Winnipeg, Manitoba
Le 12 mars 2013
La version prononcée fait foi
Introduction
Je vous remercie de m'avoir invité à me joindre à vous. Je suis heureux de pouvoir vous rencontrer et d'en apprendre plus sur l'industrie du camionnage du Manitoba et du Canada.
J'ai récemment eu le plaisir de rencontrer des représentants de l'industrie du camionnage de partout au pays qui m'ont permis de mieux comprendre en quoi consiste votre industrie et les défis auxquels elle fait face.
L'industrie du camionnage joue un rôle crucial pour le pays en permettant le déplacement des marchandises qui ont un effet favorable sur l'économie du Canada.
Ce rôle est crucial non seulement pour notre réseau de transport intérieur et pour l'économie du Canada, mais aussi pour la relation commerciale que le Canada entretient avec les États‑Unis.
Je crois que vous connaissez bien les faits.
Les camions déplacent environ 90 % de tous les produits de consommation au Canada.
Les revenus générés par l'industrie du camionnage, qui emploie quelque 400 000 Canadiens, représentent au total plus de 65 milliards de dollars par année.
Votre industrie constitue un lien important dans les chaînes d'approvisionnement qui permet d'acheminer les biens des producteurs et des expéditeurs vers les marchés du Canada et des États-Unis, ainsi que les marchés outre-mer.
En résumé, lorsque les Canadiens se rendent au magasin pour acheter un produit, ce produit a probablement été acheminé jusqu'au magasin par camion. D'où le dicton, si vous avez un produit, c'est un camion qui l'a apporté.
Comme vous le savez probablement, je suis originaire du Manitoba. Je connais donc bien l'importance de l'industrie du camionnage pour la province.
L'industrie du transport et de l'entreposage emploie 5,7 % de la main‑d'œuvre du Manitoba et génère de 6 à 7 % du produit intérieur brut de la province.
Les camionneurs d'ici n'affrontent peut-être pas la circulation de Toronto ou de Montréal, mais ils conduisent souvent sur de longues distances dans des conditions routières difficiles.
C'est pourquoi je respecte et apprécie à sa juste valeur le travail des camionneurs et celui de votre association qui les représente.
Réglementation en matière de sécurité
Transports Canada a des intérêts communs et collabore de nombreuses façons avec l'industrie du camionnage. Le gouvernement fédéral a toutefois un rôle limité en ce qui a trait à la réglementation de l'industrie du camionnage.
La plupart des routes du Canada appartiennent aux provinces et aux territoires. Nous n'avons donc pas la responsabilité directe de ces routes, ni des règles auxquelles les camionneurs doivent se soumettre pour les emprunter.
Parallèlement, nous sommes responsables d'un certain nombre de questions qui touchent le camionnage, y compris les heures de service et certains règlements concernant l'environnement.
À titre d'exemple, étant donné que la responsabilité de la sécurité des transporteurs routiers au Canada incombe à la fois au gouvernement fédéral et aux provinces et territoires, Transports Canada continue de collaborer avec les autres gouvernements afin de veiller à l'uniformité des règles de sécurité pour le camionnage dans l'ensemble du pays.
Je peux vous assurer que mon gouvernement continuera de faire la promotion de l'harmonisation des règles applicables à l'industrie du camionnage d'un bout à l'autre du pays. L'objectif est clair mais, comme vous le savez, la route qui nous y mènera pourrait s'avérer difficile.
C'est la raison pour laquelle nous travaillons de concert avec les provinces et les territoires sur le projet de réciprocité des cotes de sécurité, ainsi qu'à l'établissement de normes rattachées au Code national de sécurité en ce qui a trait à l'arrimage des marchandises, aux inspections périodiques des véhicules motorisés et aux enregistreurs électroniques de bord.
C'est aussi la raison pour laquelle nous fournissons aux provinces et aux territoires un financement de l'ordre de 4 millions de dollars par année environ pour accroître la sécurité grâce à une mise en œuvre et à une application uniformes de normes rattachées au Code national de sécurité.
Répondre aux préoccupations de l'industrie du camionnage
Je sais pertinemment qu'un certain nombre de questions d'intérêt pour la collectivité des camionneurs sont sous la responsabilité de Transports Canada ou d'autres ministères fédéraux, que l'on pense notamment à la politique fiscale, à la réglementation en matière de main‑d'œuvre et d'environnement ou aux questions liées à la frontière.
À la lumière de réunions que j'ai eues récemment avec les représentants d'associations de camionnage de partout au pays, je crois comprendre que les enregistreurs électroniques de bord, le contrôle électronique de stabilité et les dispositions relatives à l'indemnisation dans les contrats de transport des marchandises préoccupent grandement les membres de l'industrie.
Votre industrie a par ailleurs indiqué que le manque de camionneurs constituait un grave problème, et que la situation pourrait être particulièrement inquiétante dans les provinces de l'Ouest en pleine croissance.
Je félicite donc l'industrie qui a pris des mesures pour contrer le problème de la pénurie de camionneurs en créant une nouvelle organisation, la Trucking Human Resources Canada. Maintenons le dialogue à ce sujet car, si le manque de camionneurs n'est pas réglé, la situation pourrait s'aggraver au point de freiner votre industrie et l'économie en général.
Je sais aussi que l'accès aux États‑Unis et l'efficacité des postes frontaliers sont des questions de première importance pour l'industrie du camionnage.
Grâce au Plan d'action Par-delà la frontière, le gouvernement du Canada et les États‑Unis mettent de l'avant des projets concernant les infrastructures frontalières, la technologie et la sécurité qui faciliteront le commerce et les déplacements entre les deux pays. Parmi ces projets, notons l'installation d'une technologie permettant de mesurer les temps d'attente aux passages frontaliers clés, l'amélioration des programmes destinés aux négociants dignes de confiance et l'amélioration des infrastructures frontalières.
Dans le cadre de ce plan d'action, le Canada et les États‑Unis se sont entendus pour faires des « investissements importants » à certains grands postes frontaliers. À la suite d'une évaluation préliminaire des besoins, le Canada a déterminé que le poste situé à Emerson, au Manitoba, serait l'un des cinq premiers postes qui seront traités en priorité. J'espère avoir plus d'information à vous communiquer prochainement au sujet de ce projet.
Bien que les routes ne nous appartiennent pas, nous contribuons à les payer. De fait, le gouvernement fédéral a investi considérablement dans l'infrastructure routière dans le cadre de divers programmes découlant du plan Chantiers Canada, le projet de premier plan du gouvernement visant à renforcer les infrastructures canadiennes.
Au cours des dernières années, le gouvernement a accompli beaucoup de choses grâce à ses investissements dans les projets d'infrastructure réalisés dans l'ensemble du pays. Je sais que, à la fin de l'année dernière, l'Alliance canadienne du camionnage (ACC) a soumis à l'intention du gouvernement une liste de routes, de ponts et d'autres priorités à considérer en vue d'un futur financement.
Le gouvernement du Canada a appuyé bon nombre de projets d'infrastructure au Manitoba ces dernières années. Par exemple, le gouvernement fédéral a investi 42,5 millions de dollars dans la route 75 par l'entremise du Fonds pour les portes d'entrée et les passages frontaliers. Un financement stratégique a également été versé récemment à CentrePort Canada et au port de Churchill.
Notre gouvernement réalise son engagement à travailler avec les provinces, les territoires, la Fédération canadienne des municipalités et des intervenants clés afin d'établir un plan d'infrastructure à long terme pour l'avenir.
Au cours de l'été et de l'automne, le ministre Lebel et moi-même avons rencontré tout près de 200 représentants afin de nous guider dans l'élaboration d'un plan à long terme pour l'avenir qui favorisera la création d'emplois et qui contribuera à la croissance économique et à la prospérité du pays.
Nous sommes conscients du besoin de faire un investissement fort, durable et efficace, qui respectera la capacité des contribuables de payer. Nous sommes aussi conscients du fait que toute décision à cet égard doit être prise dans le contexte de la situation budgétaire actuelle du gouvernement du Canada. Pour veiller à la viabilité financière à long terme, le plan pour l'avenir encouragera le recours à davantage de partenariats publics-privés. Cette mesure permettra d'attirer de nouveaux investissements dans l'infrastructure.
Je peux cependant confirmer que, bien que la majorité des fonds du plan Chantiers Canada aient été accordés à des projets, le financement continuera d'être versé au-delà de 2014 et la construction se poursuivra pour de grands projets un peu partout au pays.
En outre, en 2011, le gouvernement a adopté une législation qui a fait du fonds de la taxe sur l'essence une source permanente de financement pour les municipalités, à raison de deux milliards de dollars par année.
Ce changement signifie que les collectivités de l'ensemble du Canada pourront compter sur un financement stable et prévisible pour répondre à leurs besoins en matière d'infrastructure.
Examen de la réglementation
Avant de terminer, j'aimerais vous parler d'un examen de la réglementation de Transports Canada que je dirige.
Notre gouvernement s'est engagé à rationaliser la réglementation et à réduire le fardeau réglementaire pour les entreprises canadiennes. Nous voulons que notre régime réglementaire rapporte aux contribuables et aux consommateurs canadiens ainsi qu'à l'industrie.
Dans le cadre de cet examen, j'ai consulté de nombreux intervenants par correspondance et j'ai rencontré certains d'entre eux lors de tables rondes. Je leur ai demandé de m'indiquer quels secteurs de réglementation pouvaient être améliorés selon eux.
Je ferai part de mes conclusions au ministre Lebel dans un rapport final que je lui remettrai ce printemps. Le rapport donnera un aperçu du cadre réglementaire de Transports Canada et cernera les règlements qui devraient être abrogés ou modifiés.
Conclusion
Pour être en mesure d'assurer sa prospérité dans la conjoncture économique mondiale actuelle, le Canada doit disposer de réseaux de transport efficaces, rapides et fiables.
Se contenter de moins ne ferait qu'amoindrir la capacité du Canada de faire concurrence avec les marchés et les expéditeurs du monde.
Pour l'industrie du camionnage, la signification est bien simple.
Au fur et à mesure que le commerce et l'efficacité des chaînes d'approvisionnement mondial s'accroîtront, votre rôle prendra encore plus d'importance qu'il n'en a déjà.
Je sais que vous êtes prêts à relever le défi.
J'espère aussi que vous sentez l'appui du gouvernement et que notre collaboration pour soutenir la croissance, créer des emplois et favoriser la prospérité du Canada se poursuivra.
Merci.
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