Montréal (Québec) - 15 novembre 2013
LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI
Le Premier ministre Stephen Harper a prononcé aujourd’hui le discours suivant lors d’une activité organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain :
« Merci beaucoup.
« Merci Michel pour cette présentation.
« Je dois dire que mon livre est un peu plus sur l’histoire du hockey à Toronto, il y a beaucoup dans ce livre sur le hockey des décennies très tôt de l’histoire à Montréal aussi.
« Et j’aimerais seulement vous rappeler que tous les profits pour ce livre sont donnés au Fonds pour les familles militaires et j’encourage tout le monde à supporter les familles.
« L’ancien Premier ministre du Canada, Brian Mulroney, mes collègues fédéraux, le ministre Denis Lebel et le ministre Ed Fast, l’ancien premier ministre du Québec Pierre-Marc Johnson, représentant du gouvernement du Québec, le ministre Alexandre Cloutier et le nouveau maire de Montréal qui m’applaudit pour la première fois aujourd’hui, Denis Coderre.
« Distingués invités.
« Membres de la communauté d’affaires.
« Mesdames et messieurs.
« Il me fait toujours plaisir d’être de retour à Montréal.
« Et, avant d’aller plus loin, j’aimerais remercier la Chambre de commerce et vos membres pour votre aimable invitation aujourd’hui.
« Je suis ici pour répondre aux questions sur l’économie canadienne…
« mais, avant cela, j’aimerais dire quelques mots sur la récente grande réalisation de notre gouvernement, l’entente commerciale et globale avec l’Union européenne.
« Comme beaucoup d’entre vous le savent, les gouvernements canadiens qui se sont succédé désiraient conclure un accord de libre-échange avec l’Europe depuis plusieurs décennies depuis les années soixante-dix en fait.
« Donc de toute évidence, l’Accord de libre-échange Canada-Europe est une entente importante.
« C’est une entente très importante.
« J’ai déjà mentionné qu’il s’agit de la plus grosse entente dans l’histoire de notre pays.
« Et cette affirmation - selon ce que je comprends - est contestée dans certains milieux.
« Donc permettez-moi de remettre ma remarque en contexte en abordant cette question directement.
« Mes chers amis, depuis quelques semaines maintenant, plusieurs analystes se prêtent à des comparaisons entre le traité de libre-échange entre les États-Unis et les négociations qu’on vient de conclure avec l’Union européenne.
« Lequel est le plus important?
« C’est une bonne question.
« L’accord initial, soit l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, qui, naturellement, a mené à l’Accord de libre-échange nord-américain, l’ALENA, ou les négociations que nous venons de conclure avec l’Union européenne?
« Alors tout d’abord, permettez-moi seulement d’établir le bien-fondé de cet accord original entre le Canada et les États-Unis.
« Évidemment, les États-Unis représentent notre plus important partenaire commercial.
« Nous faisons actuellement beaucoup plus de commerce avec les États-Unis qu’avec tous les pays de l’Union européenne ensemble.
« On pourrait aussi dire que l’entente entre le Canada et les États-Unis était un évènement historique pour le monde.
« Avec l’ALENA, on a marqué la première grande étape vers la mondialisation économique dans la période de la fin de la Guerre froide.
« Bien sûr – et chose encore plus importante pour l’histoire de notre propre pays, cet accord commercial avec les États-Unis n’était pas seulement le premier accord de ce genre; c’était aussi quelque chose de révolutionnaire d’une façon où seulement un accord commercial entre nous et notre colosse voisin pouvait réellement l’être.
« On se souvient très bien que l’entente avec les États-Unis avait été vivement critiquée.
« Elle avait donné lieu à la démagogie la plus exagérée possible.
« On disait entre autres : que l’industrie automobile au Canada allait sombrer dans l’oubli, que notre culture serait détruite, que notre eau serait volée, et qu’elle allait même mettre un terme à l’indépendance canadienne.
« Avec le temps, ces projections se sont avérées fausses, non pas juste un peu incorrectes, mais tout à fait fausses, même aujourd’hui embarrassantes.
« Et c’est seulement dans les franges les plus extrêmes du paysage politique canadien que ce genre de discours trouve toujours un écho.
« Mais, à l’époque, ce discours était omniprésent et, pour cette raison, le libre-échange avec les États-Unis a été une victoire incroyable pour le Canada.
« En fait, non seulement l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis a-t-il prouvé que les opposants avaient tort, mais il est devenu l’une des pierres angulaires les plus solides sur lesquelles repose aujourd’hui la vigueur sans précédent de l’économie canadienne.
« Et sans cette réalisation, la vérité, mesdames et messieurs, est que nous n’aurions pas pu mener à bien et je ne pourrais pas être ici avec vous aujourd’hui pour célébrer notre dernière réalisation historique, le libre-échange avec l’Union européenne.
« Donc pour ce qui est du libre-échange avec les États-Unis et toute l’Amérique du Nord, nous sommes tous réellement redevables au gouvernement conservateur de Brian Mulroney.
« Et je vous dirai maintenant pourquoi cette entente avec l’Europe est encore plus importante.
« Le bassin de population européen, avec cinq cent millions de personnes, est encore plus grand.
« L’Europe représente aussi un plus grand marché commercial, en fait, le plus grand marché au monde.
« Et cette entente couvre un éventail beaucoup plus large de domaines des sujets sur lesquels on aurait pu croire qu’une entente serait complètement impossible.
« Au-delà de l’élimination des tarifs, le traité concerne aussi les investissements, les marchés publics, les services et la mobilité de la main-d’œuvre.
« Pour cette raison, le journal The Economist dit que cette entente Canada-Europe est un nouveau modèle mondial pour les accords commerciaux de l’avenir.
« Et, naturellement, chose encore peut-être plus importante, cet accord avec l’Europe élargit nos relations de libre-échange dans le monde et il le fait de façon vraiment considérable.
« Et c’est un élément qui est essentiel en cette époque de chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale.
« L’accord avec l’Union européenne nous donne aussi à nous, Canadiens, une possibilité, une possibilité que nous recherchions depuis longtemps.
« La capacité de réduire notre dépendance à l’égard du marché américain et de diversifier nos échanges commerciaux avec des pays autres que les Etats-Unis.
« Une tendance, je dois mentionner, qui est devenue évidente au cours de la durée du gouvernement que je dirige.
« Cependant, chers amis, si nous voulons réellement comparer l’accord Canada-États-Unis à l’accord conclu avec l’Union européenne, nous devons aussi parler de ce qu’ils ont en commun.
« Et d’abord et avant tout, il s’agit de ceci :
« Dans les deux cas, dans les premières ententes de libre-échange avec les États-Unis puis l’Amérique du Nord, tout comme dans les récentes négociations avec l’Europe.
« Le Québec et les Québécois, et, en particulier, Montréal, et cette communauté d’affaires, ont joué un rôle crucial.
« Naturellement, le libre-échange avec les États-Unis était la cause que Brian Mulroney défendait, mais cette idée était également appuyée par les partis provinciaux de tous les horizons politiques au Québec.
« De façon similaire, le libre-échange avec l’Europe a été agressivement appuyé dès le début de façon éloquente par l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.
« Il a nommé comme son négociateur un ancien premier ministre d’une autre couleur politique, Pierre-Marc Johnson.
« Et je dois dire, Pierre-Marc était l’un des négociateurs les plus efficaces tout au long du processus et il mérite d’être applaudi chaleureusement pour son rôle!
« Et, bien sûr, le nouveau gouvernement de Mme Marois a été, lui aussi, un partenaire constructif.
« Alors, encore une fois, il y avait un vaste consensus au Québec derrière ces négociations historiques, et cette fois, le consensus est également fort à l’échelle de tout le pays.
« Mais, encore une fois, un consensus qui était probablement plus vaste et plus fort au Québec.
« De toute évidence, un consensus si vaste illustre inévitablement le travail de d’autres acteurs particulièrement du milieu des affaires, et en particulier du milieu des affaires de Montréal, comme les personnes présentes aujourd’hui en témoignent.
« Et à cet égard, je dois rendre un hommage spécial à un chef d’entreprise, l’un des premiers Canadiens à s’être tournés vers l’Europe est aussi l’un des plus grands financiers canadien-français de notre histoire.
« Malheureusement, il s’est éteint dernièrement, mais sa vision sera toujours une source d’inspiration pour les gens d’affaires canadiens d’un océan à l’autre.
« Je parle, bien sûr, de feu le grand Paul Desmarais.
« En résumé, je tiens à remercier les entreprises, les hommes et les femmes du Québec qui nous ont encouragés à nous lancer dans ces aventures, ces aventures, comme Michel l’a déjà mentionné, qui changent à tout jamais le paysage économique de notre grand pays.
« Mesdames et messieurs, le reste n’en tient qu’à vous.
« Au cours des prochaines années, le travail juridique et technique se terminera.
« L’accord sera traduit dans les 24 langues de l’Union européenne, et le processus de ratification débutera.
« Mais il reviendra à vous, gens d’affaires, de déceler les possibilités et d’en profiter.
« Et ces possibilités sont immenses.
« Nous parlons d’un accès pratiquement exempt de tarif et en grande partie sans obstacle pour le transport vers un marché bien établi dont le PIB est de dix-sept milles milliards de dollars.
« Le libre-échange avec les États-Unis a déjà prouvé que les entreprises canadiennes peuvent affronter les meilleures et en sortir gagnantes.
« Et maintenant, plus que jamais auparavant, nous, Canadiens, nous trouvons dans une position de force.
« Grâce à des taux d’imposition concurrentiels, à un bilan relativement solide, à notre stabilité politique et au système financier le plus sûr au monde.
« Comme je l’ai dit dans le discours du Trône, avec tous ces facteurs qui s’alignent, c’est l’heure du Canada et c’est le temps d’en profiter.
« Nous espérons que vous, les gens d’affaires comme vous au cours des deux prochaines années, allez partir vers l’Europe, conclure de nouveaux partenariats et ouvrir de nouveaux marchés, et notre gouvernement travaillera avec vous.
« Nous pouvons devenir à court et moyen terme le pivot commercial incontournable entre l’Europe et les États-Unis.
« Alors profitons-en.
« Entre-temps, je peux vous assurer que l’économie est et restera la priorité numéro un de notre gouvernement.
« Une priorité qui, je crois, se reflète dans le rendement exceptionnel de ce pays, un rendement qui ne pourra que s’améliorer lorsque Montréal et tout le Québec seront pleinement représentés au cœur de notre gouvernement.
« Mais cette question pourra être abordée un autre jour.
« Aujourd’hui, chers amis, j’attire votre attention sur ces accords commerciaux historiques comme étant un exemple parfait des choses extraordinaires que l'on peut accomplir en travaillant ensemble.
« Et c’est en continuant sur cette voie que nous allons assurer la création d’emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme à Montréal, au Québec, et à la grandeur du Canada.
« Merci beaucoup. »