Notes d'allocution
L'honorable Christian Paradis, C.P., député
Ministre de l'Industrie
Ottawa (Ontario)
Le 5 décembre 2012
La version prononcée fait foi
Je vous remercie. Mesdames et Messieurs, bonjour.
Je suis heureux d'inaugurer le Sommet de l'aérospatiale canadienne de 2012. Vous avez choisi un thème éloquent cette année : « Oser pour un avenir grandiose ». Ce thème traduit l'enthousiasme, l'énergie et l'optimisme de toute une industrie.
Ces sommets sont toujours importants, car ils vous permettent d'obtenir une vue d'ensemble sur l'industrie, de renforcer vos réseaux et de former des partenariats qui feront progresser vos entreprises.
Cette année revêt toutefois un caractère spécial. Non seulement parce que 2012 marque le 50e anniversaire de la présence du Canada dans l'espace, mais aussi parce que, comme votre programme le précise, le secteur de l'aérospatiale se retrouve aujourd'hui devant des défis particuliers et des possibilités exceptionnelles.
Les défis s'apparentent à ceux qui se posent dans d'autres secteurs tournés vers l'exportation, mais cela n'enlève rien à leur importance.
Je mentionne ici quelques-unes des pressions qui s'exercent dans votre secteur :
- la vigueur de notre dollar;
- l'obligation vitale d'innover constamment pour demeurer compétitifs;
- la nécessité d'accéder aux marchés en croissance rapide;
- les impératifs d'une chaîne d'approvisionnement mondialisée.
Or, tout cela se passe dans un contexte où l'industrie est promise à une croissance formidable. Pris ensemble, ces changements signifient que nous devons repenser et ré-imaginer l'avenir de l'aérospatiale au Canada.
C'est précisément pourquoi notre gouvernement a demandé à David Emerson de mener un examen complet de nos programmes et politiques de l'aérospatiale et de l'espace.
J'ai reçu le rapport de M. Emerson la semaine dernière et je tiens à souligner une fois de plus son travail remarquable. Je remercie encore une fois Sandra Pupatello, Jim Quick et Jacques Roy de leur précieuse contribution. Enfin, je remercie l'Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC) et ses membres du rôle qu'ils ont joué dans cet examen. Je sais que beaucoup parmi vous ont participé aux six groupes de travail dirigés par l'industrie qui ont appuyé l'examen. Votre temps, vos idées et vos compétences ont été essentiels à l'aboutissement de ce processus. Je vous remercie.
Je peux vous garantir que nous examinons à fond les recommandations formulées dans le rapport afin de tracer la voie à suivre.
Avant d'aborder certaines des questions soulevées dans le rapport, je crois qu'il importe de réfléchir au contexte économique d'ensemble dans lequel ce sommet a lieu.
Vous savez fort bien que l'incertitude continue de peser sur l'économie mondiale. La reprise demeure fragile, et les progrès sont lents.
Le Canada a traversé la tempête récente mieux que la majorité des autres pays. En fait, ses facteurs économiques fondamentaux comptent parmi les plus solides du monde.
Cela dit, nous devons penser à demain. Nous savons que, dans l'économie de demain, ce seront l'innovation, les idées et l'ingéniosité qui compteront. Or, ces trois éléments se recoupent au sein du secteur de la fabrication.
À cet égard, notre gouvernement a :
- réduit les taxes et les impôts;
- éliminé les tarifs sur les machines;
- prolongé la période d'application de la déduction pour amortissement accéléré;
- mis l'accent sur la réduction de la paperasse, de manière à ce que vous passiez moins de temps à remplir des formulaires et plus de temps à diriger vos entreprises.
Le secteur de la fabrication est la pierre d'assise de notre économie. Le Canada compte des constructeurs, des concepteurs, des innovateurs et des ingénieurs dans toutes ses régions. Notre pays est un chef de file mondial dans certains des domaines les plus récents et dans certains des domaines les plus anciens.
Dans des secteurs aussi différents que les plastiques, la transformation alimentaire, les technologies de l'information et l'aérospatiale, les Canadiens montrent au monde la voie à suivre. D'ailleurs, on constate facilement l'importance clé de votre secteur pour l'économie canadienne.
Vous connaissez les statistiques. Vous savez que votre industrie a un effet direct sur le produit intérieur brut du Canada. Vous savez que vous soutenez près de 160 000 emplois directs et indirects et qu'au cours des 10 dernières années, le taux de croissance de la productivité de votre industrie a été le plus fort parmi ceux des pays du G-7.
Ces statistiques sont importantes, mais elles ne disent pas tout. Car en arrière-plan, il y a les emplois qui soutiennent les familles, qui procurent des salaires compétitifs et qui servent de fondement aux collectivités. Ces emplois stimulent l'innovation et la productivité et nous donnent la capacité de créer des produits, des processus et des débouchés.
Notre gouvernement sait bien que vous avez des défis à relever dans cet environnement commercial en constante évolution. Par exemple, les économies émergentes sont en train de transformer le visage de la concurrence.
D'une part, il y a là des débouchés de très grande envergure. La demande émanant de la région de l'Asie-Pacifique pourrait tôt ou tard en faire le plus vaste marché pour les aéronefs commerciaux. D'autre part, de nouveaux concurrents se manifestent. Ces concurrents sont nombreux à bénéficier des ressources et de l'influence de leur gouvernement.
À cela s'ajoute un virage fondamental dans le modèle opérationnel de votre industrie. Un modèle au sein duquel les fabricants d'équipement d'origine mondialisent systématiquement leurs chaînes d'approvisionnement et exigent que d'autres entreprises assument une part des risques dans le cadre de partenariats.
Ces deux changements fondamentaux font voir les effets véritables de la mondialisation, un phénomène qui signifie que les distances comptent de moins en moins.
Votre industrie utilise presque exclusivement des pièces et des matériaux de la plus grande valeur. En termes relatifs, il n'en coûte donc à peu près rien de transporter quelque chose à l'autre bout du monde. Cela signifie que les pays où les frais de main-d'œuvre sont moindres exercent une pression de plus en plus forte.
Voilà pourquoi l'innovation importe tant. C'est l'instrument par excellence qui permet au Canada de se démarquer des pays où les coûts sont moindres.
Le rapport Emerson décrit cette réalité on ne peut mieux :
Heureusement, les industries canadiennes de l'aérospatiale et de l'espace ont eu la bonne idée de faire de l'innovation leur priorité, comme en témoignent leurs grands investissements en recherche-développement (R-D). En fait, le secteur canadien de la fabrication en aérospatiale se caractérise par une intensité de R-D quatre fois plus forte que la moyenne des autres secteurs de la fabrication au pays.
Les grands joueurs de l'industrie ne sont pas les seuls à investir. En fait, des travaux fort impressionnants ont lieu dans les petites et moyennes entreprises.
Les réalisations de l'industrie dans ce domaine sont encore plus impressionnantes si l'on songe à la collaboration générale qui s'y manifeste. On remarque des partenariats entre des entreprises, ainsi que des partenariats qui unissent les entreprises aux milieux universitaires, aux gouvernements et aux chefs de file mondiaux installés dans d'autres pays.
Je m'attends à ce que cela devienne de plus en plus la norme, étant donné que les modèles d'innovation continueront à évoluer. En fait, les collaborations de ce genre sont exactement ce que nous envisageons de réaliser grâce à l'Initiative stratégique pour l'aérospatiale et la défense (ISAD). Notre gouvernement soutient les efforts que vous faites pour accroître votre capacité d'innovation et votre compétitivité. Nous travaillons de pair avec des entreprises dans le but de créer des technologies de pointe, d'attirer et retenir une main-d'œuvre hautement qualifiée et de favoriser la collaboration avec les universités et les collèges.
Notre gouvernement et votre industrie sont des partenaires de longue date en innovation. Par l'intermédiaire de l'ISAD, nous avons affecté 827 millions de dollars à 26 projets de R-D de pointe au cours des quatre dernières années.
Par ailleurs, votre collaboration avec le Conseil national de recherches du Canada et avec le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada a débouché sur de magnifiques résultats.
L'appui du gouvernement s'étend à d'autres domaines également. Nous avons créé des débouchés grâce à notre Politique des retombées industrielles et régionales. À l'heure actuelle, plus de 60 projets d'acquisition majeurs sont assujettis à cette politique, générant plus de 22 milliards de dollars en retombées industrielles et régionales.
Permettez-moi de dire quelques mots à propos du secteur canadien de l'espace, qui est un leader en recherche avancée et en innovation. Cette industrie a su traduire les investissements dans le savoir en un avantage mondial dans plusieurs créneaux, comme la robotique et les communications par satellite. Notre gouvernement sera votre partenaire en vous aidant à obtenir de nouveaux projets et à acquérir une précieuse expérience des vols spatiaux.
Cependant, les activités et les priorités du gouvernement dans ce domaine tendent à être axées sur un petit nombre de grands projets à long terme. Cela peut engendrer de véritables défis pour l'industrie. C'est d'ailleurs une question qui est abordée dans le rapport Emerson.
C'est un élément que nous analyserons soigneusement, dans le contexte de notre programme économique et des autres priorités de l'État.
Ce disant, je conclus en revenant au rapport Emerson.
Le message que je vous adresse aujourd'hui est simple : notre gouvernement comprend les défis qui se posent à vous, le rôle que vous jouez, les emplois que vous créez, la contribution que vous apportez et l'avenir que vous édifiez.
Le gouvernement veut être un partenaire actif. Nous sommes résolus à tirer pleinement parti de notre partenariat avec l'AIAC, et avec tout le secteur, pour façonner l'industrie de demain.
C'est la raison pour laquelle notre gouvernement a lancé l'Examen, et c'est pourquoi je collabore avec mes collègues du Cabinet pour que les constats de l'étude reçoivent toute l'attention qu'ils méritent. Croyez-moi bien quand je vous dis que ce rapport ne sera pas relégué aux oubliettes.
Je continuerai de me faire le champion de cette industrie dans tout le pays et partout dans le monde. Vous me rendez la tâche facile. Nous profiterons de l'élan engendré par ce 50e anniversaire, par ce sommet et par le rapport Emerson pour aller de l'avant.
Notre gouvernement est résolu à bien faire les choses et à favoriser la compétitivité à long terme de cette industrie sur la scène mondiale. Nous devons travailler ensemble dans les domaines de l'aérospatiale et de l'espace pour garantir la réussite du Canada à long terme. Nous devons innover, accroître notre accès aux marchés et développer notre chaîne d'approvisionnement mondiale.
Oui, disons-le, cela prendra du temps. Former un consensus n'est jamais rapide, surtout lorsqu'il s'agit de dossiers importants. Cependant, nous passerons à l'action. Les entreprises comme celles représentées ici aujourd'hui, qui sont à la fine pointe de la technologie, pourront ainsi continuer à repousser les frontières du possible. Ainsi, lorsque les Canadiens envisageront l'économie de demain, ils se tourneront, comme ils le font depuis plus de 50 ans, vers l'aérospatiale.
Je vous souhaite un sommet très fructueux.