Bien que cinq ans se soient écoulés depuis le début de la plus récente crise financière, la conjoncture économique mondiale demeure faible et insatisfaisante, alors que la carence de la demande mondiale freine une véritable création d’emplois. Certes, les conditions prévalant sur les marchés financiers se sont améliorées depuis notre dernière rencontre, mais la reprise économique sous‑jacente, qui était faible au départ, ne s’est pas concrétisée, tandis que d’importants risques continuent de peser sur la stabilité. Le Fonds monétaire international (FMI) doit poursuivre ses efforts diligents afin de cerner sans détour ces risques, et il doit continuer d’insister auprès de ses membres sur l’importance d’adopter des politiques qui contribueront à la reprise mondiale, à la création d’emplois et à une croissance vigoureuse.
Selon les plus récentes perspectives économiques et financières mondiales mises de l’avant par le FMI, les risques extrêmes ont diminué, mais nous avons déjà connu une telle situation, et cela s’est soldé malgré tout par une révision à la baisse des prévisions de croissance. Il serait périlleux dans les circonstances de faire l’hypothèse que les conditions économiques continueront de s’améliorer en l’absence de mesures décisives de la part des décideurs visant à mettre en œuvre les politiques et les réformes nécessaires afin d’étayer la reprise. Bon nombre des obstacles à une croissance forte, durable et équilibrée existent depuis un certain temps et il faut donc prendre des mesures énergiques pour les surmonter efficacement. Nous devons faire preuve de constance. Les économies avancées doivent continuer de procéder à des réformes structurelles favorisant la création d’emplois et la croissance, tout en mettant en application des plans de consolidation budgétaire à moyen terme crédibles. Dans la zone de l’euro, la restructuration des banques fragilisées et la réduction des pressions résultant de la dette souveraine sont des objectifs prioritaires. Les évènements récents survenus à Chypre illustrent bien toute l’importance pour l’Europe de procéder rapidement à une union bancaire complète. L’incertitude entourant la politique budgétaire américaine doit être dissipée grâce à l’adoption d’un plan à moyen terme rigoureux. Les marchés émergents doivent aussi contribuer à rééquilibrer la demande à l’échelle mondiale, sans négliger la nécessité de prévoir des réserves aux termes de la politique budgétaire à moyen terme. Dans le contexte d’incertitude qui prévaut, l’un des gestes les plus importants qu’un État puisse poser pour alimenter la confiance consiste à instaurer une situation budgétaire solide à moyen terme.
Les pays que représente le Canada continuent d’être confrontés à des défis variés découlant de la crise financière. Je vous présente ici les développements économiques survenus dans ces pays, plus précisément en Irlande et dans les Caraïbes, et je commenterai l’éventail de politiques que ces pays appliquent pour appuyer l’emploi et la croissance. Je vous ferai également part des points de vue des pays représentés dans les principaux dossiers qui influent sur le rôle du FMI au chapitre de la protection du système monétaire international, notamment les quotes-parts et la gouvernance, la surveillance, de même que les opérations de prêt et la conception des programmes.
Développements survenus au Canada
Les résultats économiques du Canada au fil de la reprise ont été robustes, ce qui s’explique par la solidité des facteurs qui sous‑tendent la situation économique et budgétaire du pays ainsi que son secteur financier. La croissance a été alimentée par la force de l’économie intérieure, y compris par des investissements importants des entreprises – et d’ailleurs, le Canada a plus que recouvré les investissements des entreprises perdus au cours de la récession.
Cela dit, la conjoncture économique mondiale demeure fragile, et le Canada n’est pas à l’abri des évènements pouvant survenir à l’étranger. La zone euro est de nouveau en récession et de sérieux risques continuent de peser sur la mise en œuvre des réformes nécessaires dans la région. De plus, les perspectives de croissance demeurent freinées par l’incertitude entourant la politique budgétaire des États-Unis.
Le gouvernement du Canada demeure résolu à rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2015, et les résultats obtenus jusqu’ici permettent de penser que cet objectif sera atteint. Certaines mesures stratégiques récentes – notamment l’élimination graduelle d’initiatives de stimulation temporaires et la prise de mesures pour limiter la croissance des charges de programmes directes ainsi que pour faire en sorte que la rémunération dans la fonction publique fédérale corresponde à celle des employés d’autres administrations publiques et du secteur privé – devraient contribuer au rétablissement de l’équilibre budgétaire d’ici 2015 et à la réduction du ratio de la dette fédérale au produit intérieur brut (PIB) d’ici le prochain exercice.
Rendu public le 21 mars 2013, le Plan d’action économique de 2013 poursuit les efforts amorcés dans le Plan d’action économique de 2012 en prévoyant de nouvelles mesures à l’appui de l’emploi et de la croissance. Ces mesures comprennent l’ajustement de la formation axée sur les compétences aux besoins du marché du travail, un nouveau plan Chantiers Canada qui effectuera des investissements de plus de 53 milliards de dollars sur dix ans ainsi que des initiatives qui appuieront le secteur de la fabrication et l’innovation. Toutes ces mesures servent en outre de complément aux mesures structurelles d’envergure lancées aux termes du Plan d’action économique de 2012 et qui ont une portée à plus long terme, dans le but notamment d’assurer la pérennité des programmes sociaux canadiens, qu’il s’agisse de la hausse de l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse ou encore le fait de placer sur une trajectoire prévisible et durable la progression des transferts aux provinces à l’appui des soins de santé, de l’éducation et des programmes sociaux. Nous mettons également en œuvre des changements structurels afin d’accroître le potentiel économique à long terme du Canada. Il s’agit notamment de réformer le système canadien d’immigration pour veiller à ce qu’il réponde aux besoins du marché du travail du pays, de moderniser le système de réglementation des grands projets économiques, de mettre en place une nouvelle approche pour appuyer l’innovation en entreprise et d’améliorer les incitatifs à retourner au travail pour les chômeurs.
Le Canada continue d’appuyer activement le FMI et ses activités de prêt au moyen d’engagements financiers, par l’entremise du plan des opérations financières trimestrielles du Fonds, et grâce à sa participation aux Nouveaux accords d’emprunt. Le Canada démontre également son appui soutenu à l’intervention du Fonds auprès des pays à faible revenu, et il est l’un des principaux fournisseurs de prêts et de subventions au Fonds de fiducie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, de même que d’aide technique à financement externe.
Développements survenus en Irlande
La reprise graduelle de l’activité économique en Irlande s’est poursuivie au cours de la dernière année, le PIB irlandais enregistrant une deuxième hausse pendant toute l’année après avoir connu un recul lors des trois années précédentes. Malgré une conjoncture extérieure qui demeure difficile, on s’attend à connaître une croissance positive pour une troisième année consécutive en 2013, alors que c’est plutôt une croissance négative qui est prévue pour la zone euro prise dans son ensemble. Les exportations, qui demeurent au cœur de la reprise de l’économie irlandaise, ont été fortes en 2012, progressant à un taux annuel de près de 3 %, ce qui tient au redressement continu de la compétitivité des prix et des coûts.
Il est encourageant de constater que la demande intérieure s’est stabilisée au cours de la deuxième moitié de 2012, tandis que les investissements faisaient un apport positif à la croissance pour la première fois depuis 2007. En outre, une croissance positive, bien que modeste, de l’emploi a été enregistrée pour la première fois depuis 2008.
L’évolution des indicateurs à haute fréquence appliqués à la demande intérieure a été raisonnablement positive au cours du premier trimestre de 2013. Les principales ventes au détail ont affiché un bilan positif et bien que le taux de chômage demeure élevé, celui-ci a commencé à diminuer. Les perspectives entourant les exportations sont moins encourageantes que ne l’anticipaient les dernières prévisions effectuées à la fin de 2012 en raison de changements touchant certains produits ainsi que de la croissance anémique enregistrée par les principaux partenaires commerciaux.
Le programme de l’Union européenne (UE) et du FMI pour l’Irlande en est à sa dernière année. Les efforts portent maintenant sur l’abandon réussi du programme et sur les mesures qui seront nécessaires à cette fin. Entre-temps, le programme continue de donner de bons résultats. La mise en œuvre se fait de façon soutenue, et l’Irlande continue de se conformer à tous les objectifs fixés dans le cadre du programme, son déficit en 2012 étant nettement en deçà du plafond établi. Outre la consolidation budgétaire en cours, les autorités irlandaises ont commencé à réduire leur exposition au regard du secteur bancaire, mettant fin au mécanisme de garantie bancaire et se dessaisissant de la participation de l’État dans la Banque d’Irlande et Irish Life. En outre, la liquidation de l’Irish Bank Resolution Corporation a pour effet de réduire les besoins de refinancement de l’Irlande au cours des prochaines années.
L’Irlande poursuit la remise en état de son système bancaire afin que ce dernier soit à même d’appuyer l’économie réelle à mesure qu’il se redresse. Les autorités sont intervenues pour résoudre le problème des prêts non productifs, de manière à renforcer la confiance envers les banques et le marché du logement ainsi qu’à aider les propriétaires de logement en difficulté. On a établi à l’intention des banques des cibles quantitatives précises et assorties d’échéances en vue d’offrir des solutions hypothécaires viables. Ce processus fera l’objet d’une surveillance étroite, la banque centrale envisageant au besoin des interventions réglementaires, par exemple des exigences de capitalisation additionnelles.
Le gouvernement maintient sa politique consistant à promouvoir la prise de mesures stratégiques propices à la croissance, ce qui inclut les investissements dans les infrastructures et la mise en œuvre de réformes touchant les politiques en matière d’éducation et de marché du travail. Cette volonté de bâtir en vue de l’avenir se reflète dans les programmes récents de construction d’écoles et d’infrastructures, financés par la Banque européenne d’investissement. Le gouvernement sait aussi que des mesures structurelles sont de rigueur pour que le rééquilibrage de l’économie aille de pair avec des mesures actives pour assurer la concordance entre les compétences de la population active et les besoins des employeurs. La réforme du système d’éducation et de formation se poursuivra et des mesures précises visant à favoriser le retour au travail des personnes au chômage depuis une longue période seront réalisées en doublant le nombre d’agents de traitement des cas.
Ces efforts, jumelés à l’engagement des autorités européennes d’examiner la situation du secteur financier irlandais dans le but de renforcer encore la viabilité du programme efficace de l’Irlande, ont aidé à rétablir la confiance des marchés, bien que certaines difficultés persistent. Ainsi, les rendements ont sensiblement baissé, et l’Irlande a émis régulièrement des titres d’emprunt sur les marchés de capitaux internationaux depuis juillet 2012. Le 13 mars 2013, celle-ci a atteint un nouveau jalon dans la poursuite de son objectif d’obtenir un accès durable aux marchés en procédant à sa première adjudication d’obligations de référence à 10 ans depuis janvier 2010. Cette nouvelle émission obligataire d’une valeur de 5 milliards d’euros et venant à échéance en mars 2023 offre un rendement de 4,15 %; si l’on remonte à juillet 2011, le rendement des obligations irlandaises à 10 ans atteignait à peu de chose près 14 %. Cependant, des risques considérables sont toujours présents et l’élan positif qu’ont connu les efforts de financement à ce jour doit être préservé et appuyé, par exemple grâce à l’ajustement proposé aux échéances des prêts de l’UE.
Développements survenus dans les Caraïbes
L’économie des Caraïbes peine encore à reprendre le chemin de la croissance, conséquence d’une reprise mondiale inégale et lente. La croissance du PIB réel demeure peu marquée, les principaux partenaires de la région étant encore en période de reprise, ce qui a des répercussions à la fois sur les échanges commerciaux et sur le rendement des investissements. Les économies les plus productives de la région ont pu profiter de la vigueur des cours des produits de base, mais les pays qui dépendent du tourisme n’ont enregistré qu’une croissance limitée, ce qui ne suffit pas à restaurer la confiance et à se doter des réserves stratégiques requises pour relancer leur économie. Ce fardeau s’est répercuté en grande partie sur la politique budgétaire, qui était au départ axée sur l’expansion afin de stimuler la demande intérieure agrégée, mais qui se fait maintenant plus austère à mesure que la lenteur de la reprise donne lieu à des déficits de plus en plus prononcés. Globalement, le chômage et l’endettement demeurent élevés, les revenus en devises étrangères demeurent modérés et la marge de manœuvre budgétaire est ténue. De plus, le secteur financier subit des pressions, car les secteurs des banques et des assurances doivent composer avec certaines faiblesses de leurs portefeuilles. Mais, malgré ces défis, le secteur financier fait l’objet à l’heure actuelle d’une réforme de vaste portée destinée à en accroître la solidité et la résilience à moyen terme. Ainsi que c’est toujours le cas, la région demeure très vulnérable aux catastrophes naturelles. Il lui a fallu puiser à même ses ressources limitées pour se doter d’une infrastructure apte à résister aux catastrophes afin de se prémunir contre la menace constante liée aux changements climatiques, menace qui guette à la fois les citoyens et les actifs touristiques.
Pour surmonter ces difficultés, de nombreux pays des Caraïbes ont demandé l’aide du FMI et de partenaires de développement afin de se doter d’un soutien financier ainsi que de précieux services d’assistance et de conseils techniques. Depuis le début de la crise mondiale en 2008, plus de la moitié des pays des Caraïbes représentés par le Canada ont eu recours aux facilités de financement du FMI. De plus, tous continuent de tirer parti de l’aide du Centre régional d’assistance technique des Caraïbes, notamment pour faciliter les réformes du régime fiscal, comme l’instauration de régimes de taxe sur la valeur ajoutée, de même que pour procéder à une consolidation budgétaire. Il reste encore beaucoup à faire au chapitre de la réglementation du secteur financier, des capacités statistiques ainsi que de la planification macroéconomique et des prévisions. Le soutien offert est essentiel et constitue un bon exemple de l’apport crucial que peut faire le Fonds à ses membres.
Points de vue des pays représentés au sujet du FMI
Quotes‑parts et gouvernance
Une gouvernance rigoureuse, efficace et responsable est fondamentale dans le contexte du rôle du FMI consistant à promouvoir une croissance mondiale durable et à préserver la stabilité économique. Dans cette optique, nous appuyons sans réserve les efforts déployés pour s’assurer que la structure de gouvernance de l’institution s’adapte à l’évolution de la dynamique économique mondiale. Nous continuons à penser que les réformes des quotes‑parts et de la gouvernance du FMI entreprises en 2010 constituent un important progrès à cet égard et nous espérons que ces réformes seront entièrement mises en œuvre.
Nous demeurons résolus à mener à bien la quinzième révision générale des quotes‑parts d’ici janvier 2014 et, dans le cadre de ce processus, de convenir d’une formule de détermination des quotes‑parts à la fois plus simple et plus transparente. Les pays de notre groupe estiment qu’il est dans l’intérêt à long terme du Fonds et de ses membres de parvenir à un résultat juste et équitable à cet égard, prévoyant l’évolution des droits de vote au sein de l’institution en fonction de l’échiquier mondial changeant. Dans le cadre de cette réforme, nous gardons à l’esprit la nécessité de préserver la participation et la représentation des membres les plus pauvres et les plus vulnérables du Fonds. Le Canada et les pays qu’il représente continuent d’appuyer activement ces efforts.
Sans pour autant vouloir diminuer l’importance de la réforme des quotes‑parts, il demeure que la gouvernance efficace du Fonds va bien au‑delà de cette question. Il faut certes se concentrer dans l’immédiat sur le respect des engagements dont nous avons convenu, mais il serait judicieux de commencer dès maintenant à réfléchir à la manière dont d’autres structures redditionnelles peuvent être renforcées, que ce soit au niveau du Conseil d’administration, des dirigeants ou du personnel du Fonds. Nous espérons que les membres porteront une plus grande attention à ces questions une fois achevée la quinzième révision générale des quotes‑parts.
Surveillance
Le régime de surveillance a fait l’objet d’améliorations importantes depuis la crise financière mondiale, ce qui a débouché sur le processus de décision de surveillance intégrée et sur la stratégie de surveillance du secteur financier. On pourra ainsi procéder à de meilleures évaluations des retombées, et le Fonds sera plus à même de diagnostiquer les risques financiers systémiques. Le FMI peut maintenant se concentrer sur la mise en œuvre et le peaufinage de ses outils de surveillance pour assurer la protection du système monétaire international tout en faisant la promotion de la prospérité et de la stabilité financière à l’échelle de la planète. Il est essentiel de tirer les leçons appropriées de la dernière crise pour mettre en lumière les tendances émergentes et les signaux d’avertissement communs qui font souvent en sorte que des pays doivent mener des programmes d’ajustement.
Le processus de rapport sectoriel externe indépendant est fort utile tant en raison de son champ d’analyse que de la profondeur de celle-ci, laquelle porte sur la responsabilité fondamentale du Fonds au chapitre de l’évaluation des taux de change, de la balance des paiements courants et des réserves. Nous encourageons le Fonds à continuer d’améliorer la méthodologie qui sous‑tend l’évaluation de la balance des paiements courants de manière à recueillir une information crédible qui contribuera au rééquilibrage mondial. La formulation de conseils crédibles qui recueillent l’appui des membres servira à accroître sensiblement l’apport que le Fonds peut faire à la stabilité monétaire et financière mondiale.
En ce qui touche les activités de surveillance bilatérale, nous nous félicitons des efforts déployés par le Fonds pour mieux comprendre les défis et les besoins particuliers des petits États, dont font partie bon nombre des pays que représente le Canada. Nous sommes heureux que le Fonds ait donné suite à l’appel lancé par le Comité monétaire et financier international de mener des travaux additionnels à ce chapitre. Ces travaux viennent à peine de commencer, aussi souhaitons‑nous que l’on établisse un programme de travail comportant des activités claires et mesurables afin d’améliorer et de mieux personnaliser les activités de surveillance et les conseils stratégiques du Fonds à l’endroit des petits États.
Enfin, à titre de coprésident du Cadre du G-20 pour une croissance forte, durable et équilibrée, nous remercions le FMI de son aide technique et de son appui à l’égard du Cadre.
Opérations de prêt et conception des programmes
Depuis la crise financière, le FMI a rempli un rôle de plus en plus important en vue d’aider ses membres partout dans le monde à s’ajuster aux chocs ou aux déséquilibres économiques profondément enracinés. Au cours de cette période, les ressources du Fonds ont été majorées, les outils de prêt ont été révisés, de nouvelles pratiques de coopération avec des organismes régionaux ont été adoptées et la conception des programmes d’ajustement a évolué. Certains changements ont servi à réaliser des gains d’efficacité, tandis que d’autres ont amené la remise en question de la crédibilité et de l’indépendance de l’institution.
Le FMI doit continuer de veiller à ce que la conception des programmes, les examens et les conseils stratégiques demeurent impartiaux et indépendants, y compris lorsqu’il participe à des partenariats régionaux. Il s’agit d’un impératif, et ce, pour trois raisons : 1) d’abord, les programmes doivent être bien conçus, adaptés aux problèmes, crédibles et assortis de conditions ciblées et calibrées en fonction des difficultés économiques fondamentales; 2) ensuite, les marchés doivent avoir confiance dans les hypothèses sous‑jacentes utilisées; 3) enfin, tous les pays membres doivent bénéficier d’un traitement uniforme, appliqué de manière équitable.
Le FMI doit mettre l’accent sur l’amélioration de ses relations avec d’autres institutions et accroître sa capacité de coordonner efficacement sa participation, de manière à mettre à l’avant‑plan les intérêts du pays‑programme. Nous demandons donc instamment au Fonds de profiter du prochain examen des programmes de crise ainsi que de l’examen prévu de la Ligne de crédit modulable et de la Ligne de liquidité et de précaution pour présenter aux membres une évaluation robuste et objective des activités de prêt, de la conception des programmes et de la coopération régionale au cours des dernières années. Ces examens devraient être menés à terme et leurs résultats présentés aux fins de discussion aussi rapidement que possible.
Les décisions concernant la taille appropriée des ressources du Fonds, qui seront prises dans le cadre de la quinzième révision générale des quotes‑parts, dépendront en grande partie de l’efficacité avec laquelle l’institution utilise maintenant les ressources que ses membres mettent à sa disposition. Un facteur tout aussi important sera la capacité de l’institution à présenter de façon claire et transparente une analyse de scénarios fondée sur des données probantes et sur des conditions macroéconomiques réalistes pour justifier les conclusions relatives à la taille appropriée des ressources.
Enfin, dans la même veine que les commentaires qui précèdent au sujet des petits États, nous encourageons le Fonds à continuer d’enrichir sa panoplie d’outils afin que les besoins de tous les membres soient comblés. Le Fonds et les autres partenaires de développement doivent constamment prendre en compte les besoins financiers reliés aux initiatives d’ajustement et les options d’ajustement destinées aux petits pays à revenu moyen vulnérables, dont beaucoup sont très endettés.