pays en développement.
Chacun de ces programmes, tout comme ceux des autres équipes de Grands Défis Canada ici présentes, constitue une approche novatrice en matière de santé mondiale.
Il s'agit d'une nouvelle façon de régler un problème tenace ou, comme l'indique Grands Défis Canada, de surmonter « un problème précis dont l'élimination pourrait apporter une contribution immense à des millions de vies dans le monde en développement ».
Voilà la véritable définition d'un grand défi.
Et c'est pourquoi les idées novatrices que vous proposez sont si importantes.
L'innovation en matière de santé mondiale représente un élément crucial du contexte du développement.
Et si nous voulons accélérer les progrès menant à l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement 4 et 5, soit réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, l'innovation devra occuper une place importante dans nos efforts communs.
Car plus que jamais, il nous faut des interventions novatrices qui englobent de nouvelles approches au chapitre du développement, de nouveaux partenariats et de meilleures activités de recherche et développement.
Nous devons encourager les idées nouvelles et la réflexion.
Nous devons mettre à l'essai ces idées dans des conditions réalistes, amener des innovations à l'échelle opérationnelle et harmoniser les efforts.
Et nous devons trouver les moyens d'amener ces innovations à l'avant-plan des services de santé nationaux, dans tous les pays où le fardeau de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants est plus élevé.
L'innovation consiste à créer des idées qui stimulent l'amélioration, le renouvellement et le changement.
Nous savons que la meilleure façon de trouver des solutions aux problèmes tenaces en matière de développement est de mettre l'accent sur des projets rentables, évolutifs et évalués rigoureusement.
Pour trouver de nouvelles solutions, nous devons penser à l'innovation en fonction de trois phases clés : premièrement, faire des validations de principe susceptibles de donner des résultats qui changent la donne ; deuxièmement, investir pour mettre à l'essai, sur le terrain, des concepts de projets prometteurs ; enfin, transposer les nouvelles idées en mettant en œuvre à grande échelle les innovations fructueuses liées aux projets.
Il s'agit de la nouvelle frontière du développement, et une conférence comme celle-ci ― qui réunit les plus grands esprits des domaines scientifiques, technologiques, sociaux, commerciaux et gouvernementaux ― montre la voie à suivre.
L'innovation est un fondement important de ce que le gouvernement du Canada tente d'accomplir dans les pays en développement.
À l'avenir, nous chercherons des moyens d'accroître le soutien offert aux nouvelles méthodes de financement pour aider à résoudre les problèmes relatifs au développement.
Nous envisagerons de nouvelles façons de promouvoir de nouveaux mécanismes de financement, mais aussi de mettre à profit le savoir-faire du secteur privé, des organisations à but non lucratif et du milieu universitaire.
Ces approches nous permettront d'exploiter les idées, les talents et les innovations des collectivités locales, ainsi que des citoyens de toutes nationalités ouverts sur le monde, qui ont observé un problème dans un autre pays et qui ont dit pouvoir faire quelque chose pour le régler.
Nous cherchons aussi des moyens de mettre à l'essai des concepts novateurs éprouvés dans le cadre de nos programmes actuels et, s'il y a lieu, de les appliquer plus largement.
Le fait d'être des gardiens responsables de l'argent des contribuables ne devrait pas nous empêcher de courir des risques.
Mais nous devons miser sur les idées sensées qui promettent d'améliorer la qualité de vie des démunis et reconnaître que nous apprenons quelque chose même lorsque ces idées n'aboutissent pas.
Comme l'a déjà dit Henry Ford : « Un échec est tout simplement la possibilité de recommencer plus intelligemment. »
Je me suis donc engagé à trouver des partenariats novateurs qui auront pour effet d'augmenter l'impact de nos initiatives, et qui nous aideront à respecter nos engagements au niveau du développement.
Par exemple, nous sommes à l'affût des pistes prometteuses issues du programme Les étoiles de la santé mondiale.
Nous voulons prendre appui sur les meilleurs éléments de ce programme pour améliorer encore plus les résultats en matière de santé dans les pays en développement.
Dans le cadre de cette relation, nous allons faire valoir l'attachement du Canada à l'égard de l'innovation en faveur de résultats pour le développement.
Le gouvernement du Canada se réjouit à la perspective de collaborer plus étroitement avec Grands Défis Canada et de faire fond sur ses réussites et sa réserve de bonnes idées pour mieux centrer notre attention sur les progrès liés à la santé.
Mesdames et Messieurs, à la base, le développement concernera toujours les personnes, le fait d'investir dans leurs capacités fondamentales et de soutenir le développement de sociétés qui leur permettront de réaliser leur plein potentiel et de vivre heureux, en santé et dans la dignité.
Vos innovations peuvent faire partie de ce processus, et elles en feront effectivement partie.
Notre défi à tous est de collaborer pour concevoir et mettre à l'essai de nouvelles idées, les appliquer plus largement et les transmettre aux infirmières, aux pharmaciens, aux promoteurs de la santé communautaire et à d'autres intervenants.
Nous pouvons et devrions être fiers des nouvelles idées qui se concrétisent, mais nous le sommes encore plus lorsque ces idées viennent changer le cours de l'existence d'une jeune mère ou sauver la vie d'un enfant.
La santé mondiale a fait des progrès, et nous y sommes tous pour quelque chose, mais il reste beaucoup à faire pour que les femmes et les enfants dans les pays en développement soient en santé.
Il est essentiel de faire avancer ces grands défis.
Le gouvernement du Canada est heureux de collaborer avec de nouveaux partenaires, comme Grands Défis Canada, et aussi de poursuivre ses partenariats actuels avec le Centre de recherches pour le développement international du Canada, vos gouvernements et des organisations comme la Fondation Bill et Melinda Gates, en vue de mettre au point des solutions novatrices aux problèmes liés au développement.
Merci de votre attention. J'espère que votre séjour à Ottawa et vos projets futurs seront fructueux.
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