Ottawa (Ontario) – La France et le Canada partagent une longue histoire et sont étroitement unis par des liens humains, linguistiques, culturels, politiques et économiques. La France et le Canada sont liés par le souvenir des sacrifices et des combats menés côte à côte durant la Première et la Deuxième Guerre mondiales, lesquels nous avons convenu aujourd’hui de commémorer pour les années à venir. Ces relations étroites, fondées sur notre histoire et notre langue communes, sont d’une grande importance pour l’avenir. Elles se nourrissent aujourd’hui d’échanges intenses entre les personnes, les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et les organisations de la société civile. Notre objectif commun est de les développer davantage. La France et le Canada travaillent de concert pour diffuser les valeurs qu’ils ont en commun, à savoir la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit, que ce soit dans la Francophonie ou ailleurs. En outre, nous collaborons pour favoriser le développement et la sécurité internationale partout dans le monde.
La croissance économique, l’emploi et la compétitivité sont des priorités pour nos deux pays. Nous nous fixons comme objectif d’accroître davantage nos relations économiques et commerciales, en augmentant les échanges et les investissements dans les deux sens. Les investissements français au Canada ont crû de 10 p. 100 depuis deux ans, et 550 entreprises françaises, représentant plus de 80 000 employés, sont désormais implantées dans l’ensemble du Canada. Les investissements canadiens en France sont également en développement rapide : 280 entreprises canadiennes y sont présentes dans de nombreux secteurs et y emploient 40 000 personnes.
Nous appelons de nos vœux la conclusion des négociations d’un accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE) dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuels. Un AECG créera de nouvelles possibilités d’échanges pour nos entreprises et stimulera la croissance et l’emploi dans l’économie européenne et canadienne. Il renforcera les investissements, et confortera la relation économique entre l’UE et le Canada, et entre la France et le Canada. L’UE joue un rôle prépondérant dans la balance commerciale du Canada, car elle est son 2e partenaire commercial en matière de biens et services, et elle se classe au 2e rang des plus importantes sources et destinations d’investissement étranger direct du Canada. Le Canada est également un partenaire important pour l’UE en matière de commerce et d’investissement. Toujours dans un même esprit de coopération renforcée et afin de réaffirmer notre attachement à nos valeurs communes, nous sommes aussi en voie de conclure un accord de partenariat stratégique entre l’Union européenne et le Canada.
Pour témoigner concrètement de l’étroite relation que nous entretenons, nous avons amélioré l’Accord franco-canadien sur la mobilité des jeunes. En facilitant les démarches liées à la mobilité entre le Canada et la France, ce nouvel accord permettra aux jeunes Français et aux jeunes Canadiens d’élargir leurs horizons, d’apprendre à mieux comprendre l’histoire et la culture de nos pays, de contribuer au dynamisme économique et social de leur pays d’accueil, et d’acquérir une expérience d’études, de travail ou de formation qui sera particulièrement profitable à leur retour dans leur pays d’origine. Pour l’avenir, nous avons convenu d’engager un dialogue sur de nouvelles améliorations de ce dispositif d’échanges entre les jeunes Canadiens et les jeunes Français.
Nous avons également signé un accord franco-canadien de sécurité sociale renouvelé et modernisé. Cet accord facilitera l’admissibilité aux prestations et favorisera la mobilité transatlantique des travailleurs en renforçant la coordination de nos systèmes de sécurité sociale.
Nous avons en outre signé un plan d’action conjoint dans les domaines de la science, la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, dans laquelle nous nous engageons à renforcer les partenariats entre nos administrations, nos entreprises et nos établissements d’enseignement supérieur et de recherche, de manière à promouvoir l’innovation et la prospérité en soutenant la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Ce plan d’action conjoint désigne des thèmes prioritaires de recherche, parmi ceux où nos deux pays excellent, comme la santé, l’environnement et l’énergie.
Reconnaissant les objectifs et principes directeurs de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO en lien avec le dialogue entre les cultures, et sachant que la révolution numérique est source à la fois de débouchés mais également de défis pour le secteur créatif, le Canada et la France s’engagent à renforcer leur collaboration dans ce domaine. Cela se fera au moyen d’un échange d’expertise et d’information en matière d’innovation numérique, notamment en ce qui touche aux pratiques d’affaires et aux politiques publiques liées au bouleversement des modes de financement, de création et d’accès aux contenus culturels et patrimoniaux en général, et à ceux en français en particulier.
Dans un monde incertain où les restrictions budgétaires ont rendu la cohésion et la solidarité internationales plus difficiles durant la gestion des crises, la France et le Canada ont choisi de renforcer leur relation bilatérale de défense, y compris dans le domaine des matériels, dans le contexte de l’effort de modernisation des équipements militaires. Soutenu par un dialogue étroit et confiant, notre partenariat a démontré sa valeur dans les situations les plus difficiles. La qualité de nos forces armées et la détermination politique que nous partageons nous ont permis d’intervenir conjointement dans des conflits actuels, comme au Mali, et de participer ensemble aux opérations de l’OTAN, notamment en Afghanistan et en Libye. Ces expériences communes, tout comme le développement de capacités nationales et d’actions conjointes, animent notre vision pour l’avenir de l’OTAN. Nos gouvernements encouragent à cet égard le développement de nos efforts conjoints de recherche pour inventer les technologies de défense de demain au moyen d’une coopération à l’échelon gouvernemental, industriel mais aussi universitaire.
Nous réaffirmons notre engagement résolu à défendre la sécurité internationale et à lutter contre le terrorisme. À la demande des autorités maliennes, la France est intervenue pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali et pour repousser l’offensive d’AQMI et de ses alliés. La France remercie le Canada pour l’important soutien logistique fourni, ainsi que pour les actions conjointes mises en œuvre pour renforcer la sécurité dans la région. Une solution durable au Mali appelle un processus politique, incluant l’organisation d’élections démocratiques et d’un dialogue de réconciliation nationale. La France et le Canada entendent continuer à contribuer au développement à long terme du Mali en tant que principaux partenaires.
En ce qui concerne la Syrie, nous condamnons avec la plus grande vigueur la répression et la spirale de violence mises en œuvre par le régime de Bachar Al-Assad contre son propre peuple. Notre coopération est exemplaire et elle se poursuivra pour éviter que la situation dans la région ne devienne encore plus chaotique. Nous allons continuer à soutenir l’émergence d’une Syrie stable, démocratique et inclusive.
La France et le Canada partagent de graves préoccupations concernant la prolifération d’armes de destruction massive et entendent persister dans leurs efforts pour contrer ce fléau, que ce soit en maintenant un contrôle efficace de leurs exportations ou en s’investissant dans les institutions internationales qui conviennent. Le programme nucléaire de l’Iran et le refus persistant de ce pays de coopérer avec la communauté internationale demeurent particulièrement inquiétants. En conséquence, nous réaffirmons l’importance du processus E3+3 (P5+1). Dans cette perspective, il est essentiel que la communauté internationale reste unie, notamment dans la mise en œuvre de sanctions destinées à inciter l’Iran à se conformer à ses obligations internationales. Nous réaffirmons également nos inquiétudes concernant la situation des droits de la personne en Iran.
La reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens et sans conditions préalables est nécessaire afin d'en arriver à une paix juste et durable, basée sur la formule de deux États, qui garantira à Israël le droit de vivre avec ses voisins dans la paix et la sécurité, et qui permettra la création d'un État palestinien. Nous encourageons les deux parties à éviter toute mesure qui nuirait à la reprise des pourparlers de paix.
Nous réaffirmons également notre engagement à long terme envers Haïti. Nous allons continuer à travailler avec les autorités haïtiennes et avec des partenaires internationaux pour renforcer l’économie, la gouvernance, la primauté du droit et la sécurité dans le pays.
Nous continuerons à coopérer étroitement au sein du G8, comme nous le faisons depuis 1976. Il s’agira notamment de continuer à donner suite à l’engagement que nous avons pris dans le cadre du Partenariat de Deauville en appui aux pays arabes en transition et à s’attaquer aux grandes difficultés en matière de développement, notamment en faisant le suivi de l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants.
La reprise de l’économie mondiale reste fragile et doit être soutenue par des mesures coordonnées qui favorisent la croissance et l’équilibre budgétaire. Le Canada et la France travailleront ensemble au G20 pour contrer les menaces immédiates pesant sur l’économie mondiale et pour assurer une croissance et une prospérité durables. La France et le Canada s’attacheront à promouvoir la coordination économique et le respect des engagements pris dans le cadre du G20. Ensemble, nous appuierons l’instauration de mécanismes internes de redevabilité pour le G20.
En ce qui concerne la lutte contre le changement climatique, nos deux pays s’engagent à contribuer au sein du groupe de travail de la Plateforme de Durban à favoriser un consensus multilatéral et à aboutir lors de la COP 2015 à un accord global ambitieux qui réunisse les principaux pays émetteurs. Les deux pays réaffirment leurs engagements nationaux de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour que le réchauffement global ne dépasse pas de plus de 2 C la température de l’ère préindustrielle. Nous avons signé aujourd’hui un accord de recherche concerté entre le Conseil national de recherches Canada et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives ayant pour but de supprimer certains gaz à effet de serre des émissions industrielles. La France et le Canada vont accroître leur coopération en ce qui concerne la mise au point de technologies énergétiques propres, les progrès de la climatologie, les méthodes pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre dans les principaux secteurs, et les mesures qui aideront les deux pays à se diriger vers un avenir où il y aura peu d’émissions de carbone. Le Canada accueille favorablement la volonté exprimée par la France d’accueillir en 2015 la conférence des parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique.
La France et le Canada continueront à coopérer étroitement dans les dossiers concernant la démocratie, les droits de la personne et la bonne gouvernance, notamment dans le cadre de la Francophonie. Ils rappellent leur engagement commun contre les discriminations, ainsi qu’en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.
Nous avons demandé à nos ministres des Affaires étrangères de préparer un programme de coopération renforcée qui servira de cadre de référence pour le développement futur de la coopération entre nos deux pays.