Notes d’allocution
de
l’honorable Diane Finley,
ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences,
pour
le forum de Women in Social Business
de la
Women in Leadership Foundation
Le 6 mai 2013
Ottawa
L’allocution prononcée fait foi
Je vous remercie de cette aimable présentation.
Je suis très heureuse d’être ici et d’avoir la chance de rencontrer un aussi grand nombre de dirigeantes réunies, et en particulier à l’occasion de ce premier forum de Women in Social Business.
Pour souligner la contribution des femmes au monde des affaires, à nos collectivités – et, bien sûr, à la politique – je crois que la personne qu’il est indiqué de mentionner est... Margaret Thatcher.
Il y a quelques semaines, lorsqu’elle est décédée, des hommages affluaient ici, au Canada, et partout dans le monde.
Comme l’a si bien dit quelqu’un que je connais bien au Sénat :
« Elle s’appuya sur la liberté individuelle, la concurrence et l’entreprise privée, soutenant le libre marché, rejetant les vices du socialisme, réduisant la taille du gouvernement et remettant les profits aux contribuables. »
Qui a dit cela? Le sénateur Doug Finley.
Rien n’est plus vrai.
Vous savez, la politique est un sport brutal parfois, cela ne fait aucun doute; et j’en ai fait quelque peu l’expérience moi-même.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la réussite de Margaret Thatcher était si remarquable dans un domaine qui était vraiment à l’époque une « affaire d’hommes ».
Je vais donc vous faire part de ma citation préférée de la Dame de fer, une citation qui tombe à propos si vous vous aventurez dans le monde des charges publiques ou si vous vous y trouvez déjà :
« En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme. »
Comme vous le savez, l’une des caractéristiques des dirigeants, hommes ou femmes, est qu’ils ont une vision.
Une vision pour leur carrière. Une vision pour leurs collectivités. Une vision pour leur pays.
Et je sais que vous prenez des mesures pour transformer votre environnement, que vous travailliez auprès du public, dans le secteur sans but lucratif ou dans le secteur privé.
Certaines collectivités sont confrontées à des difficultés sociales graves qu’elles ne parviennent pas à surmonter.
Il est toutefois clair que certains de ces problèmes n’ont pu être réglés au moyen de solutions traditionnelles.
Dans ses budgets de 2011 et de 2012, le gouvernement a tenu compte de ce fait en soulignant le rôle important que la finance sociale peut jouer pour renforcer les partenariats entre le gouvernement et les collectivités.
Car, comme beaucoup d’entre vous le savent, en finance sociale, de multiples sources de capitaux sont mobilisées afin d’atteindre des objectifs sociaux ou environnementaux.
La clé de la finance sociale est le partenariat.
Nous ne pouvons et ne devons pas nous attendre à ce que le gouvernement règle à lui seul tous les problèmes.
Et le gouvernement ne peut financer tous les services dont souhaite bénéficier la population sans tenir compte de la capacité de payer des contribuables.
Nous pouvons toutefois faciliter la prestation de services par d’autres intervenants et habiliter ces derniers.
J’ai parlé de la finance sociale récemment, et j’ai dit une petite histoire que je vais maintenant vous raconter.
Un commerçant local gérait une petite entreprise depuis des années. C’était la seule entreprise de la ville.
Un jour, il fut consterné parce qu’une toute nouvelle entreprise semblable à la sienne avait ouvert ses portes à côté. La situation a empiré quand l’autre commerçant a placé une affiche qui disait « LES MEILLEURES AUBAINES DU QUARTIER ».
Il fut horrifié quand un autre concurrent ouvrit un commerce peu après – de l’autre côté du sien – et plaça une affiche qui disait « LES PRIX LES PLUS BAS EN VILLE! ».
Il paniqua jusqu’à ce qu’il eut une idée.
Il plaça une affiche encore plus grande que les autres dans sa boutique, qui disait « ENTRÉE PRINCIPALE ».
Si je raconte souvent cette histoire, c’est parce qu’elle fait ressortir le fait que, si nous voulons trouver des solutions différentes à nos problèmes et obtenir des résultats différents à cet égard, nous devons les aborder en utilisant des moyens créatifs.
Il est temps que le gouvernement mise sur les ressources de la collectivité, et je ne parle pas seulement des ressources financières.
Oui, nous voulons créer de nouvelles sources de financement dans le secteur privé.
Mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Le programme de partenariats sociaux de notre gouvernement ne se limite pas à cela.
Nous voulons également miser sur l’énergie, l’expertise... et la bonne volonté de la collectivité.
Et de la bonne volonté, il y en a à la tonne.
La responsabilité sociale des entreprises n’est pas uniquement une question ministérielle ou le sujet d’un rapport. C’est une nouvelle façon de faire.
Nous avons tous entendu parler du mécénat d’entreprise à grande échelle, comme celui de la Bill and Melinda Gates Foundation.
Toutefois, en réalité, ce ne sont pas seulement les grandes sociétés qui appuient des causes qu’elles estiment importantes.
Je pense à certaines des petites collectivités du pays. Dans ma circonscription, Haldimand–Norfolk, et d’un bout à l’autre du pays, il y a un propriétaire d’entreprise de la région qui achète de l’équipement pour une équipe de sport mineur... ou qui fait don d’ordinateurs usagés à l’école secondaire... ou qui effectue gratuitement des réparations à domicile pour les aînés.
La liste est longue. La volonté d’aider est bien présente. Il s’agit simplement de mieux l’orienter.
Partout au pays, les Canadiens relèvent des défis à l’échelle locale en établissant des partenariats intersectoriels et en créant de nouvelles méthodes d’innovation sociale.
Les entreprises, les fondations et les particuliers peuvent ainsi non seulement appuyer des organismes sociaux et communautaires en effectuant des dons, mais également investir vraiment de façon stratégique afin d’avoir une incidence mesurable.
À titre d’exemple, certains clubs d’investissement auxquels participent des femmes cherchent maintenant à investir une partie de leurs fonds dans des causes sociales.
Depuis dix-huit mois, mon ministère met à l’essai de nouvelles façons d’optimiser l’impact des dépenses fédérales à l’appui de partenariats communautaires en augmentant l’apport des ressources du secteur privé.
À titre d’exemple, la Trico Charitable Foundation a lancé un projet visant à coordonner jusqu’à sept entreprises affiliées à l’échelle du Canada pour accroître l’impact des entreprises sociales dans les différentes régions du pays et permettre l’apprentissage.
De plus, le Community Kitchen Program of Calgary combine des fonds tant publics que privés pour mobiliser les bénévoles de la collectivité et les amener à travailler auprès des personnes vulnérables et isolées socialement.
Dans l’Arctique, l’Arctic Children and Youth Foundation, mise sur le soutien qu’elle reçoit et utilise la technologie Internet et les outils de réseautage social pour sensibiliser les jeunes de l’Arctique aux principaux problèmes qui affligent les habitants de la région et les inciter à trouver et à élaborer des solutions à ces problèmes.
Ces projets pilotes nous montrent que le marché est prêt à surmonter les difficultés à l’échelle locale... et que la finance sociale peut jouer un rôle important.
Appel d’idées
En 2011, j’ai créé un comité consultatif volontaire sur les partenariats sociaux, composé de dirigeants de la finance sociale, du secteur sans but lucratif et du milieu des affaires.
Le comité nous a aidés à élaborer l’appel national d’idées sur la finance sociale, que nous avons lancé l’automne dernier.
Dans l’appel d’idées, nous avons mis les Canadiens au défi de trouver des idées en vue de régler les problèmes sociaux au moyen de la finance sociale.
Le nombre de réponses a dépassé nos attentes. Nous avons reçu plus de cent cinquante (150) réponses de la part d’organismes de bienfaisance, de fondations, de coopératives et d’intervenants du secteur privé de partout au pays.
J’ai le plaisir d’annoncer qu’à compter d’aujourd’hui, nous communiquons les résultats de notre appel d’idées dans un rapport intitulé Exploiter le pouvoir de la finance sociale.
Ce rapport est affiché sur notre site Web, et vous trouverez des exemplaires ici aujourd’hui.
Le rapport met en évidence plusieurs idées qui démontrent de nouvelles façons créatives d’utiliser la finance sociale pour améliorer les programmes existants.
De plus, les résultats confirment que les Canadiens sont enthousiastes à l’idée de participer à la recherche de solutions aux difficultés qui les entourent, de transmettre leurs idées à ce sujet et de trouver des solutions.
À titre d’exemple, un répondant propose d’appuyer les programmes qui ciblent les femmes qui sont confrontées à de nombreux obstacles à l’emploi et qui ont de la difficulté à trouver un emploi et à le conserver.
La création de possibilités d’emploi pour les jeunes, la prestation d’une aide aux jeunes à risque, l’augmentation des taux d’obtention de diplôme d’études secondaires dans les collectivités du Nord et la prestation de meilleurs soins aux groupes défavorisés font partie des autres idées présentées.
Une autre idée est l’utilisation d’obligations à impact social, ou OIS.
Une OIS est un contrat entre le gouvernement et une organisation externe aux termes duquel les investisseurs fournissent le capital initial nécessaire pour financer une organisation, souvent sans but lucratif, en vue de la réalisation d’un programme social.
Le paiement de la part du gouvernement dépend des résultats du programme. Si, et seulement si, les résultats convenus sont atteints, le gouvernement verse aux investisseurs la prime convenue, en plus de rembourser l’investissement initial.
Donc, si vous souhaitez à en apprendre davantage sur les OIS, l’infrastructure de la finance sociale ou les différentes entreprises sociales, je vous encourage à consulter le rapport en ligne.
Prochaines étapes
Notre travail ne se termine pas avec ce rapport.
Au contraire. Il ne fait que commencer.
Notre gouvernement estime que le temps est venu de transformer certaines de ces idées en mesures concrètes.
Au cours des prochains mois, mon ministère entend continuer de réunir les intervenants, de les sensibiliser au potentiel de la finance sociale et de favoriser l’établissement de nouveaux partenariats.
Tel qu’il a été annoncé dans le rapport, nous rassemblerons des partenaires clés du milieu de l’investissement d’impact afin de transformer ces idées en projets pilotes prêts à l’investissement.
L’élaboration de projets de qualité nécessitera la participation et le leadership continus des secteurs privé et sans but lucratif. De plus, il faut que le gouvernement s’assure que ses structures permettent sa participation à ces projets.
Conclusion
Je tiens à vous assurer que l’intérêt que notre gouvernement porte à la finance sociale ne signifie pas qu’il abandonne ses responsabilités.
Nous continuerons de protéger les personnes vulnérables et de voir à ce que tous les Canadiens reçoivent les services dont ils ont besoin.
Les partenariats sociaux nous aident à favoriser l’épanouissement de bonnes idées, de même qu’à habiliter les particuliers et les collectivités.
En fin de compte, nous avons besoin de leadership de la part de gens ayant une vision afin de poursuivre dans la voie de la finance sociale.
Et cela signifie que nous avons besoin du leadership de personnes comme vous – de femmes comme vous.
À titre de gouvernement, nous ferons notre part pour tirer parti de la finance sociale et pour faire progresser les questions qui sont importantes pour vous et votre famille, à savoir votre sécurité financière personnelle, et la sécurité de nos rues et de nos collectivités. De plus, nous vous donnerons mille et une raisons d’être fières d’être des citoyennes du meilleur pays du monde.
N’oubliez pas : si vous voulez vraiment faire quelque chose, vous trouverez le moyen d’y parvenir. Si vous ne le voulez pas, vous trouverez une excuse.
Je vous remercie de m’avoir invitée. Ce fut pour moi un réel plaisir.
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