Je vous remercie de cette aimable présentation et de votre invitation à prendre part à cette rencontre ici aujourd'hui.
C'est formidable de voir réunis à cette conférence de si nombreux grands penseurs et défenseurs de la politique d'innovation. Je salue les organisateurs de l'événement ainsi que les dirigeants de la région qui ont rendu possible cet important dialogue.
Le leadership en innovation est un sujet qui me tient réellement à cœur. En ma qualité de ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, j'ai eu le privilège de rencontrer de nombreux leaders en innovation, et ce, tant au pays qu'à l'étranger. J'ai ainsi eu la chance de voir dans quelle optique la communauté internationale envisageait les réalisations canadiennes en matière de recherche et d'innovation. J'ai aussi pu entendre de nombreux témoignages de la haute estime qu'elle réservait au Canada et à ses chercheurs.
Le parcours du Canada est prometteur. Au cours des dernières années, notre pays s'est forgé une solide réputation grâce à sa gestion efficace de l'économie et à ses fondements fiscaux sains. Grâce à notre Plan d'action économique qui prévoyait des investissements considérables dans notre capacité d'innovation — notamment dans le Programme d'infrastructure du savoir et l'Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l'Ontario (FedDev Ontario) —, nous avons réussi à traverser la récession. Nos institutions financières ont obtenu un bon rendement au cours de cette période. Et tout cela n'est pas passé inaperçu. En 2011, par exemple, Forbes a placé le Canada au premier rang des pays où faire des affaires. Le taux de chômage actuel s'élève à 7,2 %. Depuis juillet 2009, il s'est créé au Canada près de 900 000 emplois nets, soit plus de 465 000 emplois de plus que le sommet atteint avant la récession. Bref, notre économie a surmonté la tempête mieux que la plupart des autres pays.
Le gouvernement Harper permet au Canada d'accroître ses capacités dans le domaine des sciences, de la technologie et de l'innovation. Nous nous efforçons de créer une économie du savoir du XXIe siècle qui répond aux besoins de nos citoyens et leur donne la liberté et la possibilité d'exceller au sein d'un environnement où les taux d'imposition sont faibles.
L'innovation est un processus économique complexe. Comme vous le savez, elle ne se résume pas à formuler des idées et à les transformer en produits en vertu d'un rapport linéaire de cause à effet. Pour comprendre ce qui gêne l'innovation, il faut comprendre ce qui se passe dans les entreprises, les établissements d'enseignement postsecondaire et le gouvernement. En fait, il faut comprendre ce qui se passe dans le système de l'innovation dans son ensemble.
En 2007, notre gouvernement a lancé la stratégie des sciences et de la technologie du Canada, qui présente un cadre pluriannuel à long terme visant à faire progresser l'avantage humain, l'avantage du savoir et l'avantage entrepreneurial du Canada. Par l'entremise de cette stratégie, nous redéfinissons la façon dont les gouvernements, les gens d'affaires et le milieu de la recherche s'unissent pour stimuler l'activité économique grâce aux sciences et à la technologie.
Tout compte fait, depuis le lancement de cette stratégie en 2007, notre gouvernement a consenti de nouveaux investissements de plus de 9 milliards de dollars à l'appui des sciences, de la technologie et de la croissance des entreprises novatrices. Ce n'est donc pas une coïncidence si l'Organisation de coopération et de développement économiques classe le Canada en tête des pays du G7 pour ce qui est de l'intensité des dépenses en recherche dans le secteur de l'enseignement supérieur.
Le Conseil des académies canadiennes vient appuyer ce classement dans le rapport qu'il a récemment publié et qui affirme que le secteur canadien des sciences et de la technologie est « sain et en croissance ». Ce rapport fait état des résultats d'un sondage auprès d'auteurs d'articles scientifiques parmi les plus cités au monde. Ceux-ci ont classé le secteur canadien des sciences et de la technologie au quatrième rang mondial, ce qui le place dans la même ligue que ceux des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Allemagne. Il ne s'agit pas d'un classement en fonction du nombre d'habitants ou du produit intérieur brut, mais bien d'un classement en termes absolus.
Clairement, la portée de notre expertise scientifique attire l'attention de la communauté internationale. Depuis une dizaine d'années, on constate une migration nette de chercheurs vers notre pays. Cela est sans aucun doute en partie attribuable aux formidables possibilités offertes aux scientifiques et aux entrepreneurs de mener leurs travaux au Canada. Une grande part de ces travaux sont menés ici même à l'Université de Waterloo par deux titulaires de chaire d'excellence en recherche du Canada, M. Cory (traitement de l'information quantique) et M. Van Cappellen (écohydrologie).
La recherche fondamentale axée sur la découverte est au cœur de la démarche de notre gouvernement, mais cela ne l'empêche pas d'être persuadé du pouvoir de transformation des sciences et de la technologie sur le marché. Voilà pourquoi, il y a quelques années, nous avons mis sur pied le groupe d'experts sur le soutien fédéral de la recherche-développement (R-D), présidé par M. Tom Jenkins.
On a demandé à Tom et à son équipe de fournir des conseils quant aux moyens à prendre pour optimiser l'efficacité de l'aide à la R-D accordée par le gouvernement aux entreprises, et de recommander ensuite un certain nombre de mesures.
Nous avons commencé à répondre à plusieurs de ces recommandations par l'intermédiaire du Plan d'action économique de 2012. Nous avons par exemple élargi le Programme d'aide à la recherche industrielle, entamé la transformation du Conseil national de recherches du Canada, favorisé l'innovation à l'aide des marchés publics, rationalisé le crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental, et, bien sûr, amélioré l'accès au capital de risque.
La promotion d'une économie novatrice implique la mise en place des ressources et des conditions dont les entreprises ont besoin pour croître. C'est pourquoi nous avons annoncé le versement de 400 millions de dollars en vue d'accroître les investissements de capital de risque de démarrage et de soutenir la création de fonds de capital de risque de grande taille. Et, dans le cadre du Plan d'action économique de 2013, nous allouons 60 millions de dollars aux incubateurs et accélérateurs d'entreprises afin qu'ils accroissent les services offerts aux entrepreneurs.
Ici, dans le Sud de l'Ontario, FedDev — l'organisme que nous avons créé en 2009 afin d'appuyer la croissance économique dans la région — obtient d'excellents résultats. Dans le cadre de ses initiatives de l'Avantage du Sud de l'Ontario, FedDev a versé plus de 420 millions de dollars pour financer des projets novateurs prometteurs. Il a formé des partenariats avec plus de 5 000 organismes et ses initiatives ont généré des investissements additionnels de plus de 1,2 milliard de dollars en provenance presque exclusive de sources non gouvernementales.
Et pour faciliter l'accès au capital, l'organisme contribue à stimuler les investissements du secteur privé. En date du mois dernier, 86 jeunes entreprises à forte croissance du Sud de l'Ontario avaient obtenu une somme de 196 millions de dollars en capitaux providentiels et en capital de risque. Ces entreprises ont ainsi eu accès au capital de démarrage dont elles avaient besoin pour croître. Elles ont également eu accès au savoir-faire d'investisseurs qui les a guidées dans la mise au point et la commercialisation de leurs technologies. Grâce à l'apport de ces initiatives de FedDev, on s'attend à ce que le nombre d'investisseurs providentiels dans le Sud de l'Ontario passe de 250 en 2009 à 825 d'ici l'année prochaine, c'est-à-dire à ce qu'il triple en moins de cinq ans.
Et je suis convaincu que vous êtes aussi heureux que moi d'apprendre que les résultats qu'a obtenus FedDev jusqu'à présent ont été reconnus. En effet, l'organisme a vu son financement renouvelé pour une période de cinq ans, à compter de 2014. Nous ne nous reposerons pas sur nos lauriers. FedDev Ontario continuera de promouvoir une culture d'innovation dans la région de Waterloo et dans l'ensemble du Sud de l'Ontario au cours des prochaines années.
Les entreprises novatrices axées sur la croissance sont essentielles à la prospérité du Canada. Je le sais et vous le savez aussi. Et je suis convaincu que Mike Lazaridis et Doug Fregin le savent également. Grâce à leur nouveau fonds d'investissement Quantum Valley — et par bien d'autres moyens —, ils encouragent la réalisation de projets prometteurs pour notre avenir.
Mesdames et Messieurs, notre gouvernement comprend les enjeux. Nous sommes conscients que la croissance économique à long terme du Canada s'appuie en grande partie sur les sciences et l'innovation. Pour qu'un système d'innovation soit fructueux, il faut réunir un ensemble d'éléments complémentaires. Les dépenses en recherche-développement ne sont que l'un de ces nombreux éléments. Le rôle du gouvernement consiste à élaborer des politiques et des cadres qui permettront d'établir un contexte propice à la concurrence et aux investissements du secteur privé. Nous devons encourager les entreprises à se doter d'une stratégie, améliorer le climat afin que de nouvelles entreprises puissent encore mieux commercialiser la recherche universitaire, appuyer les domaines où nous excellons, et favoriser la collaboration en recherche entre les secteurs public et privé.
Et c'est ce que nous faisons : nous nous concentrons sur la mise en place des conditions nécessaires à l'établissement d'un système d'innovation sain.
Ces principes reposent sur une seule notion, et c'est bien entendu celle des partenariats. Aujourd'hui plus que jamais, les innovations couronnées de succès sont le fruit de partenariats d'entreprises avec d'autres entreprises ou avec des établissements du savoir — des partenariats qui se sont transformés en foyer d'innovation. Ce n'était pas le cas il y a 40 ou 50 ans, alors que la majorité des innovations étaient issues de grandes entreprises œuvrant de leur propre chef.
Cette région, connue sous le nom de Quantum Valley, est un modèle de leadership qui soutient la recherche de pointe, rapproche les entreprises, crée un climat à l'appui des entreprises en démarrage et attire des experts de calibre mondial.
De nos jours, les économies qui obtiennent du succès sont caractérisées par un esprit de partenariat. Et cette réalité ne fera que prendre de l'ampleur dans l'avenir. Nous avons tous un rôle à jouer à cet égard, et notre gouvernement est impatient de travailler de concert avec vous. Je vous remercie.