19 février 2013, Vaughan (Ontario)
« Merci beaucoup.
« Merci, tout d’abord, Jason, de cette aimable présentation, et également du travail que vous avez fait. Je sais que Jason a été un porte-parole très passionné de l’initiative que nous annonçons aujourd’hui.
« Merci également à notre maître de cérémonie aujourd’hui, à notre hôte puisqu’il est le député de cette région, l’honorable Julian Fantino, qui est un formidable membre de notre équipe à Ottawa.
« Je veux également remercier tous mes collègues des deux chambres du Parlement qui sont venus ici afin d’être avec nous aujourd’hui pour cette annonce très importante.
« Mes salutations spéciales à la députée Bev Shipley, qui a déposé la motion à la chambre des Communes afin d’obtenir un vote sur la création du Bureau de la liberté de religion.
« Et merci également à notre hôte ici aujourd’hui, le secrétaire général national Aslam Daud et le président national Lal Khan Malik d’Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada. Merci.
« Distingués invités, Mesdames et Messieurs, j’aimerais commencer aujourd’hui par exprimer ma reconnaissance, de joindre ma voix à celle de Jason pour exprimer ma reconnaissance, à la communauté musulmane Ahmadiyya ici, à Vaughan.
« Je vous suis reconnaissant de votre généreuse hospitalité, mais je vous suis encore plus reconnaissant de l’exemple exceptionnel que vous montrez.
« Cette communauté, la communauté musulmane Ahmadiyya, connaît la cruauté terrible de la persécution fondée sur la religion.
« Malgré cela, vous continuez de croire en la tolérance et l’harmonie.
« En ce sens, votre contribution aux valeurs canadiennes est inspirante.
« Vous renforcez l’engagement du Canada à l’égard de la diversité et du pluralisme.
« Et vous rappelez à vos concitoyens canadiens que les libertés dont nous jouissons sont précieuses et qu’il ne faut jamais les tenir pour acquises.
« Alors en tant que Premier ministre, je vous remercie de la part de tous les Canadiens de renforcer et d’enrichir le tissu de notre pays.
« Chers amis, dans plusieurs régions du monde, les violations de la liberté religieuse sont répandues et de plus en plus courantes.
« En Iran, des bahá’ís et des chrétiens se font harceler et emprisonner et dans certains cas, tuer.
« Au Pakistan, les musulmans ahmadis, les musulmans chiites, les chrétiens, les sikhs et les hindous sont menacés de persécution et de violence.
« En Chine, les chrétiens qui pratiquent leur culte à l’extérieur des limites approuvées par le gouvernement sont contraints à la clandestinité, et leurs dirigeants sont arrêtés et détenus tandis que les musulmans ouïgours, les bouddhistes tibétains et les adeptes du Falun Gong font l’objet d’actes de répression et d’intimidation.
« Ailleurs, nous assistons avec horreur à la destruction de sanctuaires et voyons que des croyants se font attaquer et, dans certains cas, massacrer, des pèlerins musulmans chiites en Irak, des chrétiens coptes en Égypte, des chrétiens qui pratiquent leur culte au Nigeria, et, chose terrible, la liste continue de s’allonger encore et encore.
« Le Canada ne restera pas silencieux à la vue de ces injustices et de ces atrocités.
« En fait, le Canada ne reste pas silencieux.
« Sous notre gouvernement, le Canada s’est prononcé, de façon constante et catégorique, sans crainte et sans attendre de faveur, pour la défense des droits de la personne partout dans le monde et particulièrement pour la défense de la liberté religieuse.
« Et nous ne faisons pas que dénoncer les exactions; nous agissons.
« Et nous avons rallié le soutien de plusieurs leaders mondiaux envers la cause de la liberté religieuse, notamment au G-8, au Commonwealth et à la Francophonie.
« Et nous offrons également l’asile au Canada à quelque 20 000 réfugiés irakiens, dont de nombreux sont des catholiques chaldéens qui ont été forcés de fuir leur patrie ancienne après avoir reçu des menaces de mort.
« Mais nous devons en faire davantage, car les infractions commises à l’égard de ce droit fondamental sont graves et nombreuses.
« La cause est juste.
« Il existe une urgence d’agir.
« Et notre responsabilité est claire.
« En tant que Canadiens, que citoyens d’un pays libre, nous avons un devoir solennel.
« Comme Sir Wilfrid Laurier l’a déjà dit,
« Et je cite, nous ne devrions jamais oublier ceci :
« Le Canada est libre et la liberté est sa nationalité. »
« Mesdames et messieurs, la liberté de pratiquer sa religion selon sa propre conscience détermine notre personnalité et constitue donc le fondement de toutes nos libertés.
« C’est pourquoi je suis profondément honoré d’être ici aujourd’hui, à un endroit où ceux qui ont jadis été persécutés peuvent pratiquer leur foi en toute liberté.
« En ce pays qui se caractérise par sa tolérance à l’égard de la diversité et par son respect pour la dignité humaine, j’ai le grand honneur, mesdames et messieurs, d’annoncer l’établissement officiel du Bureau de la liberté religieuse du Canada et de son premier ambassadeur.
M. Andrew Bennett, universitaire, homme de principe animé de profondes convictions, que je vous invite à accueillir
« À partir du ministère des Affaires étrangères, M. Bennett surveillera la liberté de religion dans le monde entier.
« Il en fera la promotion comme objectif clé de la politique étrangère canadienne.
« M. Bennett aidera à garantir que la protection de la liberté de religion éclaire les politiques et les programmes du gouvernement du Canada.
« M. Bennett, je vous offre mes meilleurs vœux et tout mon appui pour cette importante mission.
« Mesdames et messieurs, je sais que vous n’avez pas besoin d’être convaincus qu’il faut agir pour défendre la liberté de religion.
« Mais il en a certains qui, même s’ils sont d’accord pour le faire de manière générale, n’auraient pas eu l’idée d’en faire une priorité, et certains pourraient croire qu’il s’agit d’un sujet qui n’intéresse qu’un nombre limité de Canadiens ainsi que les communautés les plus touchées.
« Permettez-moi d’être direct.
« Notre gouvernement reconnaît les liens cruciaux et historiques entre le respect du pluralisme religieux et le développement même de la démocratie.
« C’est pourquoi nous allons continuer à nous faire un champion de la liberté de conscience et de religion dans le monde entier.
« Aujourd’hui, comme il y a des siècles, il est impossible pour la démocratie de prendre racine dans une société qui interdit toute notion de libre conscience personnelle ou d’exercice libre de la foi.
« L’ancien Premier ministre John Diefenbaker, qui a été l’un des plus grands champions des droits de la personne de notre histoire, a fait valoir ces réalités lorsqu’il a introduit sa première Déclaration canadienne des droits.
« Il a dit ce qui suit :
« Je suis Canadien, libre de m’exprimer sans crainte, libre de vénérer Dieu à ma façon, libre de défendre les causes qui me semblent justes, libre de m’élever contre ce qui me semble mal, libre de choisir qui gouvernera mon pays.
« Je m’engage à poursuivre cette tradition de liberté pour moi-même et pour toute l’humanité.
« C’est effectivement cette tradition de liberté, dont parlait le Premier ministre Diefenbaker, qui attire tant de millions de gens dans notre grand pays.
« Et c’est pour défendre cette tradition de liberté que tant de Canadiens ont donné leur vie, dans tant de batailles contre la tyrannie et l’oppression dans le monde entier.
« Au fil de l’histoire comme à notre époque, les gouvernements qui violent la liberté religieuse tendent également à s’immiscer dans tous les autres aspects de la vie.
« Par contre, la grande tradition dont le Canada donne l’exemple repose sur la reconnaissance de ce que le Premier ministre Diefenbaker appelait le caractère sacré de la personne.
« Il s’agit de la tradition d’un gouvernement qui fait preuve de retenue, en respectant la primauté du droit, en respectant profondément le caractère inviolable de la dignité de la personne humaine et qui est, par conséquent, un gouvernement qui cherche à favoriser la liberté et la prospérité de la population qu’il sert.
« C’est ce que fait notre gouvernement et nous allons travailler avec d’autres pays et avec tous les gens qui le veulent bien, à promouvoir les principes que nous avons en commun.
« En terminant, mesdames et messieurs, je tiens à vous parler d’une rencontre personnelle.
« C’est une rencontre qui illustre l’importance fondamentale de l’initiative dont nous parlons aujourd’hui.
« J’ai le privilège, à titre de Premier ministre, de rencontrer beaucoup de gens extraordinaires parmi lesquels se trouve aussi parfois quelqu’un d’exceptionnel.
« J’ai rencontré une personne exceptionnelle dans mon bureau sur la Colline du Parlement en 2011.
« C’était le ministre des Minorités du Pakistan, Shahbaz Bhatti.
« Shahbaz Bhatti a travaillé inlassablement à défendre les plus vulnérables, non seulement les autres chrétiens, mais aussi les hindous, les sikhs, les musulmans ahmadis, et toutes les autres minorités.
« Il l’a fait en sachant que sa vie était constamment menacée d’une mort imminente.
« C’était un homme honorable et humble.
« Shahbaz et moi avons parlé des menaces qui pèsent sur les minorités religieuses et de la nécessité pour le Canada d’en faire davantage.
« Seulement trois semaines après, en se rendant travailler à Islamabad, Shahbaz Bhatti a été assassiné.
« Ceux d’entre nous qui l’ont rencontré, et certainement sa famille et ses amis, continueront à le regretter.
« Mais il nous a laissé, je crois, en héritage l’espoir, l’espoir pour ceux qui sont persécutés en raison de leur foi, pour ceux qui croient pouvoir faire une différence, l’espoir que le bien est assez fort pour inciter un homme à prendre la parole même dans les circonstances les plus pénibles, pour nous inciter tous à faire notre part.
« Contrairement à celui de Shahbaz, le nom de la plupart des innombrables hommes et femmes qui font l’objet de persécution religieuse nous est inconnu.
« Mais nous tenons à le dire, le Canada ne les oubliera pas.
« Si on les réduit au silence, nous prendrons la parole en leur nom.
« Nous mettrons notre liberté à leur service.
« Et nous n’arrêterons pas tant qu’ils ne pourront pas pratiquer pleinement et sans crainte leur droit originel à titre de membre de la famille humaine.
« Merci. »