Nanaimo, Colombie-Britannique
le 19 août, 2013
La version prononcée fait foi
Introduction
Merci de cette présentation.
Je suis très heureuse de revenir ici parmi vous et de retrouver tous ces visages familiers.
En tant que Cap-Bretonnaise et ancienne présidente et directrice générale de l’Administration portuaire de Toronto, je peux dire que les dossiers maritimes font partie de mon ADN. Vous comprendrez donc à quel point
j’ai été honorée que le premier ministre m’ait demandé d’accepter le poste de ministre des Transports.
En qualité de ministre, je suis consciente des défis que nous devons relever pour que notre réseau de transport soit tout à la fois sûr, sécuritaire, efficace et respectueux de l’environnement.
Comme vous devez le savoir, je me suis rendue à Lac-Mégantic deux jours à peine après mon assermentation. Je tenais à rencontrer les victimes de cette terrible tragédie qui a frappé de plein fouet cette localité, être à l’écoute des gens et leur apporter mon soutien.
Même si les chiffres nous montrent que le réseau de transports du Canada est l’un des plus sécuritaires au monde, Lac-Mégantic vient tristement nous rappeler que nous devons poursuivre nos efforts pour améliorer la sécurité de tous les modes de transports.
« La création de partenariats », qui constitue le thème de cette Conférence, est étroitement liée au monde des transports et à la sécurité, car ce n’est qu’en travaillant main dans la main que nous parviendrons à rendre encore plus sûr et sécuritaire le réseau de transports du Canada. C’est justement pour parler de quelques-unes des solutions qui s’offrent à nous que je suis parmi vous aujourd’hui.
Le système de sécurité de classe mondiale pour les navires-citernes
Au mois de mars dernier, mon prédécesseur, Denis Lebel, a annoncé une série de mesures visant à mettre en place un système de sécurité de classe mondiale pour les navires-citernes.
Cette année, nous augmenterons le nombre d’inspections pour que tous les navires-citernes étrangers qui pénètrent dans les eaux canadiennes soient inspectés lors de leur première visite, et une fois par année par la suite.
Nous étendrons également la surveillance et le contrôle aériens des navires dans le cadre du Programme national de surveillance aérienne.
La Garde côtière canadienne, quant à elle, établira un système de commandement en cas d’incident afin d’intervenir de façon plus efficace lors d’un incident et d’intégrer ses activités à celles de partenaires clés.
Nous examinerons les exigences actuelles relatives au pilotage et aux remorqueurs d’escorte pour déterminer quelles améliorations il faudrait apporter pour prendre en charge la densité croissante de la circulation.
Le port de Kitimat obtiendra la désignation de port public, ce qui s’accompagne de l’application des normes de contrôle de la circulation et de la sécurité connexes. Nous étudierons également le dossier d’autres ports afin de déterminer s’il convient de leur conférer ce type de désignation. Le gouvernement mènera des recherches scientifiques sur les produits pétroliers non conventionnels, comme le bitume dilué, pour mieux connaître ces substances et leur comportement dans le cas d’un déversement improbable en milieux marins.
La Garde côtière canadienne veillera à l’installation et à l’entretien d’un système d’aides à la navigation qui servira à avertir de la présence éventuelle d’obstructions et à baliser l’emplacement des voies de transport à privilégier. Elle proposera également des options pour améliorer le réseau de navigation actuel.
La Loi visant la protection des mers et ciel canadiens qui a été déposée en mars dernier, exige des responsables d’installations terminales qu’ils soumettent des plans de prévention de la pollution. Cette Loi simplifie aussi le régime de sanctions de manière à faciliter l’imposition d’amendes aux pollueurs. Elle étend également les pouvoirs des inspecteurs de Transports Canada et élimine des obstacles juridiques qui pourraient empêcher les forces d’intervention d’opérer en cas d’urgence.
En dernier lieu, nous avons mis sur pied un comité d’experts sur la sécurité des navires-citernes qui est chargé d’étudier notre état de préparation et notre capacité actuelle d’intervention et de formuler des recommandations sur des améliorations pouvant être apportées. Le Capitaine Gordon Houston, ancien président et directeur général de Port Metro Vancouver, s’est vu confier la présidence de ce comité et consulte ainsi des intervenants sur la question de la sécurité des navires-citernes.
Les nouvelles mesures de sécurité, la Loi visant la protection des mers et ciel canadiens et le comité sont autant de dispositifs qui témoignent de la volonté du gouvernement du Canada d’assurer la sécurité des Canadiens et de préserver les milieux naturels de notre pays.
Puisqu’il est question de sécurité et de sûreté, je me réjouis de vous annoncer, au nom de mon collègue, l’honorable James Moore, que le gouvernement du Canada a octroyé à AXYS Technologies une contribution remboursable d’un montant de deux millions de dollars. Cette aide s’inscrit dans le cadre de l’Initiative stratégique pour l’aérospatiale et la défense d’Industrie Canada, qui vise à encourager la recherche et le développement stratégiques qui sont sources d'innovation et d'excellence pour de nouveaux produits et services.
Cette contribution va aider AXYS à mettre au point des applications de collecte, d’analyse et d’affichage de données maritimes sensibles afin de renforcer la sureté des ports et des havres. Les utilisateurs de ces applications seront ainsi en mesure de surveiller en temps réel d’éventuelles menaces criminelles et bénéficieront de l’expérience reconnue d’AXYS en recherche et en développement dans le domaine de la surveillance du milieu maritime.
Sûreté des transports entre le Canada et les États-Unis
Il est primordial de garantir la sûreté de nos réseaux de transport si nous voulons développer la relation commerciale canado-américaine.
Pour stimuler la prospérité par le commerce, les entreprises et les administrations publiques qui sont situées de part et d’autre de la frontière doivent être convaincues que nos réseaux de transport fonctionnent en synergie pour combler nos besoins mutuels en matière de sûreté.
Voilà pourquoi le Canada et les États-Unis travaillent en étroite collaboration à la mise en œuvre du Plan d'action Par-delà la frontière.
C’est dans le cadre de ce plan que nous élaborons une démarche commune transfrontalière qui vise à faciliter le rétablissement rapide du commerce maritime en cas de perturbation importante. Port Metro Vancouver a, à cet égard, joué un rôle essentiel dans la mise à l’essai de cette démarche qui s’est avérée très fructueuse.
Par ailleurs, dans le cadre du plan stratégique du Canada en matière de systèmes de transport intelligents, qui est intitulé En route vers la mobilité intelligente et qui représente 30 millions de dollars, le gouvernement du
Canada est déterminé à contribuer au développement et au déploiement de technologies novatrices au Canada. Le système de prédédouanement des véhicules commerciaux conformes, qui est l’un des projets financés au titre de ce plan, permettra de diminuer le nombre de fois qu’un véhicule doit s’arrêter à un poste d’inspection, ce qui contribuera à économiser du temps et à réduire la consommation de carburant.
Il convient enfin de mentionner la participation du port de Prince Rupert à un projet pilote qui vise à améliorer l’efficacité du transport ferroviaire des marchandises qui transitent par les ports canadiens à destination des marchés américains en supprimant les contrôles redondants des conteneurs à la frontière canado-américaine.
Pour des transports durables
La protection des Canadiens et des collectivités passe aussi par celle de l’environnement. C’est ici toute la philosophie qui sous-tend le système de sécurité des navires-citernes de classe mondiale que j’évoquais tantôt.
Selon la Fédération maritime du Canada, le transport maritime est le mode de transport commercial parmi tous les autres dont l’empreinte écologique est la moins forte et le niveau d’efficacité énergétique le plus élevé.
Le gouvernement du Canada fait ce qui est en son pouvoir pour favoriser le transport durable dans les ports.
Dans le cadre de nos Initiatives en matière de transport propre, nous travaillons avec les entreprises et les exploitants portuaires à la mise au point de technologies devant permettre de synchroniser l’arrivée des porte-conteneurs avec celle des camions.
Cette solution vise à remédier au problème que pose le trop grand nombre de camions qui tournent au ralenti en attendant en file dans les ports avant de charger ou de décharger leurs marchandises.
Signalons également le Programme d’alimentation à quai pour les ports que nous mettons en œuvre et qui permet aux navires à l’amarrage de couper leurs moteurs diesel et de se brancher à une source d’alimentation électrique à l’installation portuaire. Ces dispositifs d’alimentation à quai, notamment offerts dans les ports de Vancouver et d’Halifax, contribuent à protéger l’environnement et la santé des Canadiens, à renforcer notre économie et à créer des emplois ainsi que les conditions favorables pour que le tourisme et le commerce de ces villes tirent profit de possibilités de croissance. Nous espérons travailler avec d’autres administrations portuaires à la réalisation de projets semblables.
Partenariats et prospérité
La prospérité est indissociable de l’établissement de partenariats.
Notre réseau de transport nous permet de relier des collectivités très éloignées les unes des autres, de désenclaver l’accès aux ressources naturelles qui font notre richesse et de faciliter la circulation des personnes et des marchandises dans le pays et hors de ses frontières.
Or, comme tout autre ensemble, notre réseau de transports dépend aussi d’un grand nombre d’éléments qui le composent et qui assurent son bon fonctionnement.
C’est la raison pour laquelle il est primordial d’établir des partenariats, ce qui est le thème même de cette Conférence.
Nul doute que les partenariats ont été essentiels à la résilience dont le Canada a fait preuve durant la récession économique mondiale.
Depuis le lancement, en 2009, du Plan d'action économique, nous avons plus que récupéré toute la production et tous les emplois perdus durant la récession.
Nous avons également créé plus de 965 000 nouveaux emplois nets et affichons le taux de croissance de l'emploi de loin le plus élevé de tous les pays du G7.
Dans la démarche du Canada, les partenariats sont déterminants pour favoriser la croissance du commerce international et participer ainsi à la relance du pays et à son développement.
La mondialisation des marchés et de la production a pour effet d’accroître la demande en ressources naturelles provenant du Canada.
Le transport maritime joue de ce point de vue un rôle essentiel pour acheminer ces ressources vers les marchés et stimuler l’économie.
Portes d’entrée et ports
La création de partenariats constitue le principe clé de notre Cadre de politique national sur les portes et les corridors commerciaux stratégiques.
Ce cadre fait office de modèle qui oriente la manière dont nos réseaux et nos plaques tournantes de transport s’organisent pour déplacer nos marchandises dans le pays et à l’extérieur de ses frontières. Il nous aide à être plus efficaces et à nous adapter aux besoins nés de la mondialisation des chaînes d’approvisionnement.
Fort de ce modèle de portes et de corridors, le gouvernement fédéral peut travailler avec le secteur privé, d’autres administrations et d’autres pays afin de renforcer le réseau de transport du Canada et ses liens commerciaux internationaux.
Nous soutenons cette démarche en lui consacrant de très importantes ressources.
Depuis 2006, nous avons ainsi apporté plus de 2,7 milliards de dollars à plus de 80 projets dans le cadre de l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique et du Fonds pour les portes d'entrée et les passages frontaliers.
Permettez-moi de citer quelques projets qui bénéficient de notre soutien.
Le mois dernier, nous avons fait, ici même à Nanaimo, l’annonce d’un projet de services de transport maritime à courte distance visant à moderniser le terminal du quai général de Nanaimo et à remettre en état un quai vieillissant. Ce projet procurera des avantages aux utilisateurs maritimes et terrestres en rendant le port plus efficace et en diminuant la congestion.
À Vancouver, citons le projet du corridor de la rive sud dont l’un des objectifs est de séparer la circulation routière de la circulation ferroviaire, en plus d’installer une signalisation améliorée et de nouvelles technologies.
On comprend qu’au-delà de l’intérêt qu’il représente pour les transports, ce projet va améliorer la qualité de vie des habitants des localités alentour en régulant mieux la circulation et en facilitant l’accès piétonnier à cette zone.
Ce projet sera donc bénéfique à tous : le port et ses réseaux connexes tireront avantage d’une circulation et d’échanges commerciaux plus efficaces, alors que les localités avoisinantes bénéficieront de routes plus sécuritaires et des retombées économiques du port.
Les investissements que nous avons également réalisés dans le port de Montréal vont contribuer à optimiser ses systèmes de manutention de conteneurs et à le doter d’aides à la navigation pour améliorer la circulation maritime dans le chenal du Saint-Laurent.
Au Canada atlantique, nous appuyons les projets d’agrandissement du terminal de South End et d’amélioration de la porte d’entrée polyvalente des terminaux de Richmond du port d’Halifax. Nous finançons aussi les améliorations apportées au terminal de navires de croisière au port de Saint John. Nous travaillons également avec les administrations portuaires canadiennes pour promouvoir la porte d’entrée de l’Atlantique à l’occasion de grandes foires commerciales qui se tiennent en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe.
Conclusion – Que nous réserve l’avenir?
Les partenariats que nous avons établis avec les 18 administrations portuaires canadiennes ont aidé le Canada à moderniser son réseau de transport, à renforcer sa sécurité maritime et à préserver l’environnement et l’adhésion de la société.
Ceci étant, nous savons que les marchés évoluent partout dans le monde. Nous devons donc anticiper ces changements et garder une longueur d’avance.
À l’heure où les gouvernements équilibrent leurs comptes, la demande pour un réseau de transport fiable, efficace, sécuritaire et respectueux de l’environnement demeure.
Le secteur des transports a d’ores et déjà montré qu’il était capable de s’adapter à de tels défis.
Pendant la phase de récession, les acteurs de ce secteur ont réexaminé leurs pratiques et leurs stratégies et sont devenus plus compétitifs que jamais.
Le défi qui se pose à présent est de parvenir à conserver cette dynamique.
En d’autres termes, nous devons trouver de nouvelles manières de procéder et de nouveaux débouchés. Ainsi, nous pourrons poursuivre nos efforts dans tous les secteurs afin de développer le commerce et de renforcer l’économie.
Je crois sincèrement aux talents que vous pouvez mobiliser pour relever ce défi.
Je me réjouis à la perspective de travailler avec les partenaires que vous êtes. Ensemble, nous allons pouvoir améliorer les ports canadiens, assurer la promotion de vos services dans le monde et bâtir l’économie de demain de notre pays.
Je ne voudrais pas terminer sans vous souhaiter à tous une excellente Conférence.
Merci de votre attention.