Bonjour, Mesdames et Messieurs. Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui. Merci Luc de m'avoir invité à me joindre à vous au Musée des sciences et de la technologie du Canada.
Je tiens à saluer le travail remarquable du sénateur Kelvin Ogilvie et sa « machine génétique » qui se trouve au Musée. En lançant le premier processus automatisé de fabrication de l'ADN, le sénateur a, par ses travaux révolutionnaires, ouvert la voie à une nouvelle ère en biotechnologie en permettant au génie génétique de prendre son envol. Il est donc tout à fait indiqué qu'une annonce axée sur la génomique nous rassemble ici aujourd'hui.
C'est toujours un plaisir de me trouver en compagnie d'hommes et de femmes dont le regard est tourné vers l'avenir, d'hommes et de femmes qui aident à créer le futur.
Sans aucun doute, l'histoire qualifiera de révolutionnaires les réalisations de notre époque dans le domaine de la génomique.
Tandis que nous approfondissons notre compréhension du code génétique — le langage de la vie —, notre rapport avec le monde qui nous entoure évolue fondamentalement. Les progrès de la génomique intensifient le pouvoir de celle-ci de procurer des avantages économiques et sociaux à la population canadienne.
Dans le domaine de la santé, les tumeurs cancéreuses sont séquencées en vue de trouver des traitements plus efficaces. Les pharmacothérapies sont maintenant adaptées à la constitution génétique d'une personne afin d'améliorer leur efficacité et de prévenir les effets indésirables. En fait, le potentiel de personnalisation constitue justement l'objectif du concours « Projets de recherche appliquée à grande échelle en génomique et en santé personnalisée » que notre gouvernement a annoncé en mars dernier.
Les progrès de la génomique renouvellent les industries traditionnelles du Canada, comme l'agriculture, l'énergie, la foresterie, l'exploitation minière, les pêches et l'aquaculture.
Partout, la génomique dote des entreprises canadiennes d'une science et de technologies à la fine pointe qui non seulement aident à relever les défis auxquels nous faisons face, mais stimulent aussi la croissance économique et créent des emplois de haute qualité.
En fait, la génomique constitue une pierre d'assise de la bioéconomie du Canada, qui est en pleine croissance et qui devrait représenter environ 38 milliards de dollars de notre produit intérieur brut d'ici 2017. Cette économie redéfinit des industries traditionnelles comme la construction et les transports, grâce à des progrès comme la mise au point de biocarburants moins polluants pour les avions à réaction et de biomatériaux composites utilisés dans la construction d'habitations.
Je suis donc ravi d'être ici aujourd'hui pour annoncer le lancement d'un nouveau programme de Génome Canada qui aidera à propulser notre bioéconomie vers le futur et jouera un rôle essentiel dans la mise en marché de solutions axées sur la génomique élaborées en laboratoire.
Il s'agit du Programme de partenariats pour les applications de la génomique (PPAG), lequel financera des projets de partenariat en recherche-développement (R-D) réunissant des chercheurs et des utilisateurs finaux de la génomique. Ces derniers — qu'ils proviennent d'un secteur industriel, comme les produits pharmaceutiques, la foresterie, l'agriculture et la biotechnologie, ou d'autres secteurs publics, comme les organismes sans but lucratif, les œuvres de bienfaisance et les provinces — aident à définir les besoins des projets et à ainsi rendre cette recherche adaptée et efficace.
Grâce à cette approche, les chefs de projet peuvent s'attaquer à des problèmes réels, saisir de nouvelles occasions et créer de nouvelles connaissances qui profiteront aux Canadiens d'un océan à l'autre.
Notre gouvernement est fier d'investir 30 millions de dollars pour soutenir ce nouveau programme. Nous sommes également heureux de savoir que Génome Canada recueillera, par l'entremise des centres de génomique régionaux, 60 millions de dollars de plus grâce au cofinancement obtenu auprès de partenaires, y compris l'industrie.
Les initiatives des cinq centres d'innovation de science et de technologie (S et T) soutenus par Génome Canada compléteront les travaux prometteurs qui seront issus du PPAG. Ces institutions possèdent du matériel à la fine pointe qui a aidé le monde de la recherche à réaliser des percées passionnantes, comme celle récemment accomplie au Québec par le scientifique canadien Jacques Simard.
Faisant appel aux technologies du Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill, le professeur Simard a joué un rôle central dans la découverte de nouveaux marqueurs génétiques liés au cancer du sein. Au bout du compte, cette découverte aidera les médecins à mieux cibler les tests de dépistage du cancer et permettra aux femmes à risque de faire des choix éclairés en matière de prévention et de traitement.
Dans le cadre du projet, plus de 100 000 échantillons génétiques ont été analysés au Centre, reconnu internationalement pour ses capacités en matière de génomique. Sans le Centre — sans sa technologie, son personnel et ses capacités —, la participation du Canada à cette initiative mondiale n'aurait pas été possible. Et la découverte du professeur Simard n'aurait peut-être jamais eu lieu.
Afin d'aider à la réalisation de nombreuses autres découvertes importantes dans l'avenir, notre gouvernement est heureux de renouveler le mandat de ces centres d'innovation de S et T situés d'un bout à l'autre du Canada et de leur verser un financement de 29 millions de dollars.
Et, pour soutenir encore davantage le leadership canadien dans les consortiums internationaux, nous fournissons 5 millions de dollars au Consortium de génomique structurelle et au projet international de code-barres du vivant.
Au sein du Consortium de génomique structurelle, des chercheurs financés par Génome Canada dirigeront une initiative internationale visant à déterminer la structure des protéines, en vue de mettre au point de nouveaux médicaments.
Pour sa part, le projet international de code-barres du vivant regroupe des scientifiques de 25 pays qui collaborent avec des chercheurs canadiens afin de constituer une bibliothèque de codes à barres de l'ADN qui permet l'identification rapide de diverses espèces de plantes et d'animaux importantes pour la santé, la salubrité des aliments, l'agriculture, le commerce et l'environnement.
Mesdames et Messieurs, je tiens à signaler qu'en plus des investissements que je viens tout juste d'annoncer le gouvernement a engagé, dans le cadre du Plan d'action économique de 2013, 165 millions de dollars dans un nouveau financement pluriannuel de Génome Canada. Cette somme servira à soutenir le nouveau plan stratégique de l'organisme, qui se concentre sur la découverte rapide de moyens visant à transformer les découvertes en nouvelles applications qui procureront des avantages économiques et sociaux, ou sur l'amélioration accélérée des moyens qui existent déjà.
Depuis le lancement de la stratégie en matière de sciences et de technologie en 2007, notre gouvernement a investi, chaque année, d'importantes sommes pour renforcer la capacité scientifique du Canada. En effet, depuis 2006, nous avons versé plus de 9 milliards de dollars en nouveaux fonds à des initiatives destinées à appuyer les sciences, la technologie et la croissance des entreprises novatrices.
Nous effectuons tous ces investissements parce que nous comprenons l'importance de la science en général. Comme le premier ministre Stephen Harper l'a déclaré : « La science fait fonctionner le commerce. » Mais le commerce aide aussi à faire fonctionner la science. Nous savons que la recherche fondamentale procure les innovations qui entrent dans le marché et produisent la croissance économique. Et la croissance économique engendre la capacité d'investir dans la recherche fondamentale. Il s'agit là du cercle vertueux parfait.
Nous devons notre niveau de vie élevé à ce cercle. Voilà pourquoi nous complétons les investissements actuels dans la recherche fondamentale par l'affectation de fonds additionnels à des projets dirigés par l'industrie qui sont d'une nature plus commerciale.
Nous travaillons à promouvoir la commercialisation des idées parce que la qualité de vie de la population canadienne, tout comme notre capacité à investir davantage dans les sciences fondamentales, dépend d'une productivité et d'une innovation plus fortes au sein du secteur privé.
À cette fin, nous renforçons, dans le cadre du Plan d'action économique de 2013, l'accès du secteur privé à la recherche publique par des programmes destinés à aider les entreprises à s'associer avec des établissements postsecondaires.
Dirigés par les entreprises, ces nouveaux réseaux et les centres d'excellence en commercialisation et en recherche aident les chercheurs et les entrepreneurs à traduire en nouveaux produits sur le marché, les idées et les innovations issues des laboratoires.
Je suis heureux de dire que les initiatives que nous annonçons aujourd'hui reposent sur cette assise. Dans le cas du nouveau Programme de partenariats pour les applications de la génomique, il s'agit de passer au prochain niveau.
Cette prochaine étape est cruciale alors que la génomique se déplace du milieu universitaire à l'industrie, suscitant ainsi de nouvelles occasions d'appliquer la recherche dans ce domaine et donnant une plus grande impulsion pour son financement.
Je félicite de nouveau Génome Canada pour ces merveilleuses initiatives. Merci à tous les chercheurs qui nous dirigent vers l'avenir à cette époque si passionnante. J'ai hâte d'en apprendre davantage sur les progrès en génomique et la façon dont ils transforment notre société et notre économie.