Le 10 juin 2013
Bon après-midi.
Il y a deux semaines, j'étais debout dans ce hall et j'annonçais que notre gouvernement tournait la page pour entamer un nouveau chapitre dans l'avenir de la fonction publique.
Ce nouveau chapitre vise à nous assurer que l'argent des contribuables canadiens soit bien utilisé.
Le gouvernement consacre 43 milliards de dollars par année à la rémunération et aux avantages sociaux du secteur public. Il s'agit de notre plus importante dépense et de notre actif le plus précieux.
Il nous incombe donc de nous assurer que nous tirons profit au maximum de la fonction publique.
Cela signifie que nous devons réformer la fonction publique, la moderniser et encourager une plus grande productivité.
Ce projet ambitieux a atteint un jalon important il y a deux semaines lorsque j'ai annoncé l'instauration, par notre gouvernement, d'un nouveau système obligatoire pour le suivi du rendement des employés.
Je suis ici aujourd'hui pour faire passer notre projet de modernisation à une toute nouvelle étape. Conformément à l'engagement pris par notre gouvernement dans le Plan d'action économique de 2013, je suis fier d'annoncer notre intention de faire entrer le système de gestion de l'incapacité du gouvernement dans un nouveau siècle : le XXIe siècle.
À l'instar de la gestion du rendement, la façon dont nous gérons l'incapacité a une incidence importante sur la productivité des travailleurs et sur notre capacité de fournir des services efficaces et abordables aux Canadiens.
Et tout comme dans le cas de la gestion du rendement, nos efforts pour suivre et soutenir adéquatement les employés malades et blessés sont inefficaces et fragmentés.
Le suivi est médiocre. Et le système, qui remonte à 1970, est malheureusement sous-équipé pour fournir un soutien efficace à un effectif moderne.
Les résultats sont tristement évidents et coûtent cher, tant aux employés qu'aux contribuables canadiens qui paient la note.
Premièrement, la fonction publique souffre de taux d'absentéisme excessivement élevés en comparaison du secteur privé. La moyenne des absences par travailleur est de 18,2 jours par année, y compris les congés payés et les congés sans solde.
Je le répète, 18,2 jours d'absence par année. C'est deux fois et demie le taux du secteur privé, qui est de 6,7 jours.
C'est tout simplement insoutenable pour tout employeur qui compte diriger un effectif moderne, efficace et à haut rendement.
Deuxièmement, les employés ne reçoivent pas le soutien dont ils ont besoin pour pouvoir surmonter leur maladie et retourner au travail rapidement.
Ce qui m'amène à mon annonce d'aujourd'hui, qui comporte deux volets.
D'abord, j'annonce l'intention de notre gouvernement d'instaurer, pour la première fois, un programme d'assurance-invalidité de courte durée qui aidera les employés atteints d'une maladie de courte durée.
Le gouvernement fédéral est l'un des rares grands employeurs du Canada qui ne fournit pas de soutien en cas de maladie de courte durée. En revanche, environ 87 % des employeurs canadiens en offrent.
À l'heure actuelle, les employés doivent utiliser les congés de maladie accumulés. Cette façon de gérer nos ressources humaines est terriblement inefficace et empirique. Elle ne permet pas d'offrir le soutien nécessaire à la gestion des cas et à la réadaptation qui garantit que les employés bénéficient d'un système efficace au moment où ils en ont le plus besoin.
Elle est également injuste pour les employés. Si ces derniers tombent soudainement malades et doivent subir une intervention qui les forcera à s'absenter du travail pendant trois ou quatre mois et qu'ils n'ont pas suffisamment de congés de maladie, ils sont tout simplement en mauvaise posture.
Et il y a beaucoup de gens qui seront en mauvaise posture.
Actuellement, 11 % des fonctionnaires n'ont pas de congés de maladie en banque. Et près de 60 % n'ont pas suffisamment de congés de maladie pour tenir jusqu'au seuil des 13 semaines, moment où commence à s'appliquer l'assurance invalidité de longue durée.
Par conséquent, le système n'est pas équitable. Il est discriminatoire à l'endroit des nouveaux employés et des plus jeunes tout en étant excessivement avantageux pour ceux qui travaillent au gouvernement depuis des années.
Notre gouvernement a donc l'intention d'offrir un soutien pour les cas d'invalidité de courte durée et nous avons consulté des intervenants syndicaux à ce sujet. Nous sommes impatients de travailler avec eux pour établir un programme d'assurance invalidité de courte durée qui soit efficace, efficient et équitable pour tous les employés.
Ensuite, nous avons aussi discuté avec des intervenants syndicaux de la refonte de notre système de gestion de l'incapacité de longue durée. Ce système, qui est enclenché après 13 semaines de maladie, est demeuré pratiquement inchangé, comme je l'ai mentionné, depuis qu'il a été lancé il y a 40 ans.
Archaïque et désuet, le régime de longue durée ressemble à une pièce de musée bien conservée, accumulant la poussière sous verre. C'est le dinosaure de la gestion de l'incapacité.
Il y a 40 ans, les emplois étaient différents, de nature plus industrielle. Et on considérait la maladie différemment. Les maladies mentales – le stress, l'anxiété, la dépression – n'étaient pas reconnues. Le traitement du cancer était beaucoup moins efficace qu'aujourd'hui.
Le milieu de travail a énormément changé au cours des 40 dernières années, mais pas le système de gestion de l'incapacité.
Les employés se perdent dans le système ou sont oubliés. La gestion des cas n'est pas très efficace, ce qui veut dire que nous ne cherchons pas à nous assurer que nos employés bénéficient du soutien dont ils ont besoin au moment opportun.
Notre gouvernement croit qu'il faut remédier à cette situation.
Il est temps de corriger un système désuet et inefficace pour que nous puissions optimiser l'argent des contribuables canadiens et que les employés bénéficient d'un système efficace.
Nous travaillerons avec les intervenants pour revoir entièrement ce système fragmenté et le remplacer par un système moderne qui intégrera parfaitement la protection de courte et de longue durée – un système qui garantira une gestion rigoureuse des cas et un retour rapide au travail.
Nous avons besoin d'un système de gestion de l'incapacité du XXIe siècle, digne d'un effectif du XXIe siècle.
Les Canadiens s'attendent à ce que la fonction publique soit moderne, hautement performante et abordable, et ils ont le droit de l'exiger.
C'est une mesure importante qui permet de nous assurer que les Canadiens ont la fonction publique qu'ils méritent.
Je vous remercie.