Je vous remercie de cette aimable présentation et de votre invitation à prendre part à la rencontre de ce matin. Je remercie également Mitacs d'avoir rendu possible ce dialogue opportun.
C'est toujours un énorme plaisir pour moi de voir de si nombreux grands penseurs et défenseurs de la politique de recherche réunis en vue de discuter d'une priorité qui, je crois, nous est commune : favoriser la croissance économique et la création d'emplois au Canada par l'entremise de l'innovation.
Mesdames et Messieurs, en ma qualité de ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, j'ai eu le privilège de rencontrer, tant au Canada qu'à l'étranger, de nombreux intervenants du milieu universitaire et du monde des affaires de même que plusieurs entrepreneurs.
Partout où j'ai voyagé, j'ai pu entendre des témoignages de la haute estime qu'on réserve au Canada en raison de la vigueur de son système d'innovation.
Grâce au Plan d'action économique du Canada, notre gouvernement a reçu des éloges pour sa gestion efficace de l'économie et ses fondements fiscaux sains.
C'est ainsi que le Canada a réussi à surmonter la récession mieux que la plupart des autres économies. Depuis juillet 2009, il s'est créé au Canada plus de 900 000 emplois nets. Il s'agit de la plus forte croissance de l'emploi enregistrée parmi les pays du G-7.
De plus, pour la cinquième année consécutive, le Forum économique mondial a reconnu le système bancaire canadien comme le plus solide au monde. Trois agences d'évaluation du crédit — Moody's, Fitch et Standard & Poor's — ont par ailleurs réaffirmé la cote supérieure du Canada.
Mais malgré ses chercheurs de calibre mondial et une économie fructueuse en tête des pays du G-7, le Canada accuse un certain retard pour ce qui est des dépenses du secteur privé en recherche-développement (R-D). Notre capacité de commercialisation a également perdu du terrain.
Nous reconnaissons tous que l'innovation est un processus économique complexe. On croit parfois qu'il s'agit d'une démarche linéaire telle une chaîne de montage, et qu'il suffit d'affecter des fonds et des ressources à la recherche d'un côté afin que des produits émergent de l'autre côté.
Nous savons toutefois que l'innovation implique beaucoup plus d'efforts que cela. Bon nombre de facteurs influencent la traduction d'idées en produits commerciaux. Voilà pourquoi nous choisissons de parler d'un écosystème. Un écosystème où tous — aussi bien le secteur public que le secteur privé — ont un rôle à jouer.
Sous le leadership du premier ministre Harper, notre gouvernement a déployé maints efforts afin d'orienter l'économie vers la recherche et la commercialisation, et de favoriser de plus amples investissements dans ces domaines. En effet, depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons investi plus de 9 milliards de dollars à l'appui des sciences, de la technologie et de la croissance des entreprises novatrices.
Notre ferme engagement à l'égard des sciences et de la technologie (S et T) n'est pas passé inaperçu. Amit Chakma, recteur de l'Université Western et président d'U15 — un regroupement d'universités où se déroulent 80 % des projets de recherche dont le financement est octroyé par concours au Canada — a indiqué que notre gouvernement avait « judicieusement choisi de maintenir le financement accordé aux secteurs clés de l'innovation, qui apportent des réponses aux défis sociaux et économiques auxquels notre pays est confronté ».
En plus de ces investissements, Mesdames et Messieurs, nous avons pris des mesures en vue de promouvoir une plus grande collaboration entre les universités, les entreprises et le gouvernement. Et, comme plusieurs d'entre vous le savent, Mitacs joue un rôle de premier plan à cet égard depuis quelque temps déjà.
Notre gouvernement est fier d'appuyer le programme Globalink de Mitacs, lequel permet d'attirer au Canada d'excellents étudiants internationaux et contribue à établir des partenariats internationaux. Nous avons par ailleurs soutenu les stages du programme Accélération de Mitacs, qui ont obtenu un grand succès dans la promotion de l'innovation au sein des entreprises en misant sur l'un des avantages concurrentiels du Canada : notre talent et notre environnement de recherche universitaire de calibre mondial.
J'étais d'ailleurs très heureux d'apprendre dernièrement que les Réseaux de centres d'excellence avaient approuvé la poursuite du financement intégral du programme Accélération de Mitacs. Cet appui, accordé par l'intermédiaire du Programme de stages en recherche et développement industrielle, permettra chaque année à 850 stagiaires d'acquérir une précieuse expérience de travail.
Par exemple, un récent stagiaire du programme Accélération a participé à la mise au point d'un réseau intelligent de capteurs sans fil qui détecte automatiquement l'arrivée ou le départ d'une personne dans une pièce et qui met ainsi en marche ou en veille les systèmes d'éclairage et de chauffage, selon les besoins. En raison de la technologie Bluetooth à faible consommation d'énergie qu'il utilise, le produit est également éconergétique. Les essais ont par ailleurs démontré que les coûts d'éclairage pourraient être réduits de 90 %!
Et grâce à un autre récent stage de Mitacs, un étudiant au programme de maîtrise en mathématiques computationnelles de l'Université de Waterloo a contribué à la mise au point d'une épreuve biologique de la destruction de l'acide ribonucléique (ARN). Ce nouvel outil permet de déterminer si la chimiothérapie tue efficacement les cellules cancéreuses en examinant la dégradation de leur teneur en ARN. Il s'agit d'une nouvelle forme d'analyse qui peut être effectuée dans les premiers stades du traitement et qui facilite la détection d'une réponse positive à la chimiothérapie. Grâce à un dépistage précoce, les patients peuvent opter pour un autre traitement et éviter de subir les effets secondaires néfastes d'une approche qui ne fonctionne pas.
Manifestement, d'exceptionnelles innovations voient le jour dans le cadre des programmes de Mitacs. Notre gouvernement partage votre vision selon laquelle il faut aider les entreprises canadiennes à mettre au point des produits transformateurs en misant sur le talent et le savoir-faire de nos jeunes chercheurs brillants.
Cette vision a été la force motrice de la transformation du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), annoncée par notre gouvernement plus tôt ce mois-ci.
Le nouveau CNRC, dont le mandat et la mission ont été recentrés afin de favoriser l'innovation dirigée par des entreprises, renforcera le paysage canadien de la recherche.
Avec des objectifs touchant l'ensemble de l'écosystème des S et T — de la recherche axée sur les découvertes aux activités de recherche appliquée —, le CNRC est maintenant en bonne position pour générer des emplois de grande qualité, stimuler la R-D industrielle, accroître le bilan de la commercialisation et assurer au Canada une plus grande prospérité et une plus grande productivité.
Comme l'a affirmé le premier ministre, la science fait fonctionner le commerce. Mais le commerce contribue également à faire fonctionner la science. Nous savons que la recherche fondamentale génère des innovations qui sont commercialisées et qui produisent de la croissance économique. Et la croissance économique renforce notre capacité à investir dans la recherche fondamentale — un exemple classique du cercle vertueux.
Voilà un changement considérable dont l'importance est cruciale. Par l'entremise de cette transformation, notre gouvernement veille à ce que les entreprises canadiennes soient en mesure de connaître encore plus de succès sur la scène internationale.
Notre gouvernement est bien conscient que le capital est un complément essentiel à l'accès amélioré de la communauté d'affaires à la R-D. C'est pourquoi nous avons annoncé le versement de 400 millions de dollars en vue d'accroître les investissements de capital de risque de démarrage et de soutenir la création de fonds de capital de risque de grande taille. Et nous sommes allés encore plus loin, dans le cadre du Plan d'action économique de 2013, en allouant 60 millions de dollars aux incubateurs et accélérateurs d'entreprises afin qu'ils accroissent les services offerts aux entrepreneurs.
Toutes ces mesures sont une réponse directe au principal défi du Canada en matière de S et T, qui est d'accroître l'innovation au sein des entreprises grâce à des investissements dans les travaux de R-D du secteur privé et à la commercialisation d'idées formidables. Il ne s'agit pas d'un nouveau défi. Le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation l'a d'ailleurs souligné dans son récent rapport sur l'état des lieux et je peux vous dire que nous mettons en œuvre des mesures et consolidons notre réponse stratégique à ces problèmes depuis plusieurs années déjà.
Le rapport sur l'état des lieux a mis en évidence la vitalité et la force du bassin canadien de compétences. En effet, 51 % de la population adulte au Canada est titulaire d'un diplôme universitaire ou collégial, soit l'un des plus hauts niveaux du monde. Nous avons par ailleurs été témoins d'une hausse remarquable de 31,8 % du nombre de diplômes décernés en sciences de 2006 à 2010, de même que d'une augmentation de 7,3 % du nombre de diplômes décernés en génie au cours de la même période. Et notre production de connaissances scientifiques continue de se développer. Bien qu'il ne compte que 0,5 % de la population mondiale, le Canada a publié plus de 4 % des ouvrages de sciences naturelles et de génie en 2010. Bref, il y a au Canada de nombreuses personnes hautement spécialisées qui génèrent une importante quantité d'information de grande qualité.
Il est essentiel de continuer à cultiver ce talent et ces connaissances si l'on veut maintenir notre productivité et notre prospérité économique. C'est la raison pour laquelle j'étais ravi d'annoncer la semaine dernière un investissement de plus de 400 millions de dollars sous forme de subventions à la découverte et de bourses. Ce financement viendra appuyer plus de 3 800 chercheurs du pays entier en faisant progresser leurs travaux de recherche dans toutes les disciplines de la science. Ces chercheurs revêtent une importance capitale au sein de notre bassin de compétences, en plus de contribuer de façon considérable à la production canadienne de connaissances scientifiques.
Mesdames et Messieurs, je tiens à être clair : la recherche fondamentale portant sur des découvertes demeure un volet essentiel de l'approche de notre gouvernement. Dans une ère où les changements technologiques se produisent à un rythme effréné, il faut tenir compte de l'effet transformateur que peuvent avoir les sciences sur le marché. Nous nous efforçons de promouvoir la commercialisation d'idées puisque la qualité de vie des Canadiens repose sur l'accroissement de la productivité et de l'innovation dans le secteur privé.
Pour qu'un système d'innovation soit fructueux, il faut réunir un ensemble d'éléments complémentaires. Les dépenses en R-D ne sont que l'un de ces nombreux éléments. Le rôle du gouvernement consiste à élaborer des politiques et des cadres pour établir un contexte propice à la concurrence et aux investissements du secteur privé. Nous devons encourager les stratégies d'affaires et améliorer le climat afin que de nouvelles entreprises puissent encore mieux commercialiser la recherche universitaire. Nous devons appuyer les domaines où nous excellons et favoriser la collaboration en recherche entre les secteurs public et privé.
Et c'est ce que nous faisons : nous nous concentrons sur la mise en place des conditions nécessaires à l'établissement d'un climat dynamique au Canada.
Ces principes reposent bien entendu sur les partenariats. Aujourd'hui plus que jamais, les innovations couronnées de succès sont le fruit de partenariats. Et Mitacs en est le parfait exemple.
Nous aurons tous un rôle à jouer pour définir l'économie fructueuse du Canada. Le gouvernement du Canada est impatient de travailler avec vous. Je vous remercie.