Merci et bon après-midi. Je suis très heureux d'être ici, tout particulièrement en ce lendemain du dévoilement du Plan d'action économique de 2013 par notre gouvernement. Vous savez, il est rare que j'exerce en même temps mes deux responsabilités gouvernementales, c'est-à-dire celles de ministre de l'Industrie et de ministre d'État à l'Agriculture. Il s'agit de deux ministères extraordinaires qui sont au service de votre secteur très unique.
Tout d'abord, je tiens à féliciter le Conseil pour le travail qu'il accomplit au nom de ses membres et au nom des Canadiens. Qu'il s'agisse de la qualité et de l'innocuité des aliments, du développement durable ou de la réduction des gras trans et du sodium, votre organisme se trouve à l'avant-garde. Vous amorcez des discussions et vous guidez les politiques d'intérêt public.
Comme vous représentez le plus important secteur manufacturier de notre économie — celui de la transformation des aliments — et le plus grand employeur au pays, votre engagement est crucial. Le gouvernement se réjouit de pouvoir compter sur un partenaire aussi actif. C'est une des raisons pour lesquelles je crois que nous pouvons ensemble faire du Canada le pays par excellence dans la fabrication de produits alimentaires au sein de la chaîne d'approvisionnement mondiale.
Les industries manufacturières contribuent grandement à notre économie. On compte environ 1,8 million d'emplois dans le secteur manufacturier au pays, dont près d'un demi-million au Québec. Cette industrie représente 14 % du produit intérieur brut de la province. Le secteur de la transformation des aliments et des boissons emploie plus de 82 000 personnes, génère des ventes de 22 milliards de dollars et engendre des exportations de 4,6 milliards de dollars.
Ces statistiques sont importantes, mais elles ne disent pas tout. En arrière-plan, il y a les emplois qui procurent des salaires compétitifs et qui servent de fondement aux collectivités. Ces emplois stimulent l'innovation et la productivité, et nous donnent la capacité de créer des produits, des processus et des débouchés nouveaux — en d'autres mots, de créer des possibilités.
C'est pourquoi notre gouvernement a cherché à établir un contexte propice à la réussite et à mettre en place les conditions qui vous permettront de saisir les nouvelles occasions. Vos entreprises seront ainsi en mesure de croître, d'innover, d'être concurrentielles et de créer des emplois pour les Canadiens.
Depuis 2006, notre gouvernement a mis en place un cadre économique solide. Nous avons remboursé la dette, harmonisé la réglementation et réduit les formalités administratives. Nous avons le taux d'imposition le plus bas des pays du G-7 sur les nouveaux investissements des entreprises.
Et ces efforts ont porté leurs fruits. Le ratio de la dette nette au produit intérieur brut du Canada demeure parmi les plus bas des pays du G-7. Les principales agences de notation ont confirmé l'excellente solvabilité du Canada. Nos banques demeurent parmi les plus sûres au monde. Et nous avons maintenu la cote de crédit AAA du pays.
En plus de mettre en place de solides assises économiques, notre gouvernement a adopté des mesures qui profiteront tout particulièrement aux fabricants.
Nous avons diminué le taux d'imposition des sociétés, qui s'établissait à plus de 22 % en 2007, pour le fixer à 15 % aujourd'hui. Et nous avons supprimé l'impôt fédéral sur le capital. Nous éliminons les droits de douane applicables aux machines et au matériel, faisant du Canada la première zone libre de droits de douane parmi les pays du G-20. Une fois cette mesure complètement mise en œuvre, les entreprises canadiennes économiseront près de 400 millions de dollars par année.
Nous avons investi 110 millions de dollars en vue de doubler l'aide accordée au Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada. Nous avons également versé 80 millions de dollars à son Programme pilote d'adoption des technologies numériques, qui vise à aider les petites et moyennes entreprises à se tourner vers les technologies numériques. En janvier 2013, le premier ministre a lancé le Plan d'action pour le capital de risque, qui est doté d'une enveloppe de 400 millions de dollars, afin d'accroître l'accès au nouveau financement.
Nous avons adopté un nouveau cadre stratégique fédéral, provincial et territorial en matière d'agriculture, Cultivons l'avenir 2, qui représente un investissement de 3 milliards de dollars sur cinq ans et qui a pour but de moderniser l'industrie de la transformation des aliments.
Ce cadre vise à aider les entreprises de production et de transformation à être plus productives et novatrices, à développer de nouveaux marchés et à s'adapter aux possibilités et aux enjeux nouveaux et changeants, à la fois au pays et à l'étranger.
Le nouveau programme Agri-innovation, en particulier, est soutenu par un financement fédéral de près de 700 millions de dollars, dont les deux tiers seront destinés à des projets dirigés par l'industrie. Grâce au nouveau programme Agri-marketing, qui relève également de Cultivons l'avenir 2, les producteurs et les entreprises de transformation pourront obtenir et maintenir un accès aux marchés, tant au Canada qu'à l'étranger. L'an dernier, les exportations agroalimentaires du Québec ont atteint un nouveau record. Elles se sont chiffrées à 6,1 milliards de dollars, en grande partie grâce aux 4,6 milliards de dollars engendrés par les exportations d'aliments transformés.
Le Plan d'action économique de 2013, que nous avons dévoilé hier, va encore plus loin. Il prolonge de deux ans la déduction pour amortissement accéléré, ce qui augmentera de près de 1,4 milliard de dollars l'appui accordé aux entreprises manufacturières. Il élargit et prolonge d'un an le crédit temporaire à l'embauche pour les petites entreprises, ce qui permettra à 560 000 petites entreprises d'épargner 225 millions de dollars en 2013.
Le Plan d'action économique de 2013 fait aussi passer l'exonération cumulative des gains en capital de 750 000 $ à 800 000 $ et indexe le nouveau plafond à l'inflation. Cette mesure permettra aux propriétaires de petite entreprise de transférer plus facilement l'entreprise familiale à la prochaine génération de Canadiens.
Mais plus important encore, notre gouvernement a accru son aide à l'innovation au sein des entreprises. Tandis que le secteur de la fabrication continue d'évoluer, la chaîne d'approvisionnement se mondialise et le monde devient de plus en plus numérique. La clé de la réussite réside dans l'innovation, l'adoption des technologies et les investissements dans les machines et le matériel.
Les normes de salubrité des aliments, les nouvelles exigences des consommateurs, les emballages plus respectueux de l'environnement : tous ces dossiers montrent bien la nécessité pour les entreprises d'être plus novatrices, productives et concurrentielles.
Notre rendement au chapitre de l'innovation s'est amélioré au cours de la dernière décennie, mais nous avons encore un retard sur nos concurrents internationaux. C'est particulièrement le cas sur le plan de l'intensité de la recherche-développement et de la productivité.
C'est la raison pour laquelle nous restructurons le Conseil national de recherches du Canada et lui affectons 121 millions de dollars afin de mieux répondre aux besoins des entreprises canadiennes novatrices. C'est pourquoi nous consacrons 20 millions de dollars pour aider les petites et moyennes entreprises à accéder à des services de recherche-développement offerts par les universités et les collèges. C'est aussi pourquoi nous versons 18 millions de dollars à la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs afin de soutenir les entrepreneurs âgés de 18 à 34 ans.
Et, comme les manufacturiers ont besoin de marchés pour leurs produits, notre gouvernement met en œuvre le plan d'expansion commerciale le plus ambitieux de l'histoire du Canada. Dans cette veine, nous avons conclu six accords de libre-échange avec neuf pays et nous négocions activement avec onze autres pays.
L'importance de ces négociations pour nos entreprises ne peut être sous-estimée.
Nous devons abattre les barrières et libérer notre plein potentiel. Nous le devons à nos entreprises qui innovent chaque jour et qui ne veulent que les moyens de leurs ambitions.
Grâce à tous ces efforts et à toutes ces initiatives, nous avons mis en place les conditions qui permettent aux entreprises de croître et de livrer concurrence. Mais — et c'est là l'essentiel de mon message aujourd'hui — il est temps que l'industrie agisse pour rehausser sa productivité et accroître sa compétitivité.
Nous savons que la productivité du Canada est en retard par rapport à celle des États-Unis. Nous savons que l'innovation améliore la productivité et stimule la croissance. Et nous savons que l'innovation constitue le meilleur moyen, dans une économie à salaires élevés comme la nôtre, de faire concurrence aux pays du monde entier. C'est la seule façon de créer des emplois et de stimuler la croissance ici au pays.
Voilà pourquoi l'industrie doit saisir les occasions qui se présentent. La recherche-développement est un excellent point de départ. Il ne s'agit pas simplement de concevoir de nouveaux produits. Il faut innover dans nos processus, dans notre mode d'organisation, dans nos chaînes d'approvisionnement et dans nos marchés.
Notre gouvernement continuera de mettre en place les politiques et le cadre économique favorisant votre réussite. Et il prendra des mesures concrètes en matière d'impôts, de technologies, de commerce et de talents.
Au bout du compte, Mesdames et Messieurs, les solutions aux défis du secteur manufacturier au XXIe siècle ne se trouvent pas dans un programme gouvernemental. C'est à chacun d'entre vous — et aux fabricants de tous les autres secteurs — d'investir dans la recherche-développement, d'adopter de nouvelles technologies et de transformer leur entreprise par l'innovation.
Je suis convaincu qu'en collaborant, en restant à l'écoute les uns des autres et en échangeant notre savoir, nous créerons pour le secteur manufacturier un avenir qui dépassera toutes nos attentes.
J'ai hâte de travailler avec vous tous pour édifier cet avenir.